La mort de l'innocence: Thriller (Trilogie Sarski - Volume 1) (La trilogie Sarski) (French Edition)

Chapitre 47

 

Johann passa chez Paul pour s’acheter un sandwich puis prit la direction du chantier où Jean-Marc Jung travaillait, à proximité du centre commercial Muse. Alors qu’il cherchait une place où stationner, son téléphone sonna.

-Sarski.

-C’est Gauthier. Je viens de t’envoyer par mail la liste des gens qui bossaient au Répu en juillet 2008.

Il avait complètement oublié cette histoire et se dit qu’elle pourrait toujours constituer une nouvelle piste à explorer, si les autres s’obstinaient à capoter.

-Morella peut dire ce qu’il veut, poursuivit Gauthier, mais la vieille bique des archives m’a quand même fait mariner quelques jours. Qu’est-ce qu’elle a de plus urgent à faire, tu peux me le dire ?

-Oh, tu sais, la poussière, les toiles d’araignées, ce genre de choses…

-Enfin bref, tu me diras si ça te mène quelque part. Je me suis aussi renseigné sur ton baisodrome. Si tu comptes attaquer le patron parce que t’y as chopé des morpions, laisse tomber. Le mec est plus blanc qu’un cul d’albinos. Son boui-boui est parfaitement légal et tout le personnel, dûment déclaré. En plus, je me suis laissé dire qu’il était fréquenté par des gens assez haut placés.

Cette requête-là aussi, il l’avait oubliée. Sa virée au Donjon lui avait donné tout ce qu’il voulait, à l’exception d’une preuve directe contre Eckmann. Que le gros photographe tombe, et son copain Guillaume Kern, qui l’avait couvert, tomberait avec lui.

-Merci, gros, ça m’est très utile, dit-il pour couper court en apercevant une place de parking libre à deux pas du Muse.

Avant de descendre de voiture, il sortit son portable et transféra à Ish le mail que venait de lui envoyer Gauthier, en lui demandant de passer au fichier toutes les personnes qui s’y trouvaient. Il n’en attendait rien mais comptait bien exploiter le moindre élément. Hors de question de répéter les erreurs de Dieblinger et Serneau dix ans plus tôt.

Il retrouva le père de Gaël au pied d’un immeuble en construction en plein cœur du quartier flambant neuf de l’Amphithéâtre. Tout proche, le toit ondulé du Centre Pompidou qui étincelait sous le soleil de midi semblait le narguer et lui fit instantanément penser à Tania. Il chassa son visage de son esprit. Pas le moment…

Jean-Marc Jung le gratifia d’une solide poignée de main calleuse et, après une seconde d’hésitation, l’attira à lui pour le serrer dans ses bras, un sourire aux lèvres. Johann avait toujours été admiratif de la résilience du père de Gaël. Quand son fils était mort, il avait tenu bon et porté sa famille à bout de bras. Puis, trois ans plus tôt, sa femme Elizabeth avait été emportée par un cancer fulgurant. En se rendant à l’enterrement, Johann s’était dit que ce serait le coup de grâce pour Jean-Marc. Mais, à nouveau, le maçon s’en était sorti. Il le retrouvait une fois de plus debout et bien vivant, le visage tanné par le soleil et le casque de chantier vissé sur la tête.

J’aimerais avoir le quart de sa capacité à encaisser les coups…

-C’est dur, cette année, beaucoup plus que les précédentes, lui confia Jean-Marc en glissant un tupperware dans le micro-ondes de l’Algeco qui lui servait de bureau. Avec ce nouveau meurtre et tout ça… Je n’imagine même pas l’effet que ça t’a fait de descendre dans ce trou et de tomber sur un cadavre.

