Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)
Chapitre 37
Ça fait une semaine que Lyam est sorti de l’hôpital et nous pouvons enfin vivre notre relation comme un véritable couple. Ce matin, au réveil, une drôle de sensation grandit en moi. Comme si ces derniers jours m’avaient complètement changé. Je décide qu’enfin je veux présenter Lyam à ma mère et à mon frère, de façon officielle. Je sens que c’est le bon moment. Pour mon père, j’ai pris la décision de ne pas lui mentir, je ne lui ai tout simplement rien redit depuis la dernière fois. Malheureusement, il ne souhaite plus me parler. Cela me fait toujours un pincement au cœur lorsque j’y pense, mais c’est son choix et je ne veux plus me gâcher la vie à cause des autres. Que ce soit mon père me fait d’autant plus mal, mais il faut que j’aille de l’avant. Peut-être qu’il finira un jour par l’accepter… Et sinon, il se peut que notre relation soit complètement rompue.
C’est une chose que j’intègre petit à petit, et je ne peux pas faire grand-chose pour changer sa façon de me percevoir à présent. J’ai décidé de ne plus retourner au basket. Ma décision est prise, je quitte mon équipe à la rentrée. Je ne pourrai de toute façon pas assurer les entraînements de cet été, mais je ne reviendrai pas en septembre. Je ne veux pas arrêter pour autant, mais je pense pouvoir trouver une autre équipe. Peut-être une équipe en loisirs, cela enlèvera la pression des matchs. Ne sachant pas vraiment dans quel état je pourrai rejouer, ce n’est pas plus mal.
Je profite du fait que mon père ne soit pas à la maison, pour faire venir Lyam chez moi. Il sonne et je lui ouvre sans attendre.
— Hello, dis-je en l’embrassant.
— Coucou.
Nous entrons dans le salon et ma mère se lève du canapé. J’ai l’impression d’avoir quinze ans, mes mains sont moites et mon cœur bat à toute vitesse. On dirait que je transpire, mon angoisse est telle, j’ai peur qu’il ne plaise pas à ma mère. J’appréhende soudain qu’elle dise quelque chose de travers ou tout simplement que ça se passe mal.
— Maman, je te présente Lyam, mon copain.
Mais ma peur s’évanouit avec le grand sourire de ma mère qui salue Lyam.
— Bonjour Lyam, je suis ravie de te rencontrer.
— Bonjour, moi aussi.
— Alex ? Lyam est là, crié-je dans les escaliers pour qu’il descende.
Sa porte s’ouvre une seconde plus tard et il se précipite pour le voir.
— Salut, mec, dit-il joyeux.
Ma mère enchaîne en lui demandant ce qu’il fait dans la vie et la conversation se poursuit naturellement. Je suis rassuré, à tel point que j’ai l’impression de souffler tout l’air qui était bloquée dans ma poitrine.
— Lyam, je tenais à m’excuser pour l’absence de mon mari… C’est compliqué pour lui, mais sache que tu es le bienvenu dans la famille.
La déclaration de ma mère me donne presque les larmes aux yeux. Le fait qu’elle y pense me touche et je le vois, touche aussi Lyam.
— Ce n’est rien, merci beaucoup.
Je peux ressentir toute l’émotion de l’instant. Nous passons un moment avec mon frère et ma mère, puis je lui fais ensuite visiter ma maison. Nous finissons par ma chambre, et y restons.
— Ça va ?
— Bien sûr ! Il est cool ton frère !
— Oui.
J’ai le sourire aux lèvres et je m’assieds sur mon lit en tapotant la place à côté de moi, lui faisant signe de s’asseoir ici.
— Je suis content que tu les aies enfin rencontrés, lui avoué-je.
— Moi aussi… Elle est sympa ta chambre, ajoute-t-il.
— Merci.
— Mais ce que je préfère, c’est toi, dit-il en m’enlaçant.
Oh, moi aussi.
Je rapproche mon visage du sien et nous nous embrassons, d’abord lentement puis nos gestes se font de plus en plus pressés.
