L'apocalypse des homards

Jean-Marc Agrati · Chapitre 42 sur 90

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L'apocalypse des homards

Tempérament normand

 

Le matin, il est guilleret, ils ont baisé et ils se font un super petit déjeuner au pieu. Le monde est ouvert, il y a plein de soleil. Puis elle s'absente, de la bosse, des courses, des copains, des copines, tout ce qu'on veut, et elle revient l'après-midi.

Et il a complètement changé. Elle retrouve un être lourd, au regard vide, qui ne fait attention à rien. Il s'ennuie et il est capable d'un mouvement d'humeur brusque, médiocre, vulgaire.

— C'est le tempérament…

Il ne l'a pas vraiment dit, il a mâché ses mots. Il est dans une épaisseur bizarre, animale. Une impatience qui n'a pas de sens, une queue lourde qui fouette le corps alors qu'il n'y a pas de mouches.

Ou plutôt si, il n'y a que ça. De la mouche. Et d'ailleurs, il gueule :

— Tout ça c'est de la mouche.

— De la mouche ?

Il ne répond pas. Même elle, c'est de la mouche. Et il fouette le corps en entier.