La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)
Chapitre 22
À peine eurent-ils sauté dans la Mégane RS et quitté le parking qu’Audrey se jeta à l’eau.
-Lieutenant, je peux vous poser une question ?
-Johann, je préfère. Gardons le formalisme pour les réunions officielles. Et on peut se tutoyer aussi.
Tout en parlant, il accéléra le long de la rue du Professeur Oberling. Le temps d’arriver au rond-point cent mètres plus loin, il était déjà à quatre-vingts. Ralentissant à peine, il négocia habilement le giratoire et prit la première à droite, direction le quartier du Sablon. L’adresse fournie par Anthony Hirsch s’y trouvait, à moins de dix minutes de la gendarmerie.
-Ok, répondit la jeune femme, l’air un brin gêné. Alors, Johann, mon chef m’a dit que le responsable de l’enquête m’avait demandée personnellement en guise de renforts. C’est vous, le responsable ? Je veux dire, c’est toi ?
Johann hocha distraitement la tête pour confirmer, trop occupé à freiner brusquement pour éviter d’écraser une septuagénaire et son bichon qui venaient de s’engager sur un passage piéton sans prendre la peine de regarder si la voie était libre.
Voilà ce qui arrive quand on démarre si vite qu’on oublie de mettre le deux-tons sur le toit.
-Pourquoi ? demanda Audrey. Pourquoi moi ?
-Parce que tu m’as dit que tu voulais devenir OPJ, que les enquêtes criminelles t’intéressaient. Tant qu’à amener des bleus sur une affaire, autant que ça leur plaise. Et puis, tu étais là-bas avec moi, tu as vu la scène de crime. Ça te donne de l’avance sur n’importe qui. Sans compter que tu as plutôt bien réagi, vu le contexte.
Audrey rougit jusqu’aux oreilles et esquissa une moue désolée.
-Hormis ton problème d’estomac, évidemment. Ça, ça restera entre nous.
Elle éclata de rire, et Johann en fut troublé. Lui qui était d’un naturel solitaire et renfermé s’était senti étrangement à l’aise avec la jeune gendarme dans les galeries de Molvange, et son impression se confirmait. Il était content de l’avoir avec lui, et content de l’avoir déridée. Un contraste parfait avec l’absolu manque d’empathie dont il avait fait preuve avec Hirsch, quelques minutes plus tôt.
Mon empathie, elle est morte il y a dix ans avec tout le reste…
Ils franchirent la Seille, longèrent la piscine Lothaire puis tournèrent à gauche sur l’avenue André Malraux. Johann adressa un regard complice au bâtiment tout en longueur qu’il connaissait bien. En terminale, il s’y était rendu à pied avec sa classe tous les vendredis après-midi pendant un trimestre, quand la natation occupait tous leurs cours d’EPS. Johann était très sportif, mais détestait nager. Il avait toujours préféré les sports de balle ou la pratique solitaire de l’escalade et de l’alpinisme, deux disciplines auxquelles il s’était initié durant son affectation en brigade au pied des Alpes. Par un étrange miracle, il avait malgré tout réussi à obtenir la moyenne à l’épreuve, qui comptait pour le bac. Il avait annoncé un temps pourri pour effectuer les huit longueurs exigées et s’y était tenu à la seconde près. Comme le barème valorisait l’exactitude, il s’en était tiré à bon compte.
-Vous avez avancé, depuis mardi ? lui demanda Audrey, l’arrachant à ses souvenirs. Dans l’enquête, je veux dire.
-Pas vraiment, non. L’autopsie nous a donné quelques éléments intéressants, mais rien de transcendant. J’ai le rapport dans ma sacoche, tu pourras y jeter un coup d’œil. On sait simplement que la victime a sans doute été enlevée lundi, dans l’après-midi. Mais sans son identité, impossible d’aller beaucoup plus loin. Par chance, son mec est venu signaler sa disparition ce matin.
-Il a un alibi ? Dans ce genre d’affaire, le coupable est presque toujours le conjoint, non ?
