L'amour en A, Snow & Hazel
– Yeovil – ville du Comté de…
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– Yeovil – ville du Comté de Somerset dans le sud-ouest de l’Angleterre
–
C’est ici, dans les plaines verdoyantes qui entourent Yeovil, que se
déroule le festival d’été du Comté de Somerset. Des milliers d’hectares
prêts à accueillir des dizaines de milliers de gens au cours des cinq
prochains jours. De nombreux groupes vont se produire sur plusieurs scènes
aux univers éclectiques. Les Black Death sont programmés sur la scène
rock le vendredi soir. La pression est phénoménale pour nous, car nous
passerons juste avant eux. C’est un énorme challenge lorsqu’on sait que le
plus gros concert que nous avons fait est celui du Triangle. Si l’angoisse est
immense, l’envie l’est tout autant.
Nous sommes sur place depuis mercredi et notre impatience grandit à
chaque heure qui passe. Le soutien et l’aide que nous ont apportés les mecs
de Black Death n’y sont pas pour rien dans notre façon d’aborder les
choses. Ils nous ont filé un sacré coup de main, autant pour le matos que
pour le live en lui-même. D’ailleurs, il est prévu que nous montions sur
scène avec eux après notre concert à Dublin pour une chanson de notre
choix, et les répétitions que nous avons faites dans ce but ont été
simplement géniales.
Rick est un mec bien et ce dîner auquel il nous a gentiment conviés a été
particulièrement sympa. Nous avons rencontré une partie de leurs familles,
c’était dément !
Un petit moment de détente avant de prendre la route dans notre bus !
En le découvrant lundi matin, ma première impression a été que je
n’aurais pas pu faire vivre Snow là-dedans. Le bus en lui-même est
vraiment cool et propre, mais il est ridiculement petit à l’intérieur. Il nous
offre un confort carrément appréciable avec une partie cuisine, un coin
salon très convivial et un espace couchette d’une taille correcte. Crécher à
quatre ici, pas de souci, mais avec blondinette, ça n’aurait pas été gagné !
Elle a besoin de tranquillité, d’espace où être au calme et, dans ce bus de
tournée, on va devoir conjuguer tous ensemble pour vivre pendant six mois
dans un lieu de vie aussi réduit.
Un peu comme des mômes sur le point de partir en vacances, les gars et
moi avons pris nos quartiers et installé nos affaires dans notre nouvelle «
maison », et je dois avouer que vivre cette expérience avec mes potes
d’enfance rend le tout encore plus extraordinaire ! On avait clairement les
yeux qui brillaient d’émerveillement en découvrant notre bus et tout ce que
ça signifiait de nous retrouver là.
Depuis notre arrivée à Yeovil, nous avons principalement traîné dans le
festival et assisté à quelques concerts en attendant que ça soit notre tour, et
comme tous les soirs depuis que nous sommes installés sur cette partie du
terrain destinée aux participants, nous avons rejoint Rick et son groupe pour
boire un coup et manger un morceau en leur compagnie. D’ailleurs, c’est
notre dernière soirée avant le concert. Demain, à cette heure-ci, nous serons
sur scène devant un public survolté, et je peux déjà dire qu’on fera bien
moins les malins que maintenant !
Encore aujourd’hui, nous sommes gâtés d’un grand soleil et de
températures quasi caniculaires et les gars sont dehors à se prélasser tout en
buvant une bière lorsque nous arrivons à leur bus. Le nôtre est d’autant plus
ridicule à côté du leur.
– Hazel !
Rick abandonne sa chaise pour m’offrir une accolade amicale.
– Salut, Rick !
– Vous vous pointez au bon moment, on allait se payer une nouvelle
tournée, m’annonce-t-il en balançant sa bière vide à la poubelle. Viens avec
moi !
Je salue rapidement le reste du groupe avant de suivre Rick à l’intérieur
du bus. À peine en ai-je foulé le sol que des rires nous parviennent depuis
l’arrière du véhicule, vers la partie nuit. Des rires à la tonalité clairement
féminine. Je vois qu’il y a du mouvement par là-bas sans que je puisse
distinguer qui que ce soit.
