L'amour en A, Snow & Hazel

Elma Hilde · Chapitre 30 sur 36

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L'amour en A, Snow & Hazel

Je suis debout à l’aube, le lendemain matin.

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Je suis debout à l’aube, le lendemain matin.

Non pas que je ne sois pas fatigué… je dirai même que je suis carrément

HS ! Je n’aurais pas été contre une bonne grasse mat’, seulement j’ai eu

une idée avant de m’endormir, un truc que j’ai eu envie de faire avec Snow,

mais ça me demande quelques préparatifs. Du coup, je me suis levé de

bonne heure et, sans la réveiller, je me suis fringué et j’ai pris ma caisse,

direction le centre-ville de Leeds. En plus de devoir m’occuper de ma

lessive, j’ai quelques courses à faire.

Ça me demande environ deux heures avant que je reprenne le chemin du

festival pour rejoindre la bande et ma Snow. D’ailleurs la demoiselle

m’envoie un SMS à me faire exploser le cœur, telle une foutue Supernova,

alors qu’il me reste moins de cinq miles à parcourir.

– Blondinette – 

Je suis levée ! J’ai mon thé, mais pas d’Hazel. Tu es parti où ? Tu rentres bientôt ?

– Hazel – 

Je te manque, blondinette ? Je vais finir par m’imaginer que tu ne peux plus te passer de

moi ! Ne me donne pas trop d’espoir ! C’est à tes risques et périls que je sois encore plus collant que je ne le suis déjà !

– Blondinette – 

Tu n’as répondu à aucune de mes questions ! Pourquoi ne peux-tu pas répondre tout

simplement ?

– Hazel – 

J’aime te faire languir, trésor ! « Tu es où ? » Trop loin de tes lèvres ! « Tu seras

bientôt là ? » Pas encore assez vite !

– Blondinette – 

Tu me fatigues !

Je souris en lisant son dernier texto, mais je n’ajoute rien. Je viens de

m’engager sur la route qui conduit au festival. Lorsque je gare ma voiture

près du bus, tout le monde est encore dehors en train de prendre le petit-

déj’. Snow est la première, même la seule, à se lever pour venir à ma

rencontre.

– Tu étais où ?

– Bonjour à toi aussi, ma beauté ! J’ai passé une super nuit ! J’ai dormi

comme une masse ! Il faut dire que j’ai pas mal donné de ma personne !

Y’a tous ces gens qui sont venus me voir chanter et toi qui voulais que je te

fasse jouir ! Vous m’épuisez !

– Tu peux arrêter, s’il te plaît !

Je glousse avant de l’attraper par la main pour la reconduire au bus.

– J’ai été laver mon linge avant que mes fringues ne tiennent debout

toutes seules !

– Oh…

Je me penche à son oreille.

– Et je t’ai préparé une surprise.

– C’est quoi ?

– Une surprise ! m’exclamé-je avec enthousiasme. Si tu veux la voir, tu

dois aller te doucher qu’on puisse se tirer !

– On s’en va ?

– Ouais, juste toi et moi ! Avec le groupe, on doit partir pour

Glasgow ! On y joue dans deux jours ! Mais en attendant, j’ai des plans

pour nous.

– Lesquels ?

– Des plans « surprise » !!!

– Mais !?

– Désolé, je peux rien te dire !

Doucement, je la pousse en direction du bus.

– Va chercher ce qu’il te faut pour ta douche ! Si t’es mignonne, je vais

te savonner !

– Je peux me laver !

Je salue brièvement la petite attablée avant de rejoindre Snow. Je me

contente de passer la tête suffisamment pour la voir.

– Tu sais quand je te faisais cette proposition, c’était un truc coquin ! Je

me disais qu’on pourrait se frotter mutuellement, tu vois ?

– Non !

– Fais marcher ton imagination, trésor… toi et moi nus sous la douche.

Je te touche, tu me touches, t’as des picotements, moi je bande, on baise

comme des dingues, on jouit et c’est le pied intégral.

– Tu es très étrange, ce matin !

Je ricane.

– Tu sais pas ce que tu loupes, trésor !

Je la laisse à ses occupations pour retrouver le reste de l’équipe.

– T’étais barré où ?

– Snow m’a demandé genre vingt fois où tu étais !

– Ouais, j’avais du linge à laver. Avec Snow, on va récupérer la caisse et

prendre le large dès que la demoiselle sera douchée. On vous rejoindra à

Glasgow demain !

– Vous allez faire quoi ?

J’allume une clope en ricanant.

– Vous avez pas envie de le savoir…

– La vraie question est est-ce qu’on a le choix vu qu’on entend ta copine

à des bornes à la ronde !

– Faut pas lui en tenir rigueur ! On est bons de ouf !

– Hazel ?

