L'amour en A, Snow & Hazel

Elma Hilde · Chapitre 35 sur 36

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L'amour en A, Snow & Hazel

– Londres – port de Dover –…

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– Londres – port de Dover – c’est ici que nous faisons escale le jour

suivant notre départ de Glasgow. Nous devions prendre le bateau le lundi en

fin de matinée, mais les mecs des Black Death ont décidé de passer une nuit

chez eux à Londres avant notre voyage en Allemagne. Finalement, notre

embarquement a été décalé à mardi ce qui veut dire que nous aurions pu

reporter notre la route de Londres à lundi et garder les filles près de nous

quelques heures de plus.

Je n’étais pas tranquille de les laisser partir si tard. Dary a son permis

depuis peu, alors se taper un trajet de plus de 8 h en partie de nuit ne m’a

pas rassuré. Mais elle a géré ! Elles sont arrivées à la maison vers 2 h du

mat’ en un seul morceau, mais vannées.

J’ai eu Snow à trois reprises au téléphone depuis, et mon cœur se serre à

chaque fois que j’entends sa voix. Mais pour avoir parlé à Dary, afin de

m’assurer que ma blondinette est sous contrôle, je suis soulagé de savoir

qu’elle encaisse plutôt bien son retour à la maison. J’ai vraiment eu peur

qu’elle fasse une crise, qu’elle pleure ou qu’elle panique, mais même me

dire au revoir n’a pas semblé lui provoquer de stress. Je pense que,

paradoxalement à notre séparation, elle était contente de retrouver notre

maison. Ce qui me ravit, car c’est tout ce que je désirais lorsqu’elle y a

emménagé…

J’ai profité de ces quelques heures que nous avions devant nous pour

pioncer un max. L’entente au sein du groupe est tellement flinguée qu’on

n’a pas squatté dans le même hôtel. Charlie et moi avons opté pour un petit

hôtel pépère près du port afin de pouvoir nous y rendre à pied, mardi matin.

Reece et Jake ont été dans le centre de Dover pour pouvoir sortir dans un

pub, le lundi soir.

Autant dire qu’ils vont avoir la gueule de bois !

Charlie et moi avons partagé la chambre. Nous avons bouffé dans un

resto aux abords de l’hôtel, avant de rentrer pour mater un film. Avec lui, je

me sens moins seul. Je sais qu’il ressent le même sentiment de déception et

de frustration à l’idée que nous ayons dû nous séparer des filles. J’apprécie

son soutien dans ce « divorce » entre Reece, Jake et moi ! J’avoue que

de ne pas être abandonné de tous a un côté sympa… Il ne me reste plus qu’à

m’armer de courage pour supporter les deux autres pendant les semaines à

venir !

Le mardi matin, je suis levé de bonne heure. Ayant pas mal récupéré la

veille, je suis plutôt en forme. Du coup, je suis sorti nous chercher un café.

À mon retour, Charlie est sous la douche. Je profite d’avoir un moment

tranquille pour aller sur la terrasse boire mon café, me griller une clope et

surtout envoyer un message à blondinette. Il est 8 h 30 et je doute qu’elle

soit déjà debout.

– Hazel – 

Bonjour, mon trésor ! Bien dormi ? Charlie est sous la douche. Lorsqu’il sera prêt, on ira au

bus en attendant l’heure de notre départ ! J’espère que tout va bien à la maison ! Appelle-moi dès que tu te lèves, il me tarde de t’entendre !

J’envoie ce SMS lorsque Charlie me rejoint son gobelet à la main.

– Merci pour le café, ma poule !

– De rien, mon amour !

Il se marre en foutant le bordel dans les cheveux.

– Sale petit con !

Un sourire aux lèvres, j’admire le paysage urbain en tirant sur ma clope.

– T’es tombé du lit !

– Je suis réveillé depuis 5 h du mat'. J’ai pas réussi à me rendormir.

– Tu flippes à propos de Snow ?

– Entre autres ! Je suis pas hyper tranquille de mettre autant de distance

entre elle et moi.

