Le droit d'aimer: Une romance M/M sur la découverte de soi (French Edition)
Chapitre 35
Nate me ramène chez moi. Il est vraiment sympa, je n’ai ressenti aucune concurrence à partir du moment où il a évoqué la façon dont Lyam parle de moi. C’est bête, jamais je n’aurais pensé être jaloux d’un autre mec. Mais j’ai vite compris que Lyam lui a tout raconté depuis le début et que selon Nate, il était accro depuis la première fois où nous nous sommes parlé.
Pendant le trajet, il est cool, il me pose beaucoup de questions sur mon métier. Lui me raconte qu’il essaie de rentrer dans une école d’art.
Je le guide pour rentrer jusqu’à chez moi et d’un seul coup, une idée me vient.
— Est-ce que tu penses qu’on pourrait organiser une fête pour la sortie de Lyam ?
— Oh, mais carrément, ça lui ferait très plaisir, sourit-il.
— Tu crois ?
— Mais oui ! Tu aimerais faire quoi exactement ?
— J’avais pensé à un petit feu de camp à la plage, alors je ne connais pas bien ses potes, mais je me suis dit qu’en petit comité ce serait cool.
— Le plus souvent, on traîne tous les trois, Lyam, Léna et moi. Donc oui, ça peut se faire.
— Parfait ! Je vais voir quand est-ce qu’on pourra faire ça.
— Déjà, il faut savoir quand est-ce qu’il sort ! me rappelle-t-il.
— Ah oui, j’avais oublié ce détail ! Mais il ne paraît pas du tout atteint par l’accident, c’est pour ça que j’y ai pas pensé.
— J’avoue, il est vachement en forme !
Je garde dans un coin de ma tête mon idée de petite fête et nous continuons à discuter jusqu’à arriver chez moi. Avoir vu Lyam m’a fait tellement de bien. Je suis triste de devoir le quitter, le savoir à l’hôpital n’est jamais agréable. Mais au moins, maintenant je sais qu’il va bien. Les médecins n’arrêtent pas de répéter que nous avons eu un ange gardien parce que nous n’avons aucune blessure grave. Lyam s’en sort finalement avec quelques hématomes, mais aucun n’est grave. Ils peinent à comprendre comment le coma n’a pu laisser aucune séquelle. Mais j’en suis tellement soulagé que j’aurais pu serrer Lyam si fort dans mes bras qu’il en aurait étouffé.
Lorsque je rentre, mon frère traverse la route au même moment. Il revient de sa course.
— Ça a été aujourd’hui ? me préoccupé-je.
— Ouais, ouais. Et toi ? Tu viens d’où ?
— Lyam est réveillé ! m’exclamé-je rempli de joie.
— Oh sérieux ?
Il essuie la sueur qui lui coule sur le front et sourit.
— Ouais, j’étais le voir justement.
— Il va bien ?
— Ouais, super bien même. Il est sorti du coma hier soir. Il récupère étonnamment vite.
— Tant mieux !
— Je suis tellement soulagé, chuchoté-je.
— Tu m’étonnes ! Bon, je vais prendre une douche et tu me racontes tout ça, qu’est-ce que t’en penses ?
J’ai l’impression que les rôles sont inversés, il est aux petits soins avec moi et ça fait du bien.
— Ça marche, je te dirais bien que je fais à manger, mais… dis-je en soulevant mon plâtre.
— T’inquiète. Papa et maman sont pas là avant vingt-deux heures.
— Pizza ? disons-nous en même temps.
— Téléphoner, ça je peux faire ! rigolé-je.
— Top ! Bon, à toute.
Il monte dans la salle de bain et je me sens pris d’un sentiment de gratitude. Je suis vraiment heureux de retrouver mon petit frère aussi enjoué et positif. En fait, voir qu’il va bien, c’est tout ce qui m’importe.
Nous passons la soirée ensemble, comme lorsque nous étions plus jeunes. Nous mangeons nos pizzas comme des gosses et jouons à la console. Bien sûr, ne pouvant jouer que d’une main, il me bat à plate couture. Mais son rire résonne dans la chambre et ça fait un bien fou.
Je l’observe un instant et je ne découvre plus une trace de bleu, plus une trace d’une quelconque marque. Il semble sincèrement heureux et alors que je le fixe, il s’inquiète :
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Rien, c’est juste que tu as l’air… bien. Tu as juste l’air d’aller bien.