Johann eut une pensée pour Hubert Depuits, qu’Ish devait être en train d’essayer de coincer au même moment. Dans la plupart des cas, le mari ou le petit ami étaient effectivement les suspects les plus évidents. Pure question de chiffres. Audrey avait bien appris ses leçons.
-Il semble que oui, mais on n’a pas encore eu le temps de le vérifier. Ceci dit, cette affaire est particulière, et se fier aux statistiques ne suffira pas. Tu sais ce qui s’est passé à Molvange, il y a tout juste dix ans ?
-Évidemment, les cinq adolescents assassinés… Tu crois qu’il pourrait y avoir un lien ?
Décidément, elle a l’esprit vif.
-J’en suis persuadé. L’endroit, la date… Sans parler du message que tu as découvert sur le mur. Le dossier indique que l’une des victimes de 2008 a été retrouvée dans cette même pièce. Nue et les bras en croix, comme notre joggeuse. Se focaliser sur le petit ami serait donc une erreur. Sauf si on arrive à le relier au quintuple meurtre, évidemment. Là, ça serait le jackpot. Mais ce serait sans doute trop facile…
-Je n’ai pas arrêté d’y penser, tout le temps où on était là-dedans. À ces cinq adolescents. C’est vraiment horrible, ce qui leur est arrivé. Ils étaient à peine plus jeunes que moi, ils avaient la vie devant eux…
Et crois-moi, c’est encore plus horrible pour leur copain qui est resté seul au bord de la route.
Ils arrivèrent à destination au même moment, évitant à Johann d’avoir à répondre. Il mit son clignotant – un flic se devait de montrer l’exemple, sécurité routière oblige – et tourna à droite, dans la rue des Messageries. Hélène Marck vivait dans l’immeuble à l’angle, une construction récente dont le rez-de-chaussée était occupé par une pharmacie. Au-dessus s’empilaient cinq étages d’appartements flambants neufs avec terrasses et grandes baies vitrées.
Johann contourna le bâtiment et se gara à l’arrière, au bord d’un terrain vague sur lequel se dresseraient bientôt d’autres résidences modernes. Ils se trouvaient en lisière du quartier de l’Amphithéâtre. Celui-ci subissait depuis quelques années une transformation à marche forcée, sous l’impulsion des locomotives qu’étaient le Centre Pompidou et le centre commercial Muse inauguré moins d’un an plus tôt. Tout autour, les immeubles poussaient comme des champignons, tous construits sur le même modèle : commerce en bas, logements au-dessus.
En bon amoureux de Metz qu’il était, Johann détestait ces nouvelles constructions. Elles n’avaient pas le dixième de la prestance des hauts bâtiments de style allemand érigés pendant l’Annexion qui bordaient l’avenue Foch. Ni le charme de ceux en pierre de Jaumont qui constellaient le centre historique, où il adorait flâner. Pas seulement pour le cachet, mais parce que chaque rue, chaque magasin et chaque café lui rappelaient le souvenir de jours plus heureux.
En descendant de voiture, Johann aperçut au loin le mât sommital de ce qu’il considérait comme la principale verrue du quartier : le Centre Pompidou. Quand le musée d’art moderne avait été inauguré une décennie plus tôt, tout le monde avait loué le génie et l’audace de l’architecte. Tout le monde sauf lui, qui avait toujours trouvé que le bâtiment ressemblait à un mollusque informe sur lequel on aurait greffé des cubes. Tania avait un point de vue radicalement différent sur la question.
Combien de fois nous a-t-elle traînés sur le chantier en s’émerveillant du chef-d’œuvre en devenir…
Johann s’était un jour attiré ses foudres en comparant l’édifice à un empilement de boîtes à chaussures. Elle lui avait rétorqué qu’il serait magnifique une fois paré de sa toiture blanche, mais elle n’avait pas vécu assez longtemps pour la voir en place. Ce vendredi après-midi, quelques jours avant les épreuves du bac, avait été leur dernière sortie à six. Depuis, Johann se remémorait ce moment précieux à chaque fois qu’il passait à côté du Pompidou. Et, par association d’idées, le coup de téléphone de Tania le dimanche suivant. La dernière lueur d’espoir sur leur relation, brutalement soufflée deux semaines plus tard…
Il s’ébroua pour revenir au présent et se dirigea vers l’entrée de l’immeuble, Audrey sur les talons. Dans le hall, un coup d’œil aux boîtes aux lettres lui apprit que l’appartement d’Hélène Marck était le 3B. Trop pressé de se mettre en route, il n’avait pas pensé à poser la question à Anthony Hirsch.
