La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)

Chapitre 61

 

Fischer confia à Ish la rédaction du rapport sur Eckmann et Johann put quitter la Boîte, tous les dossiers de l’enquête sous le bras. Il regagna son appartement, se fit couler un café et, une clope aux lèvres, se mit au travail.

Première étape, trouver le cheval de Troie.

Après s’être assuré que son ordinateur était bien éteint, il bascula son téléphone en mode avion pour éviter tout partage de connexion automatique et débrancha sa box Internet. Son PC totalement coupé du monde extérieur, il l’alluma et se mit en quête du mouchard que le tueur avait réussi à y introduire.

Il lui fallut plus d’une heure, quatre Pall Mall et trois cafés supplémentaires pour finir par le débusquer, caché au fond du sous-dossier d’un sous-dossier de son disque dur sous un nom totalement abscons.

Coucou, mon salaud. Voyons si je peux te retourner contre ton créateur.

Il examina le programme et constata qu’il ressemblait beaucoup à celui dont il s’était lui-même servi pour infiltrer l’ordinateur de Guillaume Kern, en un peu plus perfectionné. Comme le sien, le logiciel permettait de se connecter à distance à un PC pour en fouiller la mémoire, mais pouvait également activer la webcam et le micro, et enregistrer en direct toutes les touches frappées sur le clavier.

Pas mal, pas mal du tout. Du moins, tant qu’il n’est pas repéré.

Le programme était conçu pour envoyer régulièrement ses trouvailles sous la forme d’un paquet de données dissimulé dans le flux d’information qui quittait en permanence et automatiquement tout ordinateur connecté à Internet. Johann ajouta quelques lignes de code pour modifier le logiciel : la prochaine fois qu’il communiquerait avec son propriétaire, il lui inoculerait à son tour un petit virus. Johann recevrait alors en retour l’adresse IP et, si c’était possible, la localisation GPS du destinataire. Avec un peu de chance, ça suffirait pour débusquer le tueur. Mais il n’avait pas pour autant l’intention de miser toutes ses billes sur le même cheval.

Deuxième étape, trouver le lien qui unit toutes les victimes.

Pour ce faire, il allait devoir identifier un mobile qui justifiait à la fois de tuer ses amis, mais aussi Hélène Marck et Anthony Hirsch. C’était la même question qui l’obnubilait depuis sa conversation avec Nicolas Morella, l’ancien journaliste. Il se la posa encore – pour la centième fois peut-être – et sécha immédiatement. Il avait tourné et retourné cette histoire de mobile dans tous les sens, et la seule piste plausible qui en était sortie concernait la tentative de suicide de Lisa Bertin, la demi-sœur de Hirsch.

Mais cette piste s’est écrasée au pied d’un château d’eau.

Il était forcément passé à côté de quelque chose, il le savait. Qui pouvait en vouloir suffisamment à ses amis pour les traquer jusqu’au fin fond d’un ouvrage abandonné ? Il fallait être animé d’une sacrée haine pour suivre ou précéder une bande d’adolescents dans un endroit pareil et leur faire la peau. Il avait beau se creuser la tête, aucune réponse ne lui venait.

Sauf si…

Sauf s’il se posait en réalité, depuis le début, la mauvaise question.

Une illumination lui vint subitement, et il se frappa le front du plat de la main.

-Le mobile, on s’en cogne ! s’écria-t-il. La vraie question, c’est l’opportunité !

Comment avait-il pu ne pas y penser plus tôt ? La question était pourtant évidente, et il aurait dû la mettre tout en haut de sa liste dès le départ, à l’instant même où il avait écarté l’hypothèse d’une rencontre fortuite qui aurait mal tourné dans les profondeurs de Molvange.

Ce qui importait le plus, ce n’était pas de savoir pourquoi ses amis avaient été tués. C’était surtout de déterminer qui en avait la possibilité.

Qui savait qu’ils devaient aller là-bas, ce jour bien précis ?

Il lui fallut moins de cinq secondes pour répondre à cette question-là. Gaël était au courant, évidemment, puisqu’il avait choisi le lieu de la soirée. En revanche, les quatre autres ne savaient rien ; il les avait tenus dans l’ignorance, comme le voulait leur tradition, pour préserver l’effet de surprise et maximiser l’impact de la découverte d’un endroit plus glauque que le précédent.

Mais cette fois, Gaël a fait une entorse à la tradition… Il m’en a parlé.

Quand Johann avait invoqué une maladie imaginaire pour se défiler et ne pas mécontenter Maddie, son ami avait tout tenté pour le faire changer d’avis. Y compris lui décrire par le menu le lieu où il comptait les emmener. Et lui, qu’avait-il fait ensuite ?

J’en ai parlé à Maddie… Comme le gros con que j’étais, en remuant la queue et en espérant qu’elle me donne sa bénédiction pour passer la soirée avec mes amis plutôt qu’avec elle.

