Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)

Chapitre 34

 

La photo de Lyam apparaît entre mes doigts. Un mélange d’inquiétude et d’excitation monte en moi. Roxane zieute mon téléphone et crie :

— Oh mon dieu, mais mec, réponds ! Tout de suite !

Je m’exécute et porte ma main à mon oreille.

— Allô ?

— Julian ?

— Lyam ?

— Oh mon dieu, ça fait tellement du bien de t’entendre, soupire Lyam à l’autre bout du fil.

Je reste stupéfait de son appel et un petit silence se fait entendre.

— Julian ? T’es là ?

— Oui ! Oui, pardon ! Comment tu vas ? Tu es réveillé ?

Je m’emmêle dans mes pensées, parce qu’en effet, s’il me parle, c’est qu’il est réveillé. Putain, je n’ai plus aucune pensée cohérente et j’attends qu’il parle.

— Ça va. J’ai repris connaissance hier soir. J’ai eu un peu de temps pour récupérer et c’est Léna qui m’a donné mon téléphone pour t’appeler.

— Je me suis tellement inquiété, dis-je les larmes au bord des yeux.

Décidément, en ce moment j’ai les larmes qui coulent facilement.

— Je suis désolé, pour l’accident, Julian, je ne voulais pas… La voiture est arrivée si vite…

— Lyam, le plus important c’est que tu t’en sois sorti. Sérieux, j’ai eu tellement peur…

— Et toi ? Tu vas bien ? demande-t-il soudain très inquiet.

— J’ai juste un bras cassé, mais ça va.

— Oh.

— Est-ce que je peux venir te voir ?

— Oui, bien sûr. Viens dans une heure, mes parents seront partis.

J’ai encore tant de choses à lui demander, à lui dire, mais je les réserve pour plus tard.

— D’accord. Tu m’as manqué, lui avoué-je.

— Tu me manques, alors viens vite ! Je dois te laisser, mes parents sont de retour de la cafétéria. J’avais trop envie d’un donut !

Je souris et lui promets de venir aussi vite que je peux lorsque ses parents seront partis.

Nous raccrochons et je saute dans les bras de ma meilleure amie. Je suis tellement soulagé. Lyam est réveillé ! Toute l’inquiétude a disparu pour laisser place à l’impatience de le revoir. Je n’ai envie que d’une chose : l’embrasser et lui dire tout ce que je ressens.

Je demande alors à Roxane et Aron s’ils peuvent m’emmener à l’hôpital. Ils acceptent tout de suite, et nous allons encore dans l’eau, le temps de patienter. La température est très élevée. Il fait tellement chaud que l’eau ne nous rafraîchit même pas.

Je leur parle uniquement de Lyam, ne tenant plus d’enfin le revoir et surtout à l’idée qu’il soit en bonne santé. Il avait l’air totalement normal au téléphone.

Je repense à notre dispute dans la voiture. Je me dis aujourd’hui que c’est totalement futile et que nous arriverons à surmonter tout cela. Je m’en veux terriblement de lui avoir crié dessus, mais en même temps, c’est du passé. Nous allons pouvoir nous concentrer sur le présent et plus que jamais, j’ai envie de profiter avec lui.

 

Ma meilleure amie et son copain me déposent devant l’hôpital. Ils préfèrent me laisser y aller seul. Je les remercie et leur dis que je prendrai le bus pour rentrer. Enfin, je me débrouillerai.

Je relis le message de Lyam, avec l’étage et le numéro de chambre où il est désormais. Son transfert a été fait ce matin. Je suis impatient de le revoir. Plus j’avance dans les couloirs, plus je ressens cette excitation au fond de moi. Mon cœur bat à toute vitesse et lorsque je toque à la porte, l’entendre me dire d’entrer me suffit à avoir un immense sourire.

— Salut toi.

Je m’avance et me penche vers sa tête, nous échangeons un baiser tendre et rempli d’amour. J’aimerais pouvoir lui en faire un millier, là tout de suite, mais l’endroit n’est pas idéal.

— Comment tu vas ? l’interrogé -je.

— Étrangement, bien. Les médecins n’expliquent pas vraiment mon état. C’est comme si je n’avais rien eu…

— Enfin, tu as été dans le coma pendant neuf jours quand même !

— C’est dingue ! J’ai l’impression que c’était hier. La seule chose qui a changé, c’est qu’on dirait que mes muscles se sont bien trop habitués à être au lit.

Nous rions et j’ajoute :

— Je suis tellement soulagé de te voir… Tu n’imagines pas à quel point j’ai eu peur, je pensais que tu allais plus te réveiller ou…

Il m’arrête en me prenant ma main.

— Chut… Je suis là, regarde.

Nous nous étreignons comme nous pouvons et il chuchote :

— Je suis désolé pour ce qui t’est arrivé… J’aurais jamais dû venir, j’aurais pas dû m’emporter, j’aurais pas dû te crier dessus…

— Hein ? Mais c’est moi qui suis désolé, je ne voulais pas qu’on se dispute… Je voulais pas que mes parents te voient, c’était nul de ma part… ajouté-je.

— D’ailleurs, ils ne m’en veulent pas trop… ? Pour l’accident.

— J’ai été obligé de leur dire qui tu étais. Et non, ils ne t’en veulent pas. Juste mon père…

Il prend cet air désolé et ses yeux se teintent de tristesse.

— Ton père… ?

— Du coup, ils savent que je sors avec toi. Et mon père a mal réagit, pas à cause de toi, le rassuré-je. Mais à cause du fait que je sois gay…

— Oh, mais il finira par l’accepter non ?

