L'apocalypse des homards

Jean-Marc Agrati · Chapitre 60 sur 90

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L'apocalypse des homards

Un agent hyperactif

 

— Demain, je vais les bousiller, elle dit.

Elle est baguée. Son front reçoit en permanence les informations. Et moi, je ne dis rien. Je reste au foyer, je baise, et je fais les mille petites merdes qu'il faut faire.

Puis son front clignote et elle part. À n'importe quelle heure. Ça peut être en plein milieu de la nuit. Elle vérifie que son fusil-mitrailleur est chargé, elle claque la porte et elle dévale les escaliers.

Je suis inquiet, évidemment. Je chasse l'inquiétude en téléchargeant un film. Je mate le délire obscur ou convenu d'un autre gars et je sirote un whisky. J'ai les dépêches en continu sur un autre écran, ça a l'air de bien se passer. La petite fiction élimine les anxiétés et le whisky me rend songeur. Je ne regarde presque plus les dépêches.

Elle rentre au petit matin, épuisée. Quelques blessures. Elle désinfecte ça dans la salle de bain.

— Elles étaient teigneuses…

— T'en as eues combien ?

— Quatre. Des biomarcusiennes. On a repris le quartier.

Pas mal. À ce rythme-là, on devrait y arriver. Je lui donne un verre d'eau et son somnifère. Les nerfs se relâchent d'un coup, elle sombre comme une masse.

Et moi, je suis en forme, évidemment. C'est pas tout de suite que je vais trouver le sommeil. Alors, je m'envoie un petit porno et j'éjecte ce qu'il faut éjecter.