L'amour en A, Snow & Hazel
– 2 h 35 – c’est l’heure…
... A38
– 2 h 35 – c’est l’heure qu’affiche mon téléphone lorsque j’y jette un
coup d’œil.
Je devrais probablement essayer sérieusement de dormir si je ne veux
pas être naze demain, qui est un jour de concert qui plus est, mais j’ai cette
jolie blonde assoupie à quelques centimètres de moi, et la sentir proche de
moi m’a tant manqué que je n’arrive pas à me résoudre de ne plus la
contempler tandis qu’elle dort profondément.
J’ai bien cru qu’elle aurait du mal à s’accommoder à notre couchage,
normalement prévu pour une personne, mais finalement, elle était si
fatiguée qu’elle s’est vite avouée vaincue. Il faut dire qu’on a eu notre lot
d’émotions aujourd’hui. Nos retrouvailles ont été animées et plutôt
sportives. J’ai cru qu’on n’arriverait pas à sortir du salon où nous nous
étions cachés.
Ce pauvre canapé a vu des trucs assez moches… mais c’était tellement
chaud, bordel de cul !
Je n’ai pas eu besoin que Snow le formule pour comprendre que le sexe
lui avait manqué.
Retrouver un peu de notre osmose lorsque nous faisons l’amour nous a
été d’un grand bénéfice à l’un comme à l’autre, et tout le reste de la soirée
s’est déroulé à merveille !
Seule ombre au tableau, je n’ai pas revu Isla après l’incident avec Snow,
et j’aimerais tirer ça au clair pour qu’Isla ne lui en tienne pas rigueur.
Je remue sous le drap afin de trouver une position qui ne perturbera pas
Snow, ce qui fait que je finis plaqué contre la cloison avant de retenir ma
respiration, quand elle s’agite près de moi. J’espère qu’elle ne se réveillera
pas, mais me retrouver face à ses grandes billes azur me fait regretter
d’avoir bougé.
– Je suis désolé, trésor. Y’a pas beaucoup de place ! Je peux aller
dormir sur le canapé pour que tu aies le lit pour toi seule…
– Ce n’est pas très pratique ni confortable, mais je préfère que tu
restes !
– Sûre ?
– Oui !
Doucement, comme si je me réappropriais le droit de pouvoir la toucher,
j’appose une main sur sa joue. Sa peau est toute chaude.
– Tu es… hésité-je, en la câlinant tendrement.
– Je suis quoi ?
– Je n’irai pas jusqu’à prétendre que tu es différente. D’ailleurs, ça ne me
plairait que tu le sois ! Mais tu me donnes l’impression d’être plus à
l’aise…
– Je te l’ai dit, Hazel, je veux être une bonne petite-amie pour toi. Avant,
j’ignorais ce que je devais faire. Ce n’est pas instinctif pour moi !
– Je sais, trésor.
– Alors, j’ai beaucoup lu, et Dary m’a expliqué plein de choses sur toi,
ou les mecs en général. Je comprends mieux les codes d’une relation de
couple.
– Je me demande si je dois être heureux de l’apprendre ou si je dois
avoir peur !
– Peur de moi ?
– Non, peur que ce soit ma frangine qui te donne des conseils ! Ça
craint, putain !
– Parce qu’elle est plus jeune que toi ?
– Aussi ! Mais surtout parce qu’elle est en couple avec mon meilleur
pote !
– Tu trouves toujours ça bizarre…
– Un peu !
– Ils ont fait l’amour !
– Ouais, je suis au courant…
– Et Dary m’a dit que Charlie avait…
– Non, non, non ! m’empressé-je de la couper. Je ne veux rien savoir !
Ils ont une vie sexuelle, j’en ai conscience et c’est amplement suffisant !
C’est vraiment mauvais pour ma santé mentale que j’en sache plus !
– OK ! Charlie est gentil. Je l’apprécie.
– Bah, moi aussi, je l’aime bien. Si c’était pas le cas, il serait déjà six
pieds sous terre.
– Tu l’aurais tué ? J’ai du mal à le croire…
– Non, bien sûr que je ne lui aurais rien fait ! C’est difficile de rester
zen parce qu’il s’agit de ma sœur, tu vois…
– Pas vraiment ! Explique-moi pourquoi ça te met en colère que Dary
ait un petit-ami !