Je l’aime tellement que j’ai envie de lui faire ressentir tout ce que je ressens lorsque je suis avec lui. Ses lèvres se posent partout sur mon visage puis peu à peu partout sur mon corps. Je le ralentis légèrement.
— Attends, on pourrait nous entendre…
— Aucune importance, dit-il les yeux remplis de fougue.
— Ouais, t’as raison…
Nous continuons notre ascension de baisers et de caresses, avec une tendresse infinie.
***
Je vais retirer mon plâtre la semaine prochaine. Je suis tellement impatient qu’on m’enlève ce truc ! Ce week-end, Lyam a prévu de faire une sortie en bateau. Je me réjouis sincèrement de passer du temps rien qu’avec lui.
Plus les jours passent et plus mes certitudes s’ancrent en moi. Je l’aime. Plus que tout. Il est celui qu’il me faut, celui qui me rend heureux et celui avec qui je suis moi-même, tout simplement. L’amour ne se contrôle pas, je suis tombé amoureux de lui, chaque jour un peu plus. Lyam est celui que je n’attendais pas, et pourtant, il est devenu le seul et l’unique que je veux dans ma vie.
Il fait très chaud, la météo prévoit un pic de chaleur à trente-six degrés cette après-midi. Il y a aussi beaucoup de vent, ce qui nous permet de respirer, même en plein soleil. Lyam et moi préparons nos affaires pour aller sur le bateau et il me prévient :
— Prends une tonne de crème solaire, je rigole pas ! L’année dernière, j’y suis allé avec mes parents et ma sœur. Elle était brûlée tellement qu’elle avait pris le soleil.
— Ah ouais d’accord, j’en prends !
— OK, moi je m’occupe des boissons, c’est déjà dans le coffre.
Nous empruntons le bateau de son père. Lyam a un permis pour naviguer avec et je suis totalement confiant. J’ai toujours adoré l’eau et cette escapade est vraiment la bienvenue.
Je sais que je vais souffrir avec ce foutu plâtre, mais c’est le dernier de mes soucis actuellement.
— Ça y est, tu as tout ? s’assure-t-il.
— Oui !
Je pose le dernier sac dans la voiture. Lyam porte ses lunettes de soleil sur le nez, une chemise blanche ouverte sur son torse nu et un short de plage bordeaux. Je le trouve terriblement sexy dans cette tenue et lui fais savoir.
— Pas plus que toi ! rétorque-t-il. Allez, on y va !
Il démarre et nous voilà en route en direction du port de Bal Harbour Marina.
— Je suis trop content qu’on puisse se faire cette journée tous les deux, lui avoué-je.
— Moi aussi !
Nous arrivons au port, il est presque onze heures et le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Je mets une casquette et enfile mes lunettes de soleil. Lyam quant à lui, prend déjà nos affaires pour les monter dans le bateau. Finalement, lorsque je le vois, je dirais plutôt qu’il s’agit d’un yacht. Il est petit, mais il a l’air tout de même très luxueux. Nous montons sur la passerelle et je pose enfin un pied sur le yacht.
— Il est sacrément beau, ton « bateau », mimé-je avec un doigt.
— Ouais, il est cool hein ? Je savais que tu nous prendrais pour des riches si je te disais qu’on avait un yacht, mais ouais on a un yacht, rigole-t-il.
— Je ne juge pas, vraiment pas ! C’est… vraiment la classe !
— J’avoue. Il appartenait à un pote de mon père, et il lui a racheté.
— Stylé ça. Et tu sais le conduire alors ?
— Ouais, j’ai fait une formation et mon père m’a montré plein de choses. Tout va bien se passer, t’inquiète je gère !
— J’en doute pas.
Je lui fais confiance et nous montons dans le yacht. C’est assez petit, mais il y a tout ce qu’il faut pour s’installer convenablement à deux.
Il me fait visiter la cabine et je suis émerveillé. C’est super classe, je n’en reviens pas que ce soit à eux. Nous remontons et Lyam s’éloigne de moi.
— Qu’est-ce que tu fais ? lui demandé-je en le voyant aller sur le pont.
