Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)

Chapitre 12

 

Julian : Salut Léna, je ne sais pas trop comment

te dire ce que j’ai à te dire…

J’efface pour la troisième fois le message que je m’apprête à envoyer à Léna. Je ne sais pas par où commencer ni comment lui écrire que je n’ai pas envie que l’on continue. C’est tellement fluide par écrit d’habitude avec elle, mais là je ne trouve pas les bons mots pour lui dire que j’ai envie qu’on arrête là. Pour moi, le contact physique est plus important que nos messages et ça ne l’a tout simplement pas fait de mon côté. Voilà, je vais lui écrire ça.

Julian : Salut Léna, je crois qu’on devrait arrêter

de s’écrire. Pour moi, ça n’ira pas plus loin… Tu n’y

es pour rien, je pensais que j’étais prêt, mais non…

Je ne sais pas d’où je sors ça, mais j’appuie sur le bouton « envoyer ». Ça passera peut-être mieux si je lui dis ça. J’appréhende sa réponse, mais j’éteins mon téléphone et sors courir, avec de la musique à fond dans mes écouteurs.

Les chansons de Bazzi me font tout oublier et je cours plus vite que d’habitude. La déception d’avoir tout fait foirer avec Léna me bouffe. Après tout, j’ai l’impression de lui avoir donné de l’espoir hier soir en lui parlant, alors que j’ai gardé pour moi mon ressenti de notre rencontre. Mais, elle n’en a pas parlé non plus. Donc, finalement est-ce uniquement de ma faute ?

 

Je ne sais jamais quoi penser de mes relations. La dernière fille avec qui j’étais, on ne peut pas dire que c’était génial. J’ai eu deux relations au total, et aucune des deux n’a réussi à me convaincre qu’un couple était ce qui me rendait véritablement heureux. Elles n’étaient pas très présentes, et je crois que leur manque de considération m’a beaucoup dérangé. Ou bien, est-ce moi qui ne les ai pas prises au sérieux ? Je ne sais pas. Tout s’embrouille dans ma tête et je dois prendre plusieurs respirations avant de retrouver mon souffle normal.

Lorsque je prends ma douche, je reste volontairement plus longtemps, essayant de faire fuir les sentiments qui m’assaillent par l’eau froide. Mais rien n’y fait, lorsque je sors, j’ai le malheur de regarder mon téléphone. Léna a répondu :

Léna : Julian, tu es sûr de toi ? On parlait si bien

hier soir… Qu’est-ce qui s’est passé ?

Julian : Je ne pense pas qu’on soit fait pour être

ensemble, et je ne veux pas te faire perdre ton temps.

Léna : Oh…

Je ne réponds rien, mais elle continue :

Léna : Écoute, tu sais où me trouver si tu changes

d’avis… N’hésite pas, Julian. Vraiment, je reste sur

Match&Meet, tu peux m’écrire quand tu veux.

Julian : Merci, Léna.

 

J’ai le sentiment d’avoir merdé et en beauté. Je n’arrive même pas à me comprendre exactement, mais je sais au fond de moi que ce n’était pas elle. Il n’y a pas eu de déclic lorsque je l’ai vue, pas de « waouh », pas de jeu de regard. Rien.

La frustration est un sentiment amer, j’ai tellement eu espoir qu’elle soit aussi bien que dans nos messages, mais je n’arrive pas à comprendre ce qui fait qu’elle était si différente. Roxane m’a bien dit de lui donner une seconde chance, mais je ne suis pas pour. Encore ce petit truc au fond de moi qui me dit que ce n’est pas la bonne. Je préfère suivre mon instinct et ne pas lui faire espérer quelque chose qui n’arrivera sûrement jamais.

***

 

 

— Alors vas-y, raconte-moi ! Qu’est-ce qui se passe ? me demande Roxane en s’installant sur une serviette.

Nous profitons de cette belle après-midi et du fait qu’elle n’ait pas cours pour aller à la plage. Le temps est chaud et sec, il fait lourd, mais l’eau est agréable.

— Je lui ai dit qu’on arrêtait là, dis-je en fuyant son regard.

— Quoi ? Quand ? Mais pourquoi ? Julian !

Je savais qu’elle allait m’engueuler, alors je me suis préparé à ses remontrances.

