L'amour en A, Snow & Hazel
Merde, elle est vraiment là ?
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Merde, elle est vraiment là ?
J’ai cligné des paupières à plusieurs reprises en trouvant Snow près de
ma bagnole. Pendant un quart de seconde, je ne savais plus ce qui était réel
ou pas. J’ai tellement rêvé de la voir ici que ça ne peut être que ça ! Un
doux rêve, une chimère… Après tout ce qui s’est passé entre nous depuis
l’histoire de la tournée, je ne peux pas croire qu’elle soit là en face de
moi…
– Dary est venue pour faire une surprise à Charlie et j’ai voulu
l’accompagner ! m’apprend blondinette en marchant vers moi.
Comme un con, je reste immobile à cette foutue explication sans savoir
ce que je suis supposé faire…
Je fronce les sourcils quand un détail me saute aux yeux.
Elle me sourit ? Non, sérieux ?! C’est une ébauche de sourire que je
vois au coin de ses lèvres ?
– Tu es surpris, Hazel ?
– Bah, ça, pour être surpris…
Mais je ne peux pas achever ma phrase.
– Mais barre-toi !
Charlie vient de débouler derrière moi. Il me pousse et me voilà
contraint à dégringoler les marches suivantes. Il se met à rire.
– Y’a mon ex qu’est là !
Dary l’observe perplexe.
– Comment ça ton ex ?
– J’ai été étonné que tu me répondes à peine et le grand génie qu’est ton
frangin en a déduit que tu allais me larguer.
Elle s’accroche à son cou.
– Bah non ! Je conduisais, c’est tout ! Que penses-tu de ma surprise ?
– J’adore !
Il fait tournoyer ma sœur dans les airs en disant ça avant se lancer dans
un roulage de pelles vraiment dégueu. Je détourne le regard en grimaçant.
– Tu crois qu’ils savent qu’on ne fait pas l’amour devant les gens ?
Je ris en reluquant ma voisine, amusé par sa question. J’attrape sa main
et la guide vers le bus.
– Viens là !
– Il y a mes affaires dans la voiture, Hazel !
– Dans une minute !
Blondinette pénètre dans le bus visiblement curieuse. Elle examine les
environs avec une précision tellement adorable. Moi, c’est elle que je
regarde sans parvenir à me détacher d’elle. Elle est resplendissante et, cet
après-midi à la plage, lui a fait du bien, elle a pris quelques couleurs. Même
si je me régale de pouvoir la contempler de la sorte, si elle m’a
douloureusement manqué, je suis curieux qu’elle m’explique pourquoi elle
est là.
– C’est ici que tu dors ?
Je lui indique la couchette en bas à gauche.
– Celle-la !
– C’est le bazar !
Je ris sous cape.
– Ouais, y’a un raton laveur qui est rentré tout à l’heure. Il cherchait ses
clopes et il a mis le foutoir…
Elle fronce les sourcils un instant.
– C’est toi le raton laveur, c’est ça ?
Je glousse.
– J’ai compris…
– Tu es trop intelligente pour moi !
Je la rejoins alors que c’est autour du salon d’être passé en revue par ses
soins.
– Où est-ce que je vais dormir ?
– Snow, pourquoi est-ce que tu es venue ?
– Ça ne te fait pas plaisir que je sois là ?
– Bien sûr que si !
Je laisse filtrer un soupir las avant de m’adosser à la cloison en
plongeant les mains dans les poches de mon jeans.
– Je suis heureux de te voir, je te jure ! Mais je ne comprends pas
pourquoi tu as voulu venir ici !
Snow s’approche de moi en jouant de ses mains comme à chaque fois
qu’elle est nerveuse.
– Pour te faire plaisir ! Comme toi quand tu m’as rejoint à la remise de
mon diplôme.
– Je suis très surpris ! J’ai pas eu de nouvelles de toi depuis que tu m’as
parlé de ce mec…
– Elvin. On a été manger une glace, mais je n’ai pas aimé passer du
temps avec lui.
– Pourquoi ça ?
– Au début, c’était bien ! On discutait et je me sentais à l’aise, mais
après Elvin est devenu très silencieux et ça m’a angoissé. Je ne savais pas ce qu’il attendait de moi !
– Et tu n’as pas la moindre idée de ce qui s’est passé pour qu’il se taise
subitement ?
– J’ai pris une glace au chocolat avec beaucoup de chantilly et ça l’a
amusé. Il a demandé si j’aimais ça et j’ai répondu que je ne connaissais pas
la chantilly avant que tu me fasses goûter…
Je ferme les yeux quand je vois arriver la chute.
– Quand tu en as mangé sur mes seins, l’autre jour.
– Snow…
– Je crois qu’il n’a pas apprécié cette histoire !
