L'amour en A, Snow & Hazel
La première chose qui me frappe lorsque…
... A29
La première chose qui me frappe lorsque je me réveille est la lumière du
jour qui baigne la chambre d’hôpital où je viens de passer la nuit. Non pas
que j’en avais vraiment besoin, mais ça rassurait ma mère de m’avoir près
d’elle pour me surveiller. Comme le service était calme, elle m’a gardé sous
le coude, histoire d’être certaine que je ne sois pas seul après les coups que
j’ai reçus au visage notamment. D’ailleurs, j’ai encore une putain de
migraine, ce matin.
Mais j’oublie rapidement la douleur qui me lance dans le crâne en
trouvant ma belle blonde endormie dans un petit lit d’appoint à quelques
pas de moi.
Mais qu’est-ce que tu fais là, blondinette ?
Je la contemple un moment en me disant qu’elle est de très loin ce que
j’ai vu de plus magnifique en ce monde. Mon regard passe et repasse
chaque trait de son joli visage comme si mon esprit voulait mémoriser dans
le moindre détail cette petite beauté.
Comment je vais trouver la force de m’en aller loin d’elle ?
Toc, toc, toc…
À regret, je me détourne de Snow pour voir qui vient de toquer à ma
porte. Une femme dans la trentaine, vêtue d’une tenue verte avec un
stéthoscope autour du cou, patiente sur le seuil de ma chambre.
– Bonjour, Hazel !
– Euh… bonjour…
– Je suis Catherine, l’amie de ta mère, et le médecin de garde !
– OK !
J’essaie de me redresse et abandonne bien vite en sentant une douleur
vive irradier mon flanc droit.
– Tu as mal ?
– Dans les côtes !
En quelques pas, elle est à mes côtés. Elle tire sur le drap qui me
recouvre et soulève mon tee-shirt pour m’examiner.
– Oui, tu as un beau bleu.
Je jette un petit coup d’œil et constate la présence d’un immense
hématome.
– Tu as eu de la chance qu’il n’y a rien de cassé.
– Vu que je débute une tournée dans moins de trois semaines, je
considère que j’ai eu de la veine.
– Oh oui ! Tu es guitariste, c’est ça ?
Je fronce les sourcils.
– C’est le genre d’infos que vous notez dans vos dossiers ça ?
– Non, mais ta maman est très fière de ses enfants !
– Oh…
– Elle finit dans moins de deux heures. Elle te ramènera chez toi à ce
moment-là…
– Et…
Je lui indique Snow.
– Y’a longtemps qu’elle est là ?
– Depuis hier ! Elle est arrivée peut-être une heure après que Lorna t’ait
donné de quoi dormir. La pauvre, elle était très agitée !
– Ah bon ?
– Elle n’a pas cessé de faire des allers et retours entre le fauteuil et toi.
J’ai cru qu’elle allait faire ça toute la nuit.
– Ouais, elle est…
– Autiste, c’est ça ?
– Ouais…
– Finalement, Lorna lui a trouvé un lit pour qu’elle puisse se reposer
quand elle a compris qu’elle n’arriverait pas à lui faire quitter cette chambre
tant que tu y serais.
– C’est nouveau ça…
– Pourquoi ?
Je me racle la gorge.
– Bah… euh… c’est pas toujours simple de savoir ce qu’elle a dans la
tête…
– J’imagine…
Nos petits bavardages, aussi discrets soient-ils, ont raison du sommeil de
Snow. Ma jolie blonde ouvre doucement les yeux avant de remuer sous la
couverture. Son premier regard est pour moi.
– Salut…
Ni une ni deux, elle saute du lit pour se précipiter vers moi.
– Hazel !
– Snow, qu’est-ce que tu fais là ?
– Lorna a appelé Dary pour lui dire que tu étais à l’hôpital.
– Tu ne devrais pas être ici !
– Pourquoi ?
– Je vais vous laisser, nous prévient Catherine.
– OK !
– On va venir pour changer le pansement de ta brûlure et après tu
pourras rentrer chez toi !
– Tu as été brûlé ?
Je remercie l’amie de ma mère avant qu’elle sorte, puis m’intéresse de
nouveau à Snow.
– Qu’est-ce qui s’est passé, Hazel ?
– Ma mère et Dary ne t’ont rien dit ?