-Je ne dirais pas que ça a été facile, répondit Johann. Mais vous savez pourquoi je suis devenu flic… J’aurais préféré reprendre l’affaire dans d’autres circonstances, mais disons que seul compte le résultat. Le seul problème…

Il s’interrompit pour mordre dans son bagnat au thon et en profita pour réfléchir à ce qu’il pouvait dévoiler de l’enquête en cours. Il décida de jouer cartes sur table. Le père de Gaël préférerait se faire écraser par l’une de ses palettes d’agglos plutôt que de révéler à quiconque le lien de Johann avec les victimes. Il n’irait pas non plus répéter qu’il avait eu vent du contenu du dossier.

-Le seul problème, reprit Johann, c’est que notre unique piste, c’est l’ancien petit ami de la jeune femme assassinée. Qui est en cavale, comme vous devez le savoir. En attendant qu’on l’attrape, j’essaie de trouver un autre point de vue sur l’affaire, juste au cas où.

-Tu penses qu’il a disparu par hasard ? Qu’il n’est pas coupable ?

-J’étais convaincu que si. D’autant plus qu’on lui a trouvé un lien plus ou moins direct avec ce qui s’est passé en 2008.

Johann résuma ce qu’il avait découvert à propos de la tentative de suicide de Lisa et de son lien de sang avec Hirsch. Le père de Gaël ouvrit des yeux étonnés, et Johann y lut ce qu’il avait lui-même ressenti quand toutes les pièces du puzzle avaient semblé s’emboîter pour dessiner le portrait du courtier. La sensation de n’avoir jamais été aussi près de la vérité.

-Mais il y a des choses inexplicables dans son attitude qui me font douter. Peut-être qu’il n’est impliqué que dans le dernier meurtre, ou alors dans aucun. Tant qu’on ne l’aura pas sous la main, impossible d’en être sûr.

Et je ne parle même pas de cette histoire de Cercle. Mais Audrey me dirait de rester factuel…

-Dès le départ, je suis parti du principe que les deux affaires étaient forcément liées. Même lieu, mode opératoire similaire, même date… Mais il reste toujours une possibilité qu’elles ne le soient pas. Peut-être que l’assassin d’Hélène Marck a simplement voulu brouiller les pistes, après tout.

-Si c’est le cas, c’est retour à la case départ, non ? Des ferrailleurs, des satanistes, ou je ne sais quelle autre piste ils ont suivie à l’époque.

-Il y a une autre hypothèse qu’ils n’ont pas assez creusée, faute d’éléments et parce qu’ils ont privilégié le scénario d’une rencontre fortuite qui aurait dégénéré. Celle d’un mobile plus personnel…

-Tu penses que quelqu’un aurait pu en vouloir à l’un de nos enfants ? Ou aux cinq en même temps ?

-Peut-être. D’ailleurs, c’est une piste que j’ai déjà commencé à suivre. C’est comme ça qu’on a fait le lien entre Hirsch et Lisa.

-Mais si c’était le cas, tu le saurais forcément, non ? Je veux dire, vous étiez tout le temps fourrés ensemble, tous les six. Si quelqu’un les avait suffisamment haïs pour les massacrer comme ça, tu l’aurais su, pas vrai ?

-Pas nécessairement. Je n’étais même pas au courant pour la tentative de suicide de Lisa. J’ai parfaitement pu louper autre chose. D’autant qu’on s’était… disons, un peu éloignés durant les mois qui ont précédé leur…

Il avait toujours du mal à trouver le mot adéquat pour désigner ce qui était arrivé à ses amis, et préféra laisser sa phrase en suspens.

-Je me dis qu’il a pu se passer quelque chose dont ils ne m’ont pas parlé. Ou peut-être qu’un seul d’entre eux avait des problèmes, totalement étrangers à notre bande, au bahut. Et suffisamment graves pour pousser à tuer.

Ça commence à faire beaucoup de « peut-être » …

- Qu’est-ce que ça pourrait être ? Toi qui est du métier, tu dois bien avoir des statistiques sur les mobiles les plus courants ?

