L'amour en A, Snow & Hazel
Même si mon après-midi auprès de Snow…
... A39
Même si mon après-midi auprès de Snow est carrément magique, que
j’aime chaque seconde passée avec d’elle, l’heure défile bien trop vite et le
moment de l’abandonner pour aller faire le mariole sur scène arrive.
J’ai une vraie appréhension de m’en aller en la laissant derrière moi.
Dary m’a immédiatement rassuré en me promettant de rester auprès d’elle,
mais cette nouvelle ne m’aide pas tellement à me sentir mieux. Eh oui, ma
sœur est là pour voir son mec sur scène. Elle va se sacrifier pour que Snow
ne panique pas, mais je n’ai pas d’autre alternative.
– Bro, tu te magnes le cul ou quoi ! m’engueule Charlie qui vient de
surgir par la porte du bus.
– Vas-y toi, lâche-moi !
Énervé, je renverse le contenu de mon sac sur ma couchette à la
recherche d’un tee-shirt.
– J’avais tout rangé, Hazel !
– Je suis désolé, trésor, mais j’ai plus de fringues propres.
– Tu ne sais pas laver ton linge ?
– Tu as visité la belle buanderie qu’il y a dans le bus ?
Elle semble fouiller dans sa mémoire.
– Non ! Tu ne me l’as pas montrée !
– Parce qu’il n’y en a pas, Snow ! Il faut que j’aille en ville pour
m’occuper de ça ! On verra ça demain si tu veux.
– T’es un crétin !
Un peu interloqué par la répartie de Snow, je jette un coup d’œil par-
dessus mon épaule.
– Je suis quoi ?
– Un crétin ! Tu savais qu’il n’y a pas de machine à laver ici, mais tu
racontes n’importe quoi !
Je fais la moue.
– Mouais, t’as pas tort !
Je ramasse enfin un tee-shirt qui semble propre, ou en tout cas pas trop
dégueulasse, et le passe.
– Il faut que je voie deux ou trois trucs avec D quand même ! J’aime
bien que tu sois plus à l’aise avec moi, mais le côté rebelle…
Je l’examine un instant avant de m’agenouiller devant elle pour
l’embrasser avec envie et désir, tout en allongeant son corps sur la
couchette.
– C’est sexy !
J’attire son joli corps contre moi, de sorte de finir entre ses cuisses.
– Redoutablement sexy ! dis-je dans sa bouche.
– Non, mais putain, tu déconnes !!! s’écrie Charlie qui vient de
réapparaître. Bouge-toi le cul, Keegan !
Les lèvres pressées contre celle de Snow, je glousse.
– Il faut que j’y aille…
– D’accord !
– Je te retrouve dès que j’ai fini et on reprendra là où on s’est arrêté…
– Je veux bien !
J’abandonne Snow et rejoins Charlie qui bouillonne de colère.
– Détends-toi Charlie ou je vais devoir te foutre un coup de tête !
– On est à la bourre !
– Et alors ?! Mec, on est des stars du rock ! Faire poireauter le public,
boire de la bière, cloper, avoir une dégaine de merde, c’est l’essence de
notre job !
– Je croyais que la base de notre taf c’était de faire de la bonne
musique !
Je chope mon pote par la nuque en le secouant comme un prunier tandis
que nous nous mettons en route pour le festival.
– Peut-être pour toi ! Moi, la zik, je l’ai au bout des doigts, bro !
**
Moins d’une heure plus tard de notre arrivée sur le festival, mes potes et
moi-même sommes sur le point d’entrer sur scène. Ce moment très
particulier est de plus en plus détendu au fil des concerts. Naturellement, on
prend nos marques, on apprend à mieux appréhender notre stress et chacune
de nos prestations s’en trouve améliorées.
Comme à notre habitude depuis le début de cette tournée, les gars et moi
nous retrouvons pour former un cercle en nous prenant bras dessus bras
dessous, en cherchant dans ce geste à affirmer notre entente et la cohésion
de notre groupe.
