L'amour en A, Snow & Hazel

Elma Hilde · Chapitre 16 sur 36

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L'amour en A, Snow & Hazel

Moins d’une heure plus tard, je suis…

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Moins d’une heure plus tard, je suis de retour chez moi et, pour être

franc, je ne fais pas le malin en passant la porte d’entrée.

J’ai déconné à plein tube, ce soir !

Immédiatement après le départ de Snow et Dary, je suis reparti chez

Charlie en sa compagnie avec l’idée de parler à Jacob, de temporiser les

choses entre nous, mais Shanna et lui s’étaient déjà tirés.

Du coup, je me suis retrouvé comme un con. Charlie n’était pas mieux

que moi. Il m’a expliqué avoir appelé Dary pour l’inciter à venir à la soirée

en espérant fêter notre future tournée avec elle, sans se douter un instant

qu’elle n’était pas au courant. C’est comme ça que ma sœur a découvert ce

que je cache depuis à ma famille depuis des jours et qu’elle a légèrement

pété un plomb.

Si sur le moment, j’étais furax contre elle, je comprends sa réaction. Elle

était présente quand j’ai évoqué mon hypothétique départ, il y a quelques

jours dans la cuisine. Elle a assisté à la crise de Snow qui en a découlé.

Comment ne pas m’en vouloir alors que, secrètement, j’ai fait le choix de

suivre ma voie tout en sachant ce que ça impliquerait pour Snow ? Et puis,

il y a sa « relation » avec Charlie ! C’est vrai que ce n’est pas malin de

sa part de lui avouer ses sentiments juste avant de se tirer six mois…

Et me voilà au milieu de mon salon sans la moindre idée de la meilleure

manière de procéder. Snow vient de vivre une soirée très éprouvante, elle

doit croire que je vais l’abandonner, m’en aller sans me soucier d’elle, mais

elle se trompe ! Le hic est que je ne peux pas lui balancer de but en blanc

que je ne pars pas sans elle, qu’elle vient avec moi ! Je dois amener le sujet

en douceur.

Du bruit à l’étage, plus précisément dans la chambre de Dary, m’incite à

monter, même si je redoute de m’attirer les foudres de ma sœur et de me

confronter à Snow. J’imagine sans mal l’état dans lequel elle se trouve et je

ne suis pas ravi d’avoir à affronter la situation.

Sur le palier, je trouve porte close. Après une longueur inspiration, je

toque et saisis la poignée quand je suis accueilli d’un chaleureux « Casse-

toi ! ».

Charmant…

Me moquant de l’avertissement de ma sœur, j’ouvre. Derrière elle, je

découvre Snow assise sur le lit. Toujours prostrée, elle joue nerveusement

de ses doigts, son visage ruisselle de larmes. À ce spectacle, c’est plus fort

que moi, je me hâte de la rejoindre et m’agenouille devant elle.

– Y’a quoi que tu n’as pas…

– La ferme, Dary ! On n’en serait pas là si t’avais pas merdé !

– Excuse-moi ?! C’est toi qui as…

– Je contrôlais la situation ! Aujourd’hui, je me retrouve contraint de la

brusquer alors que je voulais seulement amener les choses en douceur !

Mais qu’est-ce qui t’as pris de la conduire chez Charlie ?!

Dary s’apprête à répliquer, mais je l’ignore et préfère porter toute mon

attention sur la jolie blondinette toujours aussi nerveuse.

– Comment tu te sens, ma Snow ?

Sans cesser de fixer le point imaginaire sur le mur, elle garde le silence.

– Snow, l’appelé-je en levant la main suffisamment pour frôler sa joue.

Un bref contact auquel elle réagit dans un sursaut.

– Je n’entre plus dans la bulle, trésor ?

J’obtiens un léger mouvement de tête tandis qu’une larme roule sur son

visage.

– Hé…

J’essuie ses larmes du bout du pouce.

– Ne pleure pas…

Je replace une mèche derrière son épaule.

– Je suis désolé. J’allais t’en parler, t’expliquer ce qu’il va se passer…

– Tu vas partir, dit-elle doucement alors que de nouvelles larmes se

profilent dans le fond de son regard.

Même si je sens sa réticence à être en contact physique direct avec moi,

je glisse mes mains dans les siennes.