Et j’aurais eu l’air fin à essayer la clé sur toutes les portes de l’immeuble.
Ils montèrent les escaliers quatre à quatre. Arrivés au troisième étage, ils trouvèrent sans peine l’appartement. Avant d’entrer, ils enfilèrent tous deux une paire de gants en latex. La moindre surface, à commencer par la poignée de porte, pouvait servir de support à des empreintes digitales. Mieux valait donc être prudent, même si son instinct soufflait à Johann que l’assassin n’avait pas enlevé sa victime chez elle. Le tas d’affaires de jogging carbonisé faisait plutôt penser à un rapt en extérieur.
La porte donnait sur un petit espace avec porte-manteaux et meuble à chaussures agrémenté d’un élégant et imposant miroir psyché en fer forgé. Sur la gauche s’alignaient deux portes qui desservaient probablement la chambre à coucher et la salle de bain. À droite, l’entrée s’ouvrait sur une grande pièce à vivre très lumineuse. Johann fit quelques pas à l’intérieur, découvrant le coin cuisine dans un renfoncement séparé de l’espace de vie par un comptoir, et une large baie vitrée qui donnait sur le balcon couvert. Tout était propre et parfaitement rangé, presque comme dans un appartement-témoin. Johann ne remarqua en guise de signe de vie qu’un mug posé dans l’évier, portant l’estampille de la marque BioShop. Le nom ne lui évoquait rien, mais il n’était pas très porté sur le bio.
La climatisation était éteinte et toutes les fenêtres entrebâillées. L’air extérieur, dont la température n’était pas descendue sous les vingt degrés depuis plus d’une semaine, avait eu tout le temps de rendre l’atmosphère de l’appartement étouffante. L’odeur entêtante qui flottait dans l’air accentuait encore l’impression de se trouver dans une espèce de hammam. Johann inspira fort par le nez pour essayer de reconnaître le parfum, qui lui évoquait vaguement quelque chose. Vanille, finit-il par décider, et aussitôt un souvenir lui traversa l’esprit. Des clopes entièrement noires, parfumées à la vanille, qui avaient été à la mode pendant environ un mois quand il était au lycée. Il réfléchit quelques instants et le nom lui revint. Black Devil. Il se rappela comme lui et ses amis étaient capables de courir entre deux heures de cours jusqu’au tabac de l’avenue de Plantières, au pied de Queuleu, pour en acheter un paquet.
-Et maintenant ? lui demanda Audrey, qui lorgnait d’un œil intéressé sur la psyché.
-Maintenant, on regarde partout, mais on ne touche à rien si on ne veut pas s’attirer les foudres des techniciens.
-Qu’est-ce qu’on cherche ?
-Ça, on le saura quand on le trouvera. Quelque chose qui nous aide à en savoir plus sur Hélène Marck. Sa vie, son boulot, qui elle fréquentait, où elle faisait ses courses… Un détail qui nous permette de savoir où et quand son chemin a pu croiser celui de son assassin.
-Ou qui indique qu’elle connaissait les cinq premières victimes. Si c’est le même meurtrier, il doit forcément y avoir un lien, non ?
-Peut-être, répondit Johann qui réfléchissait à cette hypothèse depuis qu’Anthony Hirsch avait identifié la joggeuse. Mais pour l’instant, restons concentrés sur le présent. Avant tout, on a besoin de savoir ce qu’elle a fait dans les jours et les heures précédant sa disparition. Il est possible qu’on découvre en cours de route un lien avec les cinq adolescents, mais gardons à l’esprit que dix ans se sont écoulés. On ne sait rien des motivations du tueur à l’époque, et rien non plus de ses motivations actuelles. Donc, focus sur la vie d’Hélène Marck.