Les mots prononcés par son ex-copine quelques jours plus tôt lui revinrent aussitôt en mémoire. Sa haine envers Angélique pour l’humiliation subie dans les vestiaires. Sa haine envers Tristan pour les multiples brimades et les noms d’oiseau balancés dans les couloirs.

Et sa haine envers Tania, parce qu’elle savait que je l’aimais toujours. En voilà un, de mobile.

Mais il n’avait rien de révolutionnaire. Il y avait déjà pensé, il l’avait même évoqué devant Maddie, et elle lui avait ri au nez. Parce qu’il ne résolvait toujours pas le problème de l’opportunité. Maddie avait un alibi pour le soir des meurtres : elle était avec lui, tentant d’abord de l’amadouer par le sexe avant de le mortifier avec ses reproches. Il alluma une cigarette, ferma les yeux et se repassa le film de la soirée. Maddie était arrivée chez lui, décolleté plongeant et bouteille de champagne à la main, vers dix-huit heures. Ils avaient regardé un film, qui avait dû les occuper jusqu’à vingt heures. Puis ils avaient fait l’amour.

Vu le peu de cœur que j’y ai mis, ça n’a pas dû durer au-delà de vingt heures trente.

Ensuite était venue la prise de tête. Là, ça avait été plus long. Jusqu’à quelle heure ?

Il faisait nuit quand elle est partie. Donc, après vingt-deux heures trente environ.

Avant minuit en tout cas, il en était certain. Il se revit allongé sur sa terrasse avec un verre de whisky à la main, en train d’écouter le clocher du village égrener ses douze coups. Il s’en rappelait parfaitement parce qu’il s’était juré, au son du carillon, que cette journée qui commençait serait celle où il aurait enfin le courage de quitter Maddie pour renouer avec ses amis et avec Tania.

Ce laps de temps était-il suffisant pour permettre à Maddie d’arriver à Molvange assez tôt pour commettre le quintuple meurtre ? Johann fouilla ses dossiers à la recherche de la chronologie qu’il avait établie en se basant sur les rapports de Dieblinger et du légiste. Gaël, Angélique, Tristan et Louis étaient morts entre vingt-trois heures et une heure du matin, Tania entre minuit et deux heures du matin.

Le timing est un peu serré, mais pas impossible du tout. Woippy-Molvange, c’est cinquante minutes de trajet en roulant normalement.

Il pouvait donc matériellement imaginer Maddie partir de chez lui et, furieuse comme elle l’était, filer à Molvange, pénétrer dans les galeries et…

Et massacrer toute seule cinq personnes, du haut de son mètre soixante ?

Il tenait un mobile, et peut-être une opportunité. Mais la question des moyens était autrement plus épineuse. Maddie n’était absolument pas sportive. Ses passions étaient davantage tournées vers la lecture, les révisions et, comme Johann, l’informatique. C’était un de leurs rares points communs, et c’était aussi ce qui les avait rapprochés au départ. Ils se côtoyaient tous les jours en classe mais ne s’étaient réellement parlé pour la première fois que quand ils avaient tous deux rejoint un éphémère club d’informatique monté par un prof de techno du bahut. L’initiative avait capoté au bout de quatre séances, quand le nombre des participants était tombé à trois, mais avait permis à Maddie de se rendre compte qu’elle avait très envie de mettre le grappin sur Johann.

Ça ne peut pas être elle, elle n’aurait jamais pu les tuer tous les cinq. Sauf à imaginer qu’elle ait eu un complice…

En même temps que cette pensée lui traversait l’esprit, un visage vint danser devant ses yeux.

Celui du troisième membre du club en question, qui était aussi doué en informatique que Johann lui-même.

Celui d’un garçon qui était proche de Maddie depuis toujours, car il avait grandi dans le même patelin qu’elle.

Celui d’un élève qui devait forcément figurer parmi les signataires de la pétition réclamant le renvoi de Johann et de ses amis. Qui était aussi un proche de Lisa Bertin et qui, d’après les dires de Seger, était parfaitement au courant des raisons de sa tentative de suicide.

Et surtout, celui d’un homme qui avait…

Comment j’ai pu passer à côté de ça ?

Il savait qui avait tué ses amis en 2008, et Marck et Hirsch dix ans plus tard.

Maddie a gardé les mains propres. Elle sentait que je lui échappais, alors elle a envoyé son ami de toujours faire le sale boulot à sa place. Tania et les autres disparus, je n’avais plus qu’elle…

Il ne lui manquait plus qu’une dernière confirmation.