– Je ne le suis pas ! Mais Dary, c’est ma frangine et je l’aime.
– Mais elle a dix-huit ans, Hazel !
Je fronce les sourcils.
– Tu viens de passer un mois avec elle, ça ne fait aucun doute !
– Pourquoi dis-tu ça ?
– Elle tient les mêmes propos lorsqu’on s’engueule à propos de Charlie.
– Ça la rend triste quand vous vous disputez. Elle m’en a parlé !
– Ah bon ?
– Et quand je lui demande pourquoi elle est malheureuse, elle me répond
que tu es son grand frère et qu’elle t’aime ! C’est toujours aussi compliqué
de se comprendre entre frère et sœur ?
– Je sais pas… sûrement… ou alors, on plus con que la moyenne !
Ma belle blonde ferme les yeux avant d’inspirer lentement.
– Ta voix m’a manqué…
– Et c’est toi tout entière qui m’a manqué !
– Dary et Charlie ont décidé de rester ensemble, même si vous faites
cette tournée. Ta sœur va entrer à l’université malgré ça. On peut être
comme eux…
– Mais tu m’en veux encore d’avoir accepté cette offre ?
– J’ai cru que tu n’allais plus jamais revenir.
– Comme ta mère l’a fait !
– Tu as promis de ne pas t’en aller et tu l’as fait quand même. Je ne
savais plus où était la vérité. Ma mère a agi de la même façon…
– À quel moment tu as compris que je n’étais pas comme elle ?
– Le jour où tu es venu assister à ma remise de diplômes.
– Mais on s’est disputé !
– Parce que tu semblais être énervé d’être revenu !
– C’était le cas, je l’admets, mais ce n’était pas de ta faute !
– J’ai beaucoup pleuré quand je me suis réveillée le lendemain et que tu
n’étais plus là !
– Je suis navré de l’apprendre. J’ai agi comme un con, pardon !
– Je t’ai fait beaucoup de reproches…
– On pourrait essayer d’arrêter d’être aussi stupides et de prendre le
temps de discuter comme on vient de le faire ! Je sais pas si tu es de mon avis, mais perso ça m’a fait du bien !
– Je me sens mieux également…
Elle esquisse un sourire discret.
– C’est nouveau ça aussi !
– Quoi ?
– Tu souris !
– C’est Dary qui m’a aidé à m’exercer. C’est pas très naturel…
– Tu es redoutablement belle quand tu le fais, trésor ! Tu es
merveilleusement unique, Snow Ashford. Je suis fier qu’un jour tu aies posé
ton regard si lumineux sur moi. Mais je crois qu’il est plus que temps pour
toi de te reposer.
– Tu veux bien presser tes lèvres contre mon épaule. J’aime sentir ton
souffle pour m’endormir.
– À tes ordres, trésor !
**
Le réveil du lendemain est moins agréable que l’endormissement. Ma
blonde n’est plus là et j’ai le dos en vrac d’avoir essayé de lui laisser le plus
de place possible. La journée va être longue ! Sans compter qu’on joue ce
soir ! Mais à cet instant précis, je dois avouer que j’en ai rien à carrer !
Non, tout ce qui compte est qu’elle soit là !
J’ai encore du mal à le réaliser. Alors oui, ça ne va pas être simple de
vivre cette relation à distance, et je n’ai pas la moindre idée de ce que
l’avenir nous réserve, mais je peux tout affronter pour cette belle blonde !
Ma nana…
Je la sens tellement plus détendue depuis son arrivée, c’est surprenant !
Bien sûr, elle reste Snow et il y a bien des aspects d’elle qui ne changeront jamais. Elle a toujours besoin de ses petites manies pour trouver un
équilibre. S’adapter, gérer ses émotions, et comprendre le monde qui
l’entoure sont une gymnastique du quotidien, mais je la sens plus
combative, et ça me rend fichtrement optimiste pour la suite.
Pour le moment, je n’ai qu’un seul souhait, me lever pour la rejoindre et
m’assurer que tout va bien. La vie dans ce bus va être une épreuve, même si
les filles ne sont là que pour quelques jours.