Il ne reste plus que quelques minutes avant que nous franchissions le
rideau. Face à la scène où j’observe le public qui attend notre arrivée, ma
Gibson à la main, je m’accorde un instant pour me concentrer, avant de me
confronter à cette horde de gens venus se déchaîner sur notre musique
quand on me tapote le bras.
J’ai un coup d’œil en biais pour Reece qui se tient à gauche.
– Quoi ?
Mon voisin m’indique quelque chose à l’aide de ses baguettes. Je suis
cet axe du regard et manque de faire tomber ma précieuse guitare en voyant
ma Snow avancer au côté de Dary.
– Mais qu’est-ce qu’elle fait ici ?
Les filles ont créé leur petit effet en débarquant de nulle part, car Charlie
est aussi surpris que moi de les trouver là.
– Snow, pourquoi tu es venue ? l’interrogé-je en prenant sa main pour
l’éloigner de Dary et Charlie qui sont déjà en train de se galocher.
– Je veux assister à ton concert !
– Mais, Snow, je suis pas certain que tu puisses supporter le volume.
– Je ne le sais pas non plus, mais je peux essayer comme l’autre soir au
bar. J’ai mon casque !
– Mais si tu ne supportes pas !
– Dary me reconduira au bus si ça m’arrive ! J’ai envie de te voir jouer.
– Mon trésor !
Je prends mon visage entre mes mains.
– J’ai tellement de chance de t’avoir dans ma vie.
– J’aime t’écouter chanter !
– Hazel, il faut qu’on y aille ! me prévient Charlie.
– Ouais, ouais !
J’embrasse ma blondinette et abandonner ses lèvres est une vraie torture
ce soir. Avant de rejoindre le reste du groupe, je m’adresse à Dary.
– Surtout si elle flippe…
– Je la fais sortir de là ! Je viens de passer un mois avec elle et aucune
crise n’a été à déplorer ! Va jouer ! Nous, on te regarde.
Je dérobe un dernier baiser à Snow.
– Je t’aime !
Après un ultime coup d’œil pour elle, j’entre sur scène.
Ce n’est qu’à la fin de notre premier morceau que j’arrive enfin à chasser
le stress qui me noue les entrailles de savoir Snow à quelques mètres de
moi, pour me plonger entièrement dans notre concert.
Comme à mon habitude, je suis survolté sur scène. Je vais de droite à
gauche en jouant de ma guitare dès que l’occasion se présente. Je dépense
une énergie folle pendant le temps que dure notre live. Je me donne à fond
avec l’espoir d’en mettre plein les yeux à cette foule qui s’est déplacée pour
nous voir !
Et le public nous le rend bien ! Ce soir, ils sont incroyablement
réceptifs, et sentir cette ambiance de folie qui règne en bas de la scène ne
fait que me motiver davantage. J’ai de temps à autre un coup d’œil curieux
vers les coulisses où Snow se trouve en compagnie de Dary. Elle n’a pas
bougé de l’endroit où je l’ai laissée tout à l’heure. Voir ma sœur si sereine
me force à penser que le casque suffit à atténuer le son pour que le volume
soit supportable. Il faut dire que nous jouons en extérieur et ça aide bien à
ce qu’il se diffuse dans l’air.
Rassuré et surexcité à l’idée qu’elle soit en train d’assister à mon
concert, j’enchaîne les chansons avec enthousiasme. Comme depuis notre
premier show à Yeovil, je joue ce morceau d’Eddie Hazel comme un
hommage à mon père, et je m’éclate un peu plus à chacune de nos compos.
Mais à l’entracte suivant, à cette chanson, qui n’est autre que celle écrite
pour Snow, il me vient une idée. J’échange un mot avec Charlie pour lui en
faire part avant de regagner mon micro au milieu de la scène.
– Comment ça va du côté de Leeds, ce soir ?
Ces quelques mots provoquent un élan enthousiaste dans notre public.
Des cris, des sifflets se font entendre dans toute l’assistance.
– Je dois reconnaître que vous êtes totalement déjantés et putain, j’adore
!