-En général, le tiercé gagnant comprend l’argent, la jalousie et la vengeance. Dans l’ordre que vous voulez.

-Lequel collerait le mieux ici ?

-L’argent impliquerait des histoires de dettes, peut-être de trafic de drogue. C’est un mobile courant de violences entre adolescents. Mais aucun ne dealait, ça j’en suis absolument certain.

Jean-Marc Jung haussa un sourcil, l’air dubitatif.

-On fumait, je ne vais pas vous le cacher. En quantités pas toujours raisonnables, d’ailleurs. En général, c’est Tristan qui nous fournissait, mais il passait par son cousin et on se cotisait toujours pour payer cash. Il n’y a rien à trouver de ce côté-là.

-D’autres élèves jaloux de l’un d’entre vous, peut-être ? Ou alors quelqu’un à qui vous auriez fait une crasse et qui aurait voulu se venger ?

Johann, avisant le cendrier plein à ras-bord sur le bureau du chef de chantier, alluma une cigarette et creusa une nouvelle fois sa mémoire. De la jalousie, leur popularité et leurs bons résultats scolaires couplés à leur insolente insouciance avaient dû en créer. Mais personne ne tuait pour ça.

Comme Maddie le lui avait crûment rappelé, ils avaient aussi mené la vie dure à leurs camarades de classe, perturbant allègrement les cours et n’épargnant personne de leurs moqueries. Ils avaient même, durant quelques semaines, pratiqué un jeu très stupide à la fin de chacun de leurs cours de sport, qui consistait à sauter sur l’un de leur camarade et à le soulever par l’élastique de son caleçon jusqu’à ce que celui-ci craque. Ils avaient écopé de quatre mercredis après-midi consécutifs de retenue quand leurs victimes avaient finalement osé se plaindre, et s’étaient tenus à carreau par la suite. Là encore, il imaginait mal quelqu’un commettre un quintuple meurtre pour venger un boxer déchiré…

-Je suis déjà allé dans cette direction, et j’ai atterri dans une impasse, finit-il par répondre en secouant la tête.

Jean-Marc Jung haussa les épaules en allumant à son tour une cigarette, signifiant qu’il était à court d’idées.

-Et vous, demanda Johann, rien qui vous revienne ? Quelqu’un qui aurait pu en vouloir à Gaël ? Ailleurs qu’à l’école, je veux dire.

Il repensa soudain à Hugo Kelmès, dont le visage lui avait paru familier parce qu’il habitait non loin de chez son ami. Il avait toutes les raisons d’exclure le marginal abattu par Franchet de l’équation, mais ça ne coûtait rien de poser la question, juste au cas où.

-Un différent avec un voisin, par exemple ?

Une nouvelle fois, le père de Gaël répondit par la négative. Johann en conclut qu’il arrivait à nouveau dans un cul-de-sac. Il prit congé d’un Jean-Marc Jung déçu de n’avoir pas pu l’aider et lui promit de le tenir au courant.

En sortant du bungalow de chantier, il constata que le temps était en train de changer. Le ciel n’était plus uniformément bleu. À l’horizon, quelques nuages sombres commençaient à pointer le bout de leur nez. L’air devenait plus lourd à mesure qu’il se chargeait d’humidité. Il y courait ce petit quelque chose d’électrique annonciateur des violents orages d’été.

Vivement que ça pète…

S’il voulait explorer à fond la piste des parents de ses amis, il lui restait une dernière chose à faire : appeler la mère de Tania. Sa gorge se serra à cette idée. Il appréhendait évidemment les souvenirs que cela ne manquerait pas de raviver, mais il craignait également d’être accueilli froidement. Claire Meistricht ne lui avait jamais témoigné une grande chaleur quand ils se croisaient à l’occasion des marches blanches. Il avait fini par se demander si elle ne le tenait pas pour responsable du mal-être qui habitait sa fille avant sa mort.

