L'amour en A, Snow & Hazel
– Bip, bip, bip –
... A16
– Bip, bip, bip –
– Pas déjà !
Je grogne en tendant la main jusqu’à ma table de chevet pour y récupérer
mon téléphone portable. J’éteins cette foutue sonnerie avant de pivoter dans
le lit à la recherche de ma jolie voisine, mais trouver sa place vide me
réveille instantanément !
– Snow ?
Je saute du lit et chope mon boxer qui traîne sur le sol avant de me lancer
à la recherche d’un froc, seulement voilà, ma chambre étant
impeccablement bien rangée maintenant que ma beauté y vit, j’ai du mal à
m’y retrouver dans toute cette nouvelle organisation. Je m’empare d’un
pantalon propre dans ma commode que j’enfile tout en me précipitant à
l’extérieur de ma chambre. De justesse, j’évite de me rétamer la gueule par
terre au cours de cet exercice périlleux.
Sur le palier, tout est étrangement calme. Comme dans l’ensemble de la
maison d’ailleurs.
– Merde, merde, merde, murmuré-je en dévalant les marches au pas de
charge. Mais elle est où ?
Je jette un coup d’œil dans la cuisine, celle-ci est déserte. L’idée que
Snow ait pu quitter la maison me glace le sang.
Ce qu’on a fait hier l’a peut-être déstabilisée ? Elle s’est sauvée parce
qu’elle n’arrivait pas à gérer qu’on se soit envoyés en l’air ?
C’est en me ruant sur la porte d’entrée que je remarque une présence
dans la salle à manger. Je rebrousse chemin et contemple ma jolie
blondinette qui est assise autour de la table.
Je pourrais trouver ça mignon et rassurant si elle n’était pas plantée là en
pleine pénombre. Il n’y a que la lumière du jour passant à travers les
carreaux de la porte d’entrée qui apporte un faible éclairage dans la maison.
– Trésor ?
Je m’accroupis près d’elle.
– Je me suis réveillé et tu n’étais pas là.
Je dépose un baiser sur sa joue.
– J’ai eu peur, Snow.
Elle grimace.
– Qu’est-ce que tu fais ici toute seule et dans le noir qui plus est ?
– Tu as mauvaise haleine !
J’enfouis mon visage dans sa veste à capuche en riant.
– Bonjour à toi aussi, lui dis-je en me levant pour embrasser ses
cheveux. Je vais me faire couler un café et me tenir à bonne distance de toi
en attendant de m’être brossé les dents. Tu me suis dans la cuisine ?
Elle abandonne sa chaise.
– Je peux t’offrir un thé ?
Pour seule réponse, elle s’installe à la place qui lui est maintenant attitrée
autour de l’îlot.
– Tu lèves le mystère sur la raison de ta présence dans la salle à
manger ?
Visiblement captive de ses pensées, elle a la tête ailleurs.
– Snow, qu’est-ce que tu fais déjà debout ?
Je fais chauffer la bouilloire et enclenche la cafetière.
– Je n’arrivais plus à dormir !
– Quelque chose t’embête ?
– Je ne sais pas… je me sens bizarre…
– Comment ça ?!
Une fois nos boissons prêtes, je la rejoins.
– Tu peux essayer de m’expliquer ?
– Je ne comprends pas… je me sens étrange…
– Est-ce que ce sentiment peut avoir un rapport avec ce qu’on a fait hier
soir ?
– Comment ça « ce qu’on a fait hier soir » ?
– Quand on a fait l’amour !
Elle hausse les épaules.
– Peut-être !
Je coule ma main dans la sienne.
– Tu dois t’habituer à tous ces changements qui se sont produits dans ta
vie ! Tu te rends compte de tout ce que tu as vécu ces derniers jours ? Tu
as rencontré un mec qui a un prénom de merde, pue la clope, met trop de
gel et a une haleine de yack, le matin ! Tu es devenue sa petite-amie !