Elle fait « non » de la tête.
– C’est Jacob qui m’a fait ça…
– Le garçon de l’autre soir ? Celui qui a dit que j’étais une…
– Arrête ! la coupé-je. J’ai plus envie d’entendre ça !
– Alors, c’est de ma faute ! Il t’a frappé parce que tu m’as défendu…
Ses grands yeux bleus se remplissent de larmes.
– Et je recommencerai sans aucune hésitation !
Je passe mon bras autour de sa taille pour l’approcher de moi.
– Je ne veux pas que tu te prennes la tête avec ça ! C’est rien !
– Tu as le visage recouvert d’hématomes !
– Je suis toujours plus beau que tous ces crapauds dont tu m’as parlé ?
– Oui !
– C’est pas si grave, alors ! dis-je dans un sourire.
– Tu n’es pas revenu à la maison depuis le jour où tu t’es fâché après
moi. Est-ce que tu l’es toujours ?
– En colère ?
Elle opine du chef.
– Je sais pas, Snow… J’aimerais te dire que je ne le suis plus, mais j’en
ai aucune idée ! Mais j’ignore si je suis furieux après toi ou après moi !
J’arrive plus à penser à nous ! Je me contente de jouer de la musique et
c’est tout ! Pour le reste, j’ai pas de solution !
– Pour nous ?
– Je veux que tu m’accompagnes en tournée et toi, tu refuses de le
faire ! On ne fait que de tourner en rond, tous les deux !
– Alors, tu n’as plus envie de me voir…
– Venir pourquoi ? Pour me rappeler que dans moins de deux semaines,
je vais m’en aller sans toi ? Je t’aime et ça me fait souffrir de savoir que je
ne verrai plus ton visage le matin au réveil, que je ne pourrai plus
m’endormir avec toi à mes côtés, que je ne pourrai plus te faire l’amour
quand ça me chante ! J’ai conscience de t’avoir fait de la peine et j’en suis
désolé ! Mais toi aussi, tu m’as fait beaucoup de mal en me quittant !
J’encaisse pas très bien !
Mes doigts se faufilent dans ses cheveux.
– Tu es la première nana dont je suis tombé amoureux, ma Snow ! S’il
y a une chose dont je suis certain, c’est de ne désirer aucune autre fille que
toi dans ma vie ! Toi, tu veux aller étudier à l’université ! C’est important
pour toi ! Mais moi, j’ai la musique dans le sang, trésor ! Je ne peux pas
passer à côté de cette chance, je suis désolé ! Lorsque je joue, je sais où je
vais ! Quand je joue de ma foutue guitare, je sais que je suis à ma place !
J’ai l’impression de faire quelque chose de bien parce que j’écoute ce que
mon cœur me dicte ! Mon père est mort en faisant ce qu’il aimait par-
dessus tout : aider les autres ! Il m’a appris tout ce que je sais, il m’a
inculqué des valeurs et je veux vivre cette expérience jusqu’au bout parce
qu’une voix dans ma tête me dit qu’il serait fier de me voir foncer et réaliser
mon rêve ! Je ne crois pas qu’il attendait de moi que je sois un grand
homme, seulement que je vive selon mes envies, que j’aille au bout de ce
dont je suis capable !
Je porte sa main à mes lèvres, y dépose un baiser.
– Si ta place est à Exeter, si tu penses que ta vie est là dans les études,
alors fonce, Snow ! Je ne te retiendrai pas ! Dary a raison, je ne peux pas
exiger de toi que tu me suives parce que ça arrange mes affaires et ma
conscience !
Je me mets à l’équerre, qu’importe la douleur que ça me provoque, et
presse mon front contre le sien.
– J’aurais dit « non » Snow ! Si j’avais su que tu me quitterais, que tu
ne viendrais pas, j’aurais refusé cette tournée ! Mais c’est trop tard, j’ai
pris un engagement ! Et finalement, c’est peut-être le plus juste, pour toi
comme pour moi !
– Je ne veux pas que tu sois triste à cause de moi !
– Et je désire la même chose pour toi !
Timidement, mes lèvres s’approchent des siennes, dansent, flirtent avec
elles.
