Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)

Chapitre 22

 

Malgré l’heure matinale à laquelle je dois me réveiller ce matin, je suis excité à l’idée de rencontrer Lyam pour de vrai ce soir. Une petite boule se forme dans le creux de mon ventre. Je sens déjà le stresse se pointer. J’essaie de ne pas m’en formaliser et me prépare à aller à la boulangerie.

Je m’occupe de mes tâches habituelles et prends soin de confectionner plus de macarons qu’en moyenne. Je les mets de côté lorsqu’ils sont prêts, une petite boîte cachée au fond de la chambre froide. Personne ne les verra, j’en suis certain.

La matinée passe à une vitesse folle. Je n’ai pas vraiment le temps de penser à moi une seconde. Il est déjà quatorze heures trente. Je prends le temps de nettoyer les plans de travail et lorsque tout est propre, je me change pour rentrer chez moi.

Je prends la boîte des macarons pour ce soir, la fourre dans mon sac et annonce à mon père que je m’en vais. Il me répond d’un signe de la main et ni vu ni connu, je repars avec le dessert pour mon rendez-vous.

 

Plus les heures passent et plus je me rends compte que notre rencontre approche. L’appréhension se mêle à l’excitation. J’ai du mal à cerner ce que je ressens le plus. Ai-je peur que nous n’ayons rien à nous dire ? Ou au contraire suis-je vraiment heureux de le voir au point que j’ai peur de dire ou faire quelque chose de travers ?

C’est étrange parce que je n’ai jamais rien ressenti de tel lorsque j’avais un rendez-vous avec une fille. Je ne me suis jamais posé autant de questions. Enfin, j’ai toujours été un peu stressé. Mais aujourd’hui c’est différent, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus en jeu. Tout ce dont j’ai envie, c’est de lui plaire. Plus que tout, j’ai envie qu’on passe un bon moment. C’est assez bizarre de me dire que je vais avoir un date avec un mec… C’est comme si j’allais voir mes potes, mais au fond de moi je sais que je ressens plus que ça envers lui.

J’essaie d’arrêter toutes ces pensées qui m’assaillent. Mon téléphone est un bon moyen de diversion. Pourtant, c’est Roxane qui me parle de Lyam :

Roxane : Bon alors, tu vas le rencontrer un jour,

ce Lyam ?

Oh non, j’ai carrément oublié de lui dire hier soir !

Tellement pris par les événements, je n’ai pas songé à lui écrire pour la prévenir qu’enfin nous allons nous rencontrer. Après tout, peut-être qu’inconsciemment je l’ai fait exprès et que j’avais envie de garder mes petits secrets… Juste le temps d’une soirée. Mais je me dois de lui dire quand même, c’est ma meilleure amie et elle est toujours au courant de tout !

Julian : Oui, dans une heure.

Roxane : QUOI ? Et tu me le dis seulement

maintenant ? J’hallucine !

Julian : Oui, désolé, ça s’est décidé hier. Et j’ai

pas eu le temps de te prévenir. Mais je le fais

maintenant, n’est-ce pas ? 😊

Roxane : T’avais intérêt !!! Oh, mais c’est trop

cool, je suis trop contente pour toi !

 

Julian : Oui 😊

Roxane : Et tout va bien ? Pas trop nerveux ?

Julian : Moi, nerveux ? Jamais !

 

Roxane : C’est bien ce que je me disais ! Julian,

juste sois toi-même. Le reste suivra !

Julian : Merci du conseil.

Roxane : Toujours là !

 

Je souris à son dernier message, et c’est vrai qu’elle a toujours été là pour moi. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Et pourtant, je réalise encore une fois que je n’ai jamais rien imaginé avec elle. Roxane a toujours été une amie pour moi, ou une sœur. Mais à aucun moment je n’ai songé à aller plus loin. D’un coup, c’est le visage de Lyam qui apparaît dans mes pensées. Oui, parce qu’avec lui en revanche, c’est tout le contraire… Il me donne envie de faire des choses… Je ferme les yeux pour laisser s’échapper ces pensées et me dirige vers mon armoire. Il faut que je trouve ce que je vais porter. Le grand dilemme pour un date.

Je décide d’enfiler un short noir et une chemise légère en lin à rayures blanches et bleues. Je laisse mon collier en fines perles beige sous la chemise et n’oublie pas de prendre mes lunettes de soleil. Un rapide passage à la salle de bain me permet de mettre mon parfum préféré. L’odeur masculine prend toute la pièce et ça y est je me sens prêt à rencontrer Lyam.