Johann se rua sur les documents qu’Ish lui avait remis et, dans sa précipitation, heurta du coude le carton d’archives qui se renversa et répandit au sol les rapports de 2008 et les photos prises lors des autopsies. Il eut une vision fugace d’un corps pâle étendu sur une table en inox, baigné par la lumière crue d’une lampe halogène. La cascade de cheveux blonds ne laissait aucune place au doute : c’était le cadavre d’Angélique. Il ferma les yeux et détourna vivement la tête. Hors de question de laisser ces images le perturber alors qu’il était si près du but.

Il fouilla fiévreusement parmi les papiers que son collègue avait rassemblés un peu plus tôt et finit par trouver ce qu’il cherchait : la liste des sociétés auxquelles Hélène Marck avait refusé un prêt avant de les mettre en contact avec Hirsch. Le mobile des deux derniers meurtres était forcément là. L’homme à qui il pensait avait été floué par les deux escrocs et s’était vengé. Pourquoi avait-il choisi de le faire à Molvange, dix ans après ses premiers crimes ?

Ça, je lui poserai la question quand je le verrai.

La liste était longue ; la banquière et le courtier s’étaient engraissés sur le dos d’une bonne cinquantaine de boîtes. Johann entra une à une les raisons sociales sur societe.com, s’attendant à chaque fois à découvrir dans la rubrique « Gérant » le nom qu’il cherchait.

En vain. Aucun ne collait.

Impossible que je fasse fausse route. Il est forcément quelque part.

Il passa une nouvelle fois en revue le pedigree professionnel d’Hélène Marck et finit par tomber sur une autre liste, celle de tous les clients dont elle gérait les comptes bancaires. À nouveau, il tapa chaque nom dans le moteur de recherche du site, sentant à chaque échec la tension monter en lui. Le septième fut le bon, et un frisson d’excitation lui chatouilla le ventre.

Plus de doute possible… Je te tiens, sale fils de pute.

Il parcourut rapidement la fiche par acquit de conscience. Le nom du gérant était celui qu’il s’attendait à trouver, et la dénomination commerciale collait. Il eut la vision fugace d’une carte de visite entraperçue dans l’appartement d’Hélène Marck.

Dire que j’avais la réponse depuis des jours… Putain de Hirsch, putains de Poètes qui m’ont fait regarder ailleurs.

Prochaine étape : appeler Fischer pour lui faire part de ses découvertes. Ils n’auraient ensuite plus qu’à aller arrêter Maddie et son complice, et l’affaire serait bouclée. À cette pensée, il sentit un courant électrique le traverser de la tête aux pieds.

Enfin, sa quête insensée entamée dix ans plus tôt en guise d’alternative au suicide allait prendre fin.

Enfin, il allait rendre justice à ses amis et à Tania.

Enfin, il allait regarder leur assassin droit dans les yeux.

Il déverrouilla son téléphone d’une main tremblante et chercha le numéro de Fischer. Alors qu’il tendait le pouce vers le bouton d’appel, un bip l’arrêta. Le logiciel-espion l’informait qu’il était remonté jusqu’à sa source et que le premier paquet de données vérolé avait atteint sa destination.

Johann balança son téléphone et s’approcha du PC, un œil méfiant braqué sur la webcam. Il n’y avait pourtant plus aucun risque que quelqu’un puisse l’espionner ; il avait fait le nécessaire pour empêcher toute prise en main à distance et le cheval de Troie se contentait de recycler des informations périmées.

Il double-cliqua sur la fenêtre d’alerte qui venait de s’ouvrir, et une pleine page de données apparut, accompagnée de l’élément le plus important : une adresse IP.

Celle du tueur, ou celle de Maddie ? Agissaient-ils encore de concert dix ans plus tard, ou la jeune femme était-elle cette fois hors de cause ? Il n’y avait qu’un moyen de le savoir.

Pour remonter la trace d’une adresse IP en suivant la procédure, il aurait dû adresser une demande au fournisseur d’accès et attendre qu’on lui renvoie la liste des actions et des localisations qui y étaient associées. Mais il n’avait pas de temps à perdre avec ce genre de formalités. Par chance, on trouvait sur le web des sites fiables qui proposaient le même service, la légalité en moins et la simplicité en plus.

Avant de lancer une quelconque recherche, Johann commença par jeter un œil aux autres données qui accompagnaient l’IP et constata avec surprise qu’il n’avait pas affaire à un ordinateur, mais à un téléphone portable.

Ça n’en sera que plus facile…

Il ajouta quelques lignes à son code pour demander au logiciel de lui faire remonter le numéro du téléphone sur lequel il était hébergé et la position de l’appareil. Si localiser une adresse IP était relativement simple, pister un smartphone était à la portée d’un enfant de dix ans. Il ordonna également au programme de lui adresser une mise à jour toutes les minutes, puis força l’envoi d’un nouveau paquet de données.