On se demande bien pourquoi ? Pour ma part, je l’adore… surtout le
passage où Snow a découvert la chantilly. Je laisse à votre imagination le
plaisir de devenir sur quelle partie de mon anatomie, elle en a fait
l’expérience…
– Après ça, Elvin a voulu que je lui explique qui tu étais.
– Qu’est-ce que tu lui as raconté à propos de moi ?
– Que je ne savais plus si tu étais encore mon petit-ami et que ça me
faisait vraiment de la peine ! Là, il n’a plus rien dit !
Mais quelle surprise !
– Tu comprends pour quelle raison il a pris peur ?
– C’était inconvenant de faire référence à la chantilly sur mes seins !
– Un peu, oui, mais pas que ! C’est pas terrible de sortir avec un mec et
de lui parler de ton ex ! Encore moins pour lui confier que ça te fait chier
que ça soit ton ex !
– Je suis nulle ! dit-elle venant s’asseoir sur ma couchette.
Je l’imite.
– T’es pas nulle, Snow ! Tu es comme moi, tu sais pas où on en est !
Pendant quelques secondes, je croise son regard naturellement
attendrissant et c’est un déferlement de désirs qui s’empare de mon corps. Il
m’assaille avec une telle violence que je me jette sur mes pieds comme si
on venait de me donner un coup de taser.
Je me râcle la gorge.
– Je vais aller te chercher tes bagages que tu puisses t’installer.
D’accord ?
– Je vais ranger tout ce désordre !
– Laisse, Snow ! Je te ramène ton sac et je m’en occupe !
– Si tu veux !
Un peu précipitamment, je sors de là et prends une grande bouffée d’air
une fois dehors. Et ce que je découvre devant le bus, dans ce petit espace où
nous avons installé une table pliante et des chaises n’a pas vocation à
m’apaiser. La bande vient d’être complétée par Isla et sa copine qui nous
ont réapprovisionnés en bières fraîches.
– Haze !
Isla, hyper enthousiaste, trotte jusqu’à moi et me tend une canette de
bière qu’elle me destinait.
– Salut !
– Y’a un super groupe qui joue ce soir et on se demandait si ça vous
plairez de venir avec nous ! Mon père nous a eus des pass !
Lorsqu’elle est près de moi, elle me colle la bière entre les mains et me
dévisage avec impatience. Elle attend ma réponse.
– Je vais passer mon tour, Isla ! Je suis pas très dispo…
– Je vais encore devoir te sortir mon baratin pour que tu acceptes, c’est
ça ?! ricane-t-elle en me poussant gentiment. Je vais finir par croire que tu
aimes que je te convainque…
– C’est pas ça…
Mais entendre ma voisine se mettre soudainement à crier de douleur me
fait brusquement relever la tête.
C’est avec stupéfaction que je découvre Snow avec la tignasse brune
d’Isla entre ses petites mains, pourtant si fines et qui la tire violemment.
– Tu n’as pas le droit de le toucher !
Elle donne plus de fermeté à son geste et Isla à la tête penchée en arrière
tellement Snow la malmène.
– SNOW !
Je saute sur elle pour l’obliger à lâcher prise.
– C’est mon petit-ami ! Je t’interdis de le toucher, pétasse !
J’écarquille les yeux.
Mais elle me fait quoi là, bordel !?!
– Merde, Snow ! Arrête tes conneries !
Je me débats avec elle pour la contraindre à desserrer ses doigts.
Et c’est pas gagné, c’est moi qui vous le dit ! Je me fight avec elle,
sérieux ?!
Quand je parviens enfin à dégager la queue de cheval d’Isla, Snow
pousse un grognement frustré. Elle reprend son bras toujours captif de mes
mains dans un geste brusque, avant de courir se réfugier à l’intérieur du bus.
Complètement sur le cul après ce moment hallucinant, j’échange un coup
d’œil avec Dary qui s’est précipitée pour voler à mon secours.
– Elle grogne maintenant !? Sérieux !
Dary hausse les épaules. Apparemment, elle est aussi surprise de la
violence dont Snow a fait preuve. Je suis forcément blême quand je
m’adresse à Isla qui se masse le cuir chevelu.
– Merde… je sais pas quoi te dire, Isla. Je suis désolé et je te jure de tout
t’expliquer, mais je dois vraiment aller la voir !
Je cours vers le bus et y monte en faisant claquer la portière derrière moi.
– Je peux savoir quelle mouche t’a piquée ?
– Une mouche ? Il n’y a que la mouche charbonneuse qui en est
capable, mais on la trouve surtout à la campagne. On l’appelle la mouche à
bœuf ou à étables !
– Arrête ! dis-je plus sèchement. Ce n’est pas le moment de me faire
une « Wikipédia » à propos des mouches, bordel ! Je te parle de ce que
tu viens de foutre dehors !!!
– Tu as dit que tu étais à moi !
– C’était valable quand nous étions en couple, bon sang !
