L'amour en A, Snow & Hazel
Il est un peu plus de 18…
... A21
Il est un peu plus de 18 h lorsque je rentre enfin chez moi et ici tout est
calme. Ma mère est déjà partie pour le boulot et j’imagine sans mal que
Snow est dans la chambre à étudier ou à bouquiner. J’ai hâte de la voir, de
me réfugier auprès d’elle et de tout oublier en lui faisant l’amour. Pourtant,
ce n’est pas devant notre chambre que je m’arrête en premier, mais devant
celle de Dary.
Eh oui, j’avoue que ce truc avec Charlie m’intrigue un peu. J’aimerais
bien savoir si ce connard a vu juste, si elle est bien amoureuse de lui.
Je toque, ouvre la porte et à ma grande surprise, Dary n’est pas seule.
Non, ma belle blonde est là, elle aussi. Toutes deux sont assises sur le lit,
chacune à une extrémité de celui-ci. Elles semblent discuter, ce qui est assez
surprenant.
– Salut !
– Oh, salut !
Si ma sœur m’a répondu, ce n’est pas le cas de ma nana.
– Est-ce que ça va, trésor ?
– Dary m’a proposé de venir dans sa chambre. On a parlé.
– C’est une petite veinarde…
Snow abandonne le magazine de mode qu’elle tient entre les mains et se
lève pour venir à ma rencontre.
– J’ai des picotements dans le ventre, Hazel !
Je glousse.
– Bah, ça, c’est parce que tu m’as vu…
Je me penche à son oreille.
– Moi aussi, j’ai tout le temps des picotements lorsque tu es près de
moi…
Je dépose un baiser sur sa joue.
– Je viens dans une minute pour m’occuper de toi. Tu peux m’attendre
dans notre chambre.
– D’accord !
Ma blondinette sort en me laissant seul avec ma sœur.
– Des picotements ? C’est quoi ce truc bizarre encore ?
Je me marre.
– C’est une manière vraiment adorable qu’à Snow de me faire savoir
qu’elle veut mon corps…
– Vous êtes dégueu !
– Ce genre de remarque me fait savoir que tu n’as encore jamais couché
avec un mec ! Et au cas où tu te poses la question, ça me convient
parfaitement !
Elle fait une grimace.
– Désolée pour toi, mais je m’en tape de savoir si ça t’enchante ou pas !
Je m’installe sur son lit en ricanant, récupère le magazine que Snow
avait en mains quelques secondes auparavant et le balance à ma sœur.
– Ne lui ramollis pas le cerveau avec ces conneries !
– Mais c’est quoi ton problème ?
– Snow est un petit génie ! Elle ne pourra pas cultiver son intelligence
avec ces trucs merdiques !
– Vas-y, dis que je suis débile aussi !
– Je n’ai pas dit ça ! Tu n’exploites pas assez ton potentiel, c’est tout !
– Donc je suis fainéante ?
– Un peu… tu t’écoutes trop, mais tu le sais parfaitement !
– Alors, tu leur as dit que tu n’irais pas en tournée avec eux ? Ils te
détestent ?
– Qu’est-ce qui te fait penser que j’ai dit non ?
– Attends, Haze, j’étais là ! J’ai vu comment elle a réagi ! J’ai du mal à
croire que tu as l’intention de partir en laissant Snow derrière toi…
– C’était pas vraiment de ça dont je voulais te parler, Dary, dis-je pour
réorienter sur un sujet qui me concerne de beaucoup plus loin.
– Et de quoi veux-tu discuter ?
– De Charlie !
Si j’en juge la posture qu’adopte ma sœur à l’écoute de ce prénom, je
devine que celui-ci ne la laisse pas indifférente.
Ce petit con aurait vu juste ???
– Pour… pourquoi veux-tu me parler de lui ?
Voilà qu’elle bégaie maintenant ! Dans moins de dix secondes, elle va
se mettre à rougir…
– Tu sais que ce petit fumier prétend être amoureux de toi…
– Je… quoi ?
Mal à l’aise, Dary se lève et marche jusqu’à la fenêtre.
– Je ne vois pas pour quelle raison tu me dis ça…
– Apparemment, au nom de notre amitié, il n’a jamais rien tenté envers
toi.
– Et c’est la vérité !
– Oh, je le crois sans problème ! C’est une couille molle ! Jamais il ne
me défierait en tripotant ma frangine dans mon dos.
– Non, mais pour qui tu te prends ? s’écrie-t-elle en revenant vers moi.
– Pour ton frère ! Et pour le seul mec sous ce toit qui puisse te
protéger !
– J’ai pas besoin de toi pour…
C’est à mon tour de me jeter sur mes jambes.
– Foutaises ! T’es ma sœur et c’est mon rôle de veiller sur toi, point
barre ! Je t’aime Dary et je ne cesserai jamais de me préoccuper de toi !
