La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)

Chapitre 52

 

 

Tout en restant à distance du corps, Johann s’écarta de l’entrée pour laisser passer Audrey. Puis ils balayèrent de leurs torches l’intérieur du pied du château d’eau. Il devait mesurer sept ou huit mètres de diamètre et n’était occupé que par une dizaine de tuyaux rouillés qui, partant du sol, s’élançaient à la verticale et disparaissaient dans l’ombre des hauteurs. Les murs en béton gris étaient maculés de traînées de calcaire et d’innombrables graffitis.

Presque immédiatement, Johann tomba – sans en être surpris le moins du monde – sur le désormais familier « Carpe diem » accompagné des quatre paires d’initiales et de la date du 21 octobre 2003. Il repensa immédiatement à l’idée qui l’avait frappé devant la maison de Claire Meistricht. Celle qui rôdait à la limite de son champ de vision et qu’il n’avait pas eue le temps de creuser.

Encore ces Poètes… On a dépassé depuis longtemps le stade de la coïncidence.

Autour d’eux, un élément jurait avec le délabrement ambiant. Une échelle couleur alu, posée en appui contre une étroite plateforme en béton qui saillait du mur à environ cinq mètres du sol. Johann l’illumina de sa Maglite et constata qu’une autre échelle, celle-ci d’origine vu son état d’oxydation avancé, quittait cette première plateforme pour en rejoindre une autre, cinq mètres plus haut. De là partait une troisième échelle, beaucoup plus longue, qui permettait de gagner une trappe de visite percée à la base du réservoir sommital. L’ensemble donnait le vertige, car les échelles ne se trouvaient pas face à la paroi mais perpendiculaires à celle-ci, ce qui impliquait de les gravir avec le vide à sa droite pour progresser de palier en palier.

Johann reporta son attention sur le cadavre, qui gisait sur le ventre, la tête tournée à l’opposé de la porte. Les cheveux courts et les vêtements laissaient penser qu’il s’agissait d’un homme. Il s’approcha d’un pas, éclairant le sol pour éviter de marcher dans la flaque de sang qui continuait de grossir, signe que le décès ne datait que de quelques minutes.

Le bras gauche du mort était plié selon un angle impossible et sa jambe droite semblait totalement disloquée. Dans la lumière crue de sa torche, Johann discerna un os, sans doute le fémur, qui saillait à travers le jean imbibé de sang.

Il leva la tête, contemplant les vingt mètres de vide qui les séparaient de la trappe d’accès au réservoir. La cause des blessures et de la mort ne faisait guère de doute.

-Tu crois qu’il est tombé de là-haut ? murmura Audrey, la voix étranglée.

-On dirait bien, répondit-il sur le même ton.

Précautionneusement, il fit le tour du corps pour distinguer le visage. Celui-ci n’était pas beau à voir. La mâchoire formait un angle de quarante-cinq degrés avec le reste du crâne, qui s’était fendu au niveau du front sous la violence de l’impact, et un œil pendait hors de son orbite. Malgré les dégâts dus à la chute, Johann identifia immédiatement la victime.

-C’est bien lui, c’est Hirsch, dit-il à Audrey qui contemplait le tableau macabre d’un air dégoûté et semblait, une nouvelle fois, prête à vomir. Et il est évident qu’il a fait le grand saut.

La jeune femme déglutit avec peine et détourna le regard, préférant regarder vers le haut.

-Si tu l’as aperçu sur le toit, ça veut dire que c’est arrivé à l’instant. Tu penses qu’il s’est suicidé ?

Johann s’éloigna du corps martyrisé du courtier, tentant de comprendre ce qui avait pu se passer.

-Je ne sais pas… Peut-être qu’il guettait notre arrivée depuis le toit et que, se sentant repéré, il s’est précipité à l’intérieur pour tenter de regagner le sol avant qu’on arrive. Il aura loupé un barreau et…

Il désigna le corps pour souligner l’issue fatale.