– Ouais, je comprends…

– S’il devait se passer un truc, ça serait la merde pour la rejoindre en

quatrième vitesse.

– Pense pas à ça ! Tu peux faire confiance à Dary !

– C’est le cas ! Pour le reste, disons que la perspective de supporter les

tensions avec les mecs ne m’éclate pas vraiment ! Je peux me mettre à leur

place, cela dit, ça me fait un peu chier d’y aller à reculons ! Si c’est pour

qu’on se bouffe la gueule à longueur de journée…

– J’y ai pensé, moi aussi ! Je ne sais pas comment on va pouvoir faire

en sorte que ça ne se ressente pas sur scène.

– Il faut essayer de se déconnecter de tout quand on joue, mais c’est pas

toujours facile ! Je croyais en avoir la capacité jusqu’au soir où Snow a

disparu. J’ai pas arrêté de penser à elle tout au long du concert. Alors, il

était question de ma nana et j’ai flippé à mort quand j’ai compris qu’elle

était partie à ma recherche et qu’elle s’était perdue. Là, il ne s’agit que de

mes potes d’enfance, mais ça me prend bien la tête !

– Tu as suivi ce que ton cœur te dictait, c’est l’essentiel. Garde ça à

l’esprit et le reste coulera de source.

– Sûrement !

Je me jette sur mes pieds.

– En attendant, on doit y aller, bro ! Je vais finir de ranger mon sac !

– Ça marche ! Je termine mon café ! Je suis près de mon côté !

Un quart d’heure plus tard, Charlie et moi quittons la réception de l’hôtel

où nous venons de régler notre note pour rejoindre le parc de stationnement

près du port où est garé notre bus depuis notre arrivée à Dover.

L’embarquement sur le bateau est prévu dans moins d’une heure. Nous y

rendre nous prend moins de dix minutes de marche, mais, à notre grande

surprise, le car n’est plus là lorsque nous arrivons à l’endroit précis où nous

l’avons abandonné la veille.

– C’est quoi cette connerie ?

– Le chauffeur a sûrement été appelé pour l’embarquement.

– Merde ! J’espère qu’on va pouvoir se débarrasser de nos sacs avant de

monter sur le bateau.

Je m’empare de mon portable dans l’idée de contacter le conducteur

dans le but de le rejoindre, mais mon téléphone se met à vibrer au même

moment.

– C’est Rick, préviens-je Charlie avant de prendre son appel. Tu viens de

réaliser que tu nous as oubliés ? me moqué-je en décrochant. C’est pas

beau de vieillir…

– Ne me cherche pas ou tu vas faire Londres-Berlin en stop, gamin !

– Avec ma belle gueule et mon corps d’athlète, je te le fais à l’aise,

mec ! Je serai sur place avant toi !

– Bon, ramène ton cul sur le parking réservé aux embarquements. Je

t’attends ! Il faut que je voie un truc avec toi ! Enfin si ta grosse tête passe

les portiques de sécurité !

Je glousse alors que Rick coupe notre conversation.

– Ils sont déjà dans les couloirs pour les embarquements, viens !

On se met en mouvement.

– Je sens que Rick va me faire son speech pour me faire changer d’avis,

soupiré-je, en m’allumant une nouvelle clope.

– Pourquoi ?

– Je sais pas… une intuition ! Il veut voir un truc avec moi…

– OK !

Il nous faut marcher encore un moment pour localiser Reece, Jake et

Rick qui patientent au pied d’un bus qui ne ressemble en rien à celui dans

lequel nous venons de passer un mois. Plus petit que celui que nous avions

jusque-là, dans un style plus vintage, il est décoré aux couleurs du groupe

des Black Death.

– T’es bien matinal ! Je ne pensais pas te voir avant l’Allemagne !

Après m’avoir serré la main, il en fait de même avec Charlie.

– C’est ce qui était prévu, figure-toi ! Mais j’ai eu deux ou trois trucs à

gérer et un cul à botter !

– J’imagine que je suis l’heureux élu !

– Bien vu, mecton !