Rick fouille dans le réfrigérateur et en sort quelques canettes quand il
s’aperçoit que mon intérêt est porté sur ce qui se passe dans le fond.
– Isla ! s’écrie-t-il alors dans cette direction.
Immédiatement, une présence apparaît dans l’encadrement de la porte
qui sépare le bus en deux.
Une jolie tête flottante qui plus est…
– Ouais ?
Je croise le regard de cette belle brune à la peau tannée par le soleil.
– Oh… salut…
– Salut…
Elle nous rejoint.
– Hazel, je te présente Isla, ma fille aînée !
Si d’habitude, je me moque qu’une nana me reluque, je dois avouer que
sentir le regard d’Isla m’examiner sous toutes les coutures me met
légèrement mal à l’aise. Le fait que Rick soit présent y est pour beaucoup !
Un joli sourire illumine son beau visage.
– Tu sais que mon père n’a que ton prénom à la bouche, Hazel !
– Euh… pardon…
Elle glouss.
– Il n’y a pas de mal !
– On va boire un verre ! Va chercher Tracy et venez avec nous !
– OK !
Isla me gratifie d’un nouveau sourire avant de tourner les talons.
– Elle étudie à Bristol ! Du coup, elle nous a rejoints avec l’une de ses
copines. Elles vont passer quelques semaines avec nous pour bourlinguer un
peu avant la rentrée.
– OK !
– Allez, tu me files un coup de main !
– Bien sûr !
Je ramasse les quelques bières que Rick a laissées sur la table et le suis à
l’extérieur. Débarrassé de toutes ces canettes, je m’installe auprès de
Charlie et m’allume une clope quand j’ai de nouveau l’impression d’être
épié. Isla et son amie, qui est elle aussi très canon, descendent du bus pour
se mêler à ce petit rassemblement, et j’ai bien du mal à ne pas me marrer en
voyant la gueule de Reece et Jake fondre quand ils les découvrent. À leur
réaction, on croirait qu’ils viennent de se faire surprendre dans leurs
plumards par deux nanas de chez Victoria Secret. Je ne suis pas le seul à le
remarquer, car Charlie me donne un coup de coude avant de se pencher vers
moi.
– J’en connais deux qui vont se palucher sévère, ce soir !
Je pouffe de rire.
– T’es content de dormir dans la couchette au-dessus de la mienne,
bro ?
– Putain, ouais ! On a bien fait de ranger les puceaux ensemble !
Toujours hilares, nous trinquons avant de boire un coup. Après un court
instant de silence, Charlie revient vers moi.
– Je crois qu’ils n’ont aucune chance avec la mignonne petite brunette,
vu que c’est toi qu’elle dévore des yeux…
– Elle n’aura pas plus de chance avec moi ! Elle perd son temps ! Et
toi, arrête de reluquer les autres nanas ou je vais te crever les yeux, mec !
**
J’ai le cœur au bord des lèvres…
Ouais, je vais gerber !
Mes doigts sont fermés sur le manche de ma Gibson. Je suis comme
accroché à elle avec l’espoir que cette foutue guitare ait un pouvoir
magique ou je ne sais quoi pour m’aider à ne pas craquer.
Le moment est venu…
Et je me sens tellement minable !
J’ai pas trouvé le courage de zieuter en direction du public de peur de
pisser dans mon froc. J’échange un regard pour Charlie qui même s’il tente
de le cacher, à l’air de se chier dessus lui aussi.
Eh ouais, bro, on fait moins les malins…
– Comment vont mes petits mectons !? s’écrie Rick en avançant la
bouche en cœur, alors que notre entrée sur scène est plus qu’imminente.
Il est suivi de près par Isla et Tracy qui l’accompagnent.
Près de moi, il me tapote la joue. Je sais à sa manière de me regarder
qu’il se fout de ma gueule.
– T’as pas l’air dans ton assiette, mon grand…
– J’arrive tellement plus à respirer que je ne vais pas tarder à crever,
mais ça va…
Il se marre franchement.