-Mais dans ce cas, que faisait-il là-haut ? Pourquoi allumer son portable pour nous conduire ici ? Pour se foutre en l’air sous nos yeux, ou nous tendre un piège ? Je ne comprends…

Il s’interrompit. Son instinct lui soufflait que quelque chose ne collait pas. Il se pencha sur le corps, l’examinant une nouvelle fois. L’évidence lui sauta soudain aux yeux. Il sentit un frisson lui parcourir l’échine.

-Regarde-le, murmura-t-il. Il est complètement sec. S’il s’était trouvé sur le toit du château d’eau il y a cinq minutes, il devrait être trempé.

-Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda Audrey sur le même ton.

-Qu’il n’était pas seul là-haut, et que la personne que j’ai vue tout à l’heure y est probablement toujours.

Audrey eut un mouvement de recul et esquissa le geste de braquer sa torche vers la trappe qui les surplombait. Johann l’interrompit en posant vivement sa main sur son poignet.

-Garde un air naturel. Faisons comme si de rien n’était.

Il se redressa et sortit son portable.

-De toute évidence, il s’est suicidé, dit-il en haussant le ton. Je vais appeler le colonel pour l’informer que le suspect est mort.

Il fit mine de pianoter sur l’écran et porta le téléphone à son oreille.

-Colonel, lança-t-il d’une voix forte au bout de quelques secondes, ici Sarski. Anthony Hirsch est mort. Il semble s’être suicidé en sautant du haut d’un château d’eau, au moment où on arrivait sur les lieux… Oui, colonel, vous pouvez faire venir le légiste, des hommes l’attendent sur le parking et lui montreront le chemin… Non, nous n’avons pas trouvé d’autres victimes pour le moment. Je vais monter au sommet du château d’eau pour vérifier… Oui, colonel, je vous tiens au courant.

Il glissa son portable dans sa poche et se dirigea vers l’échelle en aluminium. Audrey le retint par le bras.

-Tu es fou ? chuchota-t-elle, l’air paniquée. S’il y a quelqu’un en haut, il va te sauter dessus au moment où tu passeras la trappe.

-J’y compte bien. Mais qui que ce soit, il doit penser que je suis tombé dans le panneau et que je ne me doute de rien. Ce qui me donne un avantage.

-Il ne vaudrait pas mieux attendre des renforts ? Encercler le bâtiment, je ne sais pas…

-On n’a aucune idée de ce qui s’est vraiment passé ici, mais imagine qu’il y ait quelqu’un d’autre en danger de mort, là-haut. On ne peut pas se permettre d’attendre.

Il coinça sa torche entre ses dents et, tenant fermement son Sig Sauer de la main droite, attaqua la montée. Ayant pleine confiance en l’échelle neuve, il atteignit rapidement le premier palier, mais comprit en y prenant pied que le reste de l’ascension serait moins aisée. La rouille avait eu quatre-vingts ans pour s’attaquer aux barreaux métalliques qui le séparaient de la plateforme suivante, et elle ne s’en était pas privée. Du coin de l’œil, il remarqua que plusieurs échelons manquaient. Ceux qui restaient ne semblaient pas offrir une garantie absolue de solidité.

Hirsch et le type qui se cache peut-être là-haut sont passés, il n’y a pas de raison que ça lâche maintenant.

Évitant de regarder vers le mur pour voir comment l’échelle y était arrimée – inutile de s’ajouter un stress supplémentaire –, il se lança, se tenant aux barreaux de la main gauche et pointant, de la droite, son arme vers la trappe quinze mètres plus haut.

