L'amour en A, Snow & Hazel
Le soir venu, le dîner se passe…
... A15
Le soir venu, le dîner se passe dans le plus grand calme à la maison. Ce
n’est pas si désagréable finalement. Ça change des prises de bec entre ma
mère et ma sœur. Je crois qu’elles étaient toutes les deux captivées par la
présence de Snow qui, soit dit en passant, n’a pas décroché plus de deux
mots au cours du repas.
Je connais le sentiment qui les envahit lorsqu’elles l’observent. Elle est
naturellement intrigante. C’est ce qui m’a attiré vers elle en premier lieu. Et
puis, en la regardant mieux, je n’ai pas pu ignorer cette beauté qui émane
d’elle. Elle est fragile et pure parce qu’elle n’en a aucune conscience.
Je ne l’ai pas trop embêtée, j’ai respecté son silence. Ces derniers jours
ont été éprouvants pour elle. Entre la scène avec Sophie, son installation ici
et l’épisode des oreillettes, j’ai beaucoup exigé d’elle.
Alors, une fois le souper fini, elle a voulu aller prendre sa douche et je
n’ai pas pu me retenir, je l’ai rejointe dans la salle de bains. J’ai pensé
qu’elle allait me virer, mais non ! Elle ne s’est pas offusquée de ma
présence.
Je l’ai regardé faire, j’ai étudié chacun des gestes qu’elle a faits et je me
suis régalé de me familiariser avec sa routine. Elle a une manière très
procédurière de tout faire et ça m’éclate ! J’apprends ces petits trucs du
quotidien qui la rende unique.
C’est ce qui est déroutant avec Snow, j’ai l’impression qu’elle ne vit pas
avec les mêmes barrières que d’autres nanas. J’ignore si ça vient d’elle ou
de l’autisme, mais ça me plaît de fou !
Tout est incroyablement différent avec elle. Elle ne répond à aucun
cliché, elle dit les choses comme elle les pense. Chaque jour, elle apprend à
vivre dans un monde qui l’effraie, qu’elle ne comprend pas, et je la trouve
tellement courageuse de l’affronter encore et encore.
Lavée et habillée, je l’ai reconduite dans notre chambre où toutes ses
affaires ont enfin leur place. Elle n’y est pas très à l’aise, bien sûr, mais
c’est temporaire. Dans quelques jours, elle agira comme si elle avait
toujours vécu ici. En souriant, je l’observe passer en revue le côté de
l’armoire que je lui ai laissé. À croire qu’elle essaie de mémoriser où tout
est rangé.
– Pourquoi tu ne viens pas me rejoindre ? Je suis sûrement plus
captivant que tes petites culottes…
Je fais la moue.
– Quoi que…
Snow abandonne le contenu de l’armoire et s’assied sur le rebord du lit.
– Si tu me disais ce qui te tracasse…
– Je ne sais pas…
– Tu ne sais pas ce qui te tracasse ?
– Je ne sais pas ce que je suis supposée faire…
– Ce que tu veux, trésor ! On peut se mater un film, tu peux te mettre au
lit et bouquiner. On peut s’embrasser…
Je me déplace sur le matelas de sorte que les lèvres soient au creux de
son épaule.
– Je peux te faire des trucs sympas avec ma langue…
Je remonte doucement, l’embrasse sous l’oreille, le long de sa mâchoire
jusqu’à sa bouche et dépose un baiser à la commissure de ses lèvres.
– Je peux même te faire jouir autrement…
– Comment ?
– J’ai envie de te faire l’amour, Snow. Je te veux tellement…
– J’ignore ce que je suis supposée faire…
Je descends du lit et me place devant elle. Mes mains vont et viennent le
long de ses cuisses. Ma bouche retrouve la sienne.
– Tu en as envie toi aussi ?
Je l’embrasse dans le cou, la forçant à basculer la tête en arrière.
– Oui… dit-elle dans un souffle.
– Lorsque je t’ai appris à danser, je t’ai dit que tu devais me permettre de
te guider. Ce soir, c’est pareil, tu dois me laisser te conduire.
Je descends jusqu’à la naissance de ses seins avant de l’abandonner une
seconde le temps de lui retirer son débardeur.