Audrey hocha la tête et se mit en devoir d’examiner l’appartement. Son attitude trahissait son inexpérience. Elle laissait son regard courir un peu partout en espérant que quelque chose lui saute aux yeux.
-On va se répartir le travail, lui dit Johann pour l’orienter. Regarde si tu trouves des papiers, fiches de paie, factures, tickets de carte bancaire, qui puissent nous en apprendre plus sur elle. De mon côté, je vais jeter un œil à son ordinateur.
En entrant, il avait immédiatement repéré le PC portable posé sur le comptoir de la cuisine, juste à côté du sac à main dont Hirsch avait parlé. Il s’en approcha, localisant au passage la source de l’odeur de vanille : un diffuseur d’huile essentielle électrique, le genre qu’on programme pour lâcher des bouffées de parfum à intervalle régulier. Il l’éteignit d’une pression de son doigt ganté. L’odeur lui montait à la tête. Combinée à la chaleur, elle n’allait pas tarder à lui filer la migraine.
Tout en s’installant sur l’un des tabourets de bar, il examina le comptoir et supposa qu’Hélène Marck s’en servait comme d’un bureau. Quelques courriers encore fermés côtoyaient une facture d’électricité datée du mois précédent et un porte-cartes. Johann passa en revue le contenu, mais il était presque vide. La carte de fidélité d’un restaurant asiatique, une carte de membre périmée d’un club de fitness, la carte de visite d’une boutique de jeux du centre-ville… Rien d’intéressant.
Il démarra l’ordinateur, qui lui demanda un mot de passe. Au même moment, Audrey l’appela depuis la chambre. Elle venait de découvrir les classeurs dans lesquels Hélène Marck rangeait ses papiers. Parmi ceux-ci se trouvaient ses fiches de paie, qui leur apprirent que la banque dans laquelle elle travaillait était située place Saint-Louis, à quelques dizaines de mètres de l’appartement de Johann. Les bulletins de salaire indiquaient également sa date de naissance. Justement l’élément dont il avait besoin pour tenter d’accéder à l’ordinateur.
Il tenta plusieurs variations autour de la date du 10 août 1984, en y ajoutant les initiales de la victime ou divers signes de ponctuation. Il finit par lâcher l’affaire au bout d’une trentaine d’essais. À défaut d’avoir pu déverrouiller l’ordinateur, il avait au moins acquis la certitude qu’Hélène Marck était plus prudente que l’immense majorité des gens, qui utilisaient des mots de passe si évidents que n’importe quel hacker du dimanche pouvait les craquer dans son sommeil.
Les techniciens n’étant toujours pas arrivés, il décida d’appeler Franchet. En quittant la gendarmerie, il avait demandé au planton de le joindre pour l’informer du témoignage d’Anthony Hirsch et lui transmettre l’adresse de la victime. Une demi-heure s’était écoulée et il s’étonnait que son collègue ne l’ait toujours pas rappelé. Même s’il ne tenait pas spécialement à le voir débarquer avec ses gros sabots et son air supérieur, Johann n’avait aucune intention d’être celui qui se ferait allumer par Fischer pour avoir oublié de jouer collectif.
-Franchet, répondit une voix essoufflée après huit sonneries.
-Sarski. Tu as eu le planton au téléphone ?
-Non, je viens à peine de sortir de ce foutu trou et de récupérer du réseau.
-Alors, Molvange ? Plutôt sympa, non ?
-Tu parles ! C’est aussi sombre et humide qu’une chatte, et je ne parle même pas de l’odeur. Faut être complètement allumé pour entrer par effraction dans un endroit pareil et y zigouiller quelqu’un… Pourquoi tu m’appelles ? Il y a du nouveau ?
-Non, non, rien de spécial.
Johann laissa s’écouler deux ou trois secondes, savourant l’instant.
-Ah si, attends, on a l’identité de la victime et son adresse. Je t’appelle de son appartement.
-Putain !