– Tu ne serais pas normal si tu ne flippais pas, Hazel ! T’inquiète, ça va
pas durer ! Les premières minutes sont redoutables, mais après, je te jure
que tu vas t’éclater ! Crois-en mon expérience !
– Bah, il me reste plus que ça à faire !
Rick pose sa main sur ma nuque en me regardant droit dans les yeux.
– T’as vu ce que tu as dans la main ?
Je hoche timidement la tête.
– C’est pas n’importe quelle guitare ça, Haze ! C’est la gratte d’un vrai
passionné, d’un mec qui sait ce qu’il fait ! Elle a juste besoin que tu la
fasses pleurer ! N’oublie pas d’où elle te vient et concentre-toi sur où tu
vas la conduire !
Il recule et me passe en revue.
– T’as une sacrée gueule avec elle !
– Merci ! bafouillé-je en ravalant la boule qui s’est formée dans ma
gorge quand je songe à mon père.
Je le revois très distinctement debout dans notre garage avec cette même
guitare autour du cou…
Rick frappe dans ses mains – ce qui me ramène à l’instant présent – et va
saluer les autres pour leur prodiguer quelques conseils avant que nous
montions sur scène. Isla, qui est restée près de moi, me dévisage le visage
subtilement penché sur le côté.
– Il est dans le vrai ! T’as grave de l’allure avec ta Gibson !
Je passe ma sangle.
– C’est gentil…
– Il m’a dit tellement de bien de ton groupe que j’ai eu envie de venir
vous voir jouer.
– Il est super cool, ton vieux !
– Ouais, glousse-t-elle. C’est vrai qu’il est cool ! Un peu barge, quoi !
– Allez, c’est parti ! s’exclame Reece la voix tremblante. On va leur
montrer de quoi on est capables.
L’un après l’autre, je frappe dans les poings de mes trois acolytes avant
qu’ils n’entrent sur scène. Seul en coulisse, les yeux clos, j’attends les
premières notes de Charlie qui m’annonceront le moment d’aller les
rejoindre quand on m’embrasse sur la joue.
Je rouvre les yeux. Isla, dressée sur la pointe des pieds, me susurre à
l’oreille.
– Bonne chance, Hazel…
Je n’ai pas le temps de répondre quoi que ce soit après ce qui vient de se
produire, Charlie débute la chanson. J’ignore cette distraction inattendue et
foule la scène d’un pas plus qu’hésitant.
Je crois que je retiens ma respiration jusqu’à ce que j’arrive face à mon
micro. Pendant une brève seconde, je suis comme paralysé devant cette
marée humaine qui s’étend à perte de vue. Mes doigts se placent
instinctivement sur le manche de ma guitare. Je ne calcule aucun de mes
gestes, ils coulent de source. Je comprends alors que ma tête me retient,
mais que mon cœur lui est déjà comme immergé dans ce concert. Il n’y a
que lui qui doit s’exprimer ce soir ! La peur est dans mon esprit. Ma
musique est dans chaque fibre de mon corps, elle prédomine.
Devant cette évidence tout devient plus limpide ! Je mets ma tête en
sommeil et laisse mon cœur, mon âme, et l’amour de la musique inculqué par mon père, prendre le pas sur tout le reste. Pour la première fois, je ne
joue pas dans cet étrange espoir de créer un lien avec lui, je ne me produis
pas sur scène en l’imaginant dans le public.
Non, aujourd’hui, je joue pour moi et uniquement pour moi ! Pour
toutes ces heures passées, enfermé dans ce garage un peu piteux à faire et
refaire les mêmes notes pour créer mon son, ma mélodie, mes textes ! Je
ne compte plus les fois où j’ai dû me limer le bout des doigts tellement ma
peau étant cornée. Je joue au nom de toute cette envie que j’ai mise dans
mon apprentissage, toute cette rage que j’ai en moi d’aller plus loin ! Parce
qu’enfin, je suis au-delà de tout ce dont j’ai pu rêver un jour ! Et tant pis si
c’est éphémère, j’ai délaissé mon garage pour vivre un truc démentiel. Des
milliers de gens sont là devant moi pour découvrir ma musique ! Alors, je
mets mes tripes à nu, je donne tout ce que j’ai et j’ai cette vertigineuse
sensation d’avoir enfin déployé mes ailes. J’ai quitté le nid doux et
confortable que mon père a bâti autour de moi, de notre passion commune,
et je me jette dans le vide avec assurance et maîtrise. Ce soir, il y a un point
essentiel que j’ai compris : j’ai grandi… Ma musique n’est plus un lien
entre mon père et moi ! Mon père est devenu ce lien infaillible entre moi et
ma musique.
