L'amour en A, Snow & Hazel
Pages d’ouverture
... A1
– Le Triangle – samedi soir – 22 h – centre-ville d’Exeter –
Le Triangle est un concept de divertissement composé de trois salles de
spectacles dont les emplacements dessinent une forme triangulaire d’où son
nom. Trois salles : une salle de théâtre ; une salle de concert pouvant
accueillir pas loin de six mille personnes et une seconde, plus petite et dotée
d’un bar dont la capacité avoisine les cinq cents places.
C’est dans celle-ci que je me trouve, ce soir !
J’entends la foule…
La salle doit être bondée pour qu’il y ait un tel vacarme… La main
fermée sur ma guitare… sa guitare… les yeux vissés au plafond, j’inspire et
expire pendant de longues secondes.
– Yo, bro, t’es prêt ou bien ? me lance Charlie, mon ami d’enfance et
premier guitariste de mon groupe de musique les « Fuzzy Mind ».
– Ouais, dans une minute….
– Tu fais ta prière ou quoi ? me raille Reece.
– Ta gueule ! Je me concentre, connard !
Mes trois comparses se marrent. Reece passe à côté de moi en faisant
claquer ses baguettes l’une contre l’autre.
– Bah, grouille-toi de dire tes : « Je vous salue, Marie », man, parce
que j’y vais !
– C’est ça ! Endors-les, que je puisse les réveiller !
Il me fait un doigt d’honneur avant de disparaître derrière le rideau
opaque. Les gens se mettent à gueuler presque immédiatement.
Je me fais craquer la nuque.
C’est au tour de Jake et Charlie d’entrer sur scène. Mon tour approchant
à grands pas, je passe la sangle de ma guitare autour de moi en soufflant.
Une manière d’évacuer le stress qui s’empare de moi à chaque fois que je
m’apprête à jouer devant un public.
Les premières notes de musique provenant de la guitare de Charlie
résonnent à travers les enceintes. Les yeux clos, j’inspire un grand coup
avant de franchir à mon tour le rideau qui me sépare de la scène et de ce
public qui nous attend de pied ferme.
Comme je l’avais supposé à l’effervescence qui me parvenait depuis les
coulisses, la salle est pleine à craquer, ce soir. Comme d’habitude, j’ai les
jambes qui tremblent tandis que je traverse la scène jusqu’à mon micro. Ce
n’est pas mon premier concert, pourtant ça me fait toujours cet effet-là
lorsque je me présente face à tous ces gens. Et comme à chacune de mes
prestations, tout s’arrête dès l’instant où mes doigts frôlent les cordes de sa
guitare, que les premières notes s’en échappent.
Mon médiator touche une foutue corde et j’oublie tout !!! Il n’y a plus
que la musique que j’ai créée de A à Z, sa gratte, moi et lui…
D’aucuns se demandent comment font les artistes pour se produire
devant des centaines, des milliers, voire des dizaines de milliers de
personnes. Pour ma part, dès que je commence à jouer, je ne vois plus
qu’une seule personne dans le public : mon père !
Je sens sa présence comme s’il n’était jamais parti…
Comme s’il n’était pas entré dans cet immeuble en feu pour sauver cette
femme et son bébé en sachant qu’il ne pourrait pas en ressortir vivant…
Percevoir cette connexion un peu loufoque avec lui, simplement par le
biais de la musique, me donne une envie et une énergie totalement
surréaliste. Je vis cet instant avec une intensité jamais ressentie auparavant.
Je laisse cette mélodie, à la tonalité rock, sortir de moi, de ma tête ; je crie,
je hurle toute cette frustration de n’avoir que son absence en dehors de la
scène dans un chant puissant et rythmé.
J’ignore si cette implication personnelle et profonde a eu un quelconque
impact sur le succès qu’on rencontre mes potes et moi. Un humble succès,
surtout local, mais assez fulgurant.
Il y a un an maintenant que je me suis remis à la guitare ! J’avais des
bases solides…
Celles qu’il m’a transmises…
Alors, très vite, mon ami Charlie m’a invité à gratter avec deux autres
potes d’enfance et le résultat a été tellement cool que six mois plus tard, on
se produisait pour la première fois dans un bar de Barnstaple, ville où nous
avons grandi, tous les quatre.