Je balance ma tête en arrière. Ma Snow attend derrière moi son sac à la

main.

– Blondinette ?

– Je veux bien que tu viennes me savonner…

J’aborde un sourire victorieux.

J’adore tellement cette nana !!!

– Merde, mais c’est pas vrai ! s’écrie Jake.

– Mais barrez-vous d’ici ! s’exclame Reece.

– J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? me demande Snow

soudainement inquiète.

Je lui tends ma main pour l’inviter à se rapprocher.

– Non, tu n’as rien dit de mal ! C’est eux qui craignent ! De toute

façon, ils ne savent pas de quoi tu parles, ils sont puceaux !

– Va te faire foutre !!!

– Pauvre connard !!!

Je me marre en écoutant les protestations de mes voisins.

– Ils n’arrivent pas à trouver de copines ?

– T’as tout compris, trésor ! En même temps, tu as vu leurs tronches ?!

– Ce n’est pas de leur faute, Hazel !

Là, j’explose de rire.

– C’est pas gentil de te moquer de tes amis !

Je la prends par la main et l’entraîne vers la remorque qui fait office de

douche. Au passage, je saisis Jake par la nuque.

– Elle vous a mis minables, les gars ! rigolé-je avant de m’éloigner.

**

 

 

Notre périple à deux – un périple que je souhaite romantique – nous a

conduits, en premier lieu, près de la ville de Whitley Bay. Comme son nom

l’indique, elle se situe au bord de la mer du nord. Profiter de l’air du large

nous a fait le plus grand bien, compte tenu de la chaleur qu’il fait

aujourd’hui. Comme nous sommes partis un peu tard, nous n’avons roulé

que deux petites heures avant de faire une halte dans cet endroit

magnifique.

L’heure du déjeuner approchant, j’ai pensé que nourrir ma copilote serait

une bonne idée et que lui permettre de sortir quelques minutes de la voiture

l’occuperait un peu. J’ai été ravi que notre pause nous amène dans ce lieu

vraiment beau. J’ai déjà tenté l’expérience d’inviter Snow au resto, et

compte tenu du désastre que ça a été, j’ai opté pour un déjeuner en

extérieur. J’ai acheté notre repas dans un petit fast-food sur le front de

mer ; on a dégusté notre poisson et nos frites sur le sable, avec une vue

imprenable sur la mer.

Lorsque nous avons repris la route, il nous restait quatre heures de

bagnole avant d’atteindre notre destination. Ce trajet étant un peu long pour

ma beauté, je lui ai proposé un second arrêt pour un café et pour nous

dégourdir. J’ai pensé que Snow voudrait un thé au jasmin, mais elle a

préféré une glace, et la regarder avaler si goulûment sa chantilly m’a

provoqué quelques rictus.

Et une érection… bah, ouais, j’aurais toujours la vision de la bouche de

Snow sur ma bite dès que je verrai de la chantilly, maintenant !

Même si nous rendre en Écosse nous a pris un peu de temps, j’ai été

content de le mettre à notre profit. Si j’ai un peu épuisé Snow avec toutes mes questions, elle ne s’en est pas plainte. De son côté, elle n’en avait

qu’une pour moi : « Qu’est-ce que c’est que cette surprise, Hazel ? ». Elle

a tourné en boucle tout le long du voyage.

C’est en début de soirée que j’ai enfin levé le voile sur la raison de notre

présence près de Stonehaven. J’ai conduit Snow dans cet écrin de nature en

bord de mer, avec ses falaises magistrales, son château, et de la verdure à

vous en donner le tournis, pour que nous prenions un bol d’air frais. Je

n’avais jamais vu cet endroit si ce n’est en photo. Je ne pouvais pas foutre

un pied en Écosse et ne pas faire ce petit détour !

Et si je peux vivre cette aventure avec Snow, c’est encore mieux !

La première partie de notre escapade nous conduit non loin du château

de Dunnottar, cette forteresse médiévale du 13e siècle, en ruines

aujourd’hui. Elle surplombe la mer avec un prestige toujours intact. J’ai

repéré près d’ici un petit kiosque servant à bouffer, et offrant quelques

tables de pique-nique dotées d’un panorama époustouflant sur ces falaises

d’où se dégage une atmosphère magique et envoûtante. Et voir les vagues

se briser sur les rochers ajoute à cette sensation d’être un spectateur

privilégié de toute la magnificence de mère Nature.

– Voilà pour toi, blondinette !

Curieuse, contemplative et silencieuse, Snow observe la barquette de

nourriture que je viens de déposer devant elle.

– On mangera des légumes plus tard, dis-je en mordant dans mon

hamburger.

– Pourquoi tu m’as amenée ici ?

De la main, je lui indique le paysage qui s’étale devant nous.

– Ça te saute pas aux yeux ?