– Oui, c’est vrai, mon trésor. Dans quinze jours, je dois me rendre à

Londres. Avec Charlie, Reece et Jake on va devoir faire une série de

concerts dans plusieurs villes ici en Angleterre, et d’autres en Europe.

– La fille me l’a dit…

– La fille ?

J’interroge Dary du regard.

– Je ne lui ai pas appris que vous partiez, Haze ! C’est cette salope de

Shanna qui l’a fait !

Quelle connasse !

– J’allais t’en parler, Snow…

– Quinze jours, répète-t-elle en battant des mains. Deux semaines…

– Mais je t’assure que ce n’est pas aussi grave que ça en a l’air ! J’ai

songé à deux ou trois trucs pour nous. Il faut seulement qu’on s’assied tranquillement et qu’on en discute. Pour le moment, je pense que le mieux

est d’aller se coucher. Nous en parlerons demain. D’accord ?

– Je n’ai pas envie de dormir !

– Tu voudrais que je te chante une berceuse ?

Elle répond non de la tête.

– Je ne veux pas faire l’amour !

– OK ! Alors, on se contente de se mettre au lit et on bavarde, si tu

préfères…

– Je n’ai rien à te dire !

– Tu es en colère et je le comprends.

– Tu as menti !

– Ce n’est pas aussi simple…

Ma jolie blonde n’a visiblement pas l’intention de me faciliter les choses.

Avec élan, elle se lève, me contraignant à me pousser au passage, avant de

marcher jusqu’à la sortie.

– Je vais chercher des vêtements ! Je dors ici, pas avec toi !

– Attends, quoi ?!

Je me précipite derrière elle.

– Non, non… on oublie cette idée !

Je la suis jusqu’à notre chambre.

– Tu as de bonnes raisons d’être en pétard après moi et je te demande

pardon, mais viens avec moi, s’te plaît !

– Je veux rester avec Dary ! Tu as menti, tu as crié sur moi, je n’ai plus

envie de te voir !

– Et ce n’est pas comme ça qu’on gère une dispute, Snow ! Tu as le

droit d’être en colère, j’ai merdé et je ne peux pas te le reprocher, mais fuir

dans la chambre de ma sœur n’est pas la meilleure manière de régler le

problème. Je n’ai pas envie de passer une nuit sans toi !

– Tu t’en vas dans deux semaines !

Eh merde !

– OK ! capitulé-je. Reste avec Dary ! On parlera de tout ça demain

matin, mais laisse-moi une chance de m’expliquer et de te prouver que je

n’ai jamais eu l’intention de t’abandonner ! Je t’aime, trésor !

Mes paroles ne semblent pas trouver grâce aux oreilles de Snow, car elle

tourne les talons en direction du palier.

– Snow !

Mais je n’obtiens rien d’autre que son silence.

– Putain, mais c’est pas vrai !

Mon poing rencontre son bureau.

Je retire ma veste et la balance sur mon lit quand mon portable se met à

vibrer dans la poche de mon jeans.

– Me faites pas chier !

Je grogne, mais consulte le message que je viens de recevoir.

– Charlie –

Comment ça se passe ? C’est la merde ? Dary est en pétard ?

Je jure en lisant son message.

– Hazel –

Ma meuf ne veut même pas pieuter avec moi alors, oui, c’est la grosse merde ! Bien sûr

qu’elle est furax ! On se barre pendant six mois, fallait pas s’attendre à autre chose ! J’en viens à envier Reece et Jake.

– Charlie –

C’est à ce point-là ? Je sais pas comment je vais rattraper le coup avec D ! J’ai que 15 jours

à passer avec elle, j’ai pas envie qu’on s’embrouille !

– Hazel –

En même temps, t’es pas malin d’avoir attendu de te tirer pour lui dire la vérité ! C’est elle qui

a raison !

– Charlie –

Ouais… je sais…

– Hazel –

Je vais me pieuter, bro ! Je dois trouver comment me réconcilier avec ma meuf !

– Charlie –

OK ! À demain !

 

**

 

– Mais putain !!! vociféré-je en frappant mon oreiller à plusieurs

reprises.

Voilà plus de deux heures que je me suis couché ! Deux heures que

j’essaie de trouver le sommeil, en vain. Mon plumard est trop grand, trop

froid, trop vide ! Je suis comme un fou de savoir qu’elle est à quelques pas

de moi, qu’elle dort paisiblement dans la chambre de ma sœur quand moi,

je suis seul !