Il sortit malgré tout son téléphone et parcourut son répertoire en quête du numéro de la mère de Tania, mais le portable se mit à vibrer avant qu’il ne le trouve. Ish l’appelait.

-Johann, lança son collègue sans préambule, la juge Moreau vient d’appeler Fischer. L’avocat d’Eckmann a réclamé la levée anticipée de sa garde-à-vue, étant donné qu’on n’a aucun élément concret à retenir contre lui. Elle a été obligée d’accepter.

Merde, elle ne m’a même pas prévenu directement. Elle doit m’en vouloir de l’avoir collé en gardav sans munitions…

-On aurait dû le garder jusqu’à demain ! Qu’est-ce qu’elle veut, qu’il se fasse la malle comme Hirsch ?

-J’en sais rien, mais Fischer est convaincu que la décision vient de plus haut. Hémans a dû aller taper aux bonnes portes. J’ai l’impression qu’Eckmann a des copains un peu partout. Si ça se trouve, la moitié du parquet participe à ses soirées…

Encore une mauvaise nouvelle qui s’ajoute à la pile…

-Mets-lui un peu de paperasse dans les pattes pour me laisser le temps de rappliquer. Je veux être là quand il sortira.

Johann raccrocha, les dents serrées. Certes, il n’avait rien trouvé qui puisse justifier une mise en examen du photographe, mais il espérait quand même…

Quoi, au juste ? Qu’une preuve décisive tombe du ciel ? On a que dalle contre ce fumier.

Il devait se rendre à l’évidence. La levée de la garde-à-vue était parfaitement prévisible, même si elle arrivait plus tôt qu’attendu. Le téléphone portable introuvable et l’absence de tout élément incriminant dans l’ordinateur avaient ouvert une voie royale à l’avocat. Le furet n’avait sans doute eu qu’à dérouler son baratin juridique à base de « le dossier est vide » et « c’est de l’acharnement pur et simple contre mon client ».

Johann sauta dans sa Mégane et mit le cap sur la Boîte. Le temps qu’il y parvienne, le ciel s’était encore assombri, et son humeur avec lui. Il arriva devant la salle d’interrogatoire où Eckmann avait passé la matinée juste à temps pour voir le photographe en sortir, précédé de son avocat. Si Hémans affichait un sourire satisfait, son client gardait la tête baissée.

-Je vous raccompagne jusqu’à la porte, leur lança-t-il en se glissant avec eux dans l’ascenseur.

La cabine descendit péniblement jusqu’au rez-de-chaussée dans un silence pesant. Johann avait cramé une cartouche sur ce coup-là, il le savait. Le photographe était aussi coupable que possible, mais il n’avait rien trouvé pour le prouver. Et il devait maintenant le laisser filer en sachant qu’il relâchait un violeur dans la nature. Pire encore, un violeur désormais conscient d’être dans le collimateur de la justice.

-Sans rancune, lieutenant, le nargua Hémans en traversant le hall d’un pas conquérant. La prochaine fois que vous chercherez à nuire à un honnête citoyen, assurez-vous d’avoir un dossier solide. Au plaisir de ne pas vous revoir de sitôt !

Johann, à cours de répartie cinglante, laissa les deux hommes prendre quelques pas d’avance avant de les suivre à l’extérieur. Il les regarda passer la porte, l’obèse et le furet, et fut soudainement frappé par une puissante impression de déjà-vu.

Il lui fallut deux ou trois secondes pour comprendre que ce qui se jouait sous ses yeux, c’était la scène finale d’Usual Suspects, où Kevin Spacey quitte le commissariat et laisse tomber son masque de boiteux un peu simplet pour enfiler le costume de Keyzer Söze, le machiavélique et insaisissable criminel que tout le monde recherche.

