L'amour en A, Snow & Hazel

Elma Hilde · Chapitre 2 sur 36

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L'amour en A, Snow & Hazel

– Samedi après-midi – 15 h 30…

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– Samedi après-midi – 15 h 30 – centre-ville de Barnstaple –

– Mais qu’est-ce que je fous là ?

Les allées des rayons de cette grande boutique de fringues sont

surchargées à cette heure-ci. Pour la plupart, il s’agit de mères de famille

venues avec leurs bambins, ce qui explique tout ce bordel autour de nous. Je

balance une œillade mauvaise à ma petite sœur.

– Il faut être timbré pour faire du shopping un samedi !

– Je t’ai demandé de me déposer, pas de venir avec moi !

– Je n’allais pas te laisser seule !

– Primo, je m’en moque ! Et puis, si ça te saoule, suggère à maman de

m’accompagner.

Elle lève les yeux au ciel.

– Ah non ! J’oubliais ! Elle n’est pas là ! Comme d’habitude…

– D, râlé-je en ramenant mes cheveux en arrière. Comment tu peux

croire qu’elle ne préférerait pas être ici avec toi plutôt qu’à l’hôpital à

bosser !? Elle fait de son mieux…

Voir ma sœur fouiller sur les portants avec une telle énergie m’indique

qu’aborder ce sujet l’agace profondément.

– Arrête de la défendre ! Elle passe son temps au boulot sous quel

prétexte ? OK ! On a besoin d’argent, mais ce n’est pas que ça ! Elle en a marre de nous voir !

– N’importe quoi !

– Enlève tes œillères, Haze ! Être avec nous, à la maison, ça lui rappelle

trop papa alors, elle fuit ça en se cassant à l’hôpital !

– Et même s’il y a un peu de vrai dans ce que tu dis…

Les mains enfoncées dans mon jeans, je fous un coup de pied timide

dans l’un des présentoirs où s’aventure ma sœur sans réellement chercher la

moindre fringue.

– Ils s’aimaient depuis leurs seize piges ! Putain, Dary, tu peux pas te

mettre un peu à sa place et comprendre que c’est la merde aussi pour elle !

Toi, tu t’es coupée de toutes tes amies…

Je prends un tee-shirt noir sur l’étalage et le secoue sous son nez.

– Tu enfiles tous ces trucs affreux pour te cacher ! Moi, je sors picoler

avec mes potes, je me suis remis à la guitare parce que lorsque je joue sur sa

gratte, j’ai l’impression qu’il est encore un peu avec moi !

Un coup d’œil à ma sœur m’apprend qu’elle est au bord des larmes. Je

place mon bras sur son épaule, la ramène contre moi.

– On essaie tous de se démerder comme on peut !

J’embrasse sa tignasse noir de jais, héritage de notre père.

– Je t’aime, petite sœur !

Chez Dary, les marques de tendresse sont assez rares, surtout depuis la

mort de notre père, pourtant, elle m’enlace.

– Je suis contente que tu sois revenu de l’université. Sans toi, je serais

devenue timbrée !

Je lui frotte doucement les bras.

– Je vais aller me chercher un café ! Je peux te laisser seule quelques

minutes ?

– Mais oui, t’inquiète !

– Je peux te ramener quelque chose ?

– Un jus de fruits !

– Ça marche !

J’abandonne ma sœur derrière moi et quitte la boutique pour me rendre

dans le café situé de l’autre côté de la rue. Dehors aussi il y a foule. Il faut

dire que nous sommes gâtés d’une très belle éclaircie pour un mois d’avril.

Les plus courageux sont installés en terrasse.

Marchant franchement, j’attrape la poignée de la porte de

l’établissement et la tire, prêt à m’y engouffrer, quand je la vois cette jolie

petite nana qui progresse vers la sortie et devinez quoi ? Elle a le nez dans

un bouquin qu’elle tient enroulé dans sa main droite. Dans la gauche se

trouve un gobelet un carton.