Dans un geste aérien, mes doigts remontent le long de son dos pour
s’agripper à ses épaules. Cambrée, elle m’offre sa nuque. Je la lèche avant
d’amorcer ma descente en direction de sa poitrine. Là, je dévore ses seins
un à un et me régale d’aspirer ses tétons entre mes dents, de les mordiller,
de les sucer. Lorsque je retrouve ses lèvres, c’est pour l’embrasser à pleine
bouche. Nous retombons sur le lit. Prenant appui sur mes bras, je l’observe
un instant.
– Snow, tu comprends ce que ça veut dire ? Si on va jusqu’au bout, je
vais venir en toi.
Troublée, elle acquiesce.
– Maintenant, c’est comme tout ce qu’on a fait jusqu’ici, trésor, tu n’as
qu’à me dire d’arrêter et je le ferai.
– Je sais…
Je me redresse pour retirer mon tee-shirt, mon jeans ainsi que mon boxer.
Je veux que Snow me voie. Non pas dans un besoin de m’afficher devant
elle, mais dans l’idée qu’elle se familiarise avec mon corps, avec tout ce qui
va se produire...
– Est-ce que je te fais peur, Snow ?
– Non…
Lentement, je reviens vers elle et la prends par la taille de sorte à la
conduire au milieu du lit, contre les oreillers. J’en profite pour lui ôter son
bas et sa culotte.
Mes doigts parcourent doucement son corps nu. C’est avec ses yeux
qu’elle redessine le mien. Je me penche en direction de la table de chevet,
en ouvre le tiroir pour y prendre une capote. Je la lui montre.
– Et j’ai tout ce qu’il faut, ce soir !
– OK…
– J’en ai une boîte pleine alors, n’hésite pas à réclamer si ça te plaît,
m’amusé-je en m’installant entre ses cuisses.
– Je le ferai…
Dans un rire étouffé, je reviens titiller ses seins et leur inflige le même
traitement que précédemment.
Pendant que je joue de ma langue sur sa poitrine, mon entrejambe vient
prudemment épouser le sien et c’est une déflagration d’émotions qui me
submergent lorsque nos corps se rencontrent.
– Snow, marmonné-je avant de l’embrasser.
Soulevé par ce tonnerre de sensations qui me traverse, je mets trop
d’intensité dans ce baiser et je le regrette aussitôt. Je ne peux pas tout foutre
en l’air en me montrant trop entreprenant. Sauf que Snow encaisse bien
mon enthousiasme. Je dirais même que, pour la première fois, je ressens le
sien de manière significative. Elle m’embrasse… elle m’embrasse vraiment… J’attrape sa cuisse et la soulève avant d’onduler doucement
contre elle. Elle se cambre.
– Tout va bien, trésor. C’est toi et moi, Snow.
Je recommence en posant mes yeux sur elle pour observer sa réaction.
Les siens sont braqués au plafond. Comme la première fois, elle s’arc-
boute.
– Ça te plaît ?
Elle hoche la tête. Je récupère le préservatif sur le lit et l’ouvre. Une fois
qu’il est en place, je reprends ma position entre ses cuisses. Je l’effleure
dans une succession de mouvements son bas-ventre.
– Snow, je vais te pénétrer, mais ça risque de te faire mal les premiers
instants. Je te jure que c’est passager. Maintenant, je dois m’assurer que tu
peux gérer et…
Je soupire.
– Je sais pas… ça me fait flipper…
Je m’allonge sur elle en prenant appui sur mon coude. Je lui présente
mon autre main.
– Je veux que tu prennes ma main dans la tienne et que tu la serres selon
ce que tu ressens. Plus tu as mal, plus tu serres, OK ?
Elle acquiesce.
– Je vais m’adapter selon comment tu réagis. Tu es d’accord avec ça ?
– Oui…
– Très bien…
Le cœur battant, je récupère ma main le temps de me placer à l’entrée de
son antre avant de la lui remettre.
Mon nez chatouille le sien.
Comme au début de mes concerts, je me concentre pendant quelques
secondes. Si d’ordinaire, je tente de faire le vide dans ma tête, que je me canalise sur ma musique, sur ma guitare, ce soir, c’est sur ma main que tout
mon intérêt est focalisé. Sa pression sur la mienne est douce et tranquille. Il
n’y a plus que le bruit de nos respirations, cette sensation que mon cœur va
s’échapper de ma cage thoracique, et sa main sur la mienne.