Ensuite, tu as dû quitter la sorcière pour venir vivre avec trois personnes
que tu ne connais pas vraiment ! Et pour finir, même si ça a été agréable,
tu as franchi un pas important dans ta vie de femme ! Tu n’es pas bizarre,
trésor ! Tu grandis, c’est tout ! Tu n’es pas la première qui se sent un peu
chamboulée par le changement…
– Mais pour moi, c’est plus difficile !
– Est-ce que je peux faire quelque chose pour t’aider ?
– Je n’en ai aucune idée…
Je me lève, me place dans son dos avant de me blottir contre elle.
– On essaie un petit câlin pour voir ?
Elle se laisse faire, mais ne semble pas très réceptive. Je ne l’ai jamais
sentie si réticente dans une étreinte, ce qui fait que je n’insiste pas et la
relâche.
– Reste là ! Je vais chercher un truc pour toi !
Je remonte dans ma chambre et m’empare de cette petite boîte que je
destine à Snow avant de la rejoindre dans la cuisine.
Si elle est perturbée par tous les changements qui s’opèrent dans sa vie,
je doute qu’elle soit prête à faire ce que je m’apprête à lui demander, mais
on n’est pas pressé après tout !
Je glisse la boîte sous son nez.
– C’est un petit cadeau pour toi !
– Mais ce n’est plus mon anniversaire !
– Et alors ? Je suis ton mec ! Je peux te faire des cadeaux quand j’en ai
envie ! C’est un de mes privilèges. Ouvre-la !
Elle obéit et déchire le papier cadeau.
– C’est un casque, constate-t-elle en détaillant l’emballage sous tous ses
angles.
– Un casque auquel tu peux brancher ton téléphone, c’est vrai ! Mais ce
n’est pas tellement pour ça que je te l’ai acheté. Il permet de réduire le bruit
de plus de trente décibels. C’est ce qui se fait de mieux sur le marché.
– Mais mes oreillettes me vont très bien !
– Pour la vie de tous les jours, c’est pas mal, c’est vrai ! Cependant,
j’avais une idée derrière la tête en te trouvant un casque qui te protégera un
maximum. Tous les vendredis, je joue dans un bar de Barnstaple et j’ai
pensé qu’avec ce nouveau casque, tu pourrais assister à l’un de mes
concerts !
– C’est impossible, Hazel ! C’est trop bruyant !
– C’est un petit café ! Du coup, on ne pousse pas la sono ! Ensuite,
j’en ai déjà touché deux mots à Charlie…
– Qui est Charlie ?
– L’un de mes potes de mon groupe de musique ! Il est d’accord pour
qu’on baisse un peu le son. Entre ça et ton nouveau casque, je pense qu’on
peut tenter l’expérience !
– Mais si ça ne se passe pas bien…
– Dary t’accompagnera et si c’est trop fort pour toi, elle te ramènera à la
maison illico !
– Je ne crois pas que ça peut marcher, Hazel ! Le bruit, le monde, c’est
beaucoup pour moi…
– Assiste au moins aux répétitions vendredi après-midi pour te faire une
petite idée de ce que ça peut donner ! Tu verras les lieux, tu rencontreras
mes potes, tu pourras te rendre compte du bruit qu’on peut faire en concert.
Si tu penses que ça ne marchera pas, je n’insisterai pas, OK ?
– Je veux bien essayer, finit-elle par me concéder.
Emballé à l’idée qu’elle puisse assister à cette soirée, je l’embrasse avec
entrain.
– Ça va être dément, ma beauté ! Je suis sûr que tu vas adorer ! Je vais
jouer rien que pour toi, trésor !
**
– Barnstaple’ taverne – vendredi – 21 h 15 – comme tous les vendredis,
le bar de Buster est rempli à craquer ! En cette fin de semaine, rien
d’étonnant ! Entre les nombreux jeunes venus boire un coup entre potes et
les habitués prenant un verre après le boulot, on va faire carton plein ce soir
encore ! Si d’ordinaire je me réjouis de cette affluence, là ça me fout vraiment les jetons. Ma beauté ne va pas tarder à pointer sa jolie bouille et
je crains le pire !