Sans hésitation, je me plante entre elle et la porte et c’est au dernier

moment qu’elle s’aperçoit qu’un obstacle se dresse devant elle. Lorsqu’elle

lève les yeux dans ma direction, je l’accueille d’un air strict. Je croise les

bras sur mon torse.

– Je pensais t’avoir appris à envoyer des SMS, mais bizarrement, je n’ai

reçu aucune réponse à ceux que je t’ai écrits, ce matin ! Qu’as-tu à dire

pour ta défense ?

Je la vois ouvrir la bouche – ses lèvres – j’en redessine les contours

merveilleusement tracés. Une saisissante envie de l’embrasser me gagne,

tellement que ne pas y céder est une épreuve.

Si je ne savais pas ce que les interactions sociales sont un combat de tous

les jours pour Snow, j’aurais déjà ma langue dans sa gorge. Comme à

l’évidence, je ne suis pas près de lui dérober ce baiser que je convoite tant,

je rejette cette idée avant que ma bite commence à se montrer impatiente

dans mon froc.

– Allez ! Tu prends un café avec moi et j’oublie cet incident !

Elle brandit son gobelet.

– J’ai déjà un thé !

Je le récupère et le balance dans la poubelle la plus proche.

– Bah, maintenant, t’en as plus !

Pour la première fois depuis que je connais Snow, je regrette mon côté

trop rentre-dedans, car la seconde suivante, son roman tombe sur le sol.

– Mon thé…

L’angoisse qui s’empare d’elle est sans équivoque. Snow se met à jouer

avec ses doigts de manière compulsive, le regard fixé dans le vide.

– Non, non, non, murmuré-je bêtement pour la calmer.

Ou plutôt moi… sincèrement, à cet instant précis, j’en sais foutre rien…

tout ce que je vois, c’est que j’ai merdé !!!

Je pose prudemment mes mains sur ses avant-bras.

– Je suis désolé, Snow. Je ne voulais pas te mettre dans cet état !

– Tu as…

Merde, elle bafouille maintenant !

– Tu as pris mon gobelet…

– J’ai été con, pardon ! Calme-toi…

Je prends ses mains dans les miennes.

– Chut… susurré-je en priant pour réussir à l’apaiser. Je vais aller te

chercher un autre thé, d’accord ?

Prudemment, je la guide jusqu’à la table libre la plus proche et l’aide à

s’y asseoir. Je ramasse son livre avant de m’accroupir devant elle.

– Qu’est-ce que tu avais commandé ?

À sa manière de manipuler son roman, je devine qu’elle est toujours

tendue.

Mais quel blaireau !

– Un thé au jasmin.

Je souris de la sentir si douce malgré mon comportement.

– Je vais te chercher ça tout de suite.

Une fois debout, je suis sur le point de tourner les talons, mais une force

incontrôlable me pousse à me pencher vers elle. J’embrasse ses beaux

cheveux blonds.

– Je ne voulais pas te faire peur… pardonne-moi…

Je m’éloigne pour commander un thé et un café sans jamais la quitter des

yeux. L’idée qu’elle puisse s’enfuir m’intime de me méfier, mais non, Snow

m’attend patiemment à notre table. Elle n’a pas bougé d’un millimètre

lorsque je reviens.

– Tiens, c’est pour toi !

Elle récupère son gobelet comme si elle craignait que je le lui vole aussi

ce qui m’arrache un rictus.

– Qu’est-ce que tu fais en ville, Snow ?

– Je devais aller chercher un livre que j’ai commandé à la librairie, la

semaine dernière.

– Un roman ?

– Non, il porte sur la physique quantique.

Je grimace.

– Ouch ! J’ai mal à la tête d’avance…

– Tu as la migraine ?

Je glousse.

– Non ! Mais c’est possible que ça se produise si tu me fais une «

Wikipédia » sur la physique quantique !

Son regard se perd à l’extérieur. Je me demande si je l’ai vexée.

Probablement, vu que je suis vrai boulet !!!