J’ai l’impression de trembler quand je me lance enfin. Avec une lenteur
jamais expérimentée jusqu’à Snow, je m’enfonce en elle en gardant les yeux
rivés sur elle, mon esprit axé sur sa main.
Et il ne faut pas longtemps avant qu’elle commence à refermer ses doigts
sur moi. Cependant, je continue, car ce n’est pas encore très prononcé. Et
plus je progresse plus elle resserre sa prise. Je me fige lorsque je juge qu’il
est préférable de lui laisser une seconde pour s’habituer à ma présence.
– Respire, lui intimé-je en parcourant sa belle chevelure blonde.
Elle fait ce que je lui demande alors que ses yeux se ferment. Une larme
court sur sa tempe.
– Tu veux que j’arrête, Snow ?
Elle remue la tête.
– OK…
Je reviens à la charge et ses doigts se remettent en action. Me plonger en
elle est juste incroyable. La conquérir d’une façon aussi intime en sachant
tout ce que ça implique pour elle, tout ce que ça exige d’elle, me fait me
sentir tellement humble et grand à la fois, c’est déstabilisant !
La tension sur ma main se raffermit.
– Respire, trésor. Je suis en toi, c’est presque fini.
Je donne un dernier coup de reins et je me suis entièrement logé en elle.
Elle arque le dos dans un geste brusque, ses doigts s’enfoncent dans la
paume de ma main.
– Chut, dis-je sur sa bouche. Je suis là…
– Hazel…
Elle s’étrangle.
– Je suis là, c’est fini.
Je noue mes doigts aux siens en plaquant ses bras au-dessus de sa tête.
– Tu es à moi, Snow…
Je me remets en action et tout est plus simple. Son corps s’habitue à cette
intrusion. Snow s’accommode de ma présence en elle. Elle se détend. Mes
lèvres recouvrent les siennes. Je l’embrasse et je me demande si je serai
capable d’arrêter tellement ça m’emmène sur un chemin à la fois inconnu et
sécurisant.
C’est le paradoxe avec Snow !
D’un côté, je la rassure sur tout ce qu’elle peut expérimenter avec moi,
mais elle, elle me rassure sur ce que je suis, sur ce que peut être ma vie si je
me fais un peu confiance.
L’instant gagne en intensité. Je vais et viens en elle et elle accueille
chacun de mes assauts dans une série de gémissements qu’elle ne semble
pas contrôler et c’est renversant d’authenticité. Je perçois le plaisir en elle,
il la fait vibrer sous moi. Ma langue goûte sa peau subtilement moite. Elle
glisse le long de son cou pour finir sa course entre ses seins. J’en
emprisonne un entre mes dents et le torture. Mais la sentir trembler contre
moi me ramène à elle.
– Est-ce que ça va ?
– Encore !
Elle a le souffle court.
– Tu veux que je continue avec tes seins ?
Dans un couinement, elle répond non.
– Encore…
Un peu perdu, je m’enfonce plus vigoureusement en elle et la voir se
mordre la lèvre alors que de nouvelles larmes roulent sur ses joues me permettent de comprendre ce dont elle a besoin. Je souris.
– Tu y es, trésor…
Je libère ses mains. Les miennes viennent encadrer son visage trempé. Et
tout s’enchaîne très vite. J’accentue mes coups de reins. Ils sont profonds et
fermes. J’embrasse ses larmes, les lèche du bout de ma langue tandis
qu’elle sombre.
Et son corps semble presque trop petit pour contenir ce qui la guette. Le
désir paraît vouloir sortir d’elle par tous les pores de sa peau. Elle tremble,
s’agite, pleure, gémit, au point que j’ignore si je dois flipper ou continuer.
Je décide de faire confiance à mon instinct, à mon corps aussi qui semble
savoir répondre aux besoins de Snow par lui-même. À croire qu’à défaut
d’arriver à maîtriser le sien, elle a pris le contrôle du mien. Je la possède
encore et encore, et chacun de mes coups de boutoir la transporte vers la
jouissance. Mon corps n’est que le miroir de son appétence, son parfait
écho. Je pars avec elle, je le vis au plus profond de moi, cet orgasme qui
répond au sien. Il me tenaille, m’assaille, m’aliène.
