J’arrête de trop cogiter !
Créer son programme sur mesure
Créer son programme sur
mesure
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Votre programme personnalisé
Vous disposez de tous les éléments nécessaires pour constituer
votre propre programme sur mesure et sur 21 jours. Pourquoi 21
jours ? Car c’est un temps confortable pour que vous puissiez
installer de nouvelles habitudes, une nouvelle routine. La discipline
est fondamentale. Ce mot (que personnellement j’adore) a une
connotation péjorative dans la société actuelle du non-effort.
Pourtant si l’on s’en remet à l’étymologie, « discipline » vient du latin
discere qui signifie « apprendre ».
Les clés d’un un programme réussi
Cela peut paraître bête mais ÉCRIVEZ votre programme ! Cela
permet de lui donner une existence concrète et d’exercer votre
créativité.
Commencez par définir le temps dont vous disposez au
quotidien. 5 minutes, 15 minutes, 30 minutes, 1 heure ou plus ?
Rappelez-vous que ce qui compte, c’est la régularité plutôt que la
durée. Mieux vaut tenir un entraînement de 5 minutes par jour
qu’un seul entraînement de 30 minutes une fois par semaine.
Vous pouvez aussi diviser la séance d’entraînement en plusieurs
temps (par exemple pour une séance quotidienne de 15 minutes,
soit 15 minutes d’affilée ou 3 fois 5 minutes). Respectez votre
rythme.
Définissez votre lieu de pratique : à la maison ? sur le lieu de
travail ? à l’extérieur ? Certaines pratiques sont plus facilement
réalisables dans un lieu plutôt qu’un autre.
Mixez les différents types d’outils en vous aidant de l’index
thématique qui répertorie toutes les pratiques proposées dans ce
livre. Cela permet de varier les plaisirs et de garder un côté
ludique, essentiel selon moi. Du FUN ! Suivre ce programme,
c’est aussi – et surtout – prendre des moments pour vous.
Pensez à définir un programme SMART (voir partie 1).
Définissez vos indicateurs de résultat (qu’est-ce qui va vous
indiquer que vous avez accompli votre objectif ?).
Proposez un défi évolutif et personnalisable.
Installer sa routine/ses rituels
Nous sommes des êtres de rituels. Chaque jour nous prenons notre
douche, nous nous brossons les dents… Pour installer une pratique
en vue de transformer notre relation à notre mental, il convient de
cultiver notre routine chaque jour. J’aime répéter aux personnes que
j’accompagne que c’est comme apprendre à conduire un bateau.
Mieux vaut commencer en eau calme pour être prêt à affronter une
mer agitée. Autrement dit, si nous sommes bien entraînés au
quotidien, il sera plus facile de faire face à de plus grandes vagues
de ruminations.
Je vous invite à initier et terminer vos journées par des intentions qui
correspondent à vos besoins. Par exemple « Je me lève avec
l’intention d’orienter mon mental à bon escient », « Je me couche
avec l’intention de récupérer ma belle énergie grâce à une nuit
paisible et réparatrice ». Cela est très puissant. Chaque matin, avant
de vous lever, vous pouvez commencer par rester quelques minutes
allongé sur le dos, les bras le long du corps et placer votre attention
sur votre respiration. Cela peut court-circuiter le réflexe de « j’ouvre
les yeux et je me lève directement ».
L’importance du feed-back
Mettre en place des changements n’a pas de sens sans une
observation consciente des effets dans notre propre vécu, un retour
qui nous permet de construire autrement et de progresser sur notre
chemin. De garder ce qui a du sens, ce qui fonctionne pour nous et
nous est favorable, et de continuer à explorer et transformer ce qui
l’est moins. Aussi il est important dans votre programme d’inclure des temps de retours sur ce qui s’est passé. Par exemple, si vous
avez essayé d’inclure la méditation dans votre routine, demandez-
vous : « Qu’est-ce qui a changé ? », « Qu’est-ce que cela
m’apporte ? »… Interrogez toujours ces trois indicateurs : le niveau
de stress (sur une échelle de 0 à 10, je me situe où ?), les émotions
et les sensations du corps.
Tenir un journal de bord
Il est important de rester flexible et adaptable sur le programme. Le
journal de bord peut être un bras droit de choix. Écrire permet de
vous rappeler tout ce que vous faites et de rester centré sur votre
objectifs et vos priorités. Il aide aussi à mesurer le chemin parcouru.
N’hésitez pas à faire un point quotidien.
Adapter son programme en fonction de son
profil
Le test en début d’ouvrage vous a permis d’identifier votre profil de
ruminateur/ruminatrice.