– Tu voulais que je voie le château ?

– Et la mer et les falaises ! C’est pas sublime ?

– Si, c’est très beau, mais on doit faire quoi ici ?

– On savoure d’être tous les deux !

– Oh…

– On va se trouver un endroit pour dormir et demain on ira visiter le

Dunnottar.

– Un endroit où dormir ?

– Ce matin, lorsque j’étais en ville, j’ai acheté une tente, un matelas et

des sacs de couchage. On va passer la nuit en pleine nature.

– On va camper ?

– Tout juste, Blanche-Neige ! Il y a de petites criques sympas dans le

coin. Demain, on ira se poser tranquillement au bord de l’eau. J’ai envie de

me baigner. On repartira retrouver les autres en fin de journée. Ça te va ?

Elle se met à battre des mains.

– Je sais pas…

– Mon trésor, y’a pas de raison de paniquer. Tu es avec moi, on est au

milieu d’un bel endroit, on s’aime ! C’est bon, Snow, tout roule !

– Tout roule…

– Yep !

Je lui tends son gobelet de thé glacé.

– Bois et arrête de te faire du souci ! Je suis aux commandes !

– Aux commandes ?

– Oui, c’est moi qui gère !

– Quoi ?

– Toi, moi, nous !

Elle avale quelques frites en silence.

– Snow, je peux te poser une question ?

– Tu veux l’autorisation de me poser une question. Pourquoi ?

– T’as raison, c’est trop con. Généralement, les gens font ça quand ils

sont anxieux à l’idée de demander quelque chose à quelqu’un...

– Tu as peur de cette question, c’est ça ?

– Oui, un peu…

– Moi, je n’ai jamais peur…

– Mais toi, tu es bien plus brave que moi !

– Je veux bien que tu me poses cette question qui te fait peur…

J’ai un sourire tendre pour elle.

– Hier, tu m’as dit que tu m’aimais et je me demandais comment tu en

étais arrivée à cette touchante conclusion !

– Avec Dary, on a fait une liste !

– Une liste ?

– On a inscrit toutes les émotions positives et négatives que j’ai

ressenties depuis que je te connais. Dary m’a aidé parce que pour moi c’est

difficile de le formuler.

– Je sais, trésor.

– Il y a des choses que tu dis ou que tu fais que je ne vois pas de la même

manière que toi. J’ai expliqué à Dary que lorsque tu veux me préparer mon

thé le matin, je pense que tu ne me crois pas capable de le faire toute seule

et ça me vexe.

– Tu ne m’as jamais raconté ça…

– Parce que tu sembles tenir à le faire !

– D’accord. Si je le fais c’est que…

– Tu es attentionné ! Dary me l’a expliqué !

– J’aime m’occuper de toi ! Non pas qu’à mes yeux tu ne puisses pas le

faire par toi-même. Tu es très autonome et tu sais répondre à tes besoins,

j’en ai pleinement conscience. Si je suis aussi prévenant, c’est que je t’aime, et que c’est mon rôle de m’assurer que la femme dont je suis dingue ne

manque de rien…

– Je ne crois pas pouvoir faire la même chose pour toi. Je peux peut-être

apprendre, mais…

– Je ne veux pas que tu sois différente de ce que tu es, Snow. Je te l’ai

dit, ce sont tous ces détails qui te caractérisent dont je suis tombé amoureux.

Ils sont pour la plupart liés à ton autisme. Alors oui, y’a des choses que tu

ne feras pas, mais tu es tellement vraie, trésor. C’est difficile pour moi de te

l’expliquer, mais les gens trichent, mentent, le plus souvent à eux-mêmes.

Tout ce qu’ils montrent aux autres est feint, prévisible et futile. Toi, tu es

sincère, entière et éblouissante.

– C’est une chose que j’ai mise sur ma liste.

– Quoi donc ?

– J’aime quand tu parles de moi. Parfois, je n’arrive pas à comprendre le

sens de tout ce que tu dis, mais c’est la manière dont tu formules les choses,

l’intonation me donne l’impression d’être importante…

– Pour toi, la prononciation est plus claire que l’information.

– J’ai appris à interpréter la façon dont les gens s’adressent à moi !

Quand tu es en colère, je le sens, ça me fait peur, mais j’ai du mal à en

comprendre les raisons.

– Oui, j’ai remarqué que tu ne perçois pas qui ou quoi me met en colère,

seulement que je le suis, c’est tout !

– Il faut qu’on m’explique.

– Et je n’ai pas toujours fait preuve de beaucoup de patience, je m’en

rends compte ! Surtout quand je vois comment Dary a réussi à capter tout

ce dont tu as besoin.

– Je la trouve très douée avec les autistes.

– Je suis assez d’accord ! Dis-moi, ce n’est pas simplement le fait que

je te montre comme tu es importante à mes yeux qui fait que tu m’aimes,

si ?