Les mille doutes que j’ai en tête tentent de me déstabiliser, mais je ne me laisse pas submerger cette fois. Prenant le conseil de Roxane à la lettre, je vais être moi-même et si cela plaît à Lyam alors c’est cool. Sinon, cela voudra dire que je devrais mettre un terme à nos discussions…

 

Je claque la porte derrière moi et marche jusqu’à la baie. Un coup d’œil à ma montre me rassure, je ne suis pas en retard. Il fait chaud, mais un léger vent rend l’atmosphère supportable et agréable pour pique-niquer sur la plage. Je sens mes mains devenir moites sur la sangle de la petite glacière que j’ai apportée. Plus j’approche de la plage et plus mon cœur fait des embardées.

J’observe tout autour de moi, à la recherche de Lyam. Je me souviens qu’il va venir en voiture alors j’avance vers le parking attenant à la baie. Une voiture approche, une grosse Volvo grise arrive doucement et je reconnais Lyam au volant. En m’apercevant, il me fait un signe de la main. Il se gare rapidement et sort avec un sac à dos.

Je m’approche ? J’attends planté ici ? Je ne sais soudain pas quoi faire de moi.

Tout naturellement, Lyam marche vers moi et m’offre son plus beau sourire. Sa voix douce m’interpelle déjà :

— Hey.

— Salut, réponds-je.

— Comment ça va ?

Ne sachant pas trop comment nous saluer, nous finissons par une brève accolade un peu maladroite.

— Ça va, et toi ?

— Bien, dit-il en souriant. J’espère qu’il n’y a pas trop de monde sur la plage !

Nous nous retournons pour balayer la baie du regard, mais il y a peu de monde à l’horizon. Les touristes sont nombreux et nous les reconnaissons à leur peau très claire, qui n’a pas encore pris le soleil.

— Ça devrait aller, affirmé-je d’un ton peu assuré.

— On y va ? On se trouve un coin sympa ?

J’acquiesce et nous nous dirigeons vers un côté vide de la plage. Lyam déplie une petite couverture sur le sable et nous nous installons côte à côte sur le sol.

Nous arborons tous les deux nos lunettes de soleil, tant les rayons sont agressifs même encore à dix-huit heures. Je ne peux donc pas observer ses yeux de près pour l’instant. Mais son short noir et sa chemise en lin blanche me font fortement penser à ma propre tenue. Je le détaille, sûrement un peu trop parce qu’il finit par se racler la gorge et me demander :

— J’ai une tâche quelque part ?

— Non, rigolé-je. Je me disais juste qu’on est habillé presque pareil, c’est bête, désolé.

— Mais de quoi tu t’excuses ? C’est vrai, on a sûrement les mêmes goûts alors…

— C’est possible.

— Alors, raconte-moi ta journée, ta semaine, tout ! s’enthousiasme-t-il.

Je lui raconte mon quotidien au travail, les entraînements de basket et il me pose plein de questions afin d’avoir plus de précisions. Lyam s’intéresse énormément à tout ce que je lui dis et cela fait du bien de parler naturellement, sans se poser de questions. Après un petit moment à parler de moi, il finit par me proposer :

— Si tu veux, on peut prendre un apéro ? J’ai pris des bières et des salés.

— Cool ! Oui, merci !

Il me tend les bouteilles en verre de bière, et je nous les ouvre pendant qu’il sort des chips de son sac.

— Et toi, ta semaine ?

— Oh, les cours, la danse, la routine quoi…

— Justement, parle-moi de ce que tu fais !

Nous trinquons et il commence par me raconter ses cours à la fac.

— C’est pas très intéressant, disons qu’on voit surtout les fondamentaux du marketing et du commerce… Mais je ne veux pas travailler dans un grand groupe ou un truc comme ça… Je ne m’y vois pas.

— Tu aimerais faire quoi ? le questionné-je.

— Je rêve d’ouvrir une boutique de vêtements.

— De vêtements ? m’étonné-je.

— Ouais, j’adore la mode. Mais attends, dit-il devant mon air étonné. J’adore les belles fringues, tu vois, mais pour les mecs. Et je trouve qu’il n’y a pas assez de petites boutiques pour les mecs. Tu vas au centre-ville, tu trouveras un magasin à chaque coin de rue spécialisé dans les fringues de meufs. Mais à aucun moment, à part les grandes marques, tu ne trouves de petite boutique similaire pour les gars. Nous aussi on a le droit de trouver des vêtements stylés !