Il regarda, incrédule, la posture d’Eckmann se transformer tandis qu’il descendait les trois marches jusqu’au parking. Les épaules voûtées du photographe se redressèrent. Son pas, un peu traînant jusque-là, se fit plus assuré. Il tendit les bras pour s’étirer et gratifia Hémans d’une solide claque dans le dos qui fit presque trébucher l’avocat.

Puis le pointeur des parkings jeta un œil en arrière. Apercevant Johann qui le fixait, il s’arrêta. Une ombre de sourire passa sur ses lèvres quand leurs regards se croisèrent. Hémans posa une main – qui paraissait minuscule – sur l’avant-bras de son client comme pour lui dire de laisser tomber. Mais celui-ci la repoussa comme on chasse une mouche et fit demi-tour pour s’approcher de Johann. Il attendit d’être assez près pour s’adresser à lui à voix basse, non sans s’être d’abord assuré que personne ne se trouvait à proximité.

-Ô lieutenant, mon lieutenant, susurra-t-il de la même voix dure et pleine d’aplomb que Johann avait entendue au Donjon. Sans rancune, comme l’a dit Adrien, pas vrai ? Vous avez essayé, vous avez perdu. Ça s’est joué à rien, je vous l’accorde, mais j’ai gagné cette manche.

Johann le dévisagea, caressant l’idée de sortir son Sig et d’abattre le prédateur sur place. Mais il se ravisa et lui répondit sur le même ton.

-Je sais qui vous êtes, Eckmann, c’est tout ce qui compte. Et les talents juridiques de votre furet domestique ne vous sauveront pas deux fois. À chaque fois que vous regarderez par-dessus votre épaule grassouillette, je serai là. Je vous traquerai, soyez-en sûr. Je ne vous lâcherai pas d’une semelle. Commettez une erreur, une seule petite erreur, et je vous offre l’abonnement savonnette premium pour les vingt prochaines années.

Le visage lisse piqué de poils roux d’Eckmann se fendit d’un large sourire. Hémans intervint avant qu’il ne puisse surenchérir.

-Ne dis plus rien, Alex. Si ça se trouve, il t’enregistre.

-Allons, Adrien, on sait tous les trois que ce ne serait pas recevable, n’est-ce pas ?

Eckmann planta ses yeux dans ceux de Johann. Le regard de chien battu qu’il s’était savamment composé pendant sa garde-à-vue avait laissé place à une lueur effrayante. Un éclat dément qui incendiait ses prunelles brunes et trahissait tout le mal qui l’habitait.

Ce type est capable de tout… Pas seulement d’agresser des gamines dans des parkings. Il peut faire bien pire que ça.

-Les gens comme moi, lieutenant, se font rarement arrêter par des gens comme vous. Nous sommes trop malins, trop organisés pour ça. Vous aviez raison quand vous disiez que je me suis laissé dominer par mes… pulsions, et que j’ai commis une erreur ce soir-là. Mais ça ne se reproduira plus, soyez-en sûr. Vous pourrez continuer d’épingler de jolies photos sur votre panneau de liège en pensant à moi, mais vous ne me reverrez plus jamais dans l’une de vos sinistres salles d’interrogatoire. J’ai beaucoup, beaucoup mieux à faire.

Et il tourna les talons pour se diriger d’un pas conquérant vers la voiture d’Hémans. Le furet lui emboîta le pas, la démarche servile.

Johann le regarda glisser sa lourde carcasse dans le Q3 de l’avocat. Il le fixa jusqu’à ce que la porte se referme derrière lui et que la vitre teintée masque son visage, puis garda ses yeux rivés sur le 4x4 jusqu’à ce qu’il quitte le parking et disparaisse dans l’avenue Lothaire.

Les poings serrés, il sentit un pur concentré de haine envahir ses tripes.

Eckmann avait raison. Il venait de gagner la première manche.

À bientôt pour la deuxième, sale enfoiré. Un jeu à zéro pour le gros, service Sarski…

OceanofPDF.com