Posant sa main sur mon épaule dans un geste amical, Rick m’invite à

faire quelques pas, histoire de nous éloigner du reste du groupe.

– C’est quoi ce bus ? me renseigné-je en posant un cul sur un muret qui

délimite les rangées d’embarquements.

– Ça, Hazel ! commence-t-il en m’imitant. C’est le premier bus dans

lequel les mecs et moi avons tourné.

– Sérieux !?

– Je suis un type plutôt sentimental. Du coup, lorsque j’ai eu un peu de

fric, je l’ai racheté. Crois-moi, il était bien moins confortable que celui que

Nathan vous a loué. Mais je l’ai réaménagé moi-même à mes heures

perdues. Je voulais le garder en souvenir de cette première tournée.

Il marque une pause.

– Celle qui a fait basculer ma vie !

– Pourquoi j’ai l’impression que tu es venu ici avec ton super bus dans

l’espoir que je change d’avis…

– Il est là parce que j’ai décidé de vous le filer le temps de la tournée.

– C’est gentil, Rick ! Cela dit, ne le prends pas mal, mais il est plus

petit que celui qu’on avait ! Alors, perso, je m’en branle, mais je ne serais

pas contre l’idée de mettre le plus de distance entre moi et les deux mecs là-

bas qui rêvent de me buter pendant mon sommeil…

– Ça va finir par leur passer, mais, si j’étais toi, j’attendrais un peu avant

de dormir sur mes deux oreilles !

Il fouille dans la poche arrière de son jeans et en sort un document roulé.

– Ou tu pourrais signer ça !

– Rick…

Je reçois un coup sur le front.

– Prends-le !

– Si tu y tiens, râlé-je en récupérant le contrat. Mais je ne signerai pas ce

truc-là, c’est mort !

– Même si ça revient à faire la pire connerie de ta vie !?

– Pourquoi ça serait une connerie franchement ?

– Parce que j’ai rarement rencontré un musicien avec ton talent et ton

charisme, Hazel ! Sans vouloir faire gonfler ton ego, si le reste de ton

groupe ne survit pas à ton départ, c’est simplement parce qu’ils n’ont

aucune chance sans toi ! Ils se démerdent, mais c’est toi qui fais le job,

mec !

– Je suis touché par tout ce que tu me dis, je t’assure, mais Snow est ma

priorité !

– Moi, je suis là pour parler de ton avenir, de ce que je vois en toi. Je ne

peux pas intervenir dans tes histoires persos.

– Oui, mais je ne peux pas dissocier mon couple de ce que je suis !

Snow est trop importante !

– Mon bus reste là encore une petite demi-heure avant qu’il embarque

sur le bateau. Je crois que tu devrais profiter de ce laps de temps pour y

entrer, lire ce contrat, et réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour toi !

– Rick !

– Fais ce que je te dis un peu ! Pour tes potes, prends au moins le temps

de lire ce putain de papelard !

Il ouvre le pan de sa veste et en tire un stylo argenté.

– Tiens !

– Laisse-moi deviner, c’est le stylo avec lequel tu as signé ton premier

contrat…

Je reçois une tape à l’arrière du crâne.

– Monte et arrête de faire le malin !

Je fais ce qu’il me dit, même si je n’ai aucunement l’intention de céder.

Pourtant, j’ouvre la porte du bus, y grimpe en me demandant pourquoi Rick

s’entête à vouloir me faire lire ce maudit contrat.

D’un coup d’œil curieux, je balaie les alentours quand mon regard se

fige dans le salon. Je croise les bras dans une posture droite et inquisitrice.

– Je crois t’avoir dit de m’appeler lorsque tu te réveillerais et j’ai pas eu

de coup de fil !

– Je suis debout depuis très longtemps…

Je souris.

– Mais qu’est-ce que tu fais là, blondinette ?

Je fais un pas vers elle pour l’embrasser, heureux de la trouver devant

moi, mais la demoiselle lève sa main dans ma direction.

– Non, attends !

Je me stoppe net.