Comme prévu, elle est venue nous voir répéter un peu plus tôt dans la
journée. Sa rencontre avec les gars s’est bien déroulée. Ils se sont montrés
hyper cools avec elle. Du coup, on a pu tester son nouveau casque et j’ai été
ravi de constater son efficacité. Avec lui, je pense sincèrement qu’elle peut
supporter les décibels d’un concert entre ces murs. Cela dit, c’est
l’ensemble qui risque de la faire flipper. Le bruit, la foule, l’agitation… le
tout combiné peut vite la rendre nerveuse !
Du coup, j’ai anticipé et demandé à Buster de faire quelques
aménagements dans la salle afin que Snow et Dary aient une table non loin
de la sortie, un peu en retrait, histoire qu’elle ne sente pas oppressée.
Lorsque ma blondinette passe la porte du bar en compagnie de ma sœur,
il ne me reste que quelques minutes avant de monter sur scène. Je vais au-
devant d’elles et ce que je remarque en premier est que Snow porte un tee-
shirt à l’effigie du groupe. Elle est très stylée, ce soir. Ce qui me laisse
penser que Dary est passée par là. Sa longue chevelure blonde est
parfaitement lissée. Son visage est dégagé grâce à de petites pinces qui
ramènent sa tignasse sur le dessus de sa tête sous forme de jolies tresses.
Elle est maquillée ! Ce n’est rien de plus qu’un peu de rouge à lèvres, de
mascara et d’eye-liner, mais j’adore ! Ça lui va à ravir ! Ma sœur lui a
prêté une veste en cuir dans les tons bordeaux. Elle est parfaitement dans le
thème de notre musique.
– Salut, trésor !
Je souris jusqu’aux oreilles.
– Tu es splendide !
– Dary m’a donné un tee-shirt de ton groupe et m’a prêté une veste, mais
le cuir me fait une drôle de sensation.
– Retire-la si elle te gêne !
– Elle voulait que je mette un jeans avec des trous. J’ai refusé. C’est
étrange !
Je la prends par la taille et la guide jusqu’à la table que je lui ai réservée.
– Le principal est que tu te sentes bien ! Et je t’assure que tu es
renversante !
Après avoir tiré sa chaise, je l’invite à y prendre place. Ma sœur
s’installe à son tour. J’embrasse sa belle chevelure noire.
– Merci, D.
– Pas de quoi ! Elle est marrante, ta copine !
– Je vais vous chercher un truc à boire ! Qu’est-ce que vous voulez ?
– Un soda !
– Et toi, mon trésor ?
Mais Snow est déjà ailleurs, elle observe tout ce qui se passe autour
d’elle en pressant la paume de sa main de façon compulsive. Elle sursaute
lorsque j’enfouis mon nez dans son cou.
– Tout va bien, blondinette, la rassuré-je. Tu es dans ta bulle et personne
ne va y rentrer à part moi !
Ma main recouvre la sienne.
– Ce soir, il n’y a que toi et moi ! Toi, tu es assise là et tu me regardes
faire mon numéro de rock star. Quant à moi, je vais monter sur scène et
jouer pour toi, uniquement pour toi ! Mais tu n’oublies pas, si tu te sens
oppressée, demandes à Dary de sortir ! Elle te reconduira à la maison,
OK ?
– D’accord !
– Tu veux une limonade ?
– Oui !
Après avoir été chercher leurs boissons, je monte sur la petite estrade où
m’attendent les autres membres du groupe. Le bar est plein, il y a du monde
partout, et une partie de la clientèle se masse déjà devant la scène. Je suis
plus anxieux que d’ordinaire. La cause de cette angoisse inhabituelle est
assise à une table en compagnie de ma sœur à seulement quelques mètres de
moi.
Je passe la sangle de ma guitare au-dessus de ma tête et m’installe face à
mon micro sans parvenir à quitter cette jolie blonde qui a les yeux rivés sur
moi. Reece lance les premières notes. Mon cœur galope dans ma poitrine
quand mon médiator rencontre les cordes une à une dans un geste rapide.
