Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)
Chapitre 28
Si je le pouvais, je verrais Lyam tous les jours. Mais ce n’est pas possible à cause de ses cours et de ses partiels qui arrivent bientôt. Même s’il ne veut pas exceller et être major de promo, il compte tout de même obtenir son diplôme et je ne peux pas le lui reprocher. Nous avons donc attendu trois petits jours avant de nous revoir et finalement, c’est ce qui donne le petit côté excitant.
Aujourd’hui cela fait une semaine que nous nous sommes embrassés pour la première fois. Ça me fait tout drôle de me dire que je suis en couple. Le fait que personne ne le sache ne me dérange pas plus que ça, mais je sais pertinemment que je vais devoir le dire à mon frère ou ma famille à un moment donné. Pour l’instant je suis heureux comme ça. Je ne suis pas encore prêt à leur dire. Notre petit secret me va bien et Lyam n’a pas l’air non plus de vouloir le dire à tout le monde. Ça me plaît. Nous sommes bien comme ça et seule Roxane est au courant. Enfin, Léna l’est aussi techniquement, mais ce sont les seules personnes à le savoir.
Je décide de ne pas aller à l’entraînement de basket ce soir, afin de pouvoir passer du temps avec Lyam. C’est bien la première fois que je n’y vais pas, ils ne vont pas mourir sans moi ! Victor m’a demandé pourquoi je n’y allais pas, j’ai simplement répondu que mon frère avait besoin de moi.
Je me prépare à retrouver Lyam et alors que je me parfume, ma mère se pointe dans ma chambre.
— Tu vas où comme ça ?
— Voir des potes avec Roxane, mens-je.
— D’accord… Tu as besoin de quelque chose ?
— Euh, non ? dis-je perplexe, ne sachant pas où elle veut en venir.
— Tu sais, si tu vas rejoindre une petite copine, tu peux me le dire hein. Je suis ta mère !
Je rougis instantanément à sa remarque. Mais merde alors !
— J’ai pas de copine ! Arrête avec ça, maman. Tu le sais très bien.
— À ton âge, on a forcément des vues sur quelqu’un… tente-t-elle en me suivant du regard alors que je m’active à rassembler mes affaires.
— Maman ! la réprimandé-je en levant les yeux au ciel.
Elle hausse les épaules et rétorque :
— Bah quoi ? Je me pose des questions, c’est tout ! J’ai le droit ! Et puis, dis-moi que tu vas vraiment retrouver Roxane alors que tu es apprêté comme ça ?
— J’ai le droit de bien m’habiller quand même ! Je ne vois personne je t’ai dit !
— Très bien, très bien…
Elle semble déçue. Pendant une seconde j’hésite à lui avouer que je vais voir Lyam, mais cela ne me paraît pas être le moment importun. J’ai tellement peur qu’elle le prenne mal ou bien qu’elle ne l’accepte pas… Je crois que j’ai moi-même encore besoin de quelque temps pour l’intégrer pleinement et pour savoir qui je suis.
Je sors finalement en disant un rapide au revoir à mes parents et me dirige vers la plage.
Lyam et moi avons prévu de nous chercher des burgers et allons les manger dans un coin tranquille sur la baie de Bal Harbour. Le temps est tellement agréable aujourd’hui, nous pouvons enfin un peu respirer. Nous nous rejoignions devant le fast food. Lyam arbore une petite mine.
Nous échangeons un baiser, rapide, et décontenançant. Je ne saisis pas ce qui lui arrive, aussitôt j’essaie d’en savoir plus.
— Hey, ça va ? demandé-je en lui prenant le bras.
— Oui, oui. Et toi ?
— Ça va, merci. Alors ça a été ta journée ?
— Comme à la fac, quoi.
Il n’est pas aussi enjoué que d’habitude et me semble un peu dans ses pensées. Je ne sais pas trop quoi dire ou quoi faire pour lui remonter le moral, ne sachant pas ce qu’il a. Je décide alors de parler d’autre chose, afin de lui changer les idées.
Nous parlons de la dernière série en vogue sur Netflix et la conversation dévie vers la musique et la pâtisserie. Je sais qu’il adore mes macarons et je lui réserve une petite surprise pour le dessert puisque j’en ai emmené quelques-uns.
Une fois notre commande passée et récupérée, nous marchons en direction de la plage. Lyam a toujours le moral en berne et bien que nous discutions beaucoup, je sens qu’il n’est pas comme d’habitude. Quelque chose le tracasse, j’en suis sûr.
Nous nous installons à l’abri des regards, dans un coin un peu excentré de la plage. Lyam a apporté une couverture, nous l’installons. Ses traits sont toujours tirés. C’est la première fois que je ne le vois pas arborer son sourire.
Je pose notre sachet rempli de frites et de burgers dans un coin et nous nous asseyons sur la couverture. Du sable parsème mes chaussures, je les enlève pour ne pas en mettre partout. Lyam fait de même et sans prévenir je l’embrasse.
— Tu es sûr que ça va ? demandé-je encore inquiet.
— Mais oui…
Je me rapproche de lui, posant une main dans son dos et l’attirant à moi.
