L'amour en A, Snow & Hazel

Elma Hilde · Chapitre 7 sur 36

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L'amour en A, Snow & Hazel

Le soir venu, le dîner se passe…

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Le soir venu, le dîner se passe dans le plus grand calme à la maison. Ce

n’est pas si désagréable finalement. Ça change des prises de bec entre ma

mère et ma sœur. Je crois qu’elles étaient toutes les deux captivées par la

présence de Snow qui, soit dit en passant, n’a pas décroché plus de deux

mots au cours du repas.

Je connais le sentiment qui les envahit lorsqu’elles l’observent. Elle est

naturellement intrigante. C’est ce qui m’a attiré vers elle en premier lieu. Et

puis, en la regardant mieux, je n’ai pas pu ignorer cette beauté qui émane

d’elle. Elle est fragile et pure parce qu’elle n’en a aucune conscience.

Je ne l’ai pas trop embêtée, j’ai respecté son silence. Ces derniers jours

ont été éprouvants pour elle. Entre la scène avec Sophie, son installation ici

et l’épisode des oreillettes, j’ai beaucoup exigé d’elle.

Alors, une fois le souper fini, elle a voulu aller prendre sa douche et je

n’ai pas pu me retenir, je l’ai rejointe dans la salle de bains. J’ai pensé

qu’elle allait me virer, mais non ! Elle ne s’est pas offusquée de ma

présence.

Je l’ai regardé faire, j’ai étudié chacun des gestes qu’elle a faits et je me

suis régalé de me familiariser avec sa routine. Elle a une manière très

procédurière de tout faire et ça m’éclate ! J’apprends ces petits trucs du

quotidien qui la rende unique.

C’est ce qui est déroutant avec Snow, j’ai l’impression qu’elle ne vit pas

avec les mêmes barrières que d’autres nanas. J’ignore si ça vient d’elle ou

de l’autisme, mais ça me plaît de fou !

Tout est incroyablement différent avec elle. Elle ne répond à aucun

cliché, elle dit les choses comme elle les pense. Chaque jour, elle apprend à

vivre dans un monde qui l’effraie, qu’elle ne comprend pas, et je la trouve

tellement courageuse de l’affronter encore et encore.

Lavée et habillée, je l’ai reconduite dans notre chambre où toutes ses

affaires ont enfin leur place. Elle n’y est pas très à l’aise, bien sûr, mais

c’est temporaire. Dans quelques jours, elle agira comme si elle avait

toujours vécu ici. En souriant, je l’observe passer en revue le côté de

l’armoire que je lui ai laissé. À croire qu’elle essaie de mémoriser où tout

est rangé.

– Pourquoi tu ne viens pas me rejoindre ? Je suis sûrement plus

captivant que tes petites culottes…

Je fais la moue.

– Quoi que…

Snow abandonne le contenu de l’armoire et s’assied sur le rebord du lit.

– Si tu me disais ce qui te tracasse…

– Je ne sais pas…

– Tu ne sais pas ce qui te tracasse ?

– Je ne sais pas ce que je suis supposée faire…

– Ce que tu veux, trésor ! On peut se mater un film, tu peux te mettre au

lit et bouquiner. On peut s’embrasser…

Je me déplace sur le matelas de sorte que les lèvres soient au creux de

son épaule.

– Je peux te faire des trucs sympas avec ma langue…

Je remonte doucement, l’embrasse sous l’oreille, le long de sa mâchoire

jusqu’à sa bouche et dépose un baiser à la commissure de ses lèvres.

– Je peux même te faire jouir autrement…

– Comment ?

– J’ai envie de te faire l’amour, Snow. Je te veux tellement…

– J’ignore ce que je suis supposée faire…

Je descends du lit et me place devant elle. Mes mains vont et viennent le

long de ses cuisses. Ma bouche retrouve la sienne.

– Tu en as envie toi aussi ?

Je l’embrasse dans le cou, la forçant à basculer la tête en arrière.

– Oui… dit-elle dans un souffle.

– Lorsque je t’ai appris à danser, je t’ai dit que tu devais me permettre de

te guider. Ce soir, c’est pareil, tu dois me laisser te conduire.

Je descends jusqu’à la naissance de ses seins avant de l’abandonner une

seconde le temps de lui retirer son débardeur.