Il y a quelques applaudissements, des sifflets d’encouragement avant que
les premiers mots sortent de ma bouche. La première chanson démarre et
quitter Snow des yeux relève de l’impossible. Nos regards sont comme
magnétisés. Pendant les premières minutes, la perspective qu’elle fasse une
crise me paralyse. Les notes se succèdent sans que je me détourne d’elle. Je
la vois et rien chez elle ne semble indiquer un quelconque malaise. J’ai
l’impression de respirer à nouveau lorsque ma sœur lève son pouce à mon
intention pour me confirmer que tout se déroule à merveille. Il n’en faut pas
davantage pour me donner des ailes.
La situation avec Snow étant sous contrôle, je n’ai plus qu’à lui faire
mon petit numéro ! À partir de là, je m’éclate comme un foutu môme ! Je
peux affirmer sans l’ombre d’un doute que je ne me suis jamais autant
amusé sur scène ! Avant ce soir, jouer en public était comme une thérapie
pour moi. À travers notre passion commune, je crée un lien avec mon père.
Mais à cet instant, ce n’est plus la même chose. En présence de Snow,
me produire devant ces gens n’a pas le même sens. J’oublie les raisons qui
m’ont poussé à revenir à la musique. Il n’y a plus que ce moment incroyablement génial où je lui fais découvrir mon univers, où elle se
connecte à cette partie de ma vie, de moi.
Les minutes passent. J’enchaîne les deux premières chansons et
l’ambiance devient de plus en plus démentielle sur scène comme dans le
public. Les gens sont dynamisés par notre son et je dois avouer que
l’énergie qu’ils me renvoient me transporte. Reece, Charlie et Jake sont
dans le même état d’euphorie eux aussi !
Les dernières notes de cette chanson au rythme soutenu, aux riffs
endiablés, exigeant de moi un chant puissant, enragé, résonnent dans le bar
et un silence lui succède. Je range soigneusement ma Les Paul sur son socle
et m’empare de ma guitare acoustique de la même marque.
– Bonsoir à tous ! lancé-je à travers le micro avec enthousiasme. Vous
tenez une sacrée forme, ce soir !
Mes propos sont accueillis dans une série d’applaudissements.
– Pour nous aussi, c’est le pied de nous retrouver devant vous !
Il y a des sifflets satisfaits.
– Le prochain morceau que je vais vous jouer, j’aimerais le dédier à une
personne présente dans la salle. Il y a pas mal de mecs, ce soir et je sais
pas… vous avez déjà rencontré une nana qui vous rend totalement barge
tellement elle est superbe ?!
Je reçois de nouveaux sifflets approbateurs.
– Eh bien, c’est ce que je ressens à chaque fois que je pose les yeux sur
cette nana ! Cette chanson est pour toi, mon trésor !
Mes doigts frôlent les premières cordes et le début de cette mélodie
spécialement choisie pour elle ; celle sur laquelle nous avons dansé le soir
de notre bal. Reece s’installe derrière sa batterie et continue à jouer de ses
baguettes pour donner un peu de puissance à cette mélodie acoustique. Concentré, je chante sans oser une seule fois une œillade dans la direction
de Snow.
Je suis trop débile ! Y’a pas deux secondes, j’arrivais pas à la quitter
du regard et voilà que maintenant, je me sens rougir à l’idée de lever le nez
vers elle ! Mais c’est quoi le délire avec elle !
Je suis ridicule d’être aussi intimidé par sa présence dans la pièce, mais
je veux plus que tout que Snow apprécie ce moment, car je sais qu’être
assise dans ce bar lui demande un effort conséquent.
La foule m’applaudit avec allant à ces dernières notes mélodieuses et,
pour la première fois, je lève les yeux vers Snow. Apparemment très calme,
elle regarde dans ma direction. Dary, elle, frappe doucement dans ses mains
et ce geste attentionné à l’égard de sa voisine me provoque un sourire
attendri. Les autres membres du groupe reprennent leur place, je récupère
ma Gibson et nous lançons un nouveau morceau.