— Tu sais, tu peux vraiment tout me dire.
— C’est gentil Julian, je sais… Mais je t’assure ça va.
Je le scrute attentivement et j’affirme :
— Je ne te crois pas une seule seconde ! Je commence à te connaître tu sais, et tu n’es jamais aussi calme d’habitude.
Il hausse les épaules, en signe de défaite et son regard se veut fuyant. Un instant, j’ai peur que ce ne soit à cause de moi qu’il va mal. Mais la façon dont il vient de m’embrasser me confirme qu’il n’y a pas de soucis entre nous.
Je regarde un peu les alentours, et m’apercevant que nous sommes réellement seuls sur la plage et très peu visibles de loin, je prends mon courage à deux mains et saute sur lui.
Il semble surpris, mais ses mains se posent dans le creux de mes reins. J’approche mon visage du sien. Je dépose un lent baiser sur son front et descends peu à peu vers ses joues puis ses lèvres. J’embrasse celle du haut, celle du bas et il capture à cet instant ma bouche. Nous restons un moment dans cette position. Je me soulève ensuite à la force de mes bras. Ses yeux bleus m’observent, me regardent, me détaillent. J’attrape son regard et nous nous comprenons en une seule seconde. Il soulève sa tête jusqu’à toucher la commissure de mes lèvres et il m’embrasse encore. Plus intensément cette fois, j’ouvre légèrement la bouche et sa langue s’insinue naturellement en moi. Cet échange est doux, passionné et tellement intense !
Nous nous calmons et je me rassieds à ses côtés. Il propose que nous mangions, il n’a pas tort, les burgers vont être froids. Nous échangeons des regards qui en disent long pendant que nous mangeons.
Au bout d’un long moment, nous observons en silence le coucher de soleil. Lyam propose que nous allions nous balader au bord de l’eau. Il se lève, tend sa main vers moi et m’aide à me relever. Je remets mes chaussures et nous longeons le bord de l’océan. Lyam me prend la main et après un soupir discret, il déclare enfin :
— J’ai découvert quelque chose aujourd’hui…
— Ah oui ?
— Et c’est un peu déstabilisant…
— À propos de quoi ? tenté-je d’en savoir plus.
— J’ai appris que mes parents ne sont pas mes parents.
— Comment ça ?
— Enfin, mes parents ne sont pas mes parents biologiques. J’ai été adopté…
Ça a dû être un réel choc pour lui. Je comprends mieux son comportement de ce soir et ne peux pas lui en tenir rigueur.
— Oh. Lyam. Je… je suis désolé, dis-je ne sachant qu’ajouter de plus.
— C’est pas ta faute. Je ne sais juste pas trop comment prendre la nouvelle…
— Je comprends… Enfin non, je ne comprends pas parce que je ne le vis pas, mais je peux comprendre le fait que tu sois chamboulé.
— Ouais.
— Et comment tu l’as appris ?
— J’ai trouvé les papiers de l’adoption dans le grenier.
— Ah ouais, ça doit être difficile à encaisser… Mais tu n’as connu que tes parents actuels, non ?
— Oui, j’ai été élevé par eux, ce sont mes parents, ça ne changera pas ! Mais j’ai découvert qu’ils m’ont adopté à l’âge d’un an. Donc j’ai eu une autre vie avant eux…
Je ne sais pas du tout trouver les mots justes pour le soutenir, je ne m’attendais pas à une telle annonce. Il me raconte qu’il ne l’a pas encore dit à ses parents, il ne sait même pas comment leur en parler.
— Peut-être que tu peux essayer de trouver des réponses justement si tu leur parles. Le dialogue, Lyam, c’est ce qu’il y a de mieux… C’est quelqu’un qui m’a dit ça, une fois.
— Tu as raison, je sais. Mais j’ai trop peur de leur faire du mal. S’ils ne me l’ont jamais dit, c’est qu’ils n’ont jamais voulu que je sois au courant, tu vois…
— C’est vrai, ou alors ils seront soulagés, et au contraire ils n’ont jamais su comment te le dire et tu leur enlèverais peut-être un poids…
— Je n’avais pas vu les choses sous cet angle.
Nous continuons à marcher sur la plage et le soleil est vraiment magnifique. Je sors mon téléphone pour prendre Lyam en photo. Il me surprend à vouloir faire une photo ensemble. Nous finissons par en prendre plusieurs et il me titre mon téléphone des mains.
Lorsque je le récupère, j’appuie sur le bouton de déverrouillage. Je peux désormais voir nos têtes côte à côte avec le coucher de soleil en fond sur mon écran. Je souris et porte mon attention sur lui. Il fait de même sur son propre portable et nous nous embrassons furtivement.
Nous continuons de parler de ses parents biologiques, il ne sait même pas s’il vient de Miami. Peut-être qu’il a des origines d’ailleurs, qui sait. Lyam est encore très secoué par la nouvelle et c’est tout à fait normal. Je tente de le soutenir comme je peux… Ce n’est pas facile, mais la meilleure chose que je puisse faire c’est d’être là pour lui et de l’écouter.
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