Visiblement, on a fait notre petit effet, car le proprio nous a programmés
tous les vendredis soir. De mon côté, j’ai quelques connaissances du côté
d’Exeter. Amis que j’ai rencontrés pendant mes deux années d’études sur le
campus universitaire. Du coup, certains d’entre eux nous ont aidés à trouver
des endroits sympas où nous produire.
Et de fil en aiguille, après quelques mois à faire notre numéro dans des
bars du coin, nous voilà au Triangle ! C’est notre plus gros concert !
Mais pour moi, cette foule amassée au bord de la scène est secondaire. Je
ne les vois pas vraiment !
Un peu comme s’ils étaient là, mais pas moi !
Moi, je suis dans la musique. Elle se répand dans mon corps, j’absorbe
ce sentiment de bien-être qu’elle me provoque et la laisse ressortir dans des riffs plus endiablés les uns que les autres !
L’ambiance est démentielle, ce soir !
Je vais et viens sur la scène, entre mon micro et mes potes. À leurs
visages satisfaits, je devine qu’ils prennent leur pied eux aussi !
Les chansons s’enchaînent. Toujours cette prédominance rock avec une
influence punk et même quelques phases électro. C’est fort, cadencé,
enragé…
Un peu comme moi…
Oui, j’ai de la rage en moi !
Il n’y a qu’à travers ma musique et mon chant souvent criard, parfois
mélodieux, ou encore rappé, que j’arrive à l’exprimer.
Lorsque je suis face au public, je vais puiser en moi une énergie
insoupçonnée. Je donne tout, je me livre ; la musique est mon exutoire !
La preuve ! J’ai écrit une dizaine de chansons en moins de deux mois.
Y’a pas mieux comme thérapie !
Mes textes sont sombres, à l’image de mon cœur… Pourtant, ils ne
parlent pas de deuil ou de toutes ces conneries… Non, ils évoquent cette
incompréhension qui peut s’instaurer en un père et son fils au fil des
années. De ce besoin d’émancipation d’un ado qui avait comme père un
putain de héros et qui redoutait seulement de ne jamais être à la hauteur…
**
– PUTAIN ! crie Reece en secouant ses cheveux dans tous les sens.
C’était géant, ce soir !
Je le dégage en le poussant sans aucun ménagement.
– Va gicler ta transpi plus loin, enfoiré !
De justesse, il évite de percuter le mur de ce grand couloir qui nous
conduit à la loge où nous avons laissé nos affaires personnelles.
Le concert vient de s’achever et, Reece a raison, c’était vraiment
génial ! Après une petite heure de live, nous avons quitté la scène sous les
applaudissements d’un public surexcité.
Reece, furieux, revient à la charge, les poings levés. Il tente un premier
coup, mais entre ma carrure et son côté chétif, il ne fait pas le poids. Je
l’esquive et serre mon bras sur ses épaules.
– Qu’est-ce qu’il cherche ce trou du cul ? me moqué-je en frottant mon
poing contre le dessus de sa tête. Tu veux faire la bagarre, petite merde ?!
– Putain ! Lâche-moi, connard !
Je le repousse.
Forcément, avec mon mètre quatre-vingt-dix et toutes les séances de
sports que je me payais avec mon vieux, je suis trois fois plus large que lui.
Je me marre avec Charlie et Jake alors que notre pote se met à bouder
dans son coin.
Mais quelle gonzesse…
C’est alors que mon voisin, en la personne de Charlie, me donne un coup
de coude dans les côtes. J’ai pour lui un regard questionneur. Il m’indique
quelque chose d’un geste de la tête. Je parcours les environs et lâche un
juron en trouvant une brune, assise à même le sol près de notre loge.
– Bonne chance, mon gars, me nargue Charlie.
– Oh, ta gueule !
Je ralentis et laisse les autres prendre de l’avance tandis que Shanna se
lève lorsqu’elle nous voit approcher. Elle salue le groupe avant qu’ils
n’entrent dans la loge.
Les mains enroulées sur la sangle de ma guitare qui se trouve encore
dans mon dos, je l’observe dans son ensemble en me disant qu’elle est quand même super bandante dans sa mini-jupe noire qu’elle porte sur des
bas résille. Elle a toujours cette même paire de Docs Martens aux pieds. En
haut, elle est vêtue d’un top sombre qui lui arrive au-dessus du nombril et
une chemise à carreaux que je connais bien puisque c’est la mienne. Elle l’a
nouée à la taille.