— Parce que… ça l’a pas fait, c’est tout. Je lui ai dit vendredi.

— Mais tu lui as même pas laissé une seconde chance, sérieusement ! Et on est lundi, tu m’as même pas appelée ce week-end ?

Elle hoche la tête, sans aucun doute désespérée par mon cas.

— Je voulais pas te déranger… Au fait, il est où Aron ? l’interrogé-je pour dévier son attention sur autre chose.

— Il vient plus tard, il a une heure de cours et il nous rejoint.

— OK !

— Mais ne change pas de sujet, Julian Sender ! On va te trouver une autre jolie fille ! Allez, donne-moi ton téléphone, m’ordonne-t-elle en tendant une main vers moi.

— Nan ! Pas d’autres filles de Match&Meet !

Elle me défie du regard et comme je perds tout le temps à ce sujet avec elle, je cède et lui jette mon téléphone sur le sable.

— Bien. On va regarder ça ! Tu m’as dit que t’avais des matchs, c’est ça ?

— Euh, je les ai tous supprimés…

Je regarde au loin l’horizon et elle souffle fort.

— OK. Alors on va aller checker ça ! Mais tu me désespères Julian, sérieux ! C’est pas compliqué de parler aux meufs, si ?

— Non, jusqu’à ce que tu les rencontres en vrai, dis-je en me moquant d’elle.

— Ouais bon, d’accord avec cette Léna, peut-être que ça n’a pas marché, mais je suis certaine que tu peux trouver un tas d’autres filles. Il y a qu’à te regarder, toutes les filles sont à tes pieds. Mais tu les vois pas, c’est tout.

— N’importe quoi !

— Regarde la blonde à droite, elle arrête pas de regarder vers ici, et sûrement pas pour moi ! chuchote-t-elle en portant son regard sur la fille en question.

Je n’y prête même pas attention et réponds directement :

— Mais c’est pas la question ! Moi j’ai besoin d’un truc naturel et Match&Meet… c’est tout sauf naturel, Rox !

— T’as trop d’attentes, en fait ! C’est ça ton problème. Tu sais quoi ? Je vais regarder les filles et je te poserai des questions, comme ça on va trouver ton genre !

— Mon genre ? dis-je dubitatif.

— Ouais, on a tous un genre qu’on préfère, tu dois en avoir aussi.

— Tu veux dire qu’Aron est ton genre de mec ?

— Bah ouais, il est canon mon mec !

— C’est clair, approuvé-je.

— Bref, c’est pas la question. Allez, je cherche.

Elle scrolle sur l’application et commence ses questions pendant que je m’allonge sur le sable :

— Pour commencer, tu les préfères blonde, brune, châtains, rousse… ?

Je relève le buste vers elle et fronce les sourcils :

— Sérieux, Rox ? J’ai pas de préférence !

— Bon. Tu les aimes grandes ? Petites ?

— Peu importe.

— Plutôt cheveux longs, courts ?

— On s’en fout de ça, non ?

Elle souffle encore une fois.

— Tu m’aides pas là ! Il doit bien y avoir un type de fille qui te fait kiffer ! Dis-moi, sur quelle actrice tu fantasmais plus jeune ?

— Mais j’en sais rien !

Je me mets à réfléchir à sa question, et je ne trouve aucune actrice ou chanteuse qui me vienne en tête.

— Le physique, ça m’importe peu… ajouté-je.

— J’ai saisi ! Bon, on va passer à la personnalité dans ce cas !

— Vas-y, je t’écoute.

— Tu aimes quand elles sont extravagantes ? Qu’elles portent plein de couleurs ?

— Euh… Nan.

— Bien ! On avance sur un point. Tu les aimes discrètes ?

— Ouais, je crois, hésité-je.

— Tu préfères une fille timide ? Ou une grande gueule ?

— J’aime quand elles ont de l’humour.

— Merci pour ta réponse totalement à côté de la plaque.

Elle se frappe le front en exagérant et ajoute encore :

— Tu me fatigues ! Je fais tout pour t’aider, mais ce n’est pas demain que tu vas être en couple mon petit gars !

— C’est pas grave…

— Sérieux Julian, je sais que ce n’est pas bien grave, mais fais un effort. Je sais que tu aimerais une copine, pourquoi est-ce que tu vas pas en soirée ? Un coup d’un soir n’a jamais tué personne.