Charlie arrive sur ma droite pour me tendre ma guitare acoustique. En
échange, il récupère ma Gibson.
– Merci, mon frère !
J’enroule mon bras autour de son cou.
– Mais qu’est-ce que vous foutez !? balancé-je dans le micro. Faites un
putain de vacarme pour Charlie Walsh !
Celui-ci quitte la scène en saluant l’ovation que lui réserve notre public.
– Waouh ! Vous êtes vraiment extra !
Je passe la sangle de mon acoustique au-dessus de ma tête avant de
poursuivre.
– Ce concert est un peu particulier pour moi ! Au-delà que vous mettiez
une ambiance de malade, il y a une personne très spéciale pour moi qui est
là pour y assister, et j’ai envie de vous parler d’elle. Il y a quelques mois de
ça, j’ai fait la connaissance d’une fille, et je suis tombé follement amoureux
d’elle ! Elle est fabuleuse et je voudrais jouer un morceau écrit pour elle.
Mes paroles sont accueillies dans une salve d’applaudissements
agrémentés de nombreux sifflets.
– Comme elle est présente ce soir, ça serait mortel qu’elle me rejoigne
sur scène pour que je lui offre cette chanson, mais pour ça, j’ai besoin que
vous me rendiez service. Vous avez l’habitude qu’on vous dise de foutre le
bordel, mais exceptionnellement, je vais vous demander de ne pas en faire
au contraire ! Snow, ma copine, est autiste, et le bruit peut vraiment la faire
flipper ! Vous êtes d’accord pour l’accueillir en silence ?
Voir la foule devant moi brandir leurs pouces en signe d’acquiescement,
en respectant ma requête, me ravit et me rend super fier.
– Merde alors ! Vous assurez grave ! Merci pour elle !
Sans perdre une seconde, je prends la direction des coulisses où patiente
Snow en compagnie de Dary. Je tends la main vers elle.
– Trésor, viens avec moi. Je veux jouer pour toi et je tiens à ce que tu
sois avec moi.
– Je dois aller sur la scène ?
– S’te plaît, oui.
C’est tout le côté magique qui se dégage de Snow. Elle n’est pas pétrie
de peur ! Non, après avoir glissé sa main dans la mienne, elle me laisse la
conduire sur le devant de la scène.
– Tu leur dis « bonjour », Snow ?
Sans montrer une once d’intimidation, elle lâche un « bonjour »
discret qui filtre très légèrement à travers le micro.
– T’as vu comme ils sont sages !? m’amusé-je en m’intéressant de près
à son casque. Il est bien en place, c’est bon ?
– Oui !
– Snow porte un casque réducteur de bruit. Sans lui, elle ne pourrait pas
assister à ce concert.
Je remets une mèche blonde dans son dos en la couvant d’un regard
énamouré.
– Même avec, c’est compliqué pour elle d’être ici. Ça exige qu’elle
prenne beaucoup sur elle pour ne pas se laisser submerger par tout ce qui se
passe autour d’elle. Je suis touché et émerveillé par le courage dont elle fait
preuve seulement pour me faire plaisir.
– C’est parce que je t’aime, Hazel !
L’instant qui suit cet aveu, cette déclaration à laquelle je ne croyais plus
est d’une pureté onirique. Oui, je vis un moment digne d’un rêve, et Snow
est l’essence même de ce rêve. Ma blondinette est là devant moi, et face à
ces milliers de gens, elle vient de faire de moi un mec comblé et éperdument amoureux. Si tant est qu’il soit possible de l’aimer davantage.
Je suis chanceux, c’est vrai, mais je suis dans une merde noire. Si j’avais
déjà un genou à terre devant elle, je ne peux que m’incliner maintenant.
– Snow…
Sous le choc, ému, je la contemple de longues secondes.
– Je crois qu’ils attendent que tu leur joues ma chanson, trésor !
J’écarquille les yeux, incrédule.
– Comment tu m’as appelé ? la questionné-je en posant une main sur le
micro, espérant gagner un peu d’intimité.