– Salut !
– Salut, Hazel…
Ouais, elle serait vraiment bandante si elle n’était pas aussi collante…
– Qu’est-ce que tu fais là, Shanna ? D’ailleurs, comment tu sais que je
jouais ici, ce soir ?
– Jacob me l’a dit !
Jacob…
J’ai connu ce petit connard lors de ma première année à Exeter. On est
devenu de très bons amis. Et même s’il y a pas mal de trucs chez lui qui me
gêne, il a toujours été là pour moi. Mais quand il me fout cette nana dans les
pattes, j’ai envie de lui faire la peau.
– On s’est pas vus depuis un bail, Haze !
– Je suis au courant ! Mais je t’ai déjà dit que c’est ce que je voulais,
non ?
Elle réduit à néant la distance qui nous sépare pour poser ses mains sur
mon torse avant de les faire descendre dans un geste aguicheur. Je détaille
les traits de son visage et, comme à chaque fois que je la vois, je la trouve
très belle. Elle a la peau mate, de sublimes yeux noirs, une bouche fine et
des cils immenses. Ses cheveux ébène, comme les miens, sont tressés et
retombent sur son épaule.
– Mais tu me manques !
Je baisse la tête en soupirant.
Elle ne lâche jamais le morceau, celle-ci... un an après notre rupture,
elle est encore là à me relancer…
Une main sur ma joue, elle me contraint à revenir vers elle.
– Tu sais ce que je ressens pour toi…
– C’est pas le problème…
– Non, je le sais parfaitement ! Mais tu ne peux pas continuer à me
rejeter éternellement parce que…
Elle n’a pas besoin d’en dire davantage pour me faire monter en
pression.
– Parce que quoi ? Parce qu’il est mort !?
– Non, mais ça fait un an…
– Excuse-moi ! J’ignorais que les périodes de deuil avaient une date
d’expiration.
– T’es injuste ! J’ai toujours respecté ta peine ! Mais Haze, t’es parti
du jour au lendemain ! T’as quitté la fac, t’as abandonné tes études…
– Ma mère et ma sœur avaient besoin de moi, putain ! De toute façon,
en vrai, t’en as rien à foutre ! On sait tous les deux que t’as qu’une seule
idée en tête !
– Pardon ?!
– Joue pas la nana choquée, s’te plaît ! T’es là pour que je te baise,
point barre ! Quand je t’ai dit que je souhaitais qu’on se sépare, que je
devais prendre du temps pour moi et pour ma famille, je t’ai pas interdit
d’aller te faire sauter par qui tu veux ! T’es libre Shanna ! Je le suis
aussi !
Une fois n’est pas coutume avec elle, je reçois une gifle en plein
visage ! J’encaisse le coup, je serre les dents. Elle m’observe une main
portée à sa bouche, les yeux embués de larmes. On se jauge quelques secondes avant qu’elle se jette à mon cou et que sa bouche s’écrase
brutalement sur la mienne.
Et comme à chaque fois qu’elle me relance, je craque. Je flanche parce
que je sais qu’elle va me donner ce que je désire.
J’emprisonne son visage dans mes mains et enfonce ma langue entre ses
lèvres sans plus de cérémonie.
– Hazel…
Sans cesser de l’embrasser, je la soulève contre moi, elle enroule ses
jambes sur mes hanches. Un peu à l’aveugle, je la porte jusqu’à la loge
pendant qu’elle retire sa chemise et son haut.
– Oh, putain, non !
– Merde !
– Vous êtes sérieux, là ?!
J’ignore les protestations de mes amis qui m’assaillent de toute part.
– Dégagez !
– Tu te moques de nous ! râle Charlie.
À l’aveugle, je prends mon portefeuille et le lui jette.
– Allez vous payer une bière et foutez-nous la paix !
– Bon… si c’est toi qui rinces…
J’ai déjà la main dans son soutif quand ils ouvrent la porte.
– Charlie ! articulé-je sans me décoller des lèvres de Shanna.
– Quoi ?
– Envoie une capote !
– Tu fais chier, Hazel !