– Je t’aime tant, Snow…
C’est elle qui fait le chemin restant pour que ce simple contact fonde en
un baiser langoureux et profond. Sa langue investit ma bouche, cajole la
mienne. J’enfonce mes mains dans ses fesses comme pour la retenir et me
perds dans ce baiser dont elle a pris le contrôle. Je parcours son corps du
bout des doigts, en apprécie chacune de ses courbes sensuelles tandis
qu’elle m’embrasse à pleine bouche. Jamais avant aujourd’hui, je ne l’avais
autant sentie s’investir émotionnellement dans un contact physique avec
moi.
Et ça me bouleverse !
Ça me bouleverse parce que je sais au fond de moi que c’est notre
dernier baiser…
**
– Tu as besoin de quelque chose, bro ?
La voix de Charlie me contraint à rouvrir les yeux alors que doucement
je tombe dans le sommeil. Depuis ma sortie de l’hôpital, le matin même,
j’ai préféré retourner vivre chez mon ami d’enfance. Ma décision n’a pas
ravi ma mère, et même si Snow ne l’a pas vraiment exprimé, j’ai bien senti
qu’elle le regrettait également. Pourtant l’idée de retrouver la maison
familiale, tandis que les choses sont on ne peut plus claires entre nous, que
la rupture est bel et bien confirmée, je n’ai aucune envie d’être si proche
d’elle.
Le moment que nous avons partagé dans ma chambre d’hôpital à mon
réveil a été aussi agréable que douloureux, et je ne veux surtout pas briser le
semblant de paix que nous avons retrouvée individuellement.
J’y ai beaucoup réfléchi ces derniers jours, et la vérité est que je ne peux
pas obliger Snow à me suivre, comme elle ne peut pas me retenir auprès
d’elle.
Je pensais sincèrement ce que je lui ai dit, si j’avais su ce qui se
produirait entre nous, jamais je n’aurais signé ce contrat avec les Black
Death. J’étais intimement persuadé que j’arriverais à la convaincre de venir
avec moi. Sans nul doute, elle aurait eu peur et j’aurais dû la rassurer. C’est
d’ailleurs la raison qui m’a poussé à attendre avant d’aborder le sujet avec
elle. Si j’avais amené cette tournée en douceur en lui exposant tous les
points positifs de notre voyage, elle aurait pu accepter de venir. Seulement
voilà, ça c’est fait avec une telle violence qu’elle a eu peur et, maintenant,
c’est elle qui lui dicte sa conduite.
Je n’ai plus d’autre choix que de me rendre à l’évidence, elle ne
renoncera pas à ses projets pour m’accompagner, et je me suis engagé
envers les Black Death, ainsi qu’auprès de mes potes, et je ne peux plus revenir sur ma parole. J’en suis arrivé à un point où je n’ai pas envie de le
faire de toute façon. Vu ce qui s’est passé avec Snow, je ne peux que
remettre en question ses sentiments pour moi. Je suis fou d’elle, j’aurais pu
renoncer à tout pour rester près d’elle, mais est-ce vraiment son cas ? Je ne
dis pas ça parce qu’elle ne vient pas, non !
Cette interrogation découle surtout du manque de démonstration
d’affection, de son incapacité à déterminer si elle m’aime ou pas. Je ne lui
reproche pas, et j’ai attendu qu’elle soit en mesure de le faire. Mais les
choses n’évoluant pas, le problème se trouve sûrement ailleurs que dans ses
difficultés à exprimer ce qu’elle éprouve. D’ailleurs, elle me l’a très bien dit
l’autre jour, elle ne ressent pas l’amour ! Ça ne peut pas être plus clair :
elle n’a pas de sentiments pour moi. Oui, je pense qu’elle est attachée à
moi, mais rien qui soit suffisant pour qu’on puisse bâtir une histoire
sérieuse.
– Non, ça va !
Toujours en grimaçant à cause de cette douleur au flanc droit, je pivote
dans le lit de Charlie que je squatte depuis ce matin de sorte de finir face à
lui.
– T’as peut-être la dalle !?
– Un peu…
– Je peux aller te chercher un truc à te foutre sous la dent.
– Te prend pas la tête, man ! Je vais surtout pioncer ! Ça ira mieux
demain !
– Euh… bafouille mon voisin en se frottant la nuque. Vu que tu es vautré
dans mon plumard, Dary a pensé que…
– Je peux encore te tuer, Charlie ! rebondis-je immédiatement, en
voyant parfaitement où ce petit enfoiré veut en venir. Je suis en vrac, mais je vais me lever et serrer mes mains autour de ta gorge si tu finis cette
phrase !