Dans un geste aérien, mes doigts remontent le long de son dos pour

s’agripper à ses épaules. Cambrée, elle m’offre sa nuque. Je la lèche avant

d’amorcer ma descente en direction de sa poitrine. Là, je dévore ses seins

un à un et me régale d’aspirer ses tétons entre mes dents, de les mordiller,

de les sucer. Lorsque je retrouve ses lèvres, c’est pour l’embrasser à pleine

bouche. Nous retombons sur le lit. Prenant appui sur mes bras, je l’observe

un instant.

– Snow, tu comprends ce que ça veut dire ? Si on va jusqu’au bout, je

vais venir en toi.

Troublée, elle acquiesce.

– Maintenant, c’est comme tout ce qu’on a fait jusqu’ici, trésor, tu n’as

qu’à me dire d’arrêter et je le ferai.

– Je sais…

Je me redresse pour retirer mon tee-shirt, mon jeans ainsi que mon boxer.

Je veux que Snow me voie. Non pas dans un besoin de m’afficher devant

elle, mais dans l’idée qu’elle se familiarise avec mon corps, avec tout ce qui

va se produire...

– Est-ce que je te fais peur, Snow ?

– Non…

Lentement, je reviens vers elle et la prends par la taille de sorte à la

conduire au milieu du lit, contre les oreillers. J’en profite pour lui ôter son

bas et sa culotte.

Mes doigts parcourent doucement son corps nu. C’est avec ses yeux

qu’elle redessine le mien. Je me penche en direction de la table de chevet,

en ouvre le tiroir pour y prendre une capote. Je la lui montre.

– Et j’ai tout ce qu’il faut, ce soir !

– OK…

– J’en ai une boîte pleine alors, n’hésite pas à réclamer si ça te plaît,

m’amusé-je en m’installant entre ses cuisses.

– Je le ferai…

Dans un rire étouffé, je reviens titiller ses seins et leur inflige le même

traitement que précédemment.

Pendant que je joue de ma langue sur sa poitrine, mon entrejambe vient

prudemment épouser le sien et c’est une déflagration d’émotions qui me

submergent lorsque nos corps se rencontrent.

– Snow, marmonné-je avant de l’embrasser.

Soulevé par ce tonnerre de sensations qui me traverse, je mets trop

d’intensité dans ce baiser et je le regrette aussitôt. Je ne peux pas tout foutre

en l’air en me montrant trop entreprenant. Sauf que Snow encaisse bien

mon enthousiasme. Je dirais même que, pour la première fois, je ressens le

sien de manière significative. Elle m’embrasse… elle m’embrasse vraiment… J’attrape sa cuisse et la soulève avant d’onduler doucement

contre elle. Elle se cambre.

– Tout va bien, trésor. C’est toi et moi, Snow.

Je recommence en posant mes yeux sur elle pour observer sa réaction.

Les siens sont braqués au plafond. Comme la première fois, elle s’arc-

boute.

– Ça te plaît ?

Elle hoche la tête. Je récupère le préservatif sur le lit et l’ouvre. Une fois

qu’il est en place, je reprends ma position entre ses cuisses. Je l’effleure

dans une succession de mouvements son bas-ventre.

– Snow, je vais te pénétrer, mais ça risque de te faire mal les premiers

instants. Je te jure que c’est passager. Maintenant, je dois m’assurer que tu

peux gérer et…

Je soupire.

– Je sais pas… ça me fait flipper…

Je m’allonge sur elle en prenant appui sur mon coude. Je lui présente

mon autre main.

– Je veux que tu prennes ma main dans la tienne et que tu la serres selon

ce que tu ressens. Plus tu as mal, plus tu serres, OK ?

Elle acquiesce.

– Je vais m’adapter selon comment tu réagis. Tu es d’accord avec ça ?

– Oui…

– Très bien…

Le cœur battant, je récupère ma main le temps de me placer à l’entrée de

son antre avant de la lui remettre.

Mon nez chatouille le sien.

Comme au début de mes concerts, je me concentre pendant quelques

secondes. Si d’ordinaire, je tente de faire le vide dans ma tête, que je me canalise sur ma musique, sur ma guitare, ce soir, c’est sur ma main que tout

mon intérêt est focalisé. Sa pression sur la mienne est douce et tranquille. Il

n’y a plus que le bruit de nos respirations, cette sensation que mon cœur va

s’échapper de ma cage thoracique, et sa main sur la mienne.