– Pourquoi tu me balances tout ça, Hazel ? Et qu’est-ce que ça peut te
foutre que Charlie m’aime ou pas ?
– T’as raison ! J’en ai rien à secouer de ses sentiments ! Sauf si toi, tu
l’aimes aussi ! J’ai envie de le buter de savoir qu’il te désire, mais je peux
fermer ma gueule et prendre sur moi si tu me le demandes !
Elle hausse un sourcil.
– Tu fermerais ta gueule ? Toi ?! Hazel Keegan ?!
– Si tu me le demandes, oui !
Elle esquisse un bref sourire avant de se raviser. Son air devient plus
sérieux.
– Il t’a vraiment dit qu’il m’aimait ?
L’intérêt avec lequel ma sœur m’a posé cette question m’en dit long sur
ce qu’elle ressent. Je soupire.
– C’est pas vrai !
– Il est gentil, Hazel ! C’est quelqu’un de bien !
– Tu crois que je ne le sais pas ! Si j’en avais pas la conviction, je ne
serais pas là à te parler de lui, et encore moins à te demander si tu as envie
de vivre cette histoire avec lui. Ça ne veut pas dire que ça me réjouit pour
autant !
Dary contourne son lit pour venir se blottir dans mes bras. Je l’étreins
avec douceur.
– Je t’aime, Hazel…
– Moi aussi…
– Merci de faire ça pour moi !
– C’est uniquement pour toi que j’accepte !
– Je sais…
**
– L’odeur de la rose mêlée à celle de son après-shampoing, sa respiration
encore soutenue, sa peau moite sous mes doigts qui courent le long de son
dos, son souffle dans mon cou —
J’adore cet instant, bien trop bref, après l’amour pendant lequel Snow est
captive de cette torpeur enivrante post-orgasmique. Je peux la câliner,
l’éteindre et l’embrasser sans percevoir le moindre malaise en elle. Elle
s’est abandonnée au plaisir et il l’a capturée dans ses filets. Elle se laisse
aller à la douceur, à la tendresse, sans que ça ne lui demande le moindre
effort. Je pourrais la retenir des heures entières si près de moi. Je passerais
ma vie étendu, nu dans mon plumard, à sentir la chaleur de son corps sur le
mien, et les battements de son cœur affolés qui recouvrent leur rythme
normal. J’aimerais que mon existence soit faite de ces moments si
particuliers où elle semble plus que jamais à moi.
Parce que c’est bel et bien de ça qu’il s’agit…
Oui, ce que je recherche avant tout dans ces gestes de tendresse qui
suivent le sexe, c’est ce contact entre nous ! Il me manque tellement le
reste du temps ! Je savais en me jetant dans cette aventure que notre
relation n’aurait rien de banal. Même si je n’ai jamais eu de relation
sérieuse et approfondie, je n’ignorais pas qu’avec Snow, bien des aspects de
notre histoire seraient différents. Je m’y étais préparé, mais je n’avais pas anticipé ce besoin de me sentir aimé en retour, de toute l’affection que je lui
donnerai.
C’est là que le bât blesse !
J’ai cru que l’aimer me suffirait, que je pourrais surmonter le fait qu’elle
ne me fasse pas la démonstration de ses sentiments aussi naturellement que
moi.
Mais si je m’étais trompé ?
Je souffre de ne pas la sentir amoureuse et je me sens merdique de
ressentir ça ! Comme si tout à coup, j’attendais d’elle qu’elle soit
différente de ce qu’elle est ! Pourtant, c’est d’elle que je suis tombé
amoureux. D’elle et de son fonctionnement plus atypique. Est-ce
qu’aujourd’hui, ça devient un problème entre nous ? Suis-je l’être le plus
ignoble qui soit de faire passer mes désirs au-delà de ce qu’elle est ? Je me
sens extrêmement coupable face à elle et la décision que je viens de prendre
rend cette culpabilité encore plus réelle, plus difficile à porter.
À quoi je pensais en acceptant une tournée de six mois à travers
l’Europe ? Certainement à moi !
À rien d’autre qu’à moi d’ailleurs…
Je n’ai aucune foutue idée de comment gérer Snow et je n’avais pas
mesuré l’ampleur des difficultés qui découleraient de son autisme. Tant que
je flirtais avec elle, que je lui faisais mon numéro de charme, je ne voyais
pas tout ce que l’autisme impliquerait entre nous.
Je ne doute pas d’être capable de vivre tout ça, de me montrer assez
solide pour être une personne sur qui elle puisse se reposer, sur qui compter.
Le truc c’est que je suis largué. Quand je crois trouver des solutions et
mieux comprendre comment agir avec elle, il y a un détail, un fait qui me
prouve que je suis à la ramasse !
