La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)

Chapitre 39

 

7 juillet 2018

Johann se réveilla en sursaut, trempé de sueur. Il venait de faire un rêve angoissant, dont le souvenir s’étiola à l’instant où il ouvrit les yeux. Ne resta qu’un vague sentiment de malaise, et l’image floue d’une galerie baignée de lumière rouge, aux murs entièrement recouverts de messages tracés avec du sang. Il était presque sûr d’avoir aperçu des gens en train de copuler un peu partout dans les pièces délabrées et humides qui bordaient le souterrain. Il n’y avait pas regardé de plus près, parce qu’il était en train de suivre quelqu’un. Ça, il en était certain.

Qui ? Impossible de s’en rappeler, mais il avait l’impression que cette personne possédait les réponses à toutes les questions qu’il se posait. Il l’avait suivie jusqu’à un embranchement où la galerie se séparait en deux. Elle avait pris à gauche. Il ne l’avait pas vue faire, mais il le savait d’instinct – l’étrange paradoxe des rêves. Il avait voulu la suivre mais en avait été incapable. Sans qu’il ne puisse les contrôler, ses pas l’avaient conduit dans la galerie de droite.

Contrairement à celle de gauche qui était plongée dans le noir, celle-ci était éclairée de la même lueur rouge, palpitante et malsaine, comme s’il se trouvait au cœur d’un gigantesque organisme putréfié. Il l’avait parcourue pendant un temps qui lui avait semblé infiniment long, jusqu’à apercevoir quelque chose au bout. Quelque chose d’horrible, dont il était incapable de se souvenir, mais qui l’avait tiré brutalement du sommeil.

Ça devient vraiment une mauvaise habitude, ces rêves à la con.

Il regarda autour de lui en clignant des yeux. La lumière du jour filtrait abondamment entre les volets et l’horloge indiquait qu’il était presque huit heures. Il se leva péniblement du canapé où il s’était endormi sans même s’en apercevoir – une autre mauvaise habitude. Il avait les jambes lourdes, conséquence des kilomètres parcourus dans le Mont-des-Welches la veille, et un vague relent de migraine.

Il enchaîna une douche, deux cafés et trois clopes et se mit en route pour le bureau. Les derniers souvenirs de son cauchemar s’étaient dissipés, chassés par le soleil éclatant qui faisait briller les pavés de la place Saint-Louis. En montant dans sa voiture, Johann jeta un œil au ciel uniformément bleu. Il essaya de se rappeler, sans y parvenir, quand il avait vu un nuage pour la dernière fois.

Il se sentait presque enthousiaste en se faufilant dans la circulation clairsemée. Sa soudaine épiphanie de la veille, qui laissait entrevoir un lien potentiel entre Hirsch, les Poètes Disparus et les six meurtres, lui avait redonné le moral, balayant au passage l’impression de tourner en rond qui l’habitait depuis quelques jours. Même si sa nouvelle théorie lui paraissait, après une nuit de sommeil, un peu tirée par les cheveux, elle reliait suffisamment tous les protagonistes de l’affaire pour qu’il la considère comme prometteuse. Si jamais l’alibi de Hirsch s’avérait foireux, il lui suffirait d’y ajouter les magouilles au crédit dénichées sur l’ordinateur d’Hélène Marck pour faire craquer le courtier, il en était convaincu. Et avec un peu de chance, il pourrait même dérouler la pelote de laine jusqu’au meurtre de ses amis.

Il tournait à droite après avoir franchi la Seille pour monter vers Queuleu quand son estomac lui rappela en gargouillant qu’il avait encore sauté un repas la veille au soir. Même s’il était déjà en retard sur son horaire matinal habituel, il décida de faire une halte pour manger quelque chose. La journée risquait encore d’être longue. Mieux valait l’entamer le ventre plein.

Il se gara devant une petite boulangerie où il avait ses habitudes du temps du lycée, juste en face de l’église qui dominait la rue des Trois-Evêchés et la mairie de quartier. Il y acheta un croissant et s’installa sur les marches qui conduisaient au parvis de l’édifice.

Ici aussi, on avait nos habitudes…

Combien de fois s’étaient-ils planqués avec ses amis sous les porches de l’église en pierres jaunes pour siffler une bouteille de vodka ou fumer quelques joints avant de se séparer pour le week-end ? Trop pour qu’il puisse les compter… Il revit Gaël, assis sur un muret, vomir devant l’une des portes secondaires puis s’effondrer comme une masse dans sa galette quelques minutes plus tard. Il revit Tristan rouler d’une main experte un joint de cinq feuilles de long – un record – avant de se rendre compte qu’il avait oublié d’ajouter les boulettes de shit au tabac.