– Je ne saisis pas bien l’intérêt de se donner un surnom, mais si tu aimes
ça, je suis d’accord !
– En fait, tu cherches à me faire chialer devant tous ces gens ?
– Je veux que tu sois heureux, pas que tu pleures ! Je n’ai pas réussi ?
– Oh si ! Plus que tu ne peux te l’imaginer ! N’en doute surtout pas !
Après m’être éclairci la gorge, je lui indique les deux tabourets hauts
qu’on nous a amenés sur la scène.
– Maintenant, assieds-toi, s’il te plaît !
Elle fait ce que je lui demande avant de balancer un coup d’œil en
direction de la foule qui nous observe en silence.
– T’inquiète, fais comme s’ils n’étaient pas là !
– C’est qu’il y a vraiment beaucoup de monde…
Je fais quelques réglages sur ma guitare acoustique.
– Il paraît que lorsqu’on a le trac, il faut imaginer les gens tout nus !
Je souris en découvrant la moue déroutée de Snow.
– Je ne suis pas obligée de le faire ? Parce que je n’en ai pas très
envie…
Je ris franchement. Et nos spectateurs aussi s’amusent de la plaisanterie
involontaire de Snow.
– Dans ce cas, contente-toi de ne t’imaginer que moi totalement à poil.
– Ça j’aime mieux ! Cela dit, je risque de rencontrer un problème.
– Quel genre ?
– Un problème dont il n’est pas convenable de parler devant eux !
– Je vois, badiné-je. Je m’occuperai de ce problème un peu plus tard.
Trésor, tu leur annonces le titre de ta chanson, s’te plaît !
– « Sur tes lèvres »
– Prête ?
Elle acquiesce d’un hochement de tête et aussitôt je joue la première
note. La suite n’est que pur bonheur. Dès l’instant où je me lance, je ne vois
plus qu’elle, je n’entends plus que cette douce mélodie qui s’échappe de ma
guitare. Ma Snow, ma merveilleuse beauté est accrochée à mes lèvres. Elle
est braquée sur ma bouche, en détaille les contours à chacun des mots que je
formule. Il n’y a plus qu’elle, moi, et ma Gibson : l’éternel triangle
amoureux !
**
Même si ce concert à Leeds a été magique grâce à la présence de Snow,
si ce que je viens de vivre quelque chose de fabuleux alors que pour la
première fois, elle m’a confié qu’elle m’aime, il n’y a rien de plus précieux
que cet instant précis.
Une fois notre concert achevé, j’ai remballé mes guitares, pris ma nana
par la main, et je l’ai reconduite à notre bus. Le reste de la bande voulait
aller manger un morceau et assister au live des Back Death. Vu ce que je
planifiais dans ma tête depuis le baiser avec Snow avant mon départ pour le
festival, j’ai été plus qu’enchanté de savoir que le bus était à nous seuls
pendant quelques heures.
Après que nous ayons fait longuement l’amour et avalé un truc à bouffer,
Snow s’est installée sur notre couchette. Pour ma part, j’ai posé mon cul à
côté d’elle, à même le sol. J’ai ma gratte sur les genoux et je joue pour elle.
J’improvise, je n’ai pas vraiment de chanson en tête, je laisse juste mes
doigts courir sur les cordes et la mélodie arrive tout simplement.
Mais un regard vers Snow me fait penser qu’elle s’est endormie, et je la
trouve si belle que je me perds dans sa contemplation. J’abandonne ma
guitare, histoire de ne pas la déranger, et me lève avec l’idée d’aller me
griller une petite clope quand :
– Tu n’as plus envie de jouer ?
Croiser les grands yeux bleus et parfaitement ouverts de Snow me fait
me rasseoir aussitôt.
– J’ai cru que tu dormais.
– Non, j’écoutais !
– Tu veux que je continue ?
– J’aimerais bien, si tu es d’accord !
– Bien sûr ! Je peux le faire toute la nuit si ça te fait plaisir !
– Ta musique me fait quelque chose de bizarre…
– De bizarre ? Tu m’expliques ?