**
J’ai les jambes comme du coton lorsque je quitte la scène après une
heure d’un live ahurissant ! Je n’ai jamais autant kiffé faire de la musique
qu’à cet instant précis. C’était si facile, ça venait de moi, du plus profond de
mon être. À aucun moment dans ma vie, je ne me suis senti si parfaitement
en osmose avec moi-même. Je sais que mes potes ont vécu ce concert de la même manière. Ça se ressent à la façon qu’on a de se tomber dans les bras à
notre sortie de scène.
Encore une chose inédite : cette parfaite entente entre nous !
Il n’y a pas si longtemps que nous jouons ensemble finalement, et même
si on se connaît depuis des lustres, il y a eu une cassure lorsque je me suis
détourné de la musique au collège. J’ai l’impression que cette faille dans
notre amitié est belle et bien refermée après ce moment magique.
– Haze, mon pote ! se réjouit Charlie avant de me serrer dans ses bras.
C’était tellement géant, mon frère !
– J’ai cru que j’allais chialer en arrivant devant mon micro ! ricané-je
en lui rendant son accolade. Merde, pendant une seconde, j’ai pensé à me
barrer !
Il s’esclaffe.
– Merci de ne pas l’avoir fait !
Reece et Jake se joignent à nous tandis que nous nous serrons dans les
bras d’un seul et même élan.
– On a grave assuré ! J’ai pris un pied d’enfer !
– Les mecs, c’était extra !
– Je suis vraiment heureux de vivre ça avec vous, les mecs ! leur avoué-
je, pris par l’émotion du moment. Merci de m’avoir laissé revenir parmi
vous !
– Dis pas de conneries ! s’exclame Charlie. Si tu ne nous avais pas
rejoints, on n’en serait pas là !
Après cet échange un peu surréaliste, mais aussi particulièrement
sincère, nous regagnons les coulisses où nous attendent Rick, Isla et Tracy
qui ont assisté au concert. Si j’ai facilement mis de côté ce baiser que m’a
donné Isla avant d’entrer sur scène, je me retrouve comme un con alors qu’elle me couve d’un regard un peu trop charmeur pour que je puisse
l’ignorer.
– Bro, cette gonzesse veut ton corps, se marre Charlie qui a capté
l’œillade langoureuse d’Isla.
– Mec, elle m’a embrassé avant que je vous rejoigne, me plains-je à mon
meilleur ami alors que nous progressons presque à reculons pour aller les
retrouver.
– Attends, t’es sérieux ?
– Ouais…
Arrivé près de Rick, je lui offre une poignée de main franche.
– Eh bien, mon petit Haze, c’était une très belle entrée en matière !
Tel un mentor bienveillant et concerné par notre sort, il s’adresse à nous
dans une posture sérieuse et chaleureuse à la fois.
– C’était vraiment bien les gars, très pro ! Il s’est passé un truc entre
vous, vous l’avez senti ?
Mes voisins et moi-même échangeons un regard un peu con…
– Aujourd’hui, sur cette scène, vous êtes devenus un groupe ! Gardez
cet état d’esprit ! Ne vous en détournez pas et vous aurez une grande
carrière ! Pensez collectif, travaillez collectif, mais n’hésitez pas à créer de
manière individuelle pour qu’il y ait un peu de chacun de vous dans votre
musique ! Quatre entités au nom d’un seul et unique but : l’excellence de
votre musique !
Rick nous congratule une dernière fois les uns après les autres.
– Maintenant, je vais aller retrouver le groupe pour que nous nous
préparions à monter sur scène. Comme Charlie doit rentrer chez vous, vous
jouerez avec nous à Dublin.
