L'apocalypse des homards
Tempérament normand
Le matin, il est guilleret, ils ont baisé et ils se font un super petit déjeuner au pieu. Le monde est ouvert, il y a plein de soleil. Puis elle s'absente, de la bosse, des courses, des copains, des copines, tout ce qu'on veut, et elle revient l'après-midi.
Et il a complètement changé. Elle retrouve un être lourd, au regard vide, qui ne fait attention à rien. Il s'ennuie et il est capable d'un mouvement d'humeur brusque, médiocre, vulgaire.
— C'est le tempérament…
Il ne l'a pas vraiment dit, il a mâché ses mots. Il est dans une épaisseur bizarre, animale. Une impatience qui n'a pas de sens, une queue lourde qui fouette le corps alors qu'il n'y a pas de mouches.
Ou plutôt si, il n'y a que ça. De la mouche. Et d'ailleurs, il gueule :
— Tout ça c'est de la mouche.
— De la mouche ?
Il ne répond pas. Même elle, c'est de la mouche. Et il fouette le corps en entier.