– Je suis venu ici avec ma sœur. Elle fait du shopping en face. Tu veux te

joindre à nous ? Je te reconduirai chez toi après !

Elle secoue la tête.

– Je dois aller chercher mon livre. Mon bus est à 16 h 25.

– Tu n’aurais plus à te soucier de l’heure de ton bus si je te ramène.

Silence.

– Et puis, j’ai appris qu’il y avait un bal au lycée. Un truc avec le

printemps, c’est ça ?

– Oui, j’en ai entendu parler…

– Tu ne veux pas aller te chercher une belle robe ? Y’a pas un garçon

sympa qui t’a invitée ?

Nouveau mouvement de tête.

– Dary ne veut pas y aller, elle aussi. Pourquoi vous n’iriez pas

ensemble ? Je pourrais la convaincre si elle n’est pas seule.

– Je ne peux pas m’y rendre…

Vous remarquerez que depuis tout à l’heure, elle n’a toujours pas lâché le

point invincible qu’elle fixe dehors.

– À cause du bruit.

– Oh… c’est con…

Je pousse son gobelet vers elle.

– Bois ton thé, Blanche-Neige.

Elle ferme ses mains dessus et en prend une gorgée.

– Pourquoi tu n’as pas répondu à mes messages ?

– J’étais en train de travailler sur ma dissertation d’histoire. Après, j’ai

dû prendre mon bus pour venir ici !

– OK ! Et tu t’en sors avec le téléphone ?

– Je n’ai pas trouvé comment changer le fond d’écran.

– Mais pourquoi ? On est trop beaux !

– Pas moi !

– OK ! Tu veux que je change ton fond d’écran ?

– J’aimerais bien !

– Et tu veux quoi à la place ? Tu as le choix entre un crapaud, Justin

Bieber ou moi !

– Toi, dit-elle sans détourner son regard de son thé.

Je parcours mon album photo et en choisis une prise par Shanna lors

d’un concert à Exeter. Je la lui envoie. Elle me tend son portable. Une fois

son fond d’écran changé, elle le consulte.

– Tu joues de la guitare !

– Exact ! Je chante aussi !

– Quel genre de musique ?

– Du rock alternatif !

– D’accord.

– Snow, l’appelé-je dans un murmure.

Elle m’offre une brève fenêtre sur ses beaux yeux bleus.

– Je vais garder cette photo de nous, tu sais pourquoi ?

Elle répond non de la tête.

– Je t’ai dit l’autre jour que mon père est mort. Tu t’en souviens ?

– Oui.

– Ce moment que nous avons partagé tous les deux devant chez toi a été

très agréable pour moi. Tellement que je me suis fait la réflexion que je

n’avais plus rien vécu d’aussi sympa depuis que mon père n’est plus là !

Même si elle m’écoute, elle ne me regarde pas droit dans les yeux.

– Snow, je voudrais que tu me regardes vraiment au moins quelques

secondes.

Elle fait ce que je lui demande et je me régale de son magnifique regard.

– Tu es sublimement belle, Snow ! Et je vais te le répéter aussi souvent

qu’il le faudra, mais tu finiras par le croire !

À peine ai-je achevé ma phrase qu’elle devient fuyante.

– Laisse-moi venir avec toi chercher ton livre et te reconduire chez

Sophie, s’il te plaît !

– J’accepte !

 

**

 

Pour mon plus grand plaisir, la suite de mon après-midi s’est passée en

compagnie de Snow. Et j’ai adoré chaque minute avec elle. Après notre

rencontre au café, je l’ai accompagnée à la libraire pour qu’elle y récupère

son livre. J’ai prévenu ma sœur que je devais rester à l’extérieur du

magasin, car Snow était avec moi.

Avec la foule qui s’agglutinait dans les rayonnages de ce grand magasin

de prêt-à-porter, c’était plus raisonnable que nous restions dehors. Ma sœur

ne s’en est pas offusquée. Du coup, une fois qu’elle a fini son petit

shopping, j’ai décidé de la reconduire à la maison, histoire que je puisse

profiter un peu plus de Snow.