– Y’a pas de souci ! Merci, Rick !
Il nous salue une dernière fois avant de s’en aller. Je l’observe en priant
pour voir sa fille lui emboîter le pas, mais ça ne pouvait pas être si facile,
hein !
Dans une démarche conquérante et débordante d’assurance, elle
s’approche de moi un sourire en coin. Reece est le premier à détaler en
jurant après m’avoir lancé un coup d’œil assassin.
– Pourquoi il gueule lui, râlé-je auprès de Charlie. Je la lui laisse
volontiers !
Charlie s’éloigne à son tour en riant.
– Bonne chance, man !
– Je comprends pourquoi mon père ne tarit pas d’éloges à ton sujet !
– Euh… je fais seulement ce qui me plaît…
J’ai un coup d’œil vers mes potes comme si l’un de ces trois couillons
aller me venir en aide.
– Tu as des projets pour la soirée ? On pourrait aller boire un verre,
histoire de fêter ce grand succès.
– Eh bien, bégayé-je en me frottant la nuque. Je vais aller me doucher et
me pieuter, je crois !
– Il est à peine 21 h, Haze ! Pourquoi es-tu si timide tout à coup ?
– Ce n’est pas ça…
– Alors, quel est le problème ?
– Tu sembles être une fille gentille et, il y a encore quelques semaines,
j’aurais été ravi de prendre un verre avec toi…
– Et qu’est-ce qui s’est passé depuis pour que ça ne soit plus le cas
aujourd’hui ?
– Ma nana… il s’est passé que j’ai rencontré ma nana… je suis pas libre,
Isla !
– Tu me donnes l’impression de ne pas être convaincu par ce que tu
avances !
– Bah, c’est un peu compliqué parce que je viens de me barrer pour six
mois, mais je suis amoureux donc…
– OK…
Déçue, elle coule une mèche de cheveux derrière son oreille.
– Merci de ta franchise…
– Je suis désolé, vraiment…
– Il n’y a pas de mal.
Elle fait un pas hésitant vers moi avant de me mettre un petit coup dans
les abdos.
– Alors, à plus, la star !
Je glousse.
– Tu vas un peu vite en besogne là !
– J’ai été élevée par une rock star, Hazel ! Je les flaire de loin !
Continue comme ça et tu feras parler de toi pendant longtemps !
– Merci, c’est gentil !
– Tu sais où me trouver si tu changes d’avis à propos de ce verre, me dit-
elle, avant de tourner les talons pour rejoindre son amie.
Il me faut quelques secondes avant de bouger pour retrouver mon groupe
et ranger ma guitare. Charlie s’approche.
– Ça y est, tu lui as brisé le cœur ?
– Elle va s’en remettre, t’en fais pas !
– J’ai un taxi qui va arriver pour me conduire à Yeovil. J’ai loué une
voiture pour rentrer à la maison ! Tu es certain de ne pas vouloir
m’accompagner ?
– J’ai pas l’intention d’assister à cette cérémonie !
– Tu sais, Haze, si tu es décidé à ne plus te soucier du bien-être de Snow,
si tu tires un trait sur tout ça, tu aurais plus vite fait de finir entre les cuisses
d’Isla et de mettre un terme à tout ça ! Mais si tu n’en as pas envie, si elle
est plus importante que tout alors, ta place est de la soutenir quand elle en
ressent le besoin ! Demain est un de ces moments où Snow a plus que
jamais besoin d’être entourée !
– Je ne viendrai pas, Charlie, n’insiste pas !
Je ramasse mon étui à guitare, prêt à retourner au bus avant de me
raviser.
– Eh ouais, je pourrais baiser Isla ! Je pourrais même me taper toutes
les nanas de ce festival, ça n’altérera en rien ma vérité : il n’y a et il n’y
aura plus que Snow ! Mais finalement qu’est-ce que ça change ? La fille
que j’aime reste obnubilée par son idée d’aller à l’université et moi, je suis
ici avec vous ! Arrête de me parler comme si tu comprenais ce que je vis
avec Snow !
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