Il est important d’adapter votre programme aux objectifs qui vous
correspondent le mieux.
Plutôt du genre « speedy » ? Voici vos objectifs :
Ralentir, alléger et épurer son système de pensée.
Multiplier les temps de pause, les temps d’arrêt et de repos.
Évacuer les tensions, lâcher prise.
Profiter de ce qui est déjà là plutôt que focaliser sur ce que l’on
n’a pas encore.
Transformer son mental en allié et faire de ses pensées en
ébullition une force, une ressource pour nourrir des chemins de
création et d’innovation.
Renouer avec sa créativité.
Développer son intuition.
Les exercices que je vous recommande le plus : la respiration
abdominale (p. 44), les pratiques de gratitude (p. 130), les
automassages (p. 81), le yoga du rire (p. 134), la sophrologie de
base (p. 125), la cohérence cardiaque (p. 51), la méditation de
pleine présence (p. 78), la microsieste (p. 136) et la pratique du
Niksen (p. 151).
Plutôt du genre « en boucle » ? Voici vos objectifs :
Ouvrir des perspectives.
Élargir son champ de vision.
Apprendre le recadrage positif.
Retrouver le chemin du corps et de l’intuition (en activant
davantage le cerveau droit).
Les exercices que je vous recommande le plus : s’entraîner à
l’incertitude (p 65), les 3 kifs (p. 58), colorier des mandalas (p. 104),
le sourire intérieur (p. 62), la méditation de pleine présence (p. 78),
le tirage d’oracles (p. 146) et la lecture (p. 150).
Plutôt du genre « perfectionniste » ? Voici vos objectifs :
Apprendre à lâcher prise.
Faciliter le passage à l’action.
Renouer avec son corps et ses émotions.
Développer son intuition.
Travailler sa vision à long terme, (re)trouver sa mission de vie.
S’ouvrir aux autres.
Entretenir la motivation.
Sortir de sa zone de confort.
Les exercices que je vous recommande le plus : la méditation de
pleine présence (p. 78), la sophrologie de base (p. 125), les
exercices de relaxation dynamique (p. 52), le tirage d’oracles (p.
146), la danse en pleine présence (p. 108), le yoga du rire (p. 134),
s’entraîner à l’incertitude (p. 65).
Mo-ti-vés !
Paris ne s’est pas faite en un jour. Une des difficultés sur le chemin
est de maintenir l’entraînement. Comme lorsque vous avez appris à
marcher, vous avez dû essayer, tomber, vous relever, recommencer
encore et encore… Vous allez devoir chaque jour entretenir le feu de
la motivation. J’aime rappeler le moyen mnémotechnique que
propose la nonne bouddhiste Kankyo Tannier pour l’entraînement à
la méditation, et que nous pouvons tout à fait appliquer à notre
programme : la règle des 3 R et des 5 C : « Répéter, Répéter,
Répéter : C’est Con mais C’est Comme Ça1 ».
N’hésitez pas à faire preuve d’adaptabilité. Testez votre programme
pendant plusieurs jours et n’hésitez pas à l’ajuster si besoin.
Rappelez-vous, mieux vaut de courts temps de pratique mais
réguliers qu’un temps long mais anecdotique.
Concentrez-vous aussi sur votre progression plutôt que sur le seul
objectif final. Regarder le chemin parcouru comme on le ferait dans
un rétroviseur peut procurer une grande sensation
d’accomplissement. Peu importe si vous avez le sentiment que ce
ne sont que de petits pas. Ce sont les petits fleuves qui font les
grandes rivières !
Vous pouvez aussi penser à des idoles, des modèles, des
personnes que vous admirez pour leur rapport pacifié à leurs
pensées ou qui ont mené un combat en faveur des autres, se sont
battus pour une cause utile à notre société, afin de vous donner la
force de continuer ce beau chemin. Vous pouvez même réaliser ce
que j’appelle un « tableau des modèles ». Sur une grande feuille de
papier, collez les photos de ces personnes ou personnalités
inspirantes (Gandhi, mère Teresa, votre grand-mère…) pour vous rappeler votre motivation. À chaque fois que vous le regardez,
inspirez-vous des belles qualités humaines que ces êtres renvoient.