– Alors, tu as couché avec cette fille, Hazel !
– Mais quoi ?! m’écrié-je en portant mes mains à ma tête. Non, mais
t’as perdu l’esprit ?!
– Tu cries encore sur moi !
– Et tu viens d’agresser et d’insulter Isla sans aucune raison !
– Elle t’a touché !
– Elle m’a offert une bière avant de me bousculer pour plaisanter !
– Je la déteste ! s’écrie-t-elle, avant de foncer sur moi pour me pousser.
Tu as fait l’amour avec une autre que moi !
– Non ! braillé-je en capturant ses bras. Je n’ai pas baisé Isla ni
personne ! Tu es la seule nana que je désire, Snow !
– Mais tu es parti !
– Et je pensais que tu viendrais avec moi !
– Je suis là, Hazel ! m’objecte-t-elle avant de fondre en larmes.
Quatre petits mots qui me figent sur place.
Perdu, moi-même très secoué par ce qui s’est produit, par la venue
imprévue de Snow, je la scrute, le regard hagard. Je n’ai pas la moindre idée
de ce que je suis censé faire dans cette configuration. Visiblement,
blondinette est plus dégourdie que moi ! D’un pas assuré, elle réduit à néant la distance entre nous et se love contre mon torse. Ce n’est qu’une
pression légère sur mes muscles qui se tendent dans tout mon corps. Je
retiens mon souffle et voir ses lèvres se rapprocher lentement jusqu’à
effleurer les miennes dans un subtil frôlement ne facilite rien.
La vache, j’ai peur ! Respire, Haze…
Une trouille monstrueuse s’empare de moi en la sentant collée à moi et
ses mains qui s’appuient sur mes pectoraux saillants me font frémir.
– Hazel, chuchote-t-elle dans un souffle chaud qui s’écrase sur ma
bouche. Je veux être une bonne petite-amie pour toi…
Je tremble quand mes doigts se mêlent à ses cheveux lâchés que j’opère
une subtile pression à l’arrière de sa tête comme pour la capturer avant de
l’embrasser à pleine bouche.
Presque immédiatement, je déserte sa tignasse pour enrouler mon bras
autour de sa taille et la soulever sans jamais me détourner de ses lèvres
sublimes.
Snow est redoutablement entreprenante, aujourd’hui. Sa langue se crée
un chemin jusqu’à la mienne. Dans une troublante exploration, elle me
goûte, me caresse et chacun de ses mouvements me plongent un peu plus
loin dans la magie qui enveloppe ce moment. Je pousse un grognement
rauque. Mon corps s’embrase, tout vibre en moi. Vu l’érection qui grossit
contre son ventre, je ne peux plus lui cacher mon envie d’elle, le désir que
son baiser fait jaillir en moi.
– C’est toi Snow, affirmé-je dans sa gorge. C’est toi la seule capable de
m’exciter ainsi…
Bien décidé à lui faire une démonstration bien plus parlante de ce désir
fou qu’elle éveille en moi, je nous conduis jusqu’au salon et ferme la porte
du bout du pied. J’étends ce joli bout de nana sur l’assise du canapé et
m’éloigne suffisamment pour la contempler et me familiariser à nouveau avec ses courbes renversantes. Mes doigts dansent sur sa poitrine
dissimulée sous un chemisier très élégant. Sans pouvoir retenir mon geste,
tant mon envie d’elle me dévore de l’intérieur, j’en saisis le tissu et tire si
fort dessus que ses boutons se déchirent pour s’envoler à travers la pièce.
– Mon chemisier !
Je me marre franchement.
– Je t’en offrirai un autre pour me faire pardonner !
– Mais c’était celui de Dary…
– Bah, on s’en fout alors !
Je l’embrasse à nouveau.
Snow saisit le bas de mon tee-shirt et, avec une maladresse qui me fait
fondre, me le retire. L’espace d’une seconde, je suis comme pétrifié face à
cette belle blonde. Snow se hasarde sur mes abdos, remonte d’’une lenteur
insoutenable vers mon pecs gauche et du bout des doigts redessinent mon
tatouage – fait pendant notre semaine à Londres – en le détaillant comme si
elle cherchait à le mémoriser.
– C’est beau !
Elle ne quitte pas cette représentation de ma Gibson qui se morcelle en
flocons de neige.
– Qu’est-ce qu’il signifie pour toi ?
– Que je ne peux pas choisir entre toi et la musique ! Vous êtes toutes
les deux dans mon cœur, trésor.
– Il est magnifique !
– Je t’aime, Snow. Tu n’as pas idée comme ta présence me fait du
bien ?
– Tu peux me l’expliquer ?
– Ou je peux te le montrer, dis-je avec malice en m’occupant de défaire
le bouton de son jeans, avant d’enfouir mon visage dans son cou pour l’embrasser. Je suis plus doué pour les travaux pratiques…
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