Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)
Chapitre 36
Trois petits jours, ça passe vite et en même temps ça laisse le temps de cogiter. Je vais rencontrer les parents de Lyam ce soir, et je suis dans tous mes états. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. Peur qu’ils ne m’aiment pas, peur qu’ils ne me trouvent pas assez bien pour Lyam. Comme d’habitude, je pense à plusieurs scénarios possibles dans ma tête, mais je n’envisage pas le positif. Roxane me massacrerait si elle savait toutes les interrogations qui traversent mon esprit à cet instant.
Je suis retourné hier au travail, seulement pour guider l’apprenti dans la confection des macarons. Il a tellement attendu de pouvoir les faire lui-même. Ce jour est enfin arrivé. Je dois dire qu’il se débrouille plutôt bien et sa détermination à exécuter chaque étape minutieusement m’a prouvé qu’il était prêt. J’ai profité pour récupérer une boîte de macarons, afin de les apporter ce soir chez Lyam.
Je n’ai pas arrêté d’échanger avec lui par message, il est rentré ce matin et se concentre déjà sur les cours qu’il a loupés. Je le comprends, il doit passer ses examens à la fin du mois.
Mais pour le moment, je suis en train de chercher comment m’habiller dans mon armoire. C’est toujours dans ces moments-là qu’on ne trouve rien à se mettre. J’enfile un t-shirt blanc tout simple avec une chemise en jean et un short noir. Je mets des baskets blanches et en passant dans la salle de bain, un petit coup de parfum.
Je n’ai pas prévenu mes parents d’où est-ce que j’allais. Ils pensent que j’ai une soirée chez Roxane. De toute façon, mon père ne veut plus me parler. J’ai essayé de lui dire que je ne vois plus Lyam, il n’a rien voulu entendre pour l’instant. Je le laisse ruminer dans son coin, mais cela me fait mal. Il est si borné, cela me rend dingue.
J’emporte la boîte de macarons avec moi et sors. Lyam est garé dans une rue parallèle à la mienne. J’avais trop peur que mon père nous voie. Il ne m’aurait pas laissé monter dans sa voiture et surtout, je n’aurais plus eu le droit de rien faire. Je marche donc jusqu’à sa voiture et monte dedans, non sans une pointe d’appréhension. Je décide malgré tout de faire confiance à Lyam. Il n’a pas l’air choqué par l’accident et c’est au moins une bonne chose.
— Salut, enfin te voilà, dis-je en entrant dans l’habitacle.
— Ouais, ça va ?
— Un peu stressé, mais ça va et toi, depuis ce matin ?
— Ça va ! Je suis trop heureux que tu les rencontres, si tu savais. Ça compte tellement pour moi !
Nous faisons le trajet en écoutant de la musique, je ne parle pas beaucoup, plus préoccupé par mes propres pensées. Mais nous arrivons rapidement devant chez lui.
— Ne t’inquiète surtout pas, tout va bien se passer. Au pire, souviens-toi que ce ne sont pas mes parents biologiques, je peux toujours les envoyer chier, s’amuse-t-il.
Je m’étonne qu’il en rigole, mais cela a le don de me faire sourire malgré tout.
— Et ça va, par rapport au fait que tu aies été adopté ? m’assuré-je avant d’entrer.
— Ça ne change rien pour moi… C’est eux que j’aime.
Je l’admire tellement. Nous entrons et sommes accueillis par sa mère.
— Bonjour madame, dis-je. J’ai apporté ça, ajouté-je en lui tendant la boîte de macarons. C’est pour vous.
— Entre ! Oh merci beaucoup ! Appelle-moi Olivia, pas de madame !
— D’accord, dis-je un peu embarrassé.
— Papa, on est là, s’écrie Lyam à travers la maison.
Il habite un très beau pavillon au centre de Surfside. C’est grand, il y a beaucoup d’espace et la décoration est moderne, dans les tons noir, gris et blanc. C’est sobre et à la fois on sent qu’ils ont du goût.