Elle devrait être là avec moi, putain ! OK, j’ai merdé, mais est-ce que

c’est une raison pour se tirer avec Dary ?

– Plein le cul de ces conneries !

Ma couette finit au pied de mon lit.

J’en descends en repoussant mes cheveux à l’arrière du crâne. J’enfile un

jeans et chope mon paquet de clopes sur ma table de chevet avant de sortir

de ma chambre.

À la lumière de mon téléphone, je descends les quelques marches qui me

séparent du rez-de-chaussée et dévie vers la cuisine quand de petits

bruissements me parviennent depuis cette pièce. Curieux, je passe la tête

dans l’ouverture et le simple éclairage extérieur baigne la cuisine d’un halo

de lumière vraiment faible, mais suffisant pour que je distingue Snow qui

marche utour de l’îlot. Elle tourne en rond en battant des mains, parfois en

se tapant le dessus du crâne, tout en fredonnant des mots que je ne peux

distinguer.

Je l’observe en silence un petit moment avant de lui signifier ma

présence.

– Snow ?

Mais son prénom ne lui provoque aucune réaction. J’actionne

l’interrupteur de la lumière ce qui la fait lever le nez. Elle se fige une

seconde avant de repartir de plus belle.

– Snow, je peux savoir ce que tu fais ici au milieu de la nuit ?

Mais elle continue son manège en bredouillant des paroles inaudibles. Je

m’approche d’elle, tends le bras vers elle alors qu’elle revient vers moi,

mais à peine l’ai-je effleurée qu’elle a un geste d’éloignement. Elle me

repousse avant de reprendre sa course infernale à m’en donner le tournis.

– OK…

Je m’installe sur le premier tabouret que je rencontre avant d’allumer

une cigarette.

Bon, ma mère me foutrait un coup de pied au cul phénoménal si elle me

voyait fumer dans la maison, mais je ne peux pas laisser Snow et j’ai trop

besoin d’une clope !

– Ça sent mauvais !

– Eh bien toi, tu tournes en rond pour gérer quand tu ne sais plus où tu en

es ! Moi, je fume ! Chacun son truc, trésor !

– Je sais où je suis ! Dans la cuisine !

J’esquisse un rictus en tirant sur ma cigarette.

– Je te parlais de nous, Snow ! Pas de l’endroit où tu te trouves !

– Nous ?!

– De notre histoire, de ce qui s’est passé ce soir, de ce qu’on peut faire

pour que cette tournée ne soit pas un obstacle entre nous ! Jamais je

n’aurais accepté de la faire si je n’étais pas persuadé qu’on peut être

ensemble malgré que je doive m’en aller !

– Tu as promis de rester !

– C’était avant que…

Je soupire en la regardant faire un nouveau tour de l’îlot.

– Tu ne veux pas arrêter et poser ton petit cul sur une chaise, histoire

qu’on puisse discuter calmement ?!

– Je n’ai pas envie de parler !

– Dans ce cas, pourquoi t’es là en pleine nuit ? Si tout allait bien, tu

serais en haut à dormir, non ?!

– Je ne sais pas… je n’arrive pas à dormir…

– Moi aussi, je ne trouve pas le sommeil ! Tu sais pourquoi ?

Elle secoue la tête.

– Je vais te le dire, mais si tu t’assieds avec moi !

Elle me concède cette petite victoire et s’installe sur son tabouret

habituel.

– Je ne dors pas parce que tu n’es pas dans le lit avec moi ! Tu me

manques, Snow !

– Tu as crié sur moi !

– Et je suis désolé ! J’ai flippé de te savoir là-bas ! Je ne voulais pas te

faire de la peine, seulement Shanna et Jacob étaient présents, et j’aurais

préféré qu’ils ne te voient pas !

De nouveau, elle se frappe la tête.

– Tu as honte de moi !

– Ne dis pas n’importe quoi, s’il te plaît ! Je n’ai jamais pensé une telle

chose, Snow ! C’est eux qui me font honte ! Tu connais Charlie, Reece et

Jake, tu les as rencontrés, non ?

– Oui.

– J’ai confiance en eux ! Je sais qu’ils te respecteront, que le fait que tu

sois autiste leur est égal ! Mais Shanna et Jacob, ils ne sont pas comme

ça !

– Ils sont méchants !

– Oui, trésor ! Jamais je ne t’aurais présentée à eux parce que tu vaux

mieux que ça !