— Ça va, Julian. Je t’assure, tout va bien. Le sport m’aide beaucoup…
— Je suis content de voir que ça peut réellement t’apporter quelque chose, oui.
Nous ne sommes pas du genre à nous faire des câlins à tout va, mais je le prendrais bien dans mes bras là. Malheureusement avec le bras dans le plâtre, c’est un peu compliqué. Je lui offre alors mon plus beau sourire et il me balance un coussin en pleine tête.
— Eh !
— Ça va, ça suffit de me regarder comme ça !
— Désolé, t’as raison, je suis juste content pour toi.
Il inspire et expire avec force avant de conclure :
— C’est grâce à toi. Sans ton aide, je serais encore au fond de mon lit avec la peur au ventre.
Pour toute réponse, nous continuons à jouer et je garde en tête cette phrase si précieuse. Et pourtant, s’il savait, tout ça, c’est grâce à lui. Je lui ai juste soufflé les solutions, mais c’est lui tout seul qui a décidé de s’en sortir, qui a décidé que c’en était fini. Il est le seul maître de ses actions, de ses choix. Et je suis fier de son évolution.
***
Finalement, Lyam sortira dans trois jours. Ils ont voulu le garder en observation, pour être sûrs qu’il n’a rien. Il pourra donc sortir ce jeudi. Je lui ai rendu visite tous les jours. Nous avons regardé Netflix, beaucoup discuté et même joué à des jeux de société. Je venais toujours aux moments où sa famille n’était pas là. J’ai croisé quelques fois Léna et nous avons alors pu passer du temps tous les trois. Léna est beaucoup plus détendue que lors du date de Match&Meet et je suis finalement rassuré de voir que nous nous entendons bien.
Je suis dans sa chambre à l’hôpital et alors que nous jouons à un jeu de cartes, il m’interrompt :
— Julian, j’ai pensé à un truc.
— Je t’écoute, dis-je en triant les cartes du UNO.
— Je sors jeudi, tu sais…
— Oui.
Je relève la tête vers lui et souris.
— Eh bien, en fait… commence-t-il un peu nerveux. Je me suis dit que ce serait cool qu’on fasse un repas chez moi. Enfin, plutôt une fête, mais pas vraiment une fête, je sais pas comment t’expliquer ?
Lyam devance mon idée de « petite fête de sortie », et je lui avoue alors que j’y avais déjà songé.
— Ça me dirait bien. Pour tout te dire, j’y avais pensé… Je voulais qu’on se fasse un truc à la plage avec tes potes et puis Roxane.
— Oh cool ! Mais je parlais plutôt de… venir manger à la maison pour te présenter mes parents.
Ah ouais, j’y avais pas pensé à celle-là.
Je déglutis, soudain très anxieux à l’idée de rencontrer ses parents. Il doit le sentir parce qu’il anticipe ma question :
— Je sais que ça sonne comme des présentations officielles et que ça peut être flippant. Mais je t’assure, mes parents sont super cool et ils ont toujours été OK avec mon orientation sexuelle.
Eh bah, je ne pensais pas que parents et cool pouvaient être réunis dans la même phrase.
— Je… Oui, si ça te fait plaisir, finis-je par dire.
— C’est vrai ? Tu viendrais jeudi soir ? Vraiment, t’as pas à t’inquiéter, ils sont très gentils et je suis certain qu’ils vont t’adorer !
— Tu crois qu’ils m’adoreront toujours s’ils savaient que c’est à cause de moi qu’on était dans la voiture et qu’on a eu cet accident… ? me risqué-je à lui demander.
Je joue avec les cartes de jeu dans mes mains, pour apaiser mon stress, mais cela ne fonctionne pas vraiment.
— Mais Julian, c’est pas du tout à cause de toi cet accident ! Enlève-toi cette idée de la tête, tout de suite, s’il te plaît ! Et crois-moi, tu es parfait, ils ne peuvent que t’adorer !
Je bois ses paroles, mais ne suis pas convaincu par mon innocence dans cette histoire d’accident.
— Si tu le dis. Donc jeudi, tu as dit ?
— Oui, je peux venir te chercher si tu veux.
— On verra jeudi ? proposé-je, ne sachant pas s’il pourra conduire d’ici là.
— Julian, je n’ai pas peur de la voiture, même si on a eu un accident, je me sens capable de conduire.