— On va prendre un apéritif, qu’est-ce que je vous serre les jeunes ? demande Olivia.
— Oh laisse maman, je vais servir Julian, on va voir ce qu’il y a.
— Ça marche, acquiesce-t-elle en se rendant dans ce que je suppose être la cuisine en voyant seulement un frigo à travers la porte.
— Viens, tu veux boire quoi ?
Je hausse les épaules et le suis à travers le couloir. Nous prenons finalement un pepsi et nous allons sur la terrasse. La table est déjà prête, mais tout est très simple. Je suis heureux de voir qu’ils sont comme moi à la maison. Son père arrive et me tend la main :
— Enchanté Julian, je suis Ben, le père de Lyam.
Je lui serre la main et souris timidement.
— Bonjour !
— Alors comme ça, vous êtes ensemble ? nous demande-t-il en s’installant autour de la table.
— Ouais, je vous présente donc Julian, mon petit ami.
Cette phrase résonne fièrement en lui et mon cœur bat plus vite. Je ressens un immense sentiment de soulagement d’être ici. Ses parents sont si ouverts, ils ne font aucune remarque, n’ont aucune question déplacée. Non, ils prennent la nouvelle tout à fait naturellement.
Toute l’anxiété que j’ai pu avoir s’envole immédiatement lorsque sa mère nous dit :
— Vous êtes beaux tous les deux. Installez-vous ! Ben va bientôt mettre la viande sur le feu. On fait des grillades, tu n’es pas végétarien, Julian, si ?
— Non, maman, il n’est pas végétarien, je te l’aurais dit sinon, répond Lyam à ma place.
Je souris et confirme ce que vient de dire Lyam.
— Ah, ouf ! Bon alors, on a prévu un barbecue, c’est tout simple.
— C’est parfait. Ne vous embêtez pas pour moi.
— Tu es notre invité quand même ! Je suis heureuse de voir Lyam si heureux depuis qu’il est avec toi.
— Maman, on commence pas à raconter tout et n’importe quoi à mon sujet ! Je suis là je te rappelle ! la menace-t-elle pour rire.
— Mais non, t’en fais pas Lyaminou !
Je ne peux m’empêcher de rire à l’évocation de ce surnom, mais Lyam surenchérit de suite :
— Maman ! Je t’interdis de rire à ce surnom que j’avais à 4 ans ! s’exclame-t-il en s’adressant à sa mère sur la fin de sa phrase.
Elle rit à son tour et nous trinquons à notre rencontre.
Je me sens bien. Nous discutons de sujets divers et variés. Ils me posent plusieurs questions sur ma vie, mon travail, mes passions et la conversation est très fluide. Je ne me serais jamais imaginé les parents de Lyam aussi cool qu’ils le sont. Il m’avait pourtant prévenu, mais ils sont vraiment adorables. Au-delà de toutes mes espérances !
La nuit tombe peu à peu et Olivia allume les lumières de la terrasse. C’est tellement beau, on croirait qu’il y a une centaine de petites étoiles au-dessus de nous. Les petites led sont accrochées à la pergola et on a l’impression d’être dans un petit cocon.
Nous passons une super soirée. Je suis totalement à l’aise et cela me surprend moi-même. Non seulement je discute ouvertement, mais en plus je peux parler librement de ma relation avec Lyam et le fait que je sois homosexuel n’est pas un sujet difficile autour de cette table. Ça fait tellement de bien de pouvoir être soi.
Ce soir, j’ai découvert ce que c’était que de vivre. Quand je dis vivre, j’entends par là d’être entièrement soi-même, de ne pas se cacher, de pouvoir être proche de mon chéri et surtout de pouvoir parler librement de tous les sujets tabous chez moi. Les parents de Lyam sont incroyables et il a l’air de s’entendre avec eux à merveille. C’est si rare de voir une relation si fusionnelle entre un fils et ses parents. Nous parlons de l’accident, nous leur racontons ce qui s’est passé et ils ont très bien réagi. Apparemment, les freins de la voiture étaient abîmés et cet accident aurait pu arriver à n’importe quel autre moment. Cela diminue la culpabilité que je ressens.
