L'apocalypse des homards
Réalisation de tous les rêves
Et Zol coince son connard de commercial. Je regarde autour, l'impasse est déserte. C'est la nuit, tous les volets sont fermés.
— C'est bon, je dis, tu peux y aller.
Zol lui fout une mandale. Le gars s'écroule dans les poubelles. Il émerge à quatre pattes, un peu surpris. Zol sort une batte de base-ball de dessous le manteau.
— Alors, comme ça, t'arrives pas à me caser…
Le gars est à genoux, il pleurniche, il supplie. Il protège sa tête avec ses mains qui ne savent rien faire.
Et Zol y va à grands coups. Un maximum d'élan. Il lui enfonce tous les doigts dans le crâne. Le gars a un regard étonné. Peut-être qu'il a pioché une nouvelle idée.
— Là !
Ça doit être ça. Il pointe un doigt plein de cervelle et de filets de sang vers le ciel. Il nous montre une croix immense. Le vaisseau gigantesque survole Paris à l'horizontale. Il a plein de canons, plein d'antennes, et il glisse sans aucun bruit. C'est de la super technologie. Le commercial fracassé est heureux comme jamais il ne l'a été.
— Il va y avoir plein de taf, là-dedans !
Effectivement. Il y a forcément des milliers de projets, dans un vaisseau pareil. Des bimbos débarquent pour nous apporter la bonne nouvelle. Un système d'ascenseurs invisibles les dépose. Elles touchent le sol, hyperlégères, et elles viennent vers nous. Elles ont des queues de cheval et des treillis qui mettent tout en avant.
Elles s'adressent à Zol :
— Tu as des armes…
— Et en plus, tu voyages…
Les yeux scintillent et les bouts de langue en disent long. Zol est émerveillé. Il n'hésite pas une seconde. Il pose sa main sur le treillis tactile, à l'endroit du sein, et ça vaut signature. Il est aspiré par les ascenseurs invisibles. Il monte dans les airs, ça doit être une super sensation. Il a un petit signe pour moi. Il me racontera tout ça quand il reviendra de mission.