Pensez également à des défis que vous-même avez pu relever par
le passé, à vos petites victoires, vos scénarios de réussite. Quelles
forces avez-vous su déployer ? Quelles ressources avez-vous
mobilisées ? Ce dernier définit ainsi ce qu’est une force :
« Une force est une capacité préexistante consistant en une manière
particulière de se comporter, de réfléchir ou de ressentir, qui est
authentique et énergisante pour l’utilisateur et permet le
fonctionnement optimal, le développement et la performance. »
Prendre conscience de nos forces permet de les mobiliser pour nous
dépasser et nous donner confiance et optimisme. Un test gratuit, qui
répertorie 24 forces de caractère majeures et vous aide à trouver
vos dominantes, est proposé en ligne à cette adresse :
www.viacharacter.org/survey/account/register. Vous pouvez aussi
vous appuyer sur le formidable jeu de cartes édité par la société de
conseil Positran que j’utilise pour ma part très souvent dans mes
animations de groupe (www.positran.fr/produit/cartes-des-forces/).
La dream team en renfort (entretenir la
motivation)
Sollicitez votre bande de supporters en mode football. Une chose est
certaine, sur le chemin de la réconciliation avec votre mental, vous
aurez besoin de soutien. L’environnement social et affectif aide
énormément. Parlez de ce défi à des amis de confiance,
bienveillants et trouvez la meilleure façon dont ils peuvent vous
soutenir de manière active lorsque vous en aurez besoin : par un
petit SMS de rappel, une danse partagée, un mot de code qui vous
ramène dans le présent, une connexion à distance via une
méditation. C’est très précieux et salutaire. Laure, une de mes
amies, est chargée de me faire des « rappels à l’ordre » comme elle
les appelle dès que mon mental déraille un peu trop. Bien sûr, il
convient de préciser ici que si la situation dure trop longtemps et devient pathologique, seul un professionnel pourra vous venir en
aide de manière efficace.
Attention, je ne parle pas ici de ressasser pendant des heures au
téléphone avec vos amis vos malheurs et repasser en boucle les
situations désagréables (NON), mais de nourrir le cercle vertueux du
défi que vous vous êtes lancé. Méfiez-vous aussi de certains amis
qui, de manière involontaire et sans doute animés d’une bonne
volonté, vont attiser la flamme de vos ruminations. En revanche, les
groupes d’échanges, de discussions et de soutien, encadrés par des
professionnels (thérapeutes, coachs…), peuvent être très
bénéfiques.
Nos passions, nos PBA (petits bonheurs
absolus) et notre légende personnelle
Pour entretenir son endurance, rien de tel que de se rappeler en
permanence ce qui fait sens pour soi. Qu’aimez-vous dans votre
vie ? Qu’est-ce qui fait sens ? Quelle trace, quelle empreinte,
souhaitez-vous laisser ? Qu’est-ce qui est réellement important pour
vous ? Quelles sont les actions dans lesquelles vous aimez vous
plonger complètement quitte à en oublier le temps qui passe ?
Qu’est-ce qui vous rend heureux ? En un mot, quelles sont vos
valeurs ?
De la même façon, il est important d’identifier nos besoins. Nos
ruminations prennent souvent naissance dans nos frustrations, nos
insatisfactions. Reconnaître nos besoins insatisfaits, inassouvis (et
nous en occuper), identifier ce qui nous manque profondément peut
être une piste très efficace pour nous apaiser et apaiser notre
relation aux autres.
De quoi ai-je besoin ?
La communication non violente (CNV) a listé les besoins universels
et j’aime renvoyer les personnes à cette liste en les invitant plusieurs fois par jour à se poser la question : « De quoi ai-je besoin là
maintenant ? » Vous pourrez la retrouver ici : https://se-sentir-
bien.com/3-nos-besoins-fondamentaux-cnv.
La récompense… et l’indulgence
La démarche que vous entreprenez aujourd’hui demande du
courage et de la persévérance car vous avez pris non seulement la
décision de changer la relation à votre mental mais également de
faire perdurer ce changement dans le temps. Il est important de vous
en féliciter… et pourquoi pas de vous récompenser, par exemple en
vous offrant un petit plaisir (un bain, un soin du corps ou du visage,
une pâtisserie…) ! N’oubliez pas de continuer à vous encourager sur
le chemin, mais aussi de faire preuve d’indulgence envers vous-
même dans les moments plus difficiles où vous pouvez avoir
l’impression de ne plus avancer (ce n’est qu’une impression !).
De plus, il peut être précieux, à chaque pratique, d’en dédier les
bienfaits à autrui (une personne que vous aimez, un inconnu, la terre
entière). C’est ce que l’on préconise en méditation et que l’on
appelle la dédicace. Cela permet de diffuser de bonnes vibrations
autour de soi et ainsi d’ouvrir davantage son cœur, de semer des
intentions d’amour et de bienveillance autour de soi. Ne négligez
jamais le pouvoir des intentions… C’est extrêmement puissant !
1. Kankyo Tannier, Ma cure de silence. Et si on essayait le calme ?, First Éditions, 2017.
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