Au dessert, Olivia apporte un cheesecake et met les macarons que j’ai amenés sur une assiette.
— Et voilà les petites merveilles que Julian nous a apportées !
— Ça a l’air bon tout ça, s’extasie le père de Lyam.
Il prend un macaron au caramel et le fourre en entier dans sa bouche.
— Hummm, ché trop bon !
Il n’a pas fini sa bouche qu’il nous dit déjà à quel point il adore. Nous rions et Olivia le rappelle à l’ordre :
— Parle quand tu n’as plus rien dans ta bouche, bon sang !
Il rit et s’excuse de bon cœur.
— Non sérieux, ils sont excellents, Julian ! Tu peux en amener quand tu veux !
Lyam acquiesce à son tour et nous mangeons le cheesecake que sa mère a fait. Il est très bon aussi.
Olivia et Ben n’ont aucun trait en commun avec Lyam. Son adoption me saute aux yeux. Ils ont tous les deux les yeux bruns et une couleur de peau très pâle par rapport à celle de Lyam. Sa mère est rousse et son père a les cheveux blonds. Tout le contraire des cheveux bruns et des yeux bleu lagon de mon copain.
Le repas se termine sur des petites histoires de Lyam petit. C’est toujours drôle d’avoir ce genre d’information. Il me fait ensuite visiter la maison et nous entrons dans la dernière pièce. Dans sa chambre, il se jette sur son lit et m’invite à le rejoindre. Nous organisons la petite soirée sur la plage de demain soir. Il envoie des messages à Léna et Nate, pendant que je demande à Roxane si elle est d’accord pour venir. Elle me répond presque instantanément qu’elle sera là avec Aron et les potes de Lyam confirment leur présence aussi.
D’un coup, il change de sujet :
— Reste dormir ce soir, s’impose-t-il.
— Quoi ? Mais non, mes parents voudront jamais.
— Mec, de un t’as vingt ans, tu fais ce que tu veux non ?
— Ouais, t’as pas tort…
— Et de deux, au pire, dis-leur que t’es chez Roxane ?
Il trouve les bons arguments et je meurs d’envie d’accepter. Pourtant, je ne sais pas si cela est raisonnable.
— Et tes parents, tu crois qu’ils diront quoi ? demandé-je à mon tour.
— Je crois que tu as bien vu à quel point ils sont ouverts et sympas. Ils ne diront jamais non.
Encore un point pour lui.
— Reste, s’il te plaît, dit-il en me caressant la joue.
Nous sommes allongés sur son lit, l’un contre l’autre. Je cède, parce que j’ai une terrible envie de passer la nuit à ses côtés.
J’envoie alors un message à ma mère pour lui dire que je ne rentre pas dormir.
— T’as de la chance parce que si je n’avais pas le bras dans le plâtre, je devrais me lever à trois heures et demie !
— C’est vrai… Et je compte bien en profiter ! dit-il tout bas.
Nous nous embrassons pour conclure notre soirée.
Il me prête un t-shirt, nous nous installons dans son lit et nous regardons un épisode de Lucifer avant de dormir. Ça me fait tout drôle d’être dans le même lit que lui, mais étrangement ce soir, je ne me pose plus de question. Je me laisse juste aller et je vis le moment présent.