— Il m’a dit que si je restais avec toi, je ne travaillerais plus à la boulangerie…

— Oh mon dieu. Julian, je suis désolé…

Il se redresse dans son lit et se précipite d’ajouter :

— Même si ça me fait mal de l’admettre, ton travail est plus important que moi, non ? On peut tout arrêter si tu veux…

— Quoi ? Mais enfin, non ! Je ne veux rien arrêter avec toi ! Je vais juste devoir dire à mon père qu’on n’est plus ensemble dans un premier temps…

— Ne mens pas à ton père, chéri…

— Mais regarde-nous ! Tu m’appelles chéri, je ne dormais plus te savant dans le coma. Tu es devenu tellement important pour moi… Lyam, je t’aime, jamais je ne pourrais te laisser. Je ne veux pas tout arrêter. Et je m’en fiche des états d’âme de mon père. Je ne veux pas le laisser dicter mes choix. Je ne veux pas qu’il contrôle ma vie ainsi. Si j’ai envie d’être avec toi, je le serai, Lyam, je t’aime.

Il me fixe et n’en revient pas de tout ce que je viens de dire. Je crois que moi-même je me suis laissé un peu trop emporter par mes émotions et ma tirade n’était pas prévue, mais alors pas du tout.

— Je t’aime aussi, Julian, dit-il ému.

Je capture ses lèvres et me délecte de cette sensation de plénitude qui m’assaille lorsque nous entrons en contact. Je suis si bien avec lui. Je ne pensais pas que cela serait possible un jour, mais des sentiments pour lui, je sais que j’en ai. C’est certain.

Mes sentiments sont bels et bien réels, au-delà tout. Notre rencontre a certes été virtuelle, mais ce que je ressens pour lui a tout de réel.

 

Alors que je suis assis sur son lit, à ses côtés et que je lui raconte mon quotidien avec le bras plâtré, mon téléphone se met à vibrer entre nous.

Appel vidéo entrant avec @jordanbel.

Oh merde, il faut que je lui dise.

— C’est qui Jordan ? s’offusque-t-il.

Je décline l’appel et prends mon courage à deux mains pour tout lui expliquer.

— Mais, pourquoi est-ce qu’il est venu te parler, je comprends pas ?

Je ne voulais pas le mettre dans cet état, il est clairement énervé et je le comprends. Le timing est mal choisi. J’aurais aimé lui expliquer cela calmement et pas dans la précipitation. J’aurais voulu pouvoir lui raconter à tête reposée, à un autre moment.

— Parce qu’il a tout entendu dans les vestiaires au basket.

— Mais s’il a tout entendu, il sait qu’il y avait la photo de nous deux sur ton téléphone ?

Il bouillonne de l’intérieur et j’essaie tant bien que mal de le faire redescendre.

— Oui… Mais t’en fais pas, je lui ai clairement dit, regarde je vais le bloquer.

— Julian, je te fais confiance, mais tu ne trouves pas ça un peu bizarre qu’un mec te tourne autour comme ça ?

— Tu es jaloux ?

— Oui, bordel ! avoue Lyam.

— Je te promets que tu n’as pas à l’être, il ne t’arrive pas à la cheville.

— J’espère bien, s’offusque-t-il.

 

Soudain, nous sommes interrompus par quelqu’un qui entre dans la chambre sans toquer.

Le regard de Lyam se pose sur le mec en question, et je me demande qui c’est.

— Julian, je te présente Nate, un bon pote à moi. Nate, c’est Julian.

Le fameux Nate me tend la main et je la lui serre.

— Salut, dit-il. J’ai beaucoup entendu parler de toi !

Je ne peux pas trop en dire de même, alors je le salue simplement. Il est entré à point nommé. Cela empêche Lyam de continuer à me parler de Jordan. Il n’y aurait rien à ajouter de toute façon, puisqu’il ne représente rien pour moi et que je ne veux plus avoir affaire à lui.

— Bon, je vais vous laisser alors, dis-je en me sentant soudain de trop.

— Non, pars pas ! m’interpelle Lyam. J’ai envie que vous puissiez apprendre à vous connaître… Je crois que vous êtes les personnes les plus importantes de ma vie, avec Léna aussi… Reste s’il te plaît.

Touché, je décide de rester et nous discutons alors tous les trois. Nate est imposant, sa couleur de peau noire contraste avec ses yeux verts. Son crâne rasé de près est impressionnant, mais il dégage une sympathie étonnante avec son sourire scotché aux lèvres. Il porte une chemise avec plein de motifs colorés et un short brun. Il est heureux de revoir Lyam, et ça fait chaud au cœur de voir à quel point ils partagent des souvenirs communs. Je suis désormais impatient d’en apprendre plus sur le passé de Lyam. Il me révèle des anecdotes d’école ou encore des spectacles de danse auxquels il a assisté pour le voir. Je souris à chacune d’entre elles et bizarrement, je ne suis pas vraiment jaloux, mais je l’envie de le connaître depuis si longtemps. Je sais pertinemment que Lyam a eu une vie avant moi. Mais parfois, c’est difficile d’accepter que ce passé ne puisse pas changer, il fait partie de chacun de nous et nous en avons tous un. Nous rencontrons des personnes à des instants T dans leur vie, et ils ont un vécu, des événements passés auxquels vous n’appartenez pas. C’est une drôle de sensation que de se dire que ce n’est qu’à travers des histoires racontées, des souvenirs, que vous pouvez découvrir cette personne.

Nate est bienveillant parce qu’il ne raconte rien d’embarrassant, mais je compte bien sur lui pour me révéler de nombreux souvenirs à propos de mon amoureux.

Je viens de dire amoureux ?

C’est la première fois que j’ose me l’avouer et que je l’admets. Oui, je suis amoureux de Lyam, c’est indéniable.

 

OceanofPDF.com