J’ai l’impression de trembler quand je me lance enfin. Avec une lenteur

jamais expérimentée jusqu’à Snow, je m’enfonce en elle en gardant les yeux

rivés sur elle, mon esprit axé sur sa main.

Et il ne faut pas longtemps avant qu’elle commence à refermer ses doigts

sur moi. Cependant, je continue, car ce n’est pas encore très prononcé. Et

plus je progresse plus elle resserre sa prise. Je me fige lorsque je juge qu’il

est préférable de lui laisser une seconde pour s’habituer à ma présence.

– Respire, lui intimé-je en parcourant sa belle chevelure blonde.

Elle fait ce que je lui demande alors que ses yeux se ferment. Une larme

court sur sa tempe.

– Tu veux que j’arrête, Snow ?

Elle remue la tête.

– OK…

Je reviens à la charge et ses doigts se remettent en action. Me plonger en

elle est juste incroyable. La conquérir d’une façon aussi intime en sachant

tout ce que ça implique pour elle, tout ce que ça exige d’elle, me fait me

sentir tellement humble et grand à la fois, c’est déstabilisant !

La tension sur ma main se raffermit.

– Respire, trésor. Je suis en toi, c’est presque fini.

Je donne un dernier coup de reins et je me suis entièrement logé en elle.

Elle arque le dos dans un geste brusque, ses doigts s’enfoncent dans la

paume de ma main.

– Chut, dis-je sur sa bouche. Je suis là…

– Hazel…

Elle s’étrangle.

– Je suis là, c’est fini.

Je noue mes doigts aux siens en plaquant ses bras au-dessus de sa tête.

– Tu es à moi, Snow…

Je me remets en action et tout est plus simple. Son corps s’habitue à cette

intrusion. Snow s’accommode de ma présence en elle. Elle se détend. Mes

lèvres recouvrent les siennes. Je l’embrasse et je me demande si je serai

capable d’arrêter tellement ça m’emmène sur un chemin à la fois inconnu et

sécurisant.

C’est le paradoxe avec Snow !

D’un côté, je la rassure sur tout ce qu’elle peut expérimenter avec moi,

mais elle, elle me rassure sur ce que je suis, sur ce que peut être ma vie si je

me fais un peu confiance.

L’instant gagne en intensité. Je vais et viens en elle et elle accueille

chacun de mes assauts dans une série de gémissements qu’elle ne semble

pas contrôler et c’est renversant d’authenticité. Je perçois le plaisir en elle,

il la fait vibrer sous moi. Ma langue goûte sa peau subtilement moite. Elle

glisse le long de son cou pour finir sa course entre ses seins. J’en

emprisonne un entre mes dents et le torture. Mais la sentir trembler contre

moi me ramène à elle.

– Est-ce que ça va ?

– Encore !

Elle a le souffle court.

– Tu veux que je continue avec tes seins ?

Dans un couinement, elle répond non.

– Encore…

Un peu perdu, je m’enfonce plus vigoureusement en elle et la voir se

mordre la lèvre alors que de nouvelles larmes roulent sur ses joues me permettent de comprendre ce dont elle a besoin. Je souris.

– Tu y es, trésor…

Je libère ses mains. Les miennes viennent encadrer son visage trempé. Et

tout s’enchaîne très vite. J’accentue mes coups de reins. Ils sont profonds et

fermes. J’embrasse ses larmes, les lèche du bout de ma langue tandis

qu’elle sombre.

Et son corps semble presque trop petit pour contenir ce qui la guette. Le

désir paraît vouloir sortir d’elle par tous les pores de sa peau. Elle tremble,

s’agite, pleure, gémit, au point que j’ignore si je dois flipper ou continuer.

Je décide de faire confiance à mon instinct, à mon corps aussi qui semble

savoir répondre aux besoins de Snow par lui-même. À croire qu’à défaut

d’arriver à maîtriser le sien, elle a pris le contrôle du mien. Je la possède

encore et encore, et chacun de mes coups de boutoir la transporte vers la

jouissance. Mon corps n’est que le miroir de son appétence, son parfait

écho. Je pars avec elle, je le vis au plus profond de moi, cet orgasme qui

répond au sien. Il me tenaille, m’assaille, m’aliène.

