La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)

Chapitre 11

 

 

Accoudé à son bureau, le colonel salua Johann d’un signe de tête.

-Sarski, je ne vous attendais pas si tôt. Asseyez-vous.

Le planton ne s’était pas trompé. Fischer avait manifestement passé la nuit à la SR, et il n’avait probablement pas fermé l’œil. Il avait les traits tirés et sa chemise blanche d’habitude impeccable était froissée. Il enleva ses lunettes cerclées d’écaille et frotta ses yeux cernés pendant que Johann prenait place sur la chaise en face de lui.

Le colonel ressemblait à l’idée qu’il se faisait d’un gradé de la gendarmerie avant de s’y engager. Cheveux grisonnants coupés en brosse, silhouette athlétique malgré une cinquantaine bien entamée, le poids des affaires traitées au fil des ans inscrit sur le visage.

-Quel bordel, vous n’avez même pas idée… Et cette gamine agressée cette nuit qui vient s’ajouter au tableau, comme si on avait besoin de ça aujourd’hui. Je vais avoir besoin très rapidement d’un rapport détaillé sur les événements d’hier, et il va falloir interroger la lycéenne sans tarder.

Johann tendit la main vers sa sacoche et en sortit la liasse de feuilles agrafées qu’il avait tapée et imprimée avant de s’écrouler sur son bureau.

-Voilà déjà le rapport.

-Vous y avez passé la nuit ? demanda Fischer en s’en saisissant.

Il remit ses lunettes et entama la lecture.

-J’ai réussi à dormir un peu, mais je me suis dit qu’il valait mieux gagner du temps, histoire de ne pas perdre la matinée en paperasse. Di Spenzo compte attaquer l’autopsie à neuf heures, je dois le rejoindre à l’hôpital Legouest. Un de mes équipiers pourra se charger de recueillir le témoignage de la gamine. Le sergent Rahman de préférence, étant donné qu’elle est polonaise et qu’il parle anglais. Vu le mode opératoire, rien n’indique pour l’instant que son agression puisse être reliée à la série de viols.

Fischer abandonna la lecture du rapport et leva la tête. Il fixa Johann de ses yeux gris qui donnaient l’impression de vous passer aux rayons X. Une expression désolée se peignit sur son visage.

Je sens que je ne vais pas aimer la suite.

-Doucement, lieutenant. Cette affaire est trop sensible pour se permettre de foncer tête baissée. Elle a instantanément pris une ampleur nationale et on s’y intéresse jusque dans les plus hautes sphères politiques. Je vous ai dit hier que j’attendais un coup de fil de Beauvau, vous vous rappelez ?

Johann acquiesça d’un hochement de tête.

-Eh bien, il est arrivé en fin d’après-midi. Je m’attendais à tomber sur un obscur sous-fifre, mais vous savez qui j’ai eu en ligne ? Rien de moins que le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur.

Étonné, Johann leva un sourcil. Il était extrêmement inhabituel que l’entourage direct du premier flic de France s’inquiète en personne d’une affaire qui ne relevait pas du terrorisme. On laissait en général le soin à un collaborateur lambda de mettre la pression sur les hommes de terrain.

-Une bonne nouvelle pour commencer, on ne touche pas à notre délai de flagrance d’une semaine. Il pourra être prolongé le moment venu si cela se justifie, mais on m’a laissé entendre qu’une résolution rapide de cette affaire serait de bon ton. Personne n’a intérêt à laisser aux médias un os aussi gros à ronger pendant l’été. Une fois que la Coupe du Monde sera terminée, ils vont chercher de quoi s’occuper, et on risque de ne plus entendre parler que du cadavre de Molvange pendant un mois et demi.

-Qu’est-ce que ça change pour nous ? demanda Johann. Je veux dire, ce n’est pas comme si on avait l’habitude de laisser traîner des affaires. En particulier des meurtres. S’ils veulent plus d’efficacité et de rapidité, ils savent très bien que ça passe par une augmentation de nos budgets plutôt que par des coups de téléphone…

-Ça change une chose : la pression sera maximale. On ne nous pardonnera pas la moindre erreur. Si l’affaire traîne en longueur, ou pire, si on se plante quelque part, on prendra la foudre. Et quand je dis « on », ça commence par moi.

Johann hocha la tête. Les placards de la gendarmerie et de la police étaient plein de préfets et de gradés dont l’action dans des affaires médiatisées avait déplu à leur hiérarchie.

Ça n’explique pas pourquoi il me dit tout ça sur un ton d’oraison funèbre.

-Vous me connaissez, Sarski, je ne suis pas particulièrement carriériste. Mais je n’ai aucune envie de tirer les quelques années qui me restent dans un trou paumé au milieu de la Creuse.

Fischer tournait autour du pot, Johann le sentait. Le colonel avait quelque chose à lui annoncer, mais ne savait pas par quel bout le prendre.