Tout en regardant où il mettait les pieds et en testant la résistance de chaque échelon avant d’y faire porter son poids, il s’interrogea sur ce qui était en train de se dérouler. Il était certain de sa déduction concernant l’homme sur le toit. Le corps de Hirsch était parfaitement sec, impossible qu’il ait pu se trouver, quelques minutes plus tôt, debout sur le dôme en plein orage. Qu’est-ce que cela pouvait donc signifier ? Qu’il se trouvait là-haut avec un complice – l’un des autres Poètes ? –, qui l’aurait « suicidé » ? Ou alors qu’il se trompait depuis le début, que Hirsch était totalement étranger à l’affaire et une simple victime de plus ?

Tu le sauras bien assez tôt… Dès que le type planqué derrière la trappe aura essayé de te fracasser le crâne ou de te jeter en bas.

Il parvint au deuxième palier sans encombre et se retint de regarder en bas pour voir où était Audrey. Il n’était habituellement pas sujet au vertige ; son séjour en brigade au pied des Alpes l’avait amené à pratiquer assidûment l’escalade et l’alpinisme, et la hauteur n’avait aucune prise sur lui. Pourvu qu’il soit bien assuré et qu’il puisse rester face à la paroi…

Mais l’ascension du château n’offrait aucune de ces garanties. Il n’avait aucun équipement de protection, et surtout il grimpait perpendiculairement au mur, ce qui lui donnait en permanence l’impression que le vide à sa droite cherchait à l’aspirer.

Il se força donc à regarder vers le haut et braqua, d’un mouvement de tête, sa torche sur son objectif : l’ouverture qui donnait accès au réservoir. Elle mesurait moins d’un mètre de côté, et l’angle selon lequel il l’éclairait l’empêchait de voir ce qui se trouvait au-delà. Tout juste réussit-il à déduire, grâce aux projections d’eau qui cascadaient à travers et brillaient dans la lumière de sa lampe, qu’elle était en contact direct avec l’extérieur.

Il prit quelques instants pour tendre l’oreille mais ne perçut, au-delà du fracas de l’orage, aucun bruit suspect venant du haut.

Y’a plus qu’à aller voir…

Malgré son état encore plus dégradé que la précédente, la troisième échelle tint bon sans faiblir et il parvint juste sous la trappe. C’était le moment critique. Si quelqu’un l’attendait au-dessus, il n’aurait pas de meilleure occasion de frapper qu’à l’instant où Johann passerait la tête à travers l’ouverture.

Il se cramponna solidement de la main gauche et leva la jambe droite autant que possible pour prendre appui sur le barreau le plus haut qu’il pouvait atteindre. Puis il jeta un dernier regard à son arme et poussa de toutes ses forces sur sa jambe tout en tirant sur son bras.

Son élan lui permit de passer le buste au-dessus de la dalle qui matérialisait le plafond du fut. Il pivota aussitôt, tous les sens aux aguets, son Sig pointé devant lui.

Il n’y avait personne.

Johann se trouvait face à une étroite coursive incurvée qui épousait la forme du réservoir. Sur sa droite, une ouverture sur l’extérieur, par où entraient les gouttes de pluie qu’il avait aperçues d’en bas, permettait sans doute d’atteindre l’échelle qui menait sur le toit.

Il prit appui sur les bords de la trappe et se mit debout dans le corridor, qui ne devait pas faire plus de soixante-dix centimètres de large mais était en revanche assez haut pour qu’il n’ait pas à se baisser. Il pointa sa lampe devant lui. La courbure du réservoir l’empêchait de voir ce qui se trouvait plus loin.

Il avança pas à pas, maîtrisant sa respiration trop rapide pour essayer de percevoir un bruit révélant qu’il n’était pas seul. Il passa devant une lourde trappe métallique qui devait donner accès à l’intérieur du réservoir pour d’éventuelles opérations de maintenance ou de nettoyage. Par acquit de conscience, il tira sur la poignée, mais la porte ne bougea pas.