– Non, pas du tout ! J’ai juste essayé d’établir tout ce que j’aime chez

toi et j’ai vu que ce sont des éléments importants.

– Comme quoi ?

– Comme lorsque tu me rassures si j’angoisse, ou que je vais rencontrer

une situation nouvelle qui risque de me rendre nerveuse. J’aime que tu ne te

vexes pas si je dis des choses inconvenantes.

– Bah, je préfère en rire. D’ailleurs, la plupart du temps ce que tu dis est

très drôle, selon nos critères humoristiques de neurotypiques ! Mais il doit

bien y avoir des trucs négatifs sur ta liste, non ?

– J’ai noté que je n’aime pas quand tu n’es pas là !

– C’est pas négatif du tout ça ! C’est même très cool !

– Pourtant, ça me fait de la peine !

– Moi aussi, je ressens ça quand tu n’es pas près de moi. À vrai dire, j’ai

vraiment souffert de ton absence avant que tu n’arrives avec ma sœur. C’est

parce que je t’aime.

– Je sais !

– Est-ce que tu as un moment en tête où tu as compris tes sentiments

pour moi ?

– J’ai mis du temps avant de réaliser ce qui s’est passé en moi. J’étais

perdue…

– C’était le grand bazar !

– Dary m’a aidé à « faire du rangement » comme elle dit.

– Qu’est-ce qui a fait que tu t’es sentie ainsi ?

– Tu es venu à ma cérémonie et quand je t’ai vu, j’ai été très heureuse.

Ensuite, j’ai été furieuse après toi parce que tu as agi comme un imbécile.

Je grimace.

– C’est Dary qui t’a expliqué les choses ainsi, je me trompe ?

– Non !

– Le contraire m’aurait étonné, marmonné-je dans ma barbe. Cela dit,

y’a un fond de vérité…

– Et quand je me suis réveillée, tu n’étais plus là. Ça m’a fait beaucoup

de mal. Dary est rentrée à la maison, je pleurais dans la chambre. Elle m’a

demandé de lui raconter notre soirée. Moi, je pleurais parce que je ne

comprenais ce qui m’arrivait. J’ai éprouvé du bonheur, de la colère et de la

peine à cause de toi ! Avant que je fasse ta connaissance, je n’ai jamais eu

à gérer autant de sentiments si forts et tellement différents. Dary m’a dit que

c’était ça l’amour, quand une personne te fait éprouver des émotions

puissantes qui sont parfois effrayantes, mais qui te donnent l’impression

que, brusquement, tout est trop immense en toi comme si tu allais exploser.

J’esquisse un sourire.

– C’est ce que t’y arrives quand je suis près de toi ?

– Pas tout le temps.

– Il y a des instants plus intenses que d’autres. Dès fois, c’est juste

simple. Prendre le petit-déj’ ensemble, bavarder ou regarder la télé, ce sont

des petits détails du quotidien où tout est tranquille. Et puis, il y a d’autres

fois où c’est beaucoup plus fort et bouleversant. Comme quand tu es venu

me voir jouer, que tu es montée sur scène, que tu m’as dit que tu m’aimais.

Moi aussi, j’ai cru que tout était devenu trop grand en moi.

– C’est une drôle de sensation.

– Mais c’est une sensation qu’on aime bien, non ?

– Maintenant que je la comprends mieux, oui !

– C’est comme la première fois où on a fait l’amour. Tu te souviens que

le lendemain matin, tu n’étais pas paisible ?

Elle acquiesce.

– Tu expérimentes de nouvelles choses, tu explores des aspects de toi, de

ton corps, de ton esprit, que tu n’avais encore jamais rencontrés, et c’est

déconcertant. Mais, tu sais, c’est pour tout le monde pareil. Les autistes, les

non-autistes ! On traverse tous ça ! C’est juste plus facile pour les

neurotypiques d’identifier le phénomène.

– Ça m’a fait très peur, mais j’ai aimé tomber amoureuse de toi, Hazel !

Je ne veux pas que ça s’arrête !

Même si j’ai ce nœud qui me bride la gorge, que je sens mes tripes se

retourner en entendant des mots si simples pourtant si forts dans la bouche

de Snow, je laisse échapper un rire nuancé d’une timidité qui n’est pas

coutumière.

Ouais, cette nana parvient à m’intimider rien que de la beauté et la

pureté de son cœur.

Le bras tendu vers elle, j’effleure le dessus de sa main fermée sur son

gobelet.

– Crois-moi, je ne laisserai pas un truc pareil arriver ! Je t’aime,

Snow ! C’est toi et moi pour toujours !

– Moi, ça me va !

– Mon trésor, badiné-je en la regardant dévorer quelques frites.

 

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