-Ce que j’essaie de vous dire, c’est que je suis obligé de montrer que tout est fait au mieux pour résoudre ce meurtre. Si on ne parvient pas à une arrestation, ils vont passer notre boulot au crible pour trouver la moindre faille et m’en coller la responsabilité sur le dos. C’est pour cette raison que je vais devoir mettre le lieutenant Franchet à la tête de cette affaire, plutôt que vous.

Cette fois, les deux sourcils de Johann s’arquèrent sous l’effet de la surprise.

-Franchet ? Vous êtes sérieux ?

Les traits du colonel se figèrent et Johann comprit qu’il venait de sauter à pieds joints sur la ligne jaune. Fischer était le genre de gradé proche de ses hommes, jamais avare d’une petite blague à la machine à café et toujours prêt à défendre ses subordonnés. Mais c’était aussi un militaire à l’ancienne, pas homme à tolérer l’insubordination.

-Excusez-moi colonel, mais je… Vous avez dit vous-même que j’avais parfaitement géré la situation hier. Et il est de coutume que le premier OPJ sur les lieux soit chargé de l’enquête.

-Je comprends que vous soyez contrarié, répondit Fischer d’un ton conciliant, et je fermerai les yeux sur votre réaction un peu cavalière. Mais vous devez entendre une chose. Parmi les failles potentielles que j’évoquais, le choix de l’OPJ en charge de l’enquête en est une, et de belle taille. Si cette affaire va dans le mur et qu’il s’avère que je ne l’ai pas confiée à l’officier le plus expérimenté de mon unité, on me le reprochera. Vous êtes OPJ depuis trois ans, alors que Franchet a quinze ans d’expérience en ce qui concerne les atteintes aux personnes.

-Quinze ans d’expérience et toujours lieutenant… maugréa Johann, qui regretta immédiatement ses paroles.

Ce coup-ci, je suis allé trop loin. Il va me fusiller…

Mais l’expression de Fischer s’adoucit. Un infime sourire agita le coin gauche de sa bouche.

-Si ce que je m’apprête à vous dire sort de cette pièce, vous êtes bon pour faire des contrôles d’alcoolémie à la sortie des bars pour les douze prochains mois, compris ?

Johann acquiesça d’un signe de tête.

-Je n’aime pas ça plus que vous, et vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes un meilleur enquêteur que Franchet ne le sera jamais. Sa carrière stagne pour une bonne raison : il en fait juste assez pour se mettre à l’abri des reproches, et son taux d’élucidation est bon parce qu’il choisit les affaires faciles et se débrouille pour refiler les autres. Tout ça, je le sais aussi bien que vous. Je suis colonel, pas aveugle. Mais à Beauvau, ils s’en contrefichent. S’ils doivent juger, ils ne prendront en compte que son ancienneté et le nombre d’enquêtes qu’il a résolu. Et à côté de ça, votre parcours ne pèse pas lourd, malgré votre dossier impeccable.

Johann se mordit l’intérieur de la joue. Sous la table, sa jambe droite tressautait, agitée d’un tic nerveux. Il avait rejoint la gendarmerie pour une seule et unique raison, et au moment où il touchait au but, il allait perdre toute chance d’enquêter sur le meurtre de ses amis pour de stupides raisons politiques.

Il déglutit pour essayer de réprimer la colère qu’il sentait monter en lui et ouvrit la bouche pour tenter de défendre sa cause, mais Fischer le devança.

-Cela ne veut pas dire que je vous écarte de l’affaire, Sarski. Vous êtes de loin le meilleur enquêteur qu’on ait ici. Je le sais, et vous le savez aussi. Il n’est pas question que je me prive d’un atout tel que vous sur un dossier qui s’annonce aussi compliqué. Franchet aura les rênes sur le papier, mais dans la pratique, vous bosserez en tandem. Et je suivrai tout ça de près, pour m’assurer que tout est fait dans les règles et qu’on ne passe pas à côté de quelque chose.

-Franchet ne va pas apprécier… Il n’est pas du genre à partager, surtout avec un jeune comme moi qu’il regarde comme un inférieur.

-Ça, Sarski, c’est mon problème, et croyez-moi, il fera exactement ce que je lui demanderai. On va d’ailleurs mettre les choses au clair tout de suite pour éviter tout malentendu.

Fischer tendit la main vers le téléphone posé sur son bureau et pressa un bouton.

-Est-ce que le lieutenant Franchet est arrivé ?

-Oui colonel, répondit le planton à l’accueil. Il vient de monter.

-Appelez-le et demandez-lui de se présenter à mon bureau tout de suite, merci.