– Je suis avec toi, balbutié-je la gorge asséchée par l’émotion, quand je
sens le gouffre de la jouissance ouvrir grand sa gueule pour m’engloutir.
Je ferme les paupières et m’y laisse tomber lorsque l’orgasme me brise
en un millier de morceaux. Je m’en délecte le temps d’un instant quand une
puissante sensation de pincement me brûle le visage...
Surpris, j’écarquille les yeux et je comprends immédiatement d’où
provient cette sensation. Snow, de ses deux petites mains toutes jolies, m’a
chopé les joues.
– Ma puce…
Mais ce qui sort de ma bouche ne ressemble à rien, vu qu’elle me broie
le visage.
Son corps se tord brusquement et un cri perçant lui échappe lorsqu’elle
cède au plaisir.
Merde, Dary et ma mère vont croire que je l’égorge ! Après ça, elles
vont rappliquer, c’est obligé ! Putain, j’ai pas verrouillé ma porte !
Je guette ce qui se passe à l’extérieur de la chambre et comme je le
craignais des bruits de pas se rapprocher. Je bouche les oreilles de Snow qui
est toujours dans son petit monde post-orgasmique.
On toque à ma porte.
– N’entre pas !
Ma beauté ouvre les yeux quand elle m’entend. Je lui fais un clin d’œil.
– Mais…
– Crois-moi, tu n’as pas envie d’entrer ici !
– Est-ce que tout va bien ?
– Bah, visiblement, ça va même plus que bien !
– Quoi ?
– M’man, s’te plaît !
S’ensuit un bruit d’écœurement et je soupçonne Dary d’en être à
l’origine.
– Vous êtes trop dégueu !
– Oh ! Pardon !
– On va faire quelques ajustements au niveau sono, promis ! Bonne
nuit !
Les mouvements dans le couloir m’indiquent alors que nos visiteuses
s’en sont allées. J’enlève mes mains.
– Salut, toi…
– Tu as crié !
– Je peux te retourner le compliment…
Je l’embrasse tout en me retirant d’elle. Après m’être débarrassé de la
capote, je m’étends à côté d’elle en me frottant la mâchoire.
– Merci pour le massage… je t’avoue que c’était un peu comme une
surprise…
– Qu’est-ce que tu dis ?
– Tu es bien dans ta bulle, ma Snow ?
– Oui, très bien…
Je ricane.
– J’ai cru comprendre. Tu as aimé ce qu’on vient de faire ?
– Beaucoup !
– Comment tu te sens ?
– Je n’ai plus de force…
J’attrape les draps.
– Soulève tes jolies fesses, trésor. Tu vas te mettre au lit.
Mais au lieu de se glisser sous la couette, Snow descend et se lance en
quête de ses vêtements.
– Reste toute nue ! J’aime bien te mater !
– Je déteste le contact des draps sur moi. C’est… stressant…
– Tant pis pour moi ! dis-je résigné en tapant du plat de la main sur le
matelas.
Une fois habillée, elle me rejoint. Lorsqu’elle est installée – toujours
dans la même position, sur le dos et totalement droite – je m’approche et
dépose un baiser sur son épaule.
– C’était beau, Snow !
– Qu’est-ce qui était beau ?
– De te regarder jouir…
Je roule des yeux.
– C’était douloureux aussi !
– Pourquoi ?
Je prends appui sur mon coude.
– Tu m’as pincé les joues, trésor, lui expliqué-je en riant. Je suis certain
que ma peau est toute rouge…
Elle m’observe.
– Un peu, c’est vrai… c’était comme un grand bazar en moi…
– Tu m’as fait ressentir un grand bazar en moi, toi aussi… mais c’est un
désordre qu’on adore, non ?
– Oui, je l’aime bien ce désordre-là…
J’embrasse sa joue.
– Je crois que tu devrais essayer de dormir ! Tu as cours demain et il est
déjà tard !
Je m’étends sur sa droite, prêt à me laisser tomber dans le sommeil
lorsque je sens sa main sur la mienne dans un léger frôlement. Je souris.
– Bonne nuit, Snow…
– Bonne nuit, Hazel !
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