Il arriva finalement au bout du couloir, qui ne devait couvrir que la moitié de la circonférence du réservoir, et comprit qu’il se trouvait à l’aplomb de l’imposant ensemble de tuyaux qu’il avait vu en bas. En bon état de conservation malgré leur âge, ils traversaient la dalle de sol et, après un coude à angle droit, pénétraient dans le réservoir. Ils étaient munis de lourdes vannes qui étaient, en revanche, complètement dévorées par la rouille.

Passons. Je ne suis pas monté pour vérifier la plomberie…

La coursive était manifestement déserte. Et trop petite pour offrir la moindre cachette à quiconque. À moins que…

Mû par une espèce de sixième sens né de son expérience de flic, Johann sentit la présence dans son dos juste à temps pour se retourner brusquement. Il vit un éclair argenté fendre l’air. Sans réfléchir, il se jeta en arrière. La pointe du couteau passa à quelques centimètres de son visage, mais le bras de l’agresseur cogna sa main droite, qui tenait le Sig Sauer. Le pistolet partit heurter la tuyauterie dans un fracas métallique et disparut dans l’ombre.

Johann se campa sur ses jambes et se mit en position de garde. Il tenait toujours fermement sa lampe-torche, qu’il fit tourner doucement comme une matraque, et en profita pour détailler son assaillant.

Il correspondait parfaitement à la silhouette aperçue sur le toit le temps d’un éclair. Grand, le visage masqué par une cagoule, entièrement vêtu de noir et les épaules couvertes par une espèce de cape. Avec stupeur, Johann constata qu’il portait un baudrier, mais n’eut pas le temps de chercher à comprendre pourquoi, car l’inconnu se jeta sur lui, couteau en avant.

Erreur classique…

Plutôt que de chercher à reculer pour se mettre hors de portée, il laissa le coup venir. Au dernier moment, il pivota sur ses jambes pour offrir une cible aussi étroite que possible. Sa main droite fusa pour écarter la lame, et son bras gauche qui tenait toujours la Maglite s’abattit pour frapper le poignet de l’homme en noir.

Celui-ci lâcha son couteau mais réagit à une vitesse qui surprit Johann, en prenant appui sur le mur extérieur de sa main désormais libre pour lui asséner un coup de boule. Johann ne put que tourner la tête pour épargner son nez et reçut l’impact en plein dans la tempe. Il chancela, sonné. Son dos heurta durement une vanne et sa torche lui échappa sous la violence du choc. Il se remit immédiatement en garde tout en clignant vivement des yeux pour chasser les étoiles qui troublaient sa vision.

Il vit malgré tout nettement l’inconnu faire volte-face et disparaître le long de la courbe du couloir. Il se jeta sur son arme, ramassa le couteau de son agresseur – un modèle de chasse doté d’une lame impressionnante d’au moins vingt centimètres – et se précipita à sa poursuite, priant pour que l’homme se rue sur l’échelle et se retrouve mis en joue par Audrey.

Il arriva à côté de la trappe et jeta un bref regard vers le bas. La jeune femme le dévisagea, paniquée par les bruits de lutte qu’elle venait d’entendre. Si l’inconnu n’était pas descendu, il ne restait donc qu’une solution.

-Il est sur le toit ! hurla-t-il.

-N’y va pas ! cria Audrey en retour. C’est trop dangereux, Johann. S’il est monté, il est coincé ! On a plus qu’à attendre les renforts.

Pas si sûr…

-Il portait un baudrier ! S’il tire un rappel depuis là-haut, il va disparaître dans la forêt. Sors, et chope-le si jamais il arrive à descendre. Moi, je monte !

Il passa le buste à travers l’ouverture et prit le coup de fouet d’une rafale détrempée en plein visage. À travers la pluie, il aperçut l’échelle sur sa gauche, entourée d’une grille pare-chute. Sans prendre le temps de réfléchir à la solidité de l’ensemble, il agrippa un barreau. Posa un pied sur le rebord de la fenêtre et se hissa. Un regard vers le haut lui permit de constater que l’homme en noir était déjà arrivé au sommet. Il avala la quinzaine d’échelons à toute vitesse et prit pied sur le toit légèrement bombé du réservoir.