— Je déplie le bimini, c’est la toile qui nous servira de parasol, si tu préfères. Ça nous abritera un peu du soleil et nous évitera les coups de soleil !
Je l’observe à l’œuvre et de ses bras musclés, il déplie habilement cette toile.
— Au fait, il y a pas mal de vocabulaires que tu ne dois pas connaître sur un yacht !
— Euh ouais sûrement, parce que je n’ai clairement jamais employé le mot « bimini ».
— Et le mot « galley » ?
— C’est quoi ?
— C’est la cuisine dans un yacht, sourit-il. Ah et ce qu’on appelle communément les toilettes, ici tu appelles ça « head ».
— Ah ouais, c’est quoi ces mots, me moqué-je.
— Eh, c’est pas moi qui les ai inventés !
Il fait démarrer le yacht et nous partons au large des côtes de Bal Harbour. Le vent est agréable, le paysage est magnifique et je sens que cette journée va être parfaite. L’eau turquoise est sublime. Le ciel bleu à perte de vue l’est tout autant.
Lyam dirige le yacht d’une main de maître, on dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Je suis admiratif. Je m’assieds sur la petite place à ses côtés et nous discutons.
Lorsque nous sommes assez éloignés, Lyam lance le pilotage automatique et nous avançons à vitesse de croisière. Nous mangeons des salades que je nous ai préparées.
Alors que je me prends une canette de thé glacé, Lyam commence à me parler de ses parents :
— Tu sais, je t’ai dit que j’ai été adopté ?
— Oui ? demandé-je ne sachant pas où il veut en venir.
— J’ai beaucoup réfléchi et je crois que j’aimerais savoir qui ils sont.
— Ah oui ? Tu penses que ça t’aiderais ?
— Je ne sais pas… C’est juste que depuis que je l’ai appris, d’abord j’ai pensé que c’était qu’un détail, que mes parents sont et resteront pour toujours Olivia et Ben. Mais depuis quelques jours, j’y pense beaucoup… Je me dis que peut-être, j’aimerais savoir d’où je viens.
— Et tu leur en as parlé, du coup ?
— Non, toujours pas… Je crois que j’ai peur de ce qu’ils pourraient me dire.
Je mets de côté ma canette et termine ma salade, avant de lui répondre :
— Je comprends… Mais tu devrais déjà leur en parler, si ça se trouve ils ont les réponses à toutes tes questions.
— Tu crois ?
— Franchement, j’en sais rien. Mais ça vaut la peine de leur demander… Je ne pense pas qu’ils le prendraient mal et puis tu es en droit de savoir.
— C’est ce que je me suis dit… Je crois que j’aimerais vraiment savoir qui sont mes vrais parents.
— C’est normal… Enfin, je veux dire que tu as envie de découvrir tes racines, ton passé.
Il acquiesce en mangeant et je poursuis :
— Et est-ce que tu as pensé au cas où ils ne sauraient pas qui sont tes parents biologiques ?
— Justement, et s’ils ne savent pas, je fais quoi ?
— Je ne sais pas… avoué-je.
— Est-ce que ce serait possible de faire des recherches, tu penses ?
— Sûrement, mais comment, ça je sais pas.
Il ne dit plus rien et je vois bien que quelque chose le tracasse.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Ça peut paraître bête, mais j’ai l’impression que je ne sais plus qui je suis…
— Oh, Lyam…
Je m’approche de lui et pose ma main sur son bras. Dans un geste apaisant, je tente de le rassurer.
— Si ça te perturbe autant, alors il faut que tu trouves des réponses. Et je t’accompagnerai, je serai là. Je serai toujours là !
— Merci… dit-il en posant sa main sur la mienne.
— C’est normal.
— Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter quelqu’un comme toi… Tu es tellement gentil, patient, généreux, tu as un grand cœur… Et tu es tellement beau. Tu ne t’en rends pas compte Julian, mais tu es exceptionnel.
Ses mots me touchent, beaucoup.
— Je pourrais te dire exactement les mêmes choses, chéri.
— Tu as dit chéri ?