— C’est marrant ce que tu dis, j’ai toujours cette petite boule dans le ventre quand je vais dans une voiture…
— Ça passera avec le temps, j’en suis sûr… Mais tu n’as pas à avoir peur, c’est un accident et comme son nom l’indique c’est un événement imprévu, et pour le coup on peut jamais le prévoir. Il ne faut pas vivre avec la peur que ça arrive de nouveau… Les probabilités sont faibles.
— Je le sais bien, mais va dire ça à mon cerveau.
— Cerveau de Julian ? Tu es où ?
Je rigole franchement et lui lance une carte de UNO à la figure.
— T’es con, sérieux.
Malgré tout, il réussit à me faire rire et à oublier ma peur de monter en voiture. Nous jouons ensuite au jeu et je le bats sans aucun souci. Lyam est terriblement nul au UNO, je me le note dans un coin de ma tête. Ça peut toujours servir pour plus tard.
À la fin de la partie, Lyam repousse la table sur roulettes qui nous sépare et m’incite à m’asseoir sur ses genoux. Je fais doucement, ne voulant pas lui faire mal. Je pose mon front contre le sien et nos respirations se calent l’une sur l’autre. Ce moment fait monter la chaleur en moi et je ferme les yeux. Peau contre peau, nous savourons ce moment de complicité. Il caresse doucement ma joue, ce contact me donne les frissons. Lyam trace des petites lignes sur mon visage, comme s’il cherchait à rattraper le temps perdu pendant ces longs jours de sommeil profond. Je passe une main dans sa nuque et monte dans ses cheveux. Ils sont doux, soyeux et sentent vraiment bon.
Même à l’hôpital, Lyam aime prendre soin de lui. Cela se ressent, il est rasé de près et son parfum sent vraiment bon. Je scelle enfin mes lèvres aux siennes et nous échangeons un baiser lent et attentionné. Il me cherche, j’entrouvre alors mes lèvres et glisse ma langue au contact de la sienne.
La température monte dans la chambre d’hôpital et encore une fois j’aurais envie de plus. J’ai besoin de plus. Notre étreinte se resserre. Nos gestes sont précis et je niche enfin ma tête dans son cou. Notre câlin dure de longues minutes. Je sens une gêne au niveau de mon pantalon. Je sais qu’il est temps de nous séparer, même de quelques centimètres, pour ne pas franchir la ligne. N’importe qui pourrait rentrer à cet instant et ce serait terriblement gênant qu’il nous trouve dans cette position.
— Je t’aime, chuchote-t-il au creux de mon oreille.
Il touche du bout des doigts mon anneau à gauche et joue avec.
— J’aime beaucoup ça, dit-il.
— C’est toi que j’aime. Toi, tout entier.
Nous passons encore du temps ensemble et il s’inquiète de ne pas pouvoir performer dans son école de danse au spectacle de fin d’année.
— Je suis certain que tu pourras, ils comprendront, j’imagine !
— Peut-être… Mais il ne me reste plus beaucoup de temps pour répéter et il faut que je reprenne du muscle…
— Lyam, tu es plus que prêt ! La chorée que tu m’as montrée la dernière fois, c’était magique ! Sérieux, c’était génial. Et puis, je suis sûr qu’avec un peu de sport pendant ces prochaines semaines, tu retrouveras ta forme !
— J’apprécie ton enthousiasme, mais tu n’as pas vu tous les défauts dont j’ai conscience. Je sais qu’il y a encore du travail…
— Mais tu vas y arriver, c’est sûr.
— On verra…
— Mais oui ! Ne doute pas de toi.
Il sourit et pour toute réponse, il m’embrasse.
— Qu’est-ce que je ferais sans toi ? demande-t-il en hochant la tête.
— Je ne sais pas, peut-être que tu serais en train de danser justement et que tu n’aurais pas eu cet accident ?
Il se redresse dans le fauteuil et m’engueule :
— Arrête avec ça ! Ce. N’est. Pas. Ta. Faute. Rentre-toi ça dans la tête, dit-il en me tapotant le crâne.
— Je vais essayer, dis-je tout bas.
— Mais oui, chéri.
Je crois que c’est plutôt à moi de me demander ce que je ferais sans Lyam dans ma vie. Il a tellement de qualités, que c’est difficile de lui trouver ne serait-ce qu’un défaut.
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