Il se revit aussi, un jour orageux de juin, abrité avec Tania sous une voûte… Ils s’étaient embrassés longuement, profitant des derniers moments avant les vacances d’été. S’il avait su ce jour-là que c’était l’une des dernières fois où leur relation lui paraîtrait normale, il en aurait sans doute profité davantage. Avant qu’elle ne se dégrade inexplicablement pendant l’été et ne se termine par une rupture à la rentrée…

D’un souvenir à l’autre, son regard glissa jusqu’à une lucarne qui saillait d’un toit plus bas dans la rue. Cette fenêtre appartenait à l’ancienne maison de Louis. Ses parents l’avaient vendue après la mort de leur fils pour déménager dans le sud-est et s’éloigner le plus possible des lieux du drame et des souvenirs douloureux. Ils ne revenaient en Moselle qu’une fois par an, pour la marche blanche.

Pour Johann aussi, cette maison évoquait des images amères, à tel point qu’il détournait en général le regard quand il passait devant le matin sur le chemin de la Boîte.

Un peu hypocrite de la part de quelqu’un qui prend volontairement cette route alors qu’il y a des chemins plus directs, non ?

Il avait vécu dans cette maison l’un des soirées les plus marquantes et paradoxales de sa vie. Certains moments en étaient gravés au fer rouge dans sa mémoire alors que d’autres s’en étaient littéralement envolés.

À la fin de leur année de première, entre l’écrit et l’oral du bac de français, Louis avait profité d’une absence de ses parents pour organiser une soirée chez lui. Il ne visait pas un Projet X avant l’heure et avait simplement invité ses plus proches amis et quelques autres camarades de classe pour « boire un coup », ce qui dans leur langage signifiait avaler au minimum un litre d’alcool par personne. En ce mois de juin 2007, Johann n’avait, à une ou deux exceptions près, plus adressé directement la parole à Tania depuis le fiasco de leur sortie au cinéma en janvier. Il espérait que cette méthode radicale l’aiderait à l’oublier une fois pour toutes.

Et ça a été une franche réussite, pas vrai ?

Un rire nerveux lui échappa alors qu’il terminait son croissant. Évidemment, chercher à oublier Tania avait été un vœu pieu. Même s’il avait tenu sa résolution de ne plus la « poursuivre de ses ardeurs » comme le disait si bien Tristan, il avait été incapable de s’empêcher de penser à elle. Alors, quand Louis lui avait parlé de la soirée qu’il projetait d’organiser, il s’était dit que, peut-être, ce pourrait être l’occasion de recoller enfin les morceaux.

Et quand Angélique lui avait appris que Tania n’avait pas l’intention de venir, il avait craqué. Un soir, après avoir fumé quelques joints avec Gaël et Tristan, il avait sorti son portable et lui avait envoyé un texto. Il avait guetté sa réponse pendant de longues minutes qui s’étaient, sous l’effet de la beuh, étirées en heures. Et quand elle avait fini par arriver, il s’était laissé tomber sur le dos et, les bras en croix dans l’herbe tiède, avait remercié le ciel d’été comme seul un mec défoncé peut le faire.

Vu de l’extérieur, ça devait être parfaitement pathétique. Heureusement que je n’ai jamais raconté ça à personne et que je ne le ferai jamais…

Ils avaient échangé quelques messages anodins, comme s’il n’y avait entre eux aucun passif ni aucune ambiguïté, et Tania avait fini par accepter de venir à la soirée de Louis.

Le jour venu, Johann s’était juré que ce soir-là serait le grand soir. Les SMS de Tania n’avaient laissé transparaître aucun malaise ; elle avait l’air d’aller bien et Johann en était arrivé à espérer qu’elle avait fini par régler ces problèmes qui s’étaient glissés entre eux pour faire capoter leur relation. Malheureusement, un autre obstacle de taille était venu se mettre en travers de la route d’un plan qui lui paraissait infaillible : l’alcool.

Lui, Gaël et Tristan étaient arrivés chez Louis vers dix-neuf heures, un peu en avance. Une demi-heure plus tard, ils avaient sifflé à eux quatre deux bouteilles de whisky. Johann, stressé comme jamais, avait fait le plus gros du travail. Quand Tania était arrivée, il était déjà complètement ivre et l’avait à peine remarquée.

Ensuite, la soirée avait viré au chaos.

D’abord, Angélique avait surpris Louis, avec qui elle était en couple par intermittence depuis près de deux ans, à moitié nu dans la grande baignoire d’angle de la suite parentale, en train d’asperger une fille de leur classe de gel douche.

Faut reconnaître que cette partie de la soirée est quand même l’un des moments les plus drôles qu’on ait vécu.