– J’ai des choses à te dire. Je me suis préparée dans la voiture, Dary m’a

fait répéter et je ne veux pas oublier…

– Et mes baisers ont le pouvoir de tout te faire oublier, c’est ça ?

– Tu me perturbes quand tu m’embrasses !

Je souris.

– Alors, je t’écoute !

– J’ai parlé à Rick. Je lui ai expliqué que c’était de ma faute si tu avais

dit non…

– Ce n’est pas…

– Tu me coupes la parole, Hazel !

Je ris sous cape.

– Pardon !

– Je lui ai demandé qu’il ne prenne pas ton refus au sérieux, que tu allais

accepter leur offre !

– Pourquoi je ferai ça, Snow ?

– Parce que je veux que tu signes ce contrat et, si tu m’aimes autant que

tu le dis, alors tu dois le faire !

Je lève l’index vers elle.

– Alors, ça, c’est vraiment un coup bas !

– Tu adores la musique ! Tu es doué ! Je le sens lorsque tu joues ou

que tu chantes ! Rick est d’accord avec moi ! Il pense aussi que tu as du

talent, le potentiel qu’il faut pour devenir un grand artiste ! Hazel, j’arrive

à assister à tes concerts parce que quand tu joues de ta guitare, j’ai

l’impression qu’il n’y a plus que toi et moi !

– Snow…

J’ai du mal à trouver mes mots. Entre ce qu’elle me dit et son initiative

d’être là, je suis pris par l’émotion.

– Tu dois continuer à jouer ma chanson. Je ne veux pas que tu n’arrêtes

de me faire l’amour avec ta musique.

– Je ne peux pas partir sans toi, trésor !

– Je ne veux pas que tu t’en ailles sans moi !

Je plisse les yeux, l’observe avec sérieux.

– Qu’est-ce que tu es en train de me dire, Snow ?

– Tu es mon partenaire ! On forme une équipe…

Ces quelques mots dans la bouche de Snow me bouleversent tellement

que la distance qu’elle m’impose devient insupportable. Je fais un pas vers

elle.

– Je peux venir, maintenant ? J’ai envie de te tenir contre moi. J’en ai

même besoin.

Elle acquiesce d’un hochement de tête adorable tellement il est timide.

Mes mains sur ses hanches, je l’attire contre moi en pressant mes lèvres

contre son front.

– Tu n’as pas idée comme je suis touché par ce que tu me dis. Mais je ne

peux pas t’imposer ça, lui dis-je, en désignant l’intérieur du bus. Tu mérites

mieux !

– C’est le bus de Rick.

– Ouais, c’est ce qu’il m’a raconté !

– Il nous le prête, juste pour toi et moi…

Je m’éloigne suffisamment pour admirer son joli visage.

– Quoi ?

– Tu as parlé de négocier !

– Et tu as été le voir pour marchander avec lui ?

– Dimanche avec Dary !

– C’est ce que vous avez fait quand vous êtes êtes parties ?

Elle hoche la tête.

– Je lui ai expliqué ce que tu voulais pour nous ; la maison à Londres, le

bus où on vivrait…

– Snow, dis-je hébété en faisant courir mes mains sur mes joues.

– Tu es fâché ?

– Non !

Je la prends contre moi.

– Je suis époustouflé par tout ce que tu es, par tout ce que tu fais ! Je ne

doute pas de ta sincérité lorsque tu me dis que tu veux venir avec moi, et

j’en suis encore plus amoureux de toi, mais on ne peut pas prendre une telle

décision sur un coup de tête ! Si je signe et que tu ne supportes plus cette

vie, je serai coincé.

– J’ai parlé avec Dary dans la voiture quand on rentrait à la maison. Elle

a beaucoup insisté sur ce point. Je comprends que changer d’avis sera

impossible.

– L’idée que tu endures un truc aussi flippant que l’autre soir quand tu

t’es perdue, que tu aies des crises à cause de ce mode de vie…

– Je ferai encore des crises, Hazel ! Tu me fais vivre des choses

nouvelles et c’est souvent très déstabilisant, mais j’aime la plupart de tout

ce que je découvre avec toi ! L’autisme sera toujours mon combat, même

si j’ai mes habitudes. C’est difficile pour moi de m’adapter, mais tu seras

là…

– Je resterai auprès de toi !