Il me regarde avec des cœurs à la place des yeux et j’approche mon visage du sien pour l’embrasser. Il passe une main dans le bas de mon dos et nous restons ainsi un long moment.
— Ça te dérange que je dise « chéri » ?
— Pas du tout, au contraire, j’adore ça !
— Alors je vais le dire tout le temps… déclaré-je d’une voix basse.
— Parfait ça.
Il m’embrasse à son tour et mon cœur s’emballe. Puis, il recule ses lèvres de quelques centimètres pour me souffler :
— Tu sais qu’hier ça a fait un mois qu’on est ensemble ?
— Oui, c’est vrai qu’on est déjà le dix-sept juillet… Ça passe tellement vite, m’étonné-je.
— Je t’aime.
— Je t’aime aussi, chéri, dis-je en appuyant exprès sur le chéri. Avec toi, j’ai envie de tout faire, envie de tout affronter…
— Je ne te l’ai jamais dit, mais je suis fier de toi.
— Pourquoi ça ?
— Parce que la première fois que tu m’as rencontré en tant que Lyam, à la plage au début du mois de mai, tu avais ce regard triste et apeuré, presque perdu. Et aujourd’hui, tu as fait beaucoup de chemin…
— C’est vrai, mais c’est grâce à toi, en quelque sorte… dis-je.
— C’est surtout grâce à toi en fait, déclare-t-il.
— Mais non…
— Si, je t’assure Julian.
— Bien sûr que non, c’est grâce à toi ! Tu m’as aidé à me poser les bonnes questions et j’ai énormément réfléchi… Et puis, tu as toujours été si patient. T’aurais pu ne jamais me reparler.
— Euh, je crois que tu parles plutôt de ton cas là. Je débarque alors que tu pensais que c’était Léna. Je crois que c’est plutôt toi qui aurais pu ne jamais me reparler et m’envoyer bouler.
— Il faut croire que la vie nous a mis sur nos chemins pour une raison…
— Je commence à croire au destin !
Je lui souris, d’un grand sourire et il hausse un sourcil.
— Bah quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
— Rien, rien. C’est juste que… jamais je n’aurais pensé tout cela possible. Et pourtant, je suis tellement bien avec toi. Parfois, je réalise pendant une courte seconde que tu me donnes tout l’amour que je te donne et j’arrive à le percevoir pendant un petit instant. Et ça me fait tout drôle… Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire ?
— Je vois très bien… Je ressens la même chose… Et c’est pendant ces petits moments où je réalise que je suis amoureux de toi. Tellement amoureux de toi.
C’est donc ça, tomber amoureux. Vivre dans un nuage, être heureux et se reconnecter à la réalité pendant de toutes petites secondes pour réaliser que tout ça est bel et bien vrai.
— Tu n’as pas idée à quel point je t’admire, dis-je d’un air timide.
Il m’embrasse avec ardeur et ajoute :
— Julian, toi aussi tu es admirable. Tu as dépassé tous tes propres préjugés et nous voilà, à jouer les fleurs bleues. Tu es incroyable… Tu ne t’en rends juste pas encore compte.
— Profite, parce que je ne suis pas du genre à te dire ça tous les jours !
Je ris et il déclare que lui non plus. Ça tombe bien, je préfère quand ce genre de déclaration n’arrive que rarement, afin d’en préserver toute sa valeur.
Quand j’étais petit, j’ai toujours rêvé de faire quelque chose qui changerait le monde. Je ne sais pas vraiment ce que je peux faire. Mais une chose est sûre : je rêve que le monde comprenne à quel point l’amour peut apparaître à n’importe quel moment, entre n’importe quelles personnes, il reste l’amour. Intense et fort.
Il y a quelques semaines, je me souviens avoir traîné sur des forums de personnes discutant de leur homosexualité, certaines personnes étaient aussi perdues que moi… J’aimerais leur dire que rien n’est perdu, qu’avec le temps on trouve les réponses et on découvre ce que signifie l’amour pour nous. J’ai appris qu’on aime une personne parce qu’elle ne ressemble à aucune autre, et c’est bien pour cela que mes sentiments sont si forts pour lui.
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