Une fois debout, je me lance à la recherche de mes lunettes de soleil et
de mes clopes quand :
– Salut !
Ma sœur vient de me saluer. Elle se trouve dans ce qui nous sert de
cuisine et prépare des cafés. Je porte une main à mon cœur.
– S’te plaît, dis-moi que t’as ramené ce maudit thé au jasmin. J’ai pas
envie de me taper vingt bornes pour aller lui en chercher !
– T’inquiète ! J’ai fait le plein avant de partir !
Je prends ma sœur par la taille et l’attire dans mes bras.
– Merci, D.
Elle se laisse aller à notre étreinte.
– Et je ne parle pas que du thé…
– Y’a pas de quoi ! Snow a besoin qu’on la guide, Haze. Elle n’attend
que ça d’apprendre à mieux appréhender les interactions sociales.
– Je crois que tu es plus pédagogue que moi avec elle.
– Tu es amoureux et tu espères beaucoup de votre histoire. C’est normal,
mais attention de ne pas trop exiger d’elle ! Il lui faut du temps !
Je file un coup de main à Dary avec le café.
– C’est vraiment elle qui a choisi de t’accompagner ?
– Affirmatif ! J’avais prévu de venir vous rejoindre deux ou trois jours
maximum avant que vous partiez en Allemagne, mais je devais aussi attendre d’en avoir fini avec l’inscription à la fac, l’appart, et tout ce bordel.
J’ai demandé à maman de poser son week-end pour qu’elle puisse rester
auprès de Snow ! Je ne voulais pas qu’elle se sente seule. Mais quand je
lui ai expliqué que j’allais venir vous voir jouer, elle a sauté de sa chaise
pour aller faire sa valise !
Je glousse.
– J’ai pas eu envie de tenter de la dissuader, badine ma sœur.
– T’as bien fait !
– J’ai un peu flippé en arrivant ! J’ai carrément pensé que j’avais fait
une boulette quand je l’ai vue s’accrocher à la tignasse de cette nana.
Je roule des yeux.
– Et moi donc…
– Haze, j’ai cru qu’elle allait la traîner sur le sol !
Je m’esclaffe.
– J’ai même été ravie de vous entendre vous reproduire comme des
animaux !
– À ce point-là ?!
– Je ne voulais pas aggraver les choses entre vous et, en débarquant ici
avec Snow, j’avais vraiment peur que ce soit le cas !
Je dépose un baiser sur sa tempe.
– T’as assurée, Dary ! Merci de tout ce que tu as fait pour elle !
– Elle t’a parlé de son « rencard » avec ce mec ?!
Je me pince l’arête du nez en gloussant.
– Elle t’a raconté l’anecdote de la chantilly ?
Dary se met à rire franchement en hochant la tête.
– Nan, mais t’imagines la gueule du type !?
Je lève les yeux au ciel.
– Sans problème ! Je connais trop bien cette impression d’avoir été
comme balancé dans un lac gelé quand elle sort des trucs de malade comme
ça !
Je lui fais un clin d’œil.
– Et je peux te dire que j’adore !!!
– Elle est rentrée en larmes à la maison, m’apprend Dary plus
sérieusement.
– Vraiment ?
– Oui ! Et quand je lui ai demandé ce qui lui faisait autant de peine, elle
m’a répondu que tu étais la seule personne qu’elle ait rencontrée qui ne se
vexe jamais de son « manque » de tact, que tu n’étais plus là et que ça lui
faisait beaucoup de mal !
– C’est ce que je préfère chez elle ! Elle dit les choses comme elles lui
viennent, mais je crois que si tout le monde faisait comme elle, la vie serait
plus simple et bien plus fun !
– Je ne peux que me ranger à ton avis. Snow, c’est un soleil ! Il faut
juste la prendre comme elle est sans jamais essayer de la changer…
– Amen !
J’attrape les différentes tasses que nous avons préparées avant de sortir
du bus. Je viens de poser le pied sur la première marche quand :
– Hazel !?
– Quoi ?
– Cette fille, cette Isla…
– Ouais, quoi ?