– J’ai fait une liste…

Je câline sa joue du plat de ma main.

– Encore une ?

– Quand on a été marcher tous les deux après que tu te sois disputé avec

Reece, j’ai fait la liste de tout ce qui sera bien pour toi si tu venais vivre

avec moi à l’université.

– Et qu’as-tu noté sur cette liste ?

C’est plus fort que moi, je la mange des yeux.

– Que tu seras avec moi !

– J’ai déjà entendu ça quelque part…

– Tu avais mis la même chose sur ta liste…

– Je m’en souviens, trésor !

– Je suis retournée à la maison pour chercher des affaires ! Je veux

t’accompagner en Europe !

– Bien sûr que tu peux venir, Snow ! Je te prendrai un billet d’avion

avant la rentrée.

J’arque un sourcil.

– Peut-être le train… l’avion ça risque d’être trop intense pour toi…

Elle secoue la tête.

– Je ne vais pas repartir, Hazel. Je viens pour rester avec toi…

– Jusqu’à la fin de la tournée ?

– Oui !

– Et l’université ?

Depuis le début de notre discussion, Snow est posée, calme et même très

sûre d’elle – je devine sans mal combien elle a dû répéter son petit discours

avec Dary et je trouve ça adorable – mais pour la première fois, ma question

égratigne son assurance. Je le suppose à la façon dont elle se met à frapper

ses mains l’une contre l’autre.

– Je ne sais pas, Hazel. J’ignore ce que je peux faire. Tu as dit qu’il y

avait des cours en ligne, mais je n’ai pas fait de recherche…

– Je t’assure que c’est pas un problème ! Tu pourras faire les études que

tu souhaites, je te le promets !

– Je vais avoir besoin de place et de calme pour travailler !

– Tu auras tout ça, j’y veillerai ! Grâce à toi, on a déjà un bus rien qu’à

nous !

– Il y a une salle de bain !

– Attends, tu rigoles ?! On en a fini avec la remorque-salle de bains ?!

– Oui ! Mais il faut que tu signes le contrat !

– Je vais le lire avec les autres, l’étudier, histoire d’être sûr que tout est

OK, mais je vais le faire, Snow !

Enroulant mon bras autour de sa taille, je la soulève.

– T’es vraiment certaine ?! Je ne veux pas que tu te lances là-dedans

pour me faire plaisir, mais que ça te rende malheureuse.

– Je suis malheureuse seulement quand tu es loin de moi, Hazel. Je

n’aime pas sentir que tu me manques. Je déteste ça !

– Tu es une magicienne, Snow ! Je ne sais pas d’où tu viens, mais je ne

vais jamais te laisser partir, ça, je peux le jurer !

Pour toute réponse, Snow fait une chose encore rarissime chez elle, elle

m’embrasse. Un baiser qui devient vite langoureux, intense…

– Tu crois qu’on a le temps de tester le plumard, blondinette ?

Elle fait non de la tête sans décoller ses lèvres des miennes.

– Mais on va avoir de longs mois devant nous pour le faire ! Pour le

moment, j’imagine que je dois aller discuter avec les autres.

Je dépose Snow sur le sol avant de prendre la direction de la sortie.

– Reste là ! Je vais les chercher.

Je saute du bus pour rejoindre Rick qui patiente toujours le long du

muret en béton. Il esquisse un rictus en coin lorsqu’il me voit.

– Espèce de salopard !

– Elle est touchante cette fille, Haze ! C’est pas tous les jours qu’on

tombe sur une nana pareille !

– Ça, c’est un truc que j’ai bien pigé, t’inquiète !

– Tu as lu le contrat ?

– Non, je vais le faire avec les gars. On va étudier ça ensemble.

– J’y ai jeté un coup d’œil et t’es pas obligé de me faire confiance, mais

je peux t’assurer qu’il est réglo !

– Je te fais confiance, Rick !