***
J’ai donné rendez-vous à tout le monde pour dix-neuf heures à la plage, à notre emplacement habituel. Chacun rapporte quelque chose à manger et à boire et nous mettons tout en commun. Mon bras est encore handicapant, j’aimerais pouvoir retrouver l’usage des deux, mais j’en ai encore pour minimum trois semaines. De longues séances de rééducation m’attendent, je n’ai pas forcément hâte…
Lyam et moi arrivons ensemble. Nous installons les grands plaids et posons les affaires que nous avons apportées. Roxane et Aron arrivent, suivis de près par Léna. Nate finit par arriver lorsque nous prenons l’apéro. Nous faisons les présentations entre ma meilleure amie et les amis de Lyam. Je suis heureux d’être entouré des gens que j’aime et nous passons une soirée tout simplement géniale. Le coucher de soleil est sublime, les couleurs dans le ciel nous éblouissent. Chacun apprend à se connaître, nous faisons des jeux et nous rions aux éclats environ trois fois par minute.
Nate a apporté de l’alcool, nous en buvons tout en faisant attention à ne pas nous faire prendre. Je branche une enceinte de musique et nous dansons comme des débiles au bord de l’eau.
Lyam me prend à part pour marcher, les pieds dans le sable fin, au bord de l’eau.
— Merci pour cette soirée.
— Oh, mais j’ai rien fait, dis-je.
— Si, c’était ton idée à la base, merci !
— C’est rien… Je suis content de voir que ça te fait plaisir.
— Ouais… Il fallait que je te dise quelque chose.
— Je t’écoute.
Je sens son hésitation, alors je lui prends la main et l’arrête dans notre marche. Il se lance enfin :
— J’ai décidé d’ouvrir une boutique de vêtements en ligne à la rentrée.
J’ouvre grand les yeux et m’exclame :
— Mais c’est une super nouvelle !
— Ouais… Je ne sais pas si ça marchera, mais c’est un projet que j’aimerais faire… L’accident m’a vraiment fait prendre conscience qu’il faut faire ce qu’on aime, parce que la vie ne tient qu’à un fil…
— Oui, c’est sûr. Mais c’est trop cool ! En tout cas, tu peux compter sur moi, je te soutiens quoi qu’il arrive !
— C’est vrai ? Tu m’aiderais ?
— Bien sûr ! dis-je avant de l’embrasser subtilement sur la bouche.
Il me prend dans ses bras et me chuchote un merci.
— C’est normal. C’est toi et moi, maintenant.
Nous revenons avec les autres, puis Roxane demande à Lyam s’il peut nous danser quelque chose.
— Allez, s’il te plaît ! J’aimerais trop te voir en vrai !
— Bon alors, Léna tu danses avec moi ?
— Hein, moi ?
— Bah oui, t’es mon binôme, tu te souviens ?
— Ouais, enfin tu fais ton solo pour le spectacle… répond Léna.
— Et alors ? Ça ne nous empêche pas de danser ensemble !
Elle cède facilement et Lyam me demande de mettre une musique sur mon téléphone.
Nous les observons avec attention et leur danse est magique. Le cadre est idéal, sur la plage, le bruit des vagues en fond et la musique qui résonne… On ne pourrait pas rêver mieux. Lyam et Léna dansent ensemble et nous offrent un magnifique spectacle.
La soirée continue jusque tard dans la nuit et nous prenons un taxi pour rentrer, car ayant tous les deux un peu bu, c’est plus prudent. Je vais dormir chez Lyam et à peine nous avons passé la porte de sa chambre, qu’il me saute dessus.
Il pose ses mains partout sur mon corps et tous mes sens s’enflamment. Je m’allonge sur son lit, il vient sur moi et ses doigts parcourent le moindre centimètre de ma peau. Je fais la même chose, d’une seule main, et je peux déjà voir les frissons sur son corps. Nos respirations sont haletantes, nous nous embrassons encore et encore, jusqu’à ne plus réussir à respirer. Il me déshabille doucement, faisant attention à mon plâtre et je retire un à un ses vêtements à mon tour. Nos peaux se touchent, s’entrechoquent et se caressent. Nous retirons nos caleçons et il se dresse devant moi, complètement nu. Je suis moi-même à sa merci et nous nous rencontrons enfin, pour de vrai.
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