À peine debout, une violente bourrasque l’obligea à se courber en deux. L’orage était encore plus violent qu’au moment où ils étaient entrés dans le château d’eau. Les trombes de pluie déferlaient presque à l’horizontale. En constatant qu’il était seul sur le dôme, il se prit à espérer qu’un coup de vent ait envoyé l’homme qu’il poursuivait s’écraser trente mètres plus bas.

Une corde d’escalade passée dans un énorme anneau rouillé ancré au faîte du réservoir le détrompa. Il s’en approcha et constata que la corde était tendue. L’homme était donc bien en train de descendre en rappel.

Johann contempla le couteau qui avait failli le tuer quelques instants plus tôt et caressa l’idée de s’en servir pour couper la corde. L’inconnu qui s’était trouvé face à lui dans l’étroit corridor avait tué Anthony Hirsch, c’était une certitude. Sans doute Hélène Marck également. Et tout indiquait qu’il était également l’assassin de ses amis.

L’assassin de Tania…

Il se mit à genoux et posa le couteau sur le brin de corde, prêt à la sectionner.

Au dernier moment, il retint son geste.

Tu n’as pas envie de regarder ce salopard dans les yeux pendant que tu lui passes les menottes ? Pas envie d’offrir la justice aux parents de tes amis ? Pas envie de lui demander POURQUOI ?

Il coinça le couteau dans sa ceinture et regagna le bord du réservoir aussi vite que la prudence le permettait. Au moment où il s’engageait sur l’échelle, il perçut, porté par le vent, un cri aigu chargé de surprise – ou de peur ? – presque aussitôt suivi d’un coup de feu.

Il se hâta, dérapant sur les barreaux détrempés, et se jeta à l’intérieur. Alors qu’il se glissait dans la trappe, un nouveau cri retentit. C’était un hurlement de douleur, cette fois.

Audrey !

Il dévala les trois échelles l’une après l’autre, faisant confiance à son équilibre inné de grimpeur pour ne pas tomber, et sauta les cinq derniers échelons pour atterrir à côté du cadavre brisé d’Anthony Hirsch.

Il se précipita à l’extérieur, balayant la forêt sombre de sa torche.

Rien.

Pas le moindre bruit ni le moindre mouvement.

Il essaya de se repérer dans l’espace et finit par comprendre que l’inconnu avait fait descendre sa corde de rappel à l’opposé de la porte d’entrée. Il contourna rapidement le pied du château d’eau sans prêter attention aux ronces qui s’accrochaient à son pantalon ni à ses Converse qui s’enfonçaient dans l’humus détrempé.

À une dizaine de mètres, à l’aplomb du rebord du réservoir, il aperçut la corde qui pendait entre les arbres. L’inconnu n’avait pas pris le temps de la récupérer avant de…

Avant de quoi ? Était-il toujours dans les parages, dissimulé dans l’ombre et prêt à se ruer sur lui ? Ou avait-il pris ses jambes à son cou ?

Et surtout… Où était Audrey et pourquoi avait-elle hurlé ainsi ?

Johann tourna sa lampe en tous sens, sentant la panique le gagner. Puis une masse sombre allongée sur le sol s’encadra dans le faisceau lumineux.

Audrey…

Il se précipita vers elle, oubliant toute prudence, toute précaution.

La jeune femme était couchée sur le dos. Un flot de sang s’échappait du défaut de son gilet pare-balles, au niveau de l’aisselle. Johann s’agenouilla à côté d’elle et lui prit la main. Elle tourna doucement la tête vers lui. Ses yeux étaient voilés et semblaient le fixer sans le voir. Elle essaya de parler, mais seules des bulles sanglantes s’échappèrent de ses lèvres.

Non… Non ! Pas encore une fois !

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