– Ce n’est pas anodin si Snow a réagi comme elle l’a fait !
– Pourquoi tu dis ça ?
– Tu lui plais ! Ça crève les yeux ! Si je l’ai senti, y’a des chances pour
que Snow aussi !
– C’est un truc de gonzesses, c’est ça ?
– Quelque chose comme ça !
– Je m’en tape d’Isla ! J’ai été cash avec elle ! Maintenant, si elle avait
pas pigé le message, je crois que ma Snow a fini de le lui expliquer.
J’adopte un visage plus sérieux.
– Je suis un connard si j’ai kiffé voir ma nana faire son petit numéro ?
Ma sœur roule des yeux avant de me pousser vers l’extérieur.
– Je vais lui suggérer de ne pas trop flatter ton ego…
**
– C’est très surprenant comme concept, Hazel !
Je me marre en voyant Snow fixer une nouvelle fois la remorque à
l’arrière du bus.
– Une cabine de douche sur roue…
– Bah, il faut bien qu’on se lave !
Lorsque j’ai amené Snow dans cette remorque qui fait office de salle de
bains, j’ai bien cru assister à une nouvelle crise de panique de sa part. Ce
n’est pas facile pour elle de se familiariser à cette vie un peu particulière, et
après cette nuit dans une couchette trop petite nous deux, lui faire visiter
l’endroit où elle allait devoir se laver n’avait rien pour me rassurer.
Finalement, j’ai décidé de l’accompagner pour ne pas qu’elle flippe, et je
me suis invité dans sa douche.
J’attrape sa serviette de toilette qu’elle tient entre ses mains et tire dessus
pour la contraindre à se remettre en route.
– Viens, beauté ! J’ai encore des choses à faire avant d’aller sur le
festival !
Elle me suit alors que nous contournons le bus par la droite.
– Je vais aller te chercher un truc à manger ! Un hamburger, ça te
dirait ?
– Si tu veux !
– Tu vas trouver à t’occuper pendant mon absence ? Y’a ma tablette au-
dessus de la couchette si tu as envie de te mater un film !
Mais je ne suis plus tellement attentif à la réponse de Snow quand je vois
Rick qui patiente à l’avant du bus.
Merde, ça pue…
– Trésor, tu peux ramener tout mon bordel à l’intérieur, s’te plaît ! Je te
rejoins dans une minute !
Elle accepte de prendre mon sac et monte dans le bus.
Anxieux à l’idée de me retrouver face au père d’Isla, je chope mes
clopes et m’en grille une en le rejoignant. Il y a peu de chance que sa
présence n’ait rien à voir avec ce qui s’est passé entre elle et Snow.
– Salut, Rick…
– Salut !
– J’imagine que tu es là pour me parler d’hier…
– J’avoue que j’aimerais bien comprendre pourquoi ma gamine est
rentrée d’ici en larmes et qu’elle refuse de me dire ce qui s’est passé !
Qu’est-ce que tu as fait Hazel ? T’as couché avec elle avant de la jeter ?
– Quoi ? me récrié-je en ouvrant mes yeux comme des soucoupes.
Jamais de la vie !
– Alors, tu l’as rembarrée parce qu’elle ne te plaît pas ?
– Non ! Enfin, c’est pas tout à fait ça, mais y’a un peu de vrai là-
dedans !
– Explique-toi, Hazel !
Je sens clairement son animosité et ça me fout une trouille bleue que
cette histoire jette un froid sur mon entente avec ce mec. Je l’apprécie vachement ! Et puis, il y a toute cette tournée…
– Isla est une jeune femme gentille, très séduisante et j’ai jamais voulu
qu’elle soit blessée par la situation. Dès le début, j’ai été très honnête avec
elle ! J’ai une copine dont je suis dingue et il y avait aucune chance qu’il
se passe quoi que ce soit entre nous ! Isla l’a compris et j’ai pas eu
l’impression qu’elle l’ait mal pris !
– Alors qu’est-ce qui s’est passé ?
– Ma sœur et ma copine nous ont rejoints. Isla et Tracy sont arrivées, et
il est fort possible que Snow, ma nana, ait carrément pété un câble en
voyant Isla avec moi. C’était rien qu’un geste banal, anodin, mais Snow
est…
Je mets un peu plus de désordre dans mes cheveux humides.