En attendant l’arrivée de Franchet, Fischer se replongea dans le rapport. Il l’avait lu en diagonale pendant qu’il discutait avec Johann, et il s’attardait maintenant sur la dernière page, où étaient relatées les découvertes faites dans le casernement par Audrey, la jeune GAV : les affaires carbonisées de la victime et les deux mots tracés au mur en lettres de sang.

-Il faut à tout prix qu’on garde cette information confidentielle, dit-il à Johann en tapotant de l’index le paragraphe en question. Ce genre de fantaisie, c’est la pierre philosophale qui transforme un meurtre comme un autre en feuilleton à succès.

Johann allait ajouter que c’était aussi l’élément discriminant idéal pour éconduire les farfelus qui allaient bientôt assaillir le standard pour livrer des informations prétendument capitales ou carrément s’accuser du crime, quand on frappa à la porte. Celle-ci s’ouvrit dès que Fischer eut aboyé un « Entrez » très militaire, et livra passage à un grand échalas à la quarantaine bien tassée. Mince à la limite de la maigreur, cheveux noirs coupés courts, petites lunettes rondes sur le nez, Franchet correspondait, comme Fischer, à un autre stéréotype de flic que Johann s’attendait à rencontrer dans la gendarmerie. Dans le cas du lieutenant, c’était l’expression « rat de bureau » qui le décrivait le mieux.

-Bonjour mon colonel, lança-t-il d’une voix forte qui contrastait avec sa silhouette frêle. Sarski, ajouta-t-il plus doucement à l’attention de Johann.

Fischer le fit s’asseoir sur la deuxième chaise libre en face de son bureau. Il résuma en quelques phrases l’échange qu’il venait d’avoir avec Johann. Penché en avant, les mains jointes, Franchet l’écoutait religieusement et ponctuait chaque phrase du colonel par un vigoureux hochement de tête. Johann, calé contre le dossier de sa chaise, l’observait du coin de l’œil en se retenant de rire.

Putain, je n’aimerais pas faire à pied tous les kilomètres de queue que tu as gobés…

-Une question, mon colonel, enchaîna Franchet dès que Fischer eut terminé. Vous dites que nous allons mener cette enquête en binôme, même si j’en suis responsable sur le papier. Mais concrètement, qui prendra les décisions ?

-Concrètement ? C’est moi qui les prendrai, lieutenant. Je n’ai peut-être pas assez insisté sur le caractère inflammable de cette affaire, donc je vous le répète pour que ça soit bien clair : vous gérez l’enquête tous les deux, mais vous ne bougez pas une oreille sans m’avoir consulté. Je prends mes responsabilités vis-à-vis de la hiérarchie, mais à la seule condition d’être informé de tout, en permanence. Si l’un de vous la joue solo, il devra en assumer les conséquences…

Nouveau hochement de tête de Franchet, qui coula du coin de l’œil un regard chargé de mépris à Johann.

Tu enrages parce que tu dois partager le leadership avec moi, ou parce que tu as les foies de bosser sur une enquête à haut risque ?

-Sarski, vous pouvez nous faire un bref résumé de ce qu’on sait jusqu’à présent ? demanda Fischer en désignant d’un geste du pouce le tableau blanc qui occupait une bonne partie du mur à côté de la porte. Gardez-en sous la pédale, vous ferez un topo plus détaillé à toute l’équipe cet après-midi. En fonction de l’évolution de l’enquête, tout le monde sera susceptible d’y prendre part. Autant les mettre tous au parfum dès que possible.

Johann se leva et, armé d’un marqueur rouge, entreprit de schématiser les principaux éléments de l’affaire. Au centre du tableau, il nota les quelques informations dont il disposait sur la victime et les encadra. Tout autour, il consigna ensuite ce qu’il savait sur le lieu du crime et le mode opératoire du tueur. Il prit enfin un feutre bleu pour ajouter quelques hypothèses. Il commentait les éléments à mesure qu’il les écrivait, tout en essayant de rester synthétique.

-Pour résumer, conclut-il, on a une victime de sexe féminin, âgée d’une trentaine d’années. Identité inconnue pour le moment. Le tas de vêtements brûlés qu’on a trouvé laisse penser qu’elle était sportive et qu’elle faisait son jogging au moment où elle a été enlevée. On ne sait ni où, ni comment, mais l’examen superficiel du corps n’a montré aucun signe de lutte ou de marque de liens. On ne sait pas non plus comment son assassin l’a amenée jusqu’au fond de l’ouvrage, mais on peut imaginer qu’elle a été droguée. Le rapport toxicologique confirmera ou infirmera. Il faut d’ailleurs demander au labo de le traiter en priorité.

-Nous devons absolument identifier la victime très rapidement, intervint Fischer. Si aucun signalement d’une disparition pouvant lui correspondre ne nous parvient dans la journée, on lancera un appel à témoin dès demain matin. Tant qu’on ne sait pas qui elle est, on ne sait pas où chercher.