– Je suis avec toi, balbutié-je la gorge asséchée par l’émotion, quand je

sens le gouffre de la jouissance ouvrir grand sa gueule pour m’engloutir.

Je ferme les paupières et m’y laisse tomber lorsque l’orgasme me brise

en un millier de morceaux. Je m’en délecte le temps d’un instant quand une

puissante sensation de pincement me brûle le visage...

Surpris, j’écarquille les yeux et je comprends immédiatement d’où

provient cette sensation. Snow, de ses deux petites mains toutes jolies, m’a

chopé les joues.

– Ma puce…

Mais ce qui sort de ma bouche ne ressemble à rien, vu qu’elle me broie

le visage.

Son corps se tord brusquement et un cri perçant lui échappe lorsqu’elle

cède au plaisir.

Merde, Dary et ma mère vont croire que je l’égorge ! Après ça, elles

vont rappliquer, c’est obligé ! Putain, j’ai pas verrouillé ma porte !

Je guette ce qui se passe à l’extérieur de la chambre et comme je le

craignais des bruits de pas se rapprocher. Je bouche les oreilles de Snow qui

est toujours dans son petit monde post-orgasmique.

On toque à ma porte.

– N’entre pas !

Ma beauté ouvre les yeux quand elle m’entend. Je lui fais un clin d’œil.

– Mais…

– Crois-moi, tu n’as pas envie d’entrer ici !

– Est-ce que tout va bien ?

– Bah, visiblement, ça va même plus que bien !

– Quoi ?

– M’man, s’te plaît !

S’ensuit un bruit d’écœurement et je soupçonne Dary d’en être à

l’origine.

– Vous êtes trop dégueu !

– Oh ! Pardon !

– On va faire quelques ajustements au niveau sono, promis ! Bonne

nuit !

Les mouvements dans le couloir m’indiquent alors que nos visiteuses

s’en sont allées. J’enlève mes mains.

– Salut, toi…

– Tu as crié !

– Je peux te retourner le compliment…

Je l’embrasse tout en me retirant d’elle. Après m’être débarrassé de la

capote, je m’étends à côté d’elle en me frottant la mâchoire.

– Merci pour le massage… je t’avoue que c’était un peu comme une

surprise…

– Qu’est-ce que tu dis ?

– Tu es bien dans ta bulle, ma Snow ?

– Oui, très bien…

Je ricane.

– J’ai cru comprendre. Tu as aimé ce qu’on vient de faire ?

– Beaucoup !

– Comment tu te sens ?

– Je n’ai plus de force…

J’attrape les draps.

– Soulève tes jolies fesses, trésor. Tu vas te mettre au lit.

Mais au lieu de se glisser sous la couette, Snow descend et se lance en

quête de ses vêtements. 

– Reste toute nue ! J’aime bien te mater !

– Je déteste le contact des draps sur moi. C’est… stressant…

– Tant pis pour moi ! dis-je résigné en tapant du plat de la main sur le

matelas.

Une fois habillée, elle me rejoint. Lorsqu’elle est installée – toujours

dans la même position, sur le dos et totalement droite – je m’approche et

dépose un baiser sur son épaule.

– C’était beau, Snow !

– Qu’est-ce qui était beau ?

– De te regarder jouir…

Je roule des yeux.

– C’était douloureux aussi !

– Pourquoi ?

Je prends appui sur mon coude.

– Tu m’as pincé les joues, trésor, lui expliqué-je en riant. Je suis certain

que ma peau est toute rouge…

Elle m’observe.

– Un peu, c’est vrai… c’était comme un grand bazar en moi…

– Tu m’as fait ressentir un grand bazar en moi, toi aussi… mais c’est un

désordre qu’on adore, non ?

– Oui, je l’aime bien ce désordre-là…

J’embrasse sa joue.

– Je crois que tu devrais essayer de dormir ! Tu as cours demain et il est

déjà tard !

Je m’étends sur sa droite, prêt à me laisser tomber dans le sommeil

lorsque je sens sa main sur la mienne dans un léger frôlement. Je souris.

– Bonne nuit, Snow…

– Bonne nuit, Hazel !

 

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