– Snow est autiste et quand Isla m’a touché, elle a mal perçu ce geste.
– Autiste…
– Ouais ! Et j’avais pas la moindre idée de son côté hyper jalouse ! Je
suis désolé qu’Isla en ait fait les frais, Rick !
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Snow a surgi de nulle part pour attraper les cheveux de ta fille en lui
criant de ne pas me toucher.
À ma grande surprise, mon récit provoque l’hilarité de mon voisin.
– C’est pour ça qu’elle boude depuis ?
– Bah, Snow n’y a pas été de main morte ! Elle est minuscule, mais elle
est dotée d’une sacrée poigne !
Rick se marre de plus belle.
– Je suis désolé, Rick…
– T’as pas à t’excuser, dit-il en posant une main sur mon épaule, toujours
pris d’un fou rire dont il a du mal à se débarrasser. Sur le moment, j’ai eu
peur que tu aies manqué de respect à ma fille, mais je suis soulagé de voir qu’il est simplement question de deux nanas qui se chamaillent tes
faveurs !
Il me tapote l’épaule.
– Avec la gueule que t’as, attends-toi à ce que ça se reproduise, mon petit
Haze !
– Super ! ironisé-je.
Toute hilarité disparue, Rick m’observe avec le plus grand sérieux.
– C’est pour ta copine que tu as hésité à t’engager, je me trompe ?
Je secoue la tête.
– Gérer Snow, son autisme, et la tournée, ça me faisait flipper à mort !
– T’es un bon petit gars ! me complimente Rick en ébouriffant mes
cheveux. Continue à écouter ton cœur ! Le reste suivra !
– Merci, Rick ! Et encore une fois, je suis navré pour hier !
– Isla va s’en remettre ! C’est le risque quand on joue ! Tu as été
honnête, tu as fait ce qu’il fallait !
Le regard de Rick se détourne de moi pour se figer derrière moi.
– Bonjour, mademoiselle !
Snow vient de sortir du bus pour me rejoindre.
– Qui êtes-vous ?
– Rick ! lui apprend celui-ci en lui tendant la main.
Snow l’observe sans la saisir. Quand il comprend qu’elle ne la lui serrera
pas, il la retire.
– Ce genre de contact n’est pas très parlant pour Snow.
– Je vois…
– Rick est le chanteur du groupe que nous suivons pendant cette tournée,
trésor. C’est aussi le père d’Isla !
– La fille qui a posé la main sur toi…
– Oui, c’est ça, dis-je en redoutant d’assister, impuissant, à l’un de ces
moments totalement imprévisibles dont est capable Snow.
Celle-ci s’adresse à Rick.
– Hazel m’a dit que je n’avais le droit de lui tirer les cheveux comme je
l’ai fait, et je ne recommencerai plus, mais elle ne doit plus toucher mon
petit-ami ! Je ne suis pas d’accord !
– Très bien, mademoiselle ! lui répond gentiment Rick. Je crois qu’elle
restera à bonne distance d’Hazel, dorénavant !
– Merci !
Rick revient vers moi tout sourire et me présente sa main fermée.
– À tout à l’heure !
Je l’imite. Nous frappons nos poings serrés l’un contre l’autre.
– À plus !
Rick s’en va.
– Tu as toujours faim, ma Snow ?
– Oui !
– Alors, je prends un peu de blé et je vais nous chercher de quoi
bouffer !
– Est-ce que Dary va rester avec moi pendant que vous allez faire votre
concert ?
Je pose une main sur ses reins et la guide en direction du bus.
– Yep ! T’inquiète, trésor, on te laisse pas seule…
– Mais elle ne va pas voir Charlie !
– Te prends pas la tête avec ça !
Je l’invite à s’asseoir dans le premier fauteuil que l’on croise dans le bus
avant d’aller lui chercher son livre.
– Tiens, bouquine un peu pendant mon absence. Je n’en ai pas pour
longtemps. J’ai mon portable au cas où !
– Entendu !
– À tout de suite, trésor !
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