L'apocalypse des homards

Jean-Marc Agrati · Chapitre 17 sur 90

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L'apocalypse des homards

Là où c'est loin et chaud

 

Elle me suce, elle s'active sur moi, puis je m'active sur elle. Mais rien à faire. Je n'éjacule pas.

Je suis frustré. Je roule sur le côté. Je suis fatigué, je ne vais pas tarder à sombrer. Elle se rapproche, elle se blottit contre moi.

— Il faudrait qu'on voyage un peu, elle dit.

— …

— Une semaine ou deux… Ça nous ferait du bien…

Oui… À Cuba, ou dans les îles Canaries… N'importe où, là où c'est loin et chaud.

— On prend un palace et il y a la plage en bas… Et on ne fait rien…

Rien d'autre. On se pose, on bouffe et on baise. Il y a de longs apéros et on mate des films.

— Peut-être une sortie…

Presque rien. On loue une bagnole et on fait une virée. Elle me serre très fort. Elle a sa tête dans mon cou et sa respiration est brûlante.

— Nous deux… C'est tout…

Du charbon, voilà ce que j'ai dans la gorge. On souffle les braises tant qu'on peut, et c'est vrai, si on souffle à mort, ça rougeoie. Je l'entoure avec mon bras. J'ai l'impression d'être un traître.