— T’as pas tort, c’est vrai que j’achète tout sur Internet.

— Ah bah tu vois !

Nous prenons chacun notre bière et assis l’un en face de l’autre, nous trinquons :

— Bon, à notre première rencontre officielle, qu’est-ce que tu en dis ?

— Oui ! Ça me paraît bien. Notre première vraie rencontre. Cheers !

— Cheers !

Je bois une gorgée et pioche dans les chips, tout en continuant notre conversation :

— Et donc, parle-moi de ta boutique ! Tu penses vraiment en ouvrir une ? Tu as déjà un nom et tout ?

— Eh, doucement ! Non, je vais avoir terminé mes études cette année. Mais il faut des investisseurs ou un capital pour pouvoir ouvrir quelque chose… Et pour le moment, je n’ai rien. Mais je pense travailler une année et ensuite ça pourrait peut-être se faire.

Il a l’air tellement passionné lorsqu’il parle de ce projet, j’adore.

— Je vois, en tout cas c’est super cool comme projet ! approuvé-je.

— C’est vrai, tu trouves ?

Il dirige sa tête vers moi et se décale un peu pour se rapprocher.

— Ouais, franchement, je trouve ça bien d’avoir des projets, ça permet d’avoir un but.

— Un objectif, exactement ! Et j’en ai bien besoin avec les cours !

Nous rions et la conversation se tourne tout naturellement vers son autre passion : la danse. Il m’explique qu’il en fait depuis qu’il est petit, mais qu’il ne souhaite pas devenir pro dans sa discipline. Pour lui, ça restera une passion à côté d’un job.

— Et tu as toujours fait de la danse contemporaine ? me renseigné-je.

— Non, avant j’ai fait du moderne jazz et même du hip-hop. Mais c’est dans le contemporain que je me retrouve le plus. On peut vraiment vivre la chanson, vivre chacun de nos mouvements et même transmettre nos émotions de façon juste. Je sais pas, ça a quelque chose d’un peu…

— Mystique, magique ? terminé-je à sa place.

— Ouais !

Il émet une pause et me fixe.

— Quoi ? m’inquiété-je.

— C’est marrant que tu dises ça, parce que c’est exactement ce que je ressens quand je danse. Pouvoir ressentir chaque mouvement, pouvoir vivre la chanson, les pas, être à fond dans la chorégraphie à tel point qu’elle fait partie de toi et c’est comme si j’avais foi en chaque mouvement… En fait, ma relation avec la danse, elle est presque mystique.

Je ne sais que répondre, mais arbore un large sourire sur mes lèvres.

— Oh pardon, je t’emmerde avec ma danse, non ? s’excuse-t-il d’un coup.

— Non, pas du tout ! C’est juste que j’admire les gens qui ont un tel dévouement pour quelque chose. Et j’avais regardé une vidéo où tu danses avec Léna… Elle m’en avait envoyé une, et c’est exactement ce que j’ai ressenti, j’en avais les frissons !

— À vrai dire… C’est moi qui te l’ai envoyée.

— Ah ouais… Du coup, à aucun moment je n’ai parlé avec Léna, c’est ça ?

— Non. Mais pour en revenir à la danse, je suis certain que tu vas adorer ma nouvelle chorée ! Je vais faire un solo, et j’ai pu choisir la chanson.

— C’est vrai ? Tu as déjà une vidéo ? demandé-je bien trop impatient de le voir évoluer seul sur une scène.

— Non, enfin… J’ai juste la vidéo des répétitions.

— Tu peux me la montrer ?

— T’es sûr que tu veux voir ça ? Genre ça t’intéresse ?

— Bien sûr !

Il retire ses lunettes de soleil pour aller sur son téléphone portable et je peux enfin observer ses yeux de près. Le bleu lagon me fige sur place. Je crois que quelque chose se retourne dans mon ventre. Je prends conscience de sa beauté et de chaque trait de son visage. Il est si fin et à la fois on sent en lui une puissance énorme. Il relève la tête vers moi et je sais qu’il a senti que je l’ai dévisagé, mais je n’en ai rien à faire. Il plonge ses yeux dans les miens et l’espace d’un instant j’ai l’impression qu’il va s’approcher et déposer ses lèvres pleines sur les miennes.

 

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