Le préservatif atterrit sur le canapé placé au milieu de la pièce. Je me
détache de Shanna le temps de me démunir de ma guitare et la pose
prudemment sur le sofa où je me laisse tomber en gardant Shanna dans mes
bras.
Elle se débarrasse de son soutien-gorge. J’en profite pour prendre ses
seins en coupe et aspirer un de ses tétons entre mes lèvres.
C’est ce que j’aime chez cette nana : elle n’y va pas par quatre chemins.
Je me délecte encore de ses nichons qu’elle s’occupe déjà de défaire ma
ceinture et d’ouvrir mon jeans. Je grogne entre ses seins lorsque sa main se
referme sur ma queue. Elle va et vient ainsi quelques instants avant de tirer
sur mon boxer suffisamment pour faire jaillir ma bite qui est déjà au garde-
à-vous. Je remonte dans son cou, mordille son oreille pendant qu’elle
déroule la capote sur mon membre. Une fois fini, je glisse ma main sous sa
jupe, attrape un bout de son collant et tire dessus comme une brute pour le
déchirer et m’offrir un passage jusqu’à sa culotte.
– Enfoiré ! me dit-elle en me mordant la lèvre.
Je me marre tout en saisissant la dentelle qui cache ce que je désire chez
elle. J’enfonce un doigt entre ses lèvres. La trouver toute moite m’indique
qu’elle est prête à me recevoir. Sans attendre, je prends ma queue dans ma
main et la guide jusqu’à son sexe que je titille toujours. Je me retire et la
pénètre avec ma bite dans une poussée directe et puissante.
Elle m’accueille dans un cri de plaisir en renversant sa tête en arrière.
– C’est si bon, Hazel…
Pourtant, Shanna n’est pas loin de la vérité lorsqu’elle dit que je suis un
enfoiré. Je m’en fous de tout ce qu’elle peut me dire quand on baise, je ne
vois que mon plaisir. Tout ce que je souhaite est d’y accéder au plus vite
pour qu’elle s’en aille !
Me voilà parti à me déchaîner en elle dans une succession de coups de
reins puissants accompagnés de grognement gutturaux tandis que je
m’empale plus profondément en elle. D’une main, je donne plus de rythme
à ma cadence en m’agrippant à sa hanche pour la guider, de l’autre, je
malaxe son sein avec force.
Les doigts enfoncés dans mes épaules, s’appuyant de ses genoux, elle
tente de suivre le mouvement. D’ailleurs, elle se débrouille plutôt bien à ce
jeu-là…
Cette nana n’a pas froid aux yeux et je l’ai très vite compris lorsque j’ai
fait sa connaissance sur le campus d’Exeter. Moins de 20 minutes après
l’avoir rencontré, elle avait ma queue dans sa bouche.
– Tu me manques…
Je ne réponds rien à ces quelques mots simplement parce que je
n’éprouve pas la même chose. Aucune nana n’a jamais éveillé en moi ce
genre de sentiment. J’ai eu pas mal de copines et ça très jeune. À 14 ans,
j’étais déjà sexuellement actif. Mais je ne suis jamais resté très longtemps
avec une fille. Ma relation la plus durable s’excite sur ma bite en ce
moment même. Mais en y regardant de plus près, je dois admettre qu’elle
me tenait par le sexe… jamais son côté salace.
Mais mon père est mort et tout est devenu beaucoup moins important :
les études, les potes, la baise ! Tout ça, c’était vraiment secondaire. Il n’y
avait plus que ce besoin viscéral, qui m’échappait totalement à l’époque, de
jouer de la musique. J’ai largué Shanna et depuis, elle fait tout pour me
récupérer.
– Oh, Hazel… chuchote-t-elle, en glissant ses mains dans mes cheveux.
D’abord, elle parcourt ma nuque, remonte le long de mon crâne presque
rasé avant de poursuivre son ascension sur le haut de ma tête où mes
cheveux mi-longs sont vulgairement ramenés en arrière.
Elle les emprisonne et tire dessus de sorte à me faire basculer. Appuyé
contre le dossier du canapé, je ne peux éviter le baiser langoureux,
enflammé qu’elle me donne. Elle m’embrasse, me malmène quand son
corps se brise dans un orgasme sonore et violent. Je la sens jouir autour de moi en se trémoussant plus lentement sur moi comme pour en prolonger les
effets.