Le concert dure une petite heure et l’intérêt des spectateurs n’a pas faibli
jusqu’à la dernière chanson. Je me suis éclaté comme jamais auparavant et
savoir que Snow était là à m’écouter me procure un grand sentiment de
fierté.
Comme souvent lorsque nous jouons à la Taverne, certaines personnes
du public s’approchent pour nous saluer, nous payer un coup ou bavarder et,
d’ordinaire, je me prête au jeu. Sauf que ce soir, je suis attendu. Les mecs
sont déjà prévenus, je dois reconduire Snow et Dary à la maison le plus
rapidement possible. J’ai déjà beaucoup exigé d’elle ! Et puis, j’ai hâte de
me retrouver seule avec Snow et lui soutirer ses impressions sur cette
soirée.
– Bonsoir, bébé !
Penché au-dessus de mon étui à guitare où je range ma Gibson
électrique, je jure au son de cette voix qui a tendance à me refiler la gerbe, ces derniers temps.
– Au revoir, Shanna ! rétorqué-je sèchement sans me détourner de ce
que je suis en train de faire.
Accroupi, je récupère mon portable dans la poche arrière de mon jeans et
y rédige un message rapide.
– Hazel —
Emmène Snow dans la voiture ! Je vous y rejoins dans 5 minutes !
Ce message envoyé à Dary, histoire de m’assurer que Shanna ne croise
pas Snow, je saute de la scène avant de récupérer mes deux étuis à guitare.
– Haze, on peut se parler deux minutes ?
Je me dirige vers la sortie sans même répondre à sa demande.
– Hazel ?
– J’ai rien à te dire, putain !
Mais cette plaie s’est mise en tête de me suivre à l’extérieur et je
commence à flipper ! Vu le tempérament de Shanna, je préfère qu’elle ne
rencontre pas Snow !
– Putain, mais lâche-moi, Shanna ! Y’a quoi que tu comprends pas
quand je te dis qu’il ne se passera plus rien entre nous !?
– C’est qui cette nana dont tu parlais tout à l’heure ?
Je fais volte-face.
– T’es tellement pathétique !
Je traverse le bar en saluant Buster au passage et pousse la porte
d’entrée. Le hic est que cette sangsue me talonne toujours. Je décide de
l’ignorer en espérant qu’elle finira par renoncer.
Dehors, je localise ma voiture garée en bordure du trottoir à environ dix
mètres de l’entrée du bar. Les filles sont déjà à l’intérieur. Grâce à la
lumière du plafonnier, je distingue leurs silhouettes dans l’habitacle.
– C’est qui cette fille ?
– Ça te regarde pas, bordel !
Je me rue vers ma voiture, mais Shanna me suit.
– Je veux savoir qui c’est ?!
Mais je m’approche dangereusement de ma caisse et cette fille est
tellement instable que je redoute ce qu’elle pourrait tenter à l’encontre de
Snow.
Décidé à la tenir loin d’elle, je pose mes guitares sur le sol et virevolte
pour la choper par les épaules en la faisant reculer d’un bon mètre.
– Je t’ai dit de me foutre la paix, maintenant ! Je te jure que si
t’imprimes pas ça rapidement, je vais perdre patience !
Elle finit plaquée contre une camionnette de l’autre côté de la rue.
– Tu ne t’approches plus de moi, Shanna ! lui hurlé-je au visage. Ou je
te jure que je vais te le faire regretter !
Je fais demi-tour quand je crois que le message est bien passé. En deux
enjambées, j’ai récupéré mes guitares que je range dans le coffre de ma
caisse.
– C’est toi qui vas le regretter, Hazel ! me lance-t-elle avant que je
monte à l’intérieur.
Sans un regard pour elle, je lui fais un doigt d’honneur avant de
m’engouffrer dans ma caisse.
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