– Je ne vais rien lui faire, Haze ! C’est bien trop tôt ! Elle n’est pas
prête pour le sexe !
– Putain, mais ta gueule !!!
Il se met à la verticale.
– Si ça marche entre elle et moi, y’a un jour où ça se produira !
– Je vais te buter ! Je vais te faire la peau, Charlie !
Ce petit enfoiré recule en se marrant alors que j’essaie de le choper,
même si mes gestes sont maladroits à cause de mon état.
– Sois pas con ! Tu sais que je l’aime ! Je la respecterai toujours,
Hazel ! Je n’attends pas simplement un coup vite fait avec D ! Je veux un
truc fort, qui signifie quelque chose.
– Et alors ?! Tu espères que ça va me faire avaler la pilule toutes tes
foutaises !
– Non, y’a qu’avec le temps que tu accepteras qu’on ait une vraie
relation elle et moi !
Charlie revient en direction du lit et s’y assied.
– Je crois que je lui fais du bien, Haze !
Il soupire.
– Tu vois avec moi, elle rigole ! J’arrive à la faire rire !
– Qu’est-ce que tu essaies de me dire ? Que depuis un an, j’aide ma
frangine à se remettre de la mort de notre père et que, finalement, il n’y a
que toi qui en soit capable !
– Tu prends tout à ton compte et c’est vraiment lourd ! Bien sûr que tu
as aidé ta sœur ! Elle a besoin de toi et ça sera toujours le cas ! Je ne dis
pas que je peux lui apporter plus que toi, mais que je peux lui offrir autre chose ! Elle aspire seulement à se reconstruire et je suis là pour lui montrer
un chemin qu’elle peut emprunter si elle le souhaite !
– Bah, sois son nouveau héros, mec ! Qu’est-ce que tu veux que ça me
fasse ?
Je n’obtiens qu’un ricanement un peu moqueur.
– Bah, rien ! Après tout, c’est que ta frangine…
– Maintenant, barre-toi, j’ai envie de dormir !
– Comme tu veux !
Il se remet debout et s’apprête à sortir.
– Si tu la touches, je ne vais plus répondre de rien, Charlie !
– Dary m’a dit que Snow avait passé la journée au lit à pleurer !
Occupe-toi de ta copine, je gère la mienne !
– Même si ça me fait chier d’entendre ça, ce n’est plus ma nana !
– Ça ne veut pas dire que tu ne l’aimes plus ! Prends au moins de ses
nouvelles ! Apparemment, elle croit que tout est de sa faute !
– Tout ?
– Ta jolie gueule, me dit-il, en montrant mon visage du doigt, avant de
sortir en me laissant seul avec ma mauvaise conscience.
Et cette maudite conscience a vite raison de ma détermination à ne pas
me laisser attendrir par ce que vient de m’apprendre Charlie.
Bien sûr, l’idée que Snow puisse être aussi peinée ou encore pire, se
sentir responsable de toute cette situation me touche bien trop
profondément pour que je me contente de m’endormir en mettant un foutu
mouchoir sur ce problème. En ronchonnant, je récupère mon portable sur le
matelas et compose le numéro de Snow.
– Hazel ? me répond-elle d’une petite voix fluette.
– Dis-moi que tu ne pleures pas, Snow !
– Pourquoi me dis-tu ça ?
– Dary a rapporté à Charlie que tu pleurais à cause de moi et cette idée
me rend fou !
– Jacob t’a frappé à cause de…
– C’est un connard, Snow, OK ! Il n’avait pas à te parler ainsi, et je
foutrai une raclée à toute personne qui dirait des choses qui peuvent te faire
de la peine ! Maintenant quand tu agis d’une certaine façon, tu dois
assumer les conséquences de tes actes. Je l’ai frappé et il est venu pour se
venger ! Ce n’est pas grave ! Je vais bien !
– Tu ne veux plus me voir. C’est pour ça que tu es chez Charlie ?
– Oui, c’est vrai, trésor, je suis retourné chez Charlie parce qu’être près
de toi est compliqué en ce moment !
– C’est difficile pour moi aussi d’être près de toi… je me sens bizarre
quand tu n’es pas là, mais c’est encore pire si tu es avec moi !