La preuve ! Depuis l’incident dans la cuisine, elle n’est plus aussi
détendue que les jours précédents alors que je croyais enfin qu’elle
s’habituait à sa nouvelle vie avec moi. La transition, entre son départ de
chez Sophie et son arrivée à la maison, s’est plutôt bien passée et, comme
un con, j’ai cru que je pourrais tout surmonter de la même manière dont on
a géré son emménagement.
La vérité, c’est que je sais m’y prendre pour l’attirer dans mon lit, pour
lui faire prendre son pied, mais pour le reste, je suis à chier !
Et le pire est loin d’être derrière nous…
– De quoi parlais-tu avec Dary lorsque je suis venue dans sa chambre ?
– On a parlé du lycée, de Liam, de toi…
– De Liam ?
– Elle m’a demandé si je pensais à ce qu’il a fait l’autre jour, si j’avais
peur.
– Et qu’est-ce que tu as répondu ?
– Je ne me sens pas bien quand je le croise au lycée.
– Tu as peur quand tu le vois ?
– Seulement lorsque je suis seule. Quand Dary est là, ça va !
– Ça vous arrive souvent d’être toutes les deux au lycée ?
– Tout le temps. Sauf quand on n’est pas en cours dans la même salle.
– Ça me fait très plaisir de le savoir !
Du bout des doigts, je fais glisser le drap sur sa peau dénudée. J’en
profite avant qu’elle saute dans ses fringues, ce qui ne tarde jamais avec
elle. Elle n’aime pas être nue. Je dévoile sa hanche magnifiquement courbée
et la redessine avec lenteur.
– Tu as dit avoir parlé de moi. Je peux savoir ce que tu lui as dit ?
– Dary voulait savoir si j’avais eu peur que tu t’en ailles faire tes
concerts !
– Et c’est le cas ?
– Tu m’as promis que tu resterais avec moi !
– Et il n’y a rien qui pourrait me séparer de toi, Snow !
Mon corps est traversé d’un immense frisson lorsque Snow pose sa main
sur mon torse, plus précisément à l’endroit où se trouve mon cœur.
– Trésor, murmuré-je la gorge serrée par la douceur de son geste, la
sensation de ses doigts au contact de ma peau.
J’enfouis un peu plus mon nez dans ses cheveux.
– Je t’aime tellement…
– Est-ce que tu as de la peine de ne pas aller faire ces concerts ?
Voilà une belle opportunité qui s’offre à moi de lui faire part de ma
décision de partir avec les gars en tournée, mais comment avoir envie de
faire ça après ce qui s’est passé l’autre fois ? L’idée qu’elle puisse croire
que je vais l’abandonner me rend malade. J’ignore où je vais avec cette
histoire de tournée et comment je vais pouvoir jongler entre ça et notre
couple. J’ai bien l’intention de tout faire pour que tout se passe au mieux,
mais tant que je n’ai pas de plan pour la rassurer, je devrais me la fermer.
– Je te l’ai dit, Snow, ce qui me rend heureux, c’est toi ! Souviens-toi
toujours que, quoi qu’il arrive, tu resteras ma priorité. Je veux que tu te
sentes bien avec moi.
– Je me sens bien là…
– C’est l’impression que tu me donnes, rigolé-je, en parsemant son bras
de baisers jusqu’à descendre plus au sud.
Mon souffle s’échoue à la naissance de ce tapis de poils qui habille
joliment son sexe.
– J’aime que tu sois nue ! Si je m’écoutais, je t’obligerais à te balader à
poil à longueur de journée.
– Mais tout le monde me verrait nue ! Ce n’est pas convenable…
J’éclate de rire.
– Alors, ça, c’est mort ! Y’a que moi qui te mate ! Tu te baladerais nue
que lorsque nous serions tous les deux !
– Et toi, tu serais nu aussi ?
J’arque un sourcil.
– Tu aimes ça, petite coquine…
– Tu es beau, Hazel.
– Je… euh…
Waouh… deux marques de tendresse en moins de cinq minutes…
Un sourire carnassier apparaît sur mon visage.
– Et tu sais que ce corps débordant de sensualité t’appartient !?
– Comment ça ?
– Eh bien, on est un couple ! Du coup, tu es la seule femme à avoir le
droit de me toucher, avec qui je peux faire l’amour, ou même embrasser. En
échange, toi, tu fais pareil. Tu ne couches avec personne d’autre que moi.
Tes lèvres, ta jolie petite chatte et tes seins sublimes sont à moi et
uniquement à moi.
– Mais je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un d’autre…
– Et je t’en remercie, mon trésor ! C’est ce qu’on appelle le principe de
la fidélité.
– Je vois ce que tu veux dire.
– J’espère que tu n’avais rien prévu cet après-midi…
– Pourquoi ?
– Parce que tu me fais des picotements dans le ventre, trésor.
Je ricane.
– Et à plein d’autres endroits…
– Où ?
Je l’approche pour l’embrasser.
– Je pourrais te le dire, mais je préfère te montrer…
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