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas bavarde. Si je ne la

stimule pas pour que nous échangions, c’est silence radio. Mais après ce

que j’ai lu sur les troubles autistiques, je sais que c’est normal, qu’il faut

toujours créer le lien sinon elle se perd dans ses pensées.

J’ai lu aussi que les autistes aimaient avoir un objet entre les mains et

que celui-ci leur permettait de canaliser leurs émotions comme une

échappatoire sensorielle. Et chez Snow, je crois avoir deviné ce que c’est :

ses bouquins ! Elle a toujours un livre dans les mains. Si elle ne le lit pas,

elle fait tourner les pages ou encore elle fait courir ses doigts sur la tranche,

encore et encore.

Je ne sais combien de livres elle doit lire en une semaine, mais ça doit

faire peur. Rien d’étonnant à ce qu’elle sache combien il y a d’espèces de crapauds ou qui a inventé le téléphone portable.

– Et sinon, à part la lecture, qu’est-ce qui te plaît ? Tu as d’autres

centres d’intérêt ?

– J’aime les sciences : la biologie et la physique.

– Mais en dehors de l’école ? Est-ce que tu aimes écouter de la musique

par exemple ? Je te demande ça parce que c’est un peu ma came !

– Ta came ?

– C’est ma passion !

– Oh… oui, j’aime bien la musique ! J’ai joué du piano dans le centre

où je vivais avant que je vienne vivre chez Sophie.

– Un centre ?

– Oui, un centre pour les autistes.

– C’est là-bas que tu vivais depuis que ta mère t’a placée ?

Elle acquiesce.

– Et c’était comment là-haut ?

– J’aimais bien y vivre, mais j’ai dû m’en aller…

– Pourquoi ?

– Je ne sais pas de trop ! On m’a dit que je progressais, que j’étais plus

autonome que la plupart des autres élèves alors…

– Je me suis un peu renseigné sur l’autisme, tu sais… lui confessé-je un

peu timidement. Pour arriver à mieux comprendre comment tu fonctionnes,

pour ne pas te brusquer. D’après ce que j’ai vu, tu es ce qu’on appelle une

autiste de haut niveau, c’est ça ?

– Oui, c’est comme ça qu’on dit… je trouve ça vulgaire…

– Pourquoi ça ?

– Je n’aime pas parler de ça…

– De ton autisme ?

– Je n’aime pas qu’on me dise que je suis différente. Je ne le suis pas !

C’est ma façon de fonctionner qu’il l’est !

– Pardon ! Je ne veux pas te blesser ! Maintenant, quand je me

retrouve face à toi, je ne sais pas comment agir…

– Comme tu le fais avec tous les autres !

– Mais il y a des choses que je ne peux pas faire, comme te prendre

subitement ton gobelet de thé, non ?

– C’était mon thé !

– OK ! Tes affaires t’appartiennent, j’ai saisi. Je ne peux pas les prendre

ou les griffonner.

– Non !

– Mais Dary m’a dit que tu n’aimes pas être touchée, c’est vrai ?

– Toucher par qui ?

Je me mords la joue.

– Par moi, par exemple…

– Comment veux-tu me toucher ?

Je me rectifie sur mon siège en serrant les mains sur le volant.

Je suis tordu si sa question me file la trique ?

– Eh bien…

C’est moi qui bafouille maintenant !

– Je sais pas… disons que j’ai envie de te faire un câlin…

– C’est…

Elle fait glisser son pouce sur les pages de son livre tout en plaçant son

autre main devant pour sentir l’air qu’elle crée.

– On ne m’a jamais fait ça, je crois…

J’arque un sourcil.

– Jamais personne ne t’a fait de câlin !?

– Peut-être avant quand je vivais avec ma mère et mes frères.

– Tu as des frères ?

– Deux. C’est pour ça que maman m’a placée. Ils étaient plus jeunes et

s’occuper de moi était compliqué pour elle après le départ de mon père. En

tout cas, c’est ce qu’on m’a expliqué lorsque je suis arrivée au centre.