L’engueulade avait été monumentale, et Tania avait passé une heure enfermée avec leurs deux amis pour essayer de jouer les médiatrices. Johann, qui commençait tout juste à dégriser et cherchait la meilleure manière de la prendre à part, avait dû ronger son frein. Il avait donc eu la brillante idée de retourner la maison en quête de citrons et de sel avant de descendre une bouteille de tequila avec Tristan pour patienter.

À peu près au même moment – la chronologie de la soirée lui paraissait bien floue, onze ans plus tard –, Gaël avait été pris d’un coup de folie et avait traversé la cuisine et la véranda en hurlant, avant de sauter la rambarde du balcon et de s’écraser dans le jardin en contrebas. Par chance, le sol n’était qu’à un demi-étage de là, mais Johann avait encore gravée en mémoire l’image de son ami étalé sur le dos, les yeux fermés. Il l’avait cru mort pendant quelques secondes, avant que Gaël ne se redresse, hilare.

Quand Tania avait finalement enlevé son costume de conseillère conjugale, Johann avait pris son courage à deux mains et lui avait demandé s’ils pouvaient discuter en privé. Elle avait accepté, mais il se rappelait encore parfaitement le regard méfiant qu’elle lui avait lancé en constatant son état d’ébriété avancée. S’il avait dû souffler dans un éthylotest à cet instant, il y aurait sans doute mis le feu. Mais peu lui importait ; il avait décidé qu’il tenterait le tout pour le tout ce soir-là, et il s’en était tenu à son plan.

Ils s’étaient donc isolés dans un petit salon, Johann avait fermé la porte, et ensuite…

Trou noir intégral.

Ce moment s’était évanoui dans le pire black-out que l’alcool lui ait jamais infligé. Il n’avait strictement aucun souvenir de ce qu’il avait raconté à Tania ni de combien de temps leur tête-à-tête avait duré. Son disque dur interne s’était rallumé à la toute fin de la conversation, au moment où Tania s’était levée pour quitter la pièce. Il l’avait retenue par le bras et avait tenté de l’embrasser, mais s’était pris un râteau si énorme qu’il aurait pu ouvrir un magasin de jardinage – comme Tristan l’avait très justement dit le lendemain quand il avait raconté sa mésaventure.

Johann supposait que l’alcool n’était pas la seule cause de son amnésie. Il avait toujours pensé que, sous l’effet de la honte, son inconscient avait préféré oblitérer tout souvenir de la conversation. Il avait une fois ou deux songé à se faire hypnotiser pour tenter de débloquer sa mémoire, sans jamais franchir le pas. Une part de lui craignait trop de découvrir qu’il avait tout simplement grillé sa dernière cartouche parce qu’il avait bu comme un trou.

Il n’avait pas repensé à cet épisode depuis longtemps – il se forçait à ne pas le faire sous peine de cogiter pendant des heures. Le simple fait d’y songer, à quelques pas de la maison où il s’était déroulé, lui serra l’estomac et lui fit regretter le croissant qu’il venait d’avaler.

Assez de souvenirs, Sarski, t’as du travail…

Il remonta dans sa voiture et gagna rapidement son bureau, en essayant tant bien que mal de remiser sa nostalgie au placard pour se focaliser sur l’enquête en cours. Heureusement, il put compter, à peine arrivé, sur Franchet pour lui changer les idées.

-Eh, Sarski ! lança son collègue au moment où il pénétrait dans l’open-space, qui était aussi animé qu’en semaine alors qu’on était samedi. Tu t’es octroyé une grasse-mat’ après ton tournage de porno amateur ?

Les nouvelles vont vite, apparemment.

-Et toi, répondit Johann du tac au tac, pas de sommeil en retard ? Ça fatigue, de contrôler des clodos toute la nuit, non ?

-Rigole tant que tu veux, tu te marreras moins quand on découvrira que Kelmès est bien l’assassin. D’ailleurs, je descends à la PM voir s’ils ont du neuf. Je ne te propose pas de venir, je suppose ?

Johann secoua la tête, et Franchet lui lança un regard méprisant avant de quitter le bureau en sommant deux bleus de l’accompagner « pour apprendre le métier ».

Qu’il continue de s’agiter dans le vide. Pendant ce temps, il ne traîne pas dans mes pattes. Quant à prouver que Kelmès a tué qui que ce soit, il peut toujours courir.

Audrey déboula au même moment du recoin où logeait l’imprimante de l’étage, l’air tendue. Elle avisa Johann et fonça droit sur lui en brandissant une liasse de feuilles.

-J’ai quelque chose à te montrer, lui dit-elle. Je me suis renseignée sur cette Lisa Bertin. Je ne sais pas pourquoi tu m’as demandé ça, mais regarde ce que je viens de trouver.

Elle étala les pages sur le bureau de Johann et en désigna une du doigt. L’acte de naissance de Lisa. Johann le parcourut rapidement, mais rien dans le document ne retint son attention.

-Eh bien, quoi ?