Il y avait dans la voix de Franchet plus de frustration de ne pas être en première ligne que de satisfaction de savoir que l’enquête avançait enfin. Johann ne l’en blâma pas. Il aurait réagi de la même manière à sa place.
-Envoie-moi l’adresse par SMS. Je m’arrache de cette forêt à la con et je rapplique.
Il raccrocha sans rien ajouter. Tout en tapant le texto, Johann ne put retenir un petit sourire narquois en imaginant la tronche de Franchet apprenant que l’enquête avait fait un grand pas en avant pendant sa petite séance d’urbex.
Au moment où il appuyait sur « Envoyer », la sonnerie de l’interphone le fit sursauter. Il s’approcha du petit écran qui affichait l’image filmée par la caméra à l’entrée de l’immeuble et vit trois techniciens vêtus de leurs habituelles combinaisons en papier blanc. Il leur déverrouilla la porte d’en bas et laissa celle de l’appartement ouverte.
En entrant, Jean-Marc Decker, le technicien en chef, regarda Johann et Audrey d’un drôle d’air, mais s’abstint de toute réflexion en voyant qu’ils avaient au moins pris la précaution de mettre des gants. Johann le rassura en expliquant qu’ils n’avaient touché qu’à l’ordinateur et aux classeurs et n’avaient rien déplacé.
Rapidement, les trois hommes déballèrent leur matériel et s’égayèrent dans l’appartement, à la recherche d’empreintes digitales, de cheveux et de fibres. Sentant qu’ils gênaient, Johann et Audrey se replièrent sur le balcon.
-Ils ne trouveront rien, je suis prêt à le parier, lança Johann en allumant une cigarette.
Il tendit son paquet à Audrey. La jeune femme y piocha une Pall Mall et Johann lui passa son briquet.
-À cause des affaires de sport ? Ça laisse plutôt supposer qu’on l’a enlevée pendant son footing.
-Tout juste. Son assassin la suit et l’attrape au moment où elle est le plus vulnérable. Ou alors il l’attend quelque part le long de son parcours habituel, prêt à lui sauter dessus. Une autre hypothèse serait qu’elle le connaissait. Il sonne, elle lui ouvre sans se méfier, il la neutralise puis l’embarque.
-Ou elle le suit volontairement. Parce que transporter une femme inconsciente dans un immeuble en pleine journée… Bonne chance. Sans compter l’absence de traces de coups et de marques de liens.
Un point pour la bleue.
-C’est peu probable, en effet. L’enquête de voisinage ou les caméras de surveillance nous permettront sans doute d’y voir plus clair. D’ailleurs, je te propose d’aller frapper à quelques portes pendant que je supervise le boulot des TIC. Ce sera toujours ça de fait.
Audrey partie, Johann alluma une deuxième cigarette et s’accouda au garde-corps du balcon. Même s’il ne s’attendait pas à trouver grand-chose dans l’appartement, il se sentait frustré. Une partie de lui espérait quand même tomber sur un je-ne-sais-quoi miraculeux qui aurait pu donner un vrai élan à l’enquête. Mais en définitive, ce serait business as usual. Trouver des témoins, des vidéos, des empreintes… Un boulot de flic ordinaire qui permettrait peut-être de faire émerger un suspect.
Son portable sonna. L’écran lui indiqua que l’appel venait de Sarah.
-Ouais ?
-J’ai terminé avec Hirsch. Tu es toujours à l’appartement ?
-Oui, et les TIC sont là aussi.
-Ok, je te rejoins tout de suite. On a récupéré trois bleus supplémentaires, j’en ai collé un aux réquisitions pour obtenir les fadettes de la victime. J’embarque les deux autres. Je suppose qu’il y a une activité porte-à-porte au programme ?
-Tout juste.
D’une pichenette, Johann envoya valser son mégot par-dessus la rambarde et observa distraitement le parking juste en dessous. Il n’y avait pas prêté attention en arrivant, mais la Golf grise d’Hélène Marck était bien là, comme l’avait indiqué Hirsch.
Si ta voiture est ici, pourquoi donc es-tu allée courir en emportant la clé ?
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