Le temps de fumer une cigarette à la fenêtre et d’avaler un verre d’eau – le café commençait à lui donner la nausée –, la réponse était arrivée, sous la forme de coordonnées GPS.

Johann alla au plus simple et les entra sur Maps. La géolocalisation plaça le signal exactement à l’endroit auquel il s’attendait : dans une rue en contrebas de la cathédrale. Il ne s’agissait donc pas du téléphone de Maddie, mais de celui de l’homme en noir.

Il était dix-huit heures. Le tueur ne bougerait probablement pas avant une bonne heure. Johann avait largement le temps de retourner à la Boîte, de briefer Fischer et de mettre sur pied un plan pour coincer son homme sans coup férir. Alors qu’il se mettait en quête de son propre smartphone qui s’était perdu entre les coussins du canapé, une première mise à jour arriva.

Les coordonnées GPS sont différentes… Il bouge.

Le signal provenait maintenant de la place d’Armes, à une centaine de mètres de sa position initiale. Johann s’assit en face de son ordinateur, curieux de savoir où le tueur se rendait. Il le suivit de mise à jour en mise à jour à travers le centre-ville ; quand il le vit traverser la place de la République puis longer les jardins de l’Esplanade, il devina quelle serait la prochaine étape.

Il attendit la mise à jour suivante avec fébrilité, et elle confirma son intuition : le signal se trouvait maintenant pile-poil à l’emplacement de l’hôtel La Citadelle.

Le pied-à-terre de Maddie. Qu’est-ce qu’ils foutent, ces deux-là ? Ils planifient un nouveau meurtre, ou ils baisent ?

S’il rameutait la cavalerie, il ferait coup double en attrapant ensemble les deux assassins présumés. Mais son instinct lui souffla de s’abstenir et d’attendre la suite. Puisqu’il pouvait désormais les suivre à la trace, plus rien ne pressait.

Le signal resta immobile pendant près de trois longues heures avant de se remettre en mouvement. Il avança – beaucoup plus doucement qu’à l’aller – jusqu’à la République, avant de disparaître brutalement.

Ils sont descendus dans le parking… Ils vont partir en bagnole.

Il attendit dix interminables minutes supplémentaires avant que de nouvelles coordonnées lui parviennent enfin, encore une fois à l’endroit qu’il avait anticipé : la sortie du parking de la République, sur le boulevard Poincaré. Le signal allait plus vite maintenant. Les prédateurs devenus proies étaient bien montés en voiture.

Nouveau signal à l’entrée de l’autoroute. Une minute d’attente, puis le suivant arriva, sur l’A31, en direction du nord. Il bidouilla une nouvelle fois ses lignes de codes pour exiger un retour toutes les trente secondes.

La Maxe, Maizières-lès-Metz, Talange, Mondelange…

À mesure que le signal parcourait l’autoroute en direction de Thionville, sa destination se précisait dans l’esprit de Johann. Et quand il contourna la ville, longea le village d’Entrange – celui-là même où Gaël avait garé pour la dernière fois sa vieille 205 – avant de prendre la sortie suivante, il n’eut plus le moindre doute.

Bouche bée, il regarda le portable du tueur parcourir les quelques kilomètres qui le séparaient du dernier endroit où Johann aurait pu l’imaginer aller une demi-heure plus tôt.

Ces deux cinglés vont à Molvange…

Le signal traversa le village d’Escherange, emprunta une petite route qui coupait à travers champs et s’arrêta finalement au milieu de la forêt.

Qu’est-ce qu’ils peuvent bien aller foutre là-dedans ?

Il le découvrirait quand il les aurait arrêtés. Il devait prévenir Fischer, réunir son équipe, contacter la brigade de gendarmerie la plus proche et demander qu’on établisse un périmètre autour de l’ouvrage.

Il devait…

Son regard se posa sur la photo prise au bord du plan d’eau. Passa successivement sur chacun des visages de ses amis. Puis s’arrêta sur celui de Tania. Dans ces yeux verts qu’il ne cesserait jamais d’aimer, il lut ce qu’il devait faire.

Je dois être celui qui met fin à tout ça. Ce n’est pas un hasard si ça doit se terminer là où tout a commencé.

Il enfila son holster, glissa deux chargeurs dans la poche arrière de son jean, empaqueta son PC et attrapa son paquet de clopes. Descendit les escaliers quatre à quatre et déboucha sur la place Saint-Louis, baignée par la douceur de l’air du soir et enflammée par les rayons du soleil couchant. Sauta dans sa voiture, mit le contact et brancha son iPod. De la musique pour se vider la tête, pour ne pas passer le trajet à cogiter sur ce qui allait se produire quand il arriverait à Molvange, seul et déterminé.

Dans son esprit, il n’était plus question de justice.

Seulement de vengeance.

Quoi que vous ayez en tête tous les deux, Molvange sera votre dernier arrêt.

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