– Et si moi je te montrais ce qu’est un câlin, tu me laisserais faire ?

– Peut-être… je ne sais pas ce que ça me ferait…

– Et si je te caresse ?

– Me caresser ?

Je tends ma main vers elle et laisse mes doigts frôler son avant-bras.

– Comme ça…

– Je… c’est… ça va…

– Et on t’a déjà embrassé ?

– Tu m’as embrassé l’autre jour…

– Je t’ai volé une bise ! Je te parle d’un vrai baiser sur la bouche et tout

le reste…

– Tout le reste ?

– La langue, quoi…

– Jamais non !

– Mais toutes ces choses, tu aimerais les expérimenter ?

– Je suis une fille, j’ai dix-huit ans. J’ai des sentiments, des envies, des

besoins… L’autisme m’empêche de les identifier, de les exprimer, c’est

tout… j’apprends…

– Je vais prendre ça pour un « oui ».

Malheureusement, même si je n’ai jamais roulé aussi doucement de toute

ma vie, je dois m’engager sur Windsor Road et ça me prend vraiment le

chou ! J’aime quand elle est là et je suis captivé par tout ce qu’elle a à me

dire. J’ai un milliard de questions pour elle, tellement à découvrir à son

sujet. Elle me hante… apprendre à connaître cette nana est une obsession…

– Sophie est là ?

– Non, elle travaille le samedi aussi.

– Je n’ai pas aimé quand tu m’as dit que tu étais toujours toute seule…

– J’ai l’habitude ! Et je planifie beaucoup de choses pour m’occuper.

– Il est à peine 17 h 30, on pourrait aller quelque part…

– Où ?

– Où tu veux, Snow ?

– J’ai mon nouveau livre à lire…

– Tu pourras le lire plus tard. La physique quantique est plus intéressante

que moi, c’est ça ?

– C’est éprouvant pour moi… j’ai envie d’être un peu seule…

– C’est éprouvant d’être avec moi ?

– Tu poses beaucoup de questions…

Je me gare devant chez elle et me tourne vers elle.

– Tu es très intéressante, Snow, lui avoué-je en faisant courir mon pouce

sur le haut de sa main. J’adore parler avec toi. Cependant, je peux

comprendre que tu sois fatiguée. Alors, je vais te regarder rentrer chez toi

en espérant te revoir bientôt…

Elle ouvre la portière.

– Snow !?

Elle se fige sur son siège.

– Je t’ai ramenée chez toi !

– Oui… euh… merci…

Je ris.

– C’est pas ce que je voulais dire. Tu es montée dans ma voiture et tout

s’est bien passé. J’ai roulé prudemment, tu n’as pas paniqué et c’est quand

même plus confortable que le bus, non ?

– Oui…

– Alors, autorise-moi à venir te chercher au lycée après les cours pour

que je te reconduise chez toi, s’te plaît…

Elle sort sur le trottoir.

– Je te l’accorde !

Elle claque la portière et je souris comme un môme. Je baisse mon

carreau.

– Tu sais que tu me rends incroyablement heureux là tout de suite ?

– Pourquoi ?

– Parce que tu es belle, Snow et que l’idée de te voir tous les jours me

donne envie de danser tout nu sous la pluie.

Elle fronce les sourcils.

– Tu dis vraiment des choses étranges, Hazel Keegan !

J’éclate de rire.

– C’est l’effet que tu procures chez moi, Blanche-Neige. Je me sens tout

étrange lorsque je suis près de toi !

Depuis le trottoir, à deux pas de sa maison, elle m’observe en tenant son

livre sur sa poitrine.

– Et quelque chose me dit que toi aussi, tu es bizarre lorsque tu es avec

moi…

Snow me dévisage une seconde avant de tourner les talons et de grimper

les quelques marches qui la séparent de sa porte d’entrée. Je la regarde

disparaître, un sourire aux lèvres.

 

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