– Tout à l’heure quand tu étais sur scène que tu jouais, mon corps
recevait ta mélodie. C’était comme si je vibrais.
– Le son était fort peut-être…
– Non, c’était plus intérieur, en moi. J’ai déjà ressenti ça avec toi…
– Quand ça ?
– Quand on fait l’amour.
– Sérieux, dis-je, fasciné par ce qu’elle me raconte.
– Hazel, tu arrives à me faire l’amour avec ta guitare !
– Avec ma gratte…
Je grimace.
– La vache ce que ça doit être douloureux…
– Quoi ?
Je ris.
– Non, rien !
Je me mets sur les genoux de sorte de pouvoir l’embrasser.
– Et qu’est-ce que tu préfères ? Que je te fasse l’amour avec ma
musique ou avec…
Je pouffe de rire.
– Mon pénis !?
– Je ne sais pas.
– Je t’aime…
Je délaisse définitivement ma guitare pour grimper dans notre couchette
et m’étendre auprès de cette sublime beauté.
– Est-ce que je peux me flatter de te rendre heureuse, même ici ?
– Je me sens très bien.
– Tu sais... commencé-je en attrapant sa main pour la poser contre la
mienne.
La sienne est incroyablement ridicule en comparaison.
– … si après la tournée, on nous fait une offre pour un album, je pourrais
sûrement négocier deux ou trois trucs…
– Négocier ?
– Si notre agent veut travailler avec nous, je pourrais lui faire part de
mes exigences… de nos exigences à tous les deux…
– Tu parles de poser des conditions, c’est ça ?
– Exactement, beauté !
– Je ne sais pas, Hazel. Explique-moi !
– Eh bien, déjà, je pourrais nous obtenir un bus comme celui-ci rien que
pour nous. Les mecs auraient le leur, et nous, un endroit sympa où squatter
avec un vrai lit et une chambre. Ça ne sera pas immense, mais toujours plus
confortable et intime qu’ici.
– On vivrait dans ce bus en permanence ?
– Non, seulement lorsqu’on sera en tournée. Le reste du temps quand on
enregistrera ou qu’on écrira nos albums, on pourrait… je sais pas…
J’ai un soupir rêveur.
– J’ai pas la moindre idée du pognon que je pourrais me faire, mais peut-
être suffisamment pour nous aider à acheter un bel appart ou une petite
maison avec un jardin…
– Une maison juste pour nous deux ?
– Carrément ! Le plus simple serait probablement qu’on vive à Londres,
mais c’est loin d’être une obligation.
– Dans six mois, après la fin de la tournée ?
– Oui !
– Mais je n’aurai pas fini l’université.
– Snow, tu m’as dit que nous pouvions faire comme Charlie et Dary et je
suis d’accord, mais…
Je prends appui sur mon coude pour mieux la voir.
– Si je signe pour un album, il y aura d’autres tournées, avec plus de
dates que celle-ci. Tu penses qu’on arrivera à se séparer si souvent et aussi
longtemps ?
– Je ne sais pas, me répond-elle en manifestant les premiers signes d’une
angoisse liée à notre discussion.
– On en reparlera plus tard, trésor. On a six mois pour décider ce qu’on
fait ! J’ai conscience que cette situation est source d’inquiétude pour toi,
mais ce n’est pas nécessaire. Je t’assure que je vais bien prendre soin de toi, que tout ira bien ! En attendant, on s’en tient au plan ! Tu restes avec moi
jusqu’à ce qu’on quitte l’Angleterre. Tu fais ta rentrée à Exeter avec Dary.
Je reviens pour trois semaines en septembre et je termine la tournée. On
avisera ensuite ! Ça te convient comme programme ?
– Oui !
– Et maintenant, tu devrais essayer de dormir. Il est tard.
– Tu restes avec moi ?
– Oui, ma Snow, toujours.
Elle ferme les paupières et son air paisible ne me rassure pas plus que ça.
Si sur le court terme, on a une alternative, j’ignore comment m’en sortir
pour l’avenir.
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