L'apocalypse des homards
Là où c'est loin et chaud
Elle me suce, elle s'active sur moi, puis je m'active sur elle. Mais rien à faire. Je n'éjacule pas.
Je suis frustré. Je roule sur le côté. Je suis fatigué, je ne vais pas tarder à sombrer. Elle se rapproche, elle se blottit contre moi.
— Il faudrait qu'on voyage un peu, elle dit.
— …
— Une semaine ou deux… Ça nous ferait du bien…
Oui… À Cuba, ou dans les îles Canaries… N'importe où, là où c'est loin et chaud.
— On prend un palace et il y a la plage en bas… Et on ne fait rien…
Rien d'autre. On se pose, on bouffe et on baise. Il y a de longs apéros et on mate des films.
— Peut-être une sortie…
Presque rien. On loue une bagnole et on fait une virée. Elle me serre très fort. Elle a sa tête dans mon cou et sa respiration est brûlante.
— Nous deux… C'est tout…
Du charbon, voilà ce que j'ai dans la gorge. On souffle les braises tant qu'on peut, et c'est vrai, si on souffle à mort, ça rougeoie. Je l'entoure avec mon bras. J'ai l'impression d'être un traître.