– Oh, merde… souffle-t-elle contre mes lèvres. C’est fou ce que tu me
manques.
Je la repousse légèrement.
– Mets-toi à genoux !
– Tu veux que je te suce ?
– Non ! Accroupis-toi devant moi !
Docile, elle fait ce que je lui demande et s’agenouille de sorte que son
cul finisse entre mes cuisses. Je m’installe sur le rebord du sofa et retrouve
la moiteur de sa chatte.
Les doigts plantés dans ses hanches fines, je prends tout ce que je veux.
Je la pilonne avec une sauvagerie qui ne l’effraie pas, bien au contraire.
Je sais, pour l’avoir déjà pratiquée, que si je lui accorde le temps nécessaire,
elle jouira une seconde fois. Je m’écrase contre elle dans un bruit de
claquement retentissant. Avec le traitement que je lui inflige, il y a fort à
parier que ses genoux seront en feu une fois que je me serai soulagé en elle.
Car, oui, il est plus question d’un besoin, que d’avoir réellement envie de
partager un moment intime avec Shanna.
J’attrape cette tresse qui pend dans le vide sur son épaule droite et tire
dessus en la forçant à se cambrer.
– Baise-moi, Hazel ! s’exclame-t-elle alors, me faisant redoubler de
vigueur au passage. Je sais que tu ne rêves que de ça…
Qu’est-ce que tu peux savoir de mes rêves, toi…
Je sens l’orgasme monter. Il est là, prêt à me terrasser, et je le laisse venir
à moi dans une suite de gémissements profonds. Ils s’intensifient au grès de
cette jouissance libératrice tandis qu’elle s’empare de moi. Je me plante une
dernière fois en elle avant d’exploser.
– Putain de merde, bafouillé-je, en remplissant longuement la capote. Ça
fait du bien…
Ma remarque est accueillie par Shanna dans un rire cristallin.
– Je savais que je t’avais manqué…
Si ça te plaît de le croire...
Agacé qu’elle se montre insistante, je ne m’attarde pas et me retire.
Shanna se relève et se lance en quête de ses fringues.
– Qu’est-ce que tu voulais dire tout à l’heure par « tu es libre et moi
aussi… » ? Tu baises avec qui, Hazel ?
Voilà pourquoi c’est une connerie de sauter cette nana, mais il faut
toujours que je fasse le con !!!
Je grogne.
– Personne !
Je jette la capote dans la poubelle avant de me fringuer.
– Et je devrais te croire sur parole, riposte-t-elle en se rhabillant, elle
aussi.
– Genre y’a que moi qui te sautes depuis qu’on est plus ensemble !
– On ne s’est pas séparés, tu m’as quittée !
– Change un peu de disque, s’te plaît ! De toute façon, ça signifie la
même chose !
– Se séparer implique que les deux parties sont d’accord !
– Tu voulais quoi ? Que je me force à rester avec toi ?
Elle s’apprête à répondre, mais mon bras fend l’air comme pour
repousser ce qu’elle va dire.
– C’est toujours pareil avec toi ! Tu viens alors que je t’ai rien
demandé. Tu me chauffes et tu obtiens ce que tu veux puisque je te nique à
chaque fois ! Après tu m’en fous plein la gueule parce que je n’ai pas
envie d’être avec toi ! Je t’ai jamais rien laissé espérer Shanna !
– C’est facile de me balancer ça ! Tu sais que je t’aime !
– Mais je t’ai jamais demandé de m’aimer, putain ! hurlé-je en
ramassant mon étui.
Prends tes jambes à ton cou, mec !
– Alors c’est de ma faute, maintenant !
Je récupère ma guitare et la range.
– Tu m’as dit que tu n’étais pas prêt, que tu avais besoin de temps, mais
quand il est question que j’écarte les cuisses, que je te suce ou je ne sais
quoi, là t’es hyper prêt, Haze !
– Bah, tu sais quoi, c’est mort !
Je ramasse ma veste, ma guitare que je balance dans mon dos et me rue
vers la sortie.
– J’espère que t’as pris ton pied parce que c’est la dernière fois que je
nique, Shanna ! J’en ai marre de tes conneries !
Je claque la porte derrière moi.
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