– Il a dit que j’étais une handicapée…

– Et je lui ai mis mon poing dans la gueule, il me semble !

– Tu as promis que tu ne partirais pas !

– Tu vas tourner en boucle longtemps ?

– Tu es un menteur !

– J’ai pas menti ! dis-je en haussant un peu le ton. Je le pensais

sincèrement lorsque je t’ai promis de ne pas m’en aller ! Je devais leur dire

non, c’était ce que j’avais décidé, mais ils m’ont fait une nouvelle

proposition que je n’ai pas pu refuser ! Et puis, il n’y a pas que moi ! Si je

n’y vais pas, Charlie, Reece et Jake devront renoncer aussi ! C’était

compliqué !

– Mais tu pars !

– Snow, trésor, dis-je posément. Je voulais amener le sujet plus en

douceur pour ne pas te perturber plus que tu ne l’es, mais je n’ai pas le

choix. Tu te fais de fausses idées et je ne peux pas l’accepter !

Je me lève pour la rejoindre de l’autre côté de l’îlot tout en gardant une

distance raisonnable entre elle et moi.

– Snow, je n’ai jamais eu l’intention de te laisser ! Je t’aime et je veux

être avec toi chaque seconde. Oui, j’ai accepté de faire cette tournée, mais

seulement parce que tu m’accompagnes !

– Où ?

– À Londres dans quinze jours ! On doit rester ensemble !

La voir si soudainement fuyante et nerveuse mime bien son manque de

compréhension face à ce que je viens de dire.

– Blanche-Neige, je ne peux pas vivre loin de toi ! Mais si tu assistais à

la tournée avec moi…

– Partir avec toi ?

– Tu pourrais découvrir plein d’endroits sympas. On doit aller en Écosse,

en Irlande, en France, en Allemagne, et j’en passe !

– On reviendra en septembre pour l’université ?

– Non, si on part, c’est pour six mois.

– Six mois !

– C’est plus long que prévu, je le reconnais, mais…

– Je suis inscrite à Exeter ! Mes cours commencent en septembre !

– Mais on peut trouver des solutions ! Finalement, on ne sait pas si cette

histoire d’album va fonctionner. Peut-être que dans six mois, je me

retrouverai sans rien ! Si c’est le cas, on pourra aller à la fac ensemble !

En attendant, tu prendrais le temps de parcourir une partie du monde. Ça

serait comme des vacances…

– Et je n’étudierai pas ?!

– Si tu en as envie, on peut t’inscrire à des cours par correspondance !

– Par correspondance…

– Oui, je t’assure que ça peut marcher !

– Mais je dois aller à l’université ! J’ai visité le campus avec Dary

l’autre jour !

Je pose ma main sur sa joue et l’attire vers moi.

– Et je te demande un gros sacrifice, j’en ai conscience ! Mais Snow, on

sera ensemble ! C’est le plus important !

– Je ne peux pas !

– Mais pourquoi ?

– Je veux étudier à l’université !

– Essaie au moins d’y penser ! J’ai pas envie d’y aller sans toi !

– C’est trop difficile pour moi !

– Que va-t-il se passer si je pars ? Comment on va vivre six mois l’un

sans l’autre ?

Deux questions auxquelles ma voisine ne m’apporte aucune réponse.

Non, elle se contente de battre des mains.

Après un moment de silence, je me penche vers elle pour déposer un

baiser sur sa joue.

– Je crois qu’il est temps que tu essaies de dormir !

– Je n’y arrive pas !

– On va tenter de se reposer au moins !

Je lui offre ma main.

– Et tu viens dans notre lit ! On ne gère pas les problèmes en fuyant !

Même si elle fixe ma main un moment sans réagir, elle finit par y glisser

la sienne. Je l’aide à se mettre sur ses pieds avant de la conduire au premier

étage. Dans notre chambre, je tire sur ma couette à l’endroit où Snow se

couche d’ordinaire.

– Au lit !

Elle obtempère sans broncher. Je la rejoins aussitôt et m’étends près

d’elle en laissant, comme d’habitude, mon nez effleurer son épaule.

– Je t’aime, Snow ! Je t’en supplie, n’ait pas peur de ce que pourrait

être notre vie si tu viens avec moi et fais-moi confiance ! Fais-nous

confiance ! On est plus fort à deux ! Plus fort pour se battre contre ton

TSA !

 

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