– Ça va finir par passer ! Dans quelques jours, tu ne te rendras plus
compte que je suis absent et, dans quelques jours, tu diras « Hazel ? Mais
c’est qui ? Ah oui, c’est le mec qui ressemble plus ou moins à un
crapaud ! ».
– Tu dis n’importe quoi ! Je n’ai jamais pensé une telle chose !
Je ricane.
– Tu veux faire un truc pour moi, Snow, pour me faire plaisir ?
– Si tu veux !
– Ne pleure plus, s’te plaît ! Je t’assure que j’en vaux pas la peine !
– Je peux essayer, mais c’est compliqué ! Pour nous, les émotions sont
parfois trop fortes. Je ne peux pas les retenir.
– Je sais…
– Je n’avais jamais eu autant de chagrin.
– Ça me fait mal, moi aussi ! Mais il va t’arriver un truc fabuleux dans
quelques semaines ! Tu vas faire ta rentrée à l’université. Et puis, tu n’as pas à t’inquiéter, Dary sera avec toi ! Ma mère va t’aider dans toutes les
démarches que tu devras entreprendre. Je lui en ai déjà touché deux mots !
Elle m’a promis de bien veiller sur toi !
– C’est gentil, mais je suis assez grande pour m’occuper de moi !
– Je sais ! Je ne lui ai pas demandé de le faire parce que je pense que tu
n’en es pas capable, mais ça me rassure ! Je me sens moins mal vis-à-vis
de toi de m’en aller si ma mère est là pour t’épauler dans cette transition
importante de ta vie !
– Donc, si Lorna m’aide, c’est pour te rendre service à toi !
– Voilà !
– C’est bizarre !
– Bah, tu sais, nous les neurotypiques ont fait des trucs étranges…
– Comme dire des choses qui n’ont pas de sens !
– Ça, c’est ma spécialité !
– Oui ! Je n’ai jamais parlé avec un neurotypique qui soit aussi difficile
à comprendre que toi !
– C’est ça qui fait tout mon charme, trésor !
– Moi, ça me fatigue !
Je ris franchement !
– Si ça ne fait pas mon charme aux yeux de mademoiselle Ashford, puis-
je savoir ce qui le fait ?
– Qu’est-ce que tu entends par « ton charme » ?
– Eh bien, qu’est-ce qui fait que je te plais ? Qu’est-ce que tu aimes
chez moi ?
– Tes yeux ! Ils sont très beaux ! J’aime ta voix ! Surtout quand tu
chantes, mais j’adore t’écouter parler. Tu m’apaises, même si je ne saisis
pas tout.
– Quelque chose d’autre ?
– Bizarrement, j’aime sentir ton souffle sur ma peau quand tu t’endors.
Ce genre de contact me rend nerveuse habituellement, mais pas avec toi.
– Je ne l’aurais jamais deviné…
– Et j’aime ta manière de me faire l’amour !
– Qu’est-ce qu’elle a de particulier ?
– Tu fais toujours en sorte que je n’ai pas peur ! Tu m’expliques, tu me
rassures, et je peux vraiment apprécier ce qu’on fait parce que je ne me pose
pas de question !
– Snow, ne laisse jamais un autre homme que moi te toucher s’il ne
t’apporte pas ce sentiment de sécurité !
Bordel, mais qu’est-ce que je branle ?! Je donne des conseils à ma
nana sur la conduite à tenir si elle veut se taper avec autre type que moi ?!
Ma vie est merdique !!!
– Un autre homme que toi ?
– Il y aura un jour où tu rencontreras un mec et il voudra coucher avec
toi lui aussi ! Mais je t’en prie, Snow, si tu ne te sens pas rassurée et en
sécurité alors, ne fais rien avec lui ! C’est très important ! Tu es précieuse
et on doit te traiter correctement ! Tu es brillante et j’ai confiance en toi,
mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir peur pour toi ! Sois prudente et
n’accepte pas de t’envoyer en l’air avec un mec sans être certaine qu’il soit
bienveillant envers toi !
– D’accord !
– Tu me le promets ?
– Oui, Hazel, je te le promets !
– Alors, je vais te laisser blondinette ! Je suis naze, j’ai besoin de
dormir un peu !
– OK !
– Au revoir, Snow !
– Au revoir !
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