La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)
Chapitre 4
Tania entendit Gaël hurler derrière elle. Un coup d’œil en arrière, et elle le vit s’écraser par terre.
Pas le temps de réfléchir.
Un bruit sourd lui parvint et elle comprit que son ami venait sans doute de mourir à son tour.
Elle était désormais seule avec l’homme en noir. Qui venait d’enjamber Gaël pour continuer la poursuite.
Tania essaya d’accélérer. Mais ses jambes faiblissaient, elle le sentait. Elle craignait de s’effondrer au prochain pas. Ses poumons étaient en feu, sa vision se troublait.
À combien de mètres était-elle de la sortie ? Dix, cinquante ? Cinq-cents ? Elle n’en savait rien. Le faisceau de sa lampe trouait l’obscurité devant elle. À chaque balancement de son bras, elle priait pour voir apparaître le pied du plan incliné, l’endroit où ils avaient croisé plus tôt ce tag lugubre qui lui avait glacé le sang et rappelé à quel point ce genre d’endroit pouvait être dangereux.
Y parvenir, c’était garder un infime espoir d’arriver à l’extérieur avant que son poursuivant ne la rattrape. Serait-elle plus en sécurité une fois dehors ? Elle n’en avait aucune idée, mais décida de se concentrer sur le problème le plus urgent.
Sortir de ce gigantesque piège à rats, à tout prix.
Devant elle s’étendait toujours la même galerie rectiligne et désespérément plate. Elle sentit le découragement la gagner. Elle n’allait pas y arriver. Ses jambes allaient se dérober d’une seconde à l’autre. Impossible d’aller plus vite. Elle avait même l’impression de ralentir. Cette sensation se mua en certitude à mesure qu’elle entendait plus distinctement le claquement des pas de l’homme en noir, derrière elle. Elle entendait sa respiration haletante se rapprocher. Il était tout prêt.
Et puis soudain, un choc violent la cueillit à la cheville et la fit trébucher. Elle s’étala sur le côté. Glissa sur quelques mètres. D’une poussée du coude, elle se mit sur le dos. Sa lampe avait atterri plus loin. Elle éclairait la haute silhouette tout de noir vêtue qui venait de la faucher d’une balayette, dessinant sur le mur un dantesque spectacle d’ombres chinoises.
L’homme s’avança lentement jusqu’à la surplomber de toute sa taille.
Elle vit, à travers les trous de la cagoule qu’il portait, deux yeux sombres briller d’une lueur démente.
Il resta immobile un moment en la fixant, comme s’il savourait l’instant. Puis il leva sa barre de fer.
Elle voulut implorer sa pitié, le supplier de ne pas la frapper. Mais un seul mot parvint à franchir le seuil de ses lèvres, dans un murmure à peine audible qui résonna comme une dernière volonté.
-Johann…
Le visage de l’amour de sa vie dansa devant ses yeux.
Puis le bras de l’homme en noir s’abattit.
Et les ténèbres l’avalèrent.
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