-Retiens le nom de sa mère, tu veux ?

Monique Hérault, très bien.

-Les vérifications de base n’ont rien donné d’intéressant, alors j’ai décidé d’aller un peu plus loin, juste au cas où, reprit Audrey.

Elle mit une autre feuille en évidence. Un acte de mariage, cette fois.

-Avant d’épouser le père de Lisa Bertin, Monique Hérault était mariée à un autre homme, qui s’appelait…

-Daniel Hirsch, termina Johann qui lisait en même temps. Ne me dis pas que…

-Et regarde ça ! l’interrompit Audrey en ajoutant un autre acte de naissance sur la pile.

Johann n’eut besoin que de trois secondes pour comprendre l’énormité de ce que la jeune GAV venait de déterrer. Monique Hérault avait eu, de son premier mariage avec Daniel Hirsch, un fils.

Anthony.

Johann sentit ses méninges s’emballer pour tenter d’ajouter cette nouvelle pièce au puzzle.

-Ainsi, résuma-t-il à haute voix pour qu’Audrey suive son raisonnement, Hirsch est le demi-frère de Lisa Bertin… C’est le chaînon manquant qui fait tenir toute l’affaire ensemble !

-Pourquoi ? demanda Audrey, qui semblait larguée.

-J’ai fouillé dans le passé des ados assassinés il y a dix ans, répondit Johann en pesant soigneusement chaque mot pour ne pas se trahir. Et j’ai découvert qu’une de leurs camarades de classe, notre Lisa Bertin, a tenté de se suicider parce que l’un d’entre eux, Louis Rodrigues, lui avait brisé le cœur. Or, si Hirsch est son demi-frère…

-Ça lui donne un mobile pour le quintuple meurtre ! compléta Audrey, qui comprenait enfin où il voulait en venir. Pour un meurtre sur les cinq, en tout cas. Mais on peut considérer que les quatre autres ont été des victimes collatérales.

Johann voyait enfin la clé de voûte qui unissait les éléments disparates avec lesquels il se débattait. L’espace d’un instant, il hésita sur la conduite à tenir ensuite. Interpeller Hirsch immédiatement ? Vérifier d’abord où il se trouvait et ce qu’il faisait le 2 juillet 2008 ? Tenter d’interroger Lisa Bertin, qui se trouvait aux Etats-Unis ?

Sarah, qui était pendue au téléphone depuis qu’il était arrivé, interrompit ses réflexions en raccrochant bruyamment et en se levant d’un bond.

-Johann ! Tu as eu mon message hier soir ?

-Ouais, mais il était un peu tard pour te rappeler. J’ai passé une bonne partie de la soirée sous terre.

-Je sais, Franchet a fait le tour du bureau ce matin pour raconter ça à tout le monde. Bon, je t’ai dit que Hirsch apparaît sur les images de vidéosurveillance du mardi, mais pas du lundi, d’accord ?

-Tu as trouvé quelque chose d’autre ? demanda Johann, qui attendait la prochaine révélation fracassante.

-Et pas qu’un peu. J’étais au téléphone avec la secrétaire du réseau de courtiers qui gère les séminaires. Elle m’a expliqué qu’il y avait des espèces d’ateliers thématiques étalés sur les deux jours, genre « Négocier le meilleur taux » ou « Gérer son portefeuille de banques », des conneries comme ça. Au début de chaque atelier, les courtiers signent une feuille de présence, histoire de prouver qu’ils y ont bien assisté.

-Et Hirsch n’a pas signé le lundi, c’est ça ?

-Si. Mais c’est là que ça devient amusant. Entre le lundi et le mardi, sa signature change. Et celle du lundi ne colle pas avec celle qu’il utilise habituellement sur d’autres documents.

-Donc quelqu’un a signé à sa place pour lui fournir un faux alibi ?

-Exactement. On continue de creuser ou on le convoque ? La nana du réseau m’a fourni son planning, il a bossé hier mais n’a aucun rendez-vous ce matin. Il ne doit pas être bien loin.

Johann prit quelques secondes pour réfléchir, même s’il connaissait déjà la réponse. Hirsch et son alibi inexistant… Hirsch et son lien avec Lisa Bertin qui lui fournissait un mobile pour le meurtre de ses amis… Hirsch et ses initiales qui correspondaient à ceux de l’un des Poètes habitués des lieux souterrains de la région… Avait-il embarqué son Cercle dans son expédition vengeresse ? Les énigmatiques Poètes avaient-ils perpétré le carnage tous ensemble ? Il faudrait le déterminer en temps utile. Mais pour le moment, tous les éléments dont il était certain s’emboîtaient parfaitement.

Il sentit presque physiquement le vent lui caresser le dos.

-On ne va pas le convoquer, non. On lui tombe dessus, et tout de suite !

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