— Je ne suis pas comme ça, et tu le sais très bien, dis-je d’une voix plus sévère.

— Mais ça ne te dit pas d’essayer comme ça ? Au moins tu saurais ce que tu aimes ou pas chez une fille.

— Mouais, nan, ça ne m’attire pas plus que ça.

— Ce sont les filles qui ne t’attirent pas ou le fait de coucher avec une inconnue ?

— Ouais c’est ça, dis-je sans répondre clairement à sa question.

Je me lève et retire mon t-shirt pour aller me baigner. En m’éloignant d’elle, je l’entends crier :

— On n’a pas fini cette discussion !

 

***

 

Je fais une passe, cours, Victor me refait la passe et je fais un double pas pour marquer un panier. Nous courons à travers le terrain et encore une fois, mon pote me fait la passe en retrait, puis bloque l’adversaire et je tente le tir à trois points. Le ballon touche l’anneau, rebondit et ne rentre pas. Je rage contre moi-même, mais je n’ai pas le temps de souffler que déjà nous courons tous de l’autre côté du terrain. Victor essaie de se placer, mais il ne se démarque pas assez et c’est moi qui reçois le ballon, encore une fois. Je saute et tire, cette fois ça rentre ! Je marque deux points.

Le coach nous crie des instructions, nous tentons de les suivre comme nous pouvons et enfin il siffle la fin de notre match d’entraînement.

Nous sommes tous essoufflés et transpirants. Nous nous dirigeons vers les vestiaires et nous prenons une douche. Alors que je suis en train de me rhabiller, j’interpelle Victor.

— Eh, t’as une minute ?

— Ouais, dis-moi ? dit-il en enfilant un t-shirt.

— Ça fait quelques jours que j’hésitais à te le dire, mais mon frère se fait harceler au lycée.

— Oh merde, s’étonne-t-il en écarquillant les yeux.

— Ouais, bon, soupiré-je. Je ne sais pas exactement qui sont ces mecs, mais il m’a dit que c’est un certain Calvin qui dirige la bande. Et comme tu m’as dit que ta sœur sort avec Calvin Boja, je me suis dit que peut-être c’était lui…

— Oh putain, t’es sûr de toi, là ?

Je vois déjà ses poings se fermer.

— Je ne sais pas, mais ça ne doit pas courir les rues les Calvin, si ?

— Nan, putain t’as raison !

Je sens qu’il bouillonne de l’intérieur, mais je tente de le calmer :

— Écoute, je ne suis sûr de rien, mais si c’est lui, il a salement amoché mon frère et t’aurais dû voir, c’était extrêmement violent ce qu’il a reçu. Il ne faut surtout rien faire et rien dire pour le moment, mais ce serait bien que ta sœur ne reste pas trop proche de lui… Je dis ça seulement pour te prévenir, enfin si ça se trouve c’est pas lui qui a frappé mon frère, mais je me suis dit que tu voudrais le savoir, au cas où…

— Mec, je vais éloigner ce connard de ma sœur tout de suite ! Par la force, s’il le faut, mais qu’il la touche plus ! Oh putain, je suis désolé pour ton frère, il va bien ?

— Il s’en remet, mais je crois que les gars continuent, parce que j’ai repéré d’autres bleus…

— OK, dis-moi ce que tu veux qu’on fasse et on le fait.

— On ne va rien faire. Je voulais juste te mettre au courant, par rapport à Calvin.

— Merci, mec. Mais t’es sûr que tu veux rien faire ? On peut aller le voir et lui faire avouer, nan ?

— Je ne sais vraiment pas comment on pourrait faire ça…

— Bah l’idée c’est pas de les frapper, la violence nous apporterait rien. Mais il faut les forcer à avouer.

— Ouais je sais pas…

— On va avoir besoin d’aide, nan ? propose-t-il déterminé.

J’acquiesce et il se tourne vers les autres membres de l’équipe. Il en appelle quelques-uns et Victor leur explique la situation. Ils sont choqués de l’apprendre et sont tous chauds pour le faire avouer. Nous échafaudons alors un plan tous ensemble et il ne reste plus qu’à les trouver, ces bâtards. Nous nous mettons tous d’accord sur la démarche à suivre et lorsque nous sommes tous habillés, nous sortons, plus déterminés que jamais.

 

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