– Dans ce cas ! s’exclame-t-il en bondissant sur ses jambes. Je vais

vous laisser régler ça. Voyez avec Nathan après !

– OK !

J’ai un mouvement de tête vers le bus.

– Et merci pour ça !

– Il dort dans mon garage depuis des années. Autant qu’il vous soit utile.

J’ai parlé de cette close avec Nathan et il comprend tout à fait ! Y’a pas de

problème de son côté, Snow et toi aurez votre bus pendant vos tournées.

– C’est vraiment cool ! Merci du fond du cœur !

– T’es un bon gamin, Hazel ! me dit-il une main sur mon épaule.

Maintenant que tu as tout ce que tu veux, t’as plus qu’à t’éclater. Le reste

suivra naturellement !

– C’est encore mieux que tout ce que j’ai pu rêver !

– On se voit dans trois jours à Berlin !

– Ça roule !

Nous échangeons une poignée de main. Rick jette un coup d’œil derrière

moi.

– Au revoir, Snow ! Ce fut un plaisir de traiter avec toi !

– Merci de m’avoir aidée.

– Il n’y a pas de quoi !

Après avoir salué Reece, Jake, Charlie et Dary qui les a rejoints, il repart

en direction du parking. Je vais au-devant de ma sœur et l’embrasse.

– Je suis content que tu sois là !

– Moi aussi, je suis heureuse de venir avec vous.

– Comment l’a pris maman ?

– Très bien ! J’ai discuté avec elle et elle m’a semblé aller beaucoup

mieux. Elle sort même avec ses copines. Elle reprend goût à la vie.

– Le fait de se retrouver seule lui a peut-être permis de se recentrer sur

elle.

– Je crois, oui ! Elle va poser quelques jours pour nous rejoindre

lorsqu’on sera en France. Elle veut vous voir jouer !

– On va organiser ça !

Je m’intéresse à Charlie, lui donne une accolade franche.

– T’es prêt à ce qu’on devienne des stars, mon frère ?!

– Haze, t’es sérieux là ?

– Ouais, bro ! Ma nana a assuré grave !

Charlie offre son poing à Snow qui le regarde un instant avant de le

frapper avec le sien.

– T’es une chef, blondinette ! lui dit Charlie. Merci d’être revenue.

– Hazel est trop doué pour qu’il sacrifie son talent à cause de mon

autisme. On va apprendre à gérer…

– Et on fera tout ce qu’il faut pour ça, chacun d’entre nous !

C’est là que je jette un coup d’œil en direction de Reece. Je pointe le

contrat dans sa direction.

– Je vais signer ce contrat, je vais m’engager avec vous, mais toi, tu dis

encore un mot de travers sur ma nana et tu peux oublier les Fuzzy Mind !

Je peux comprendre beaucoup de choses, mais pas qu’on manque de respect

à une fille comme elle !

– Je suis désolé, mec, se confond-il en excuse. J’ai flippé, j’étais en

pétard…

– C’est pas à moi que tu dois des excuses, Reece !

Il a un coup d’œil embarrassé pour Snow.

– Je te demande pardon, Snow. J’ai agi comme un abruti !

– Oui, c’est vrai !

Je glousse.

– Mais je ne veux plus y songer.

– On va monter sur le bateau et se poser tranquille pour lire ce contrat.

Rick me dit qu’il est réglo. Je pense qu’on peut se fier à lui, mais il faut

faire gaffe et assurer nos arrières, expliqué-je aux gars. Mieux vaut ne pas

nous précipiter. Sans vouloir paraître arrogant, je pense qu’on est en

position de force. Nathan tient vraiment à nous signer.

– Je suis assez d’accord ! On va en parler et je vais consulter mon

vieux. Qu’est-ce que tu en dis ? me demande Charlie.

– Bonne idée !

Je balance un regard par-dessus mon épaule.

– Ça te dit un thé ?

– Oui, je veux bien.

Je lui tends la main.

– Prête pour partir à l’aventure, partenaire ?

Elle la saisit.

– C’est toi l’aventure, Hazel Keegan !

 

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