-Vous ne craignez pas d’alimenter le foin médiatique ? demanda Franchet.

-C’est justement le but, répondit Johann d’un ton volontairement las. Profiter du fait que les médias en parlent pour maximiser nos chances de trouver un témoin capable d’identifier cette femme.

À nouveau, Franchet le dévisagea, les yeux remplis d’animosité.

Si tu n’aimes pas te faire rabattre le caquet, évite donc de poser des questions stupides.

-Bref, intervint Fischer pour calmer la tension qu’il sentait croître entre ses deux lieutenants, on en reparlera cet après-midi. Avec un peu de chance, quelqu’un signalera la disparition et nous dispensera de l’appel à témoins. Continuez, Sarski.

-On a été informé de la présence du corps par un appel anonyme. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter l’enregistrement, mais, d’après la patrouille dépêchée sur place, l’appelant était un homme.

-Qui a eu la présence d’esprit d’altérer sa voix à l’aide d’un logiciel quelconque, ajouta Fischer. Et le numéro était masqué, ce qui nous empêche d’aller plus loin.

-Dommage, car il est presque certain que c’est le tueur lui-même qui nous a appelé. Ça en dit long sur sa personnalité. Il a envie qu’on sache ce qu’il a fait, qu’on parle de lui. C’est pour ça qu’il a contacté les médias juste après. D’ailleurs, on a le verbatim de ces appels ?

-J’ai appelé personnellement les différents organes de presse, répondit Fischer. L’appelant leur a délivré, mot pour mot, le même message laconique qu’à nous : « Il y a un cadavre dans l’ouvrage de Molvange, vous devriez vous y intéresser ». Il ne s’est d’ailleurs pas embêté à les contacter un par un, il s’est contenté d’un appel groupé.

Johann digéra l’information. L’informateur, qui ne pouvait être que l’assassin ou un complice, avait parfaitement minuté ses appels pour s’assurer la meilleure exposition médiatique. La patrouille était arrivée au moment précis où la commémoration débutait et où tous les médias étaient en direct.

-On reviendra là-dessus tout à l’heure, si vous le voulez bien, dit Fischer en guise de conclusion. Lieutenant Franchet, je vous laisse le rapport du lieutenant Sarski, tous les détails s’y trouvent. Vous aurez toutes les informations sur la victime durant l’autopsie. Le docteur Di Spenzo démarre à neuf heures, vous pouvez filer à Legouest vous joindre à lui. Rendez-vous en début d’après-midi pour faire le point et briefer le reste de l’équipe.

Franchet s’empara du rapport et fila après un nouveau salut appuyé de la tête.

Il doit dépenser une blinde en frais d’ostéopathe pour se faire remettre les cervicales en place.

-S’il vous fait la moindre difficulté, venez me voir immédiatement, d’accord ? ajouta Fischer dès que la porte se fut refermée. Ce matin, je veux que vous vous concentriez sur la gamine agressée cette nuit. Tirez-en le maximum et passez le relais à votre équipe. Si on pouvait attraper ce violeur au passage, ça nous ferait un caillou de moins dans la chaussure. Comme je doute que l’autopsie de la joggeuse nous apprenne quelque chose de transcendant, vous pourrez prendre le train de Molvange en marche cet après-midi. Et maintenant, au boulot !

Johann se leva pour prendre congé. En entrant dans le bureau, un peu plus tôt, il n’avait pas imaginé en ressortir avec Franchet pour binôme. Cela risquait de lui compliquer la tâche, mais au moins avait-il la certitude d’être en première ligne.

Point positif, il ne m’a pas demandé pourquoi je me trouvais à la commémoration. Plus longtemps je peux éviter de lui mentir, mieux je me porte.

Alors qu’il avait déjà ouvert la porte et s’apprêtait à sortir, Fischer le rappela.

-Sarski ? le rappela Fischer alors qu’il avait déjà ouvert la porte et s’apprêtait à sortir. Il y a un point qu’on n’a pas abordé.

Je me suis réjoui trop vite, on dirait…

-Vous pensez qu’il peut y avoir un lien avec les cinq meurtres commis à Molvange en 2008 ? demanda le colonel.

Johann, qui s’attendait à une tout autre question, dut faire un effort pour masquer le soulagement dans sa voix.

-On n’a pas assez d’éléments pour être catégorique, mais mon instinct me dit que oui. Et le message tracé au mur nous oblige à explorer cette piste, même si ce n’est peut-être qu’un leurre…

-Je suis d’accord. Vous allez devoir vous plonger dans les vieux dossiers, et sans attendre. Cherchez un lien, si tant est qu’il existe. Si on pouvait résoudre ce meurtre tout en apportant des réponses à des familles qui attendent depuis dix ans de pouvoir faire leur deuil…

Tu ne crois pas si bien dire…

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