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• Protéger ses enfants
La monogamie transitoire récompensée
Les baisers en début de relation amoureuse, par l’échange de salive entre
les amoureux, permettent d’éviter que la future maman ne transmette un jour une maladie virale redoutable à son bébé. Par les baisers, elle s’immunise en fait contre les cytomégalovirus. Ce virus s’attrape à l’occasion d’un baiser. La plupart du temps, la maladie passe inaperçue et guérit spontanément et sans séquelles. Tout au plus, la personne ressent une fatigue, quelques courbatures et une légère fièvre qu’elle mettra sur le compte d’une grippe passagère. En revanche, grâce à ce contact viral, la femme s’immunise à vie contre les cytomégalovirus. Il est important d’acquérir une bonne protection car cette maladie, bénigne pour l’adulte, est redoutable pour le fœtus avec la possibilité de retards mentaux sévères, une surdité et des atteintes du foie. L’immunité optimale se situe environ six mois après le premier baiser mais il y a un petit bémol. Il existe différentes souches de ce virus, ce qui fait que la femme ne sera protégée que contre une seule, celle que son partenaire initial lui a transmise. En résumé, chaque homme présente une souche spécifique de virus. Cette constatation invite à la monogamie dans les six mois qui précèdent la conception d’un bébé. Il faut toutefois noter qu’une jeune fille qui aura pratiqué de nombreux baisers avec de multiples partenaires sera immunisée contre de très nombreuses souches de ce virus. Ces constatations médicales montrent le pouvoir des baisers en tant que boosters de l’immunité, par les échanges de salive entre les partenaires.
• Protéger ses enfants
L’allaitement, bénéfique pour les enfants et pour les mamans
Futures mamans ou mères qui me lisez, sachez que ce paragraphe n’est
absolument pas destiné à vous culpabiliser. L’allaitement est un choix, et pour des raisons médicales ou personnelles, vous êtes tout à fait libres de ne pas allaiter votre enfant. Si j’évoque l’allaitement ici, c’est parce qu’il est extrêmement bénéfique pour la santé, et pas seulement celle de l’enfant. On pense en général à tous les avantages de l’allaitement pour le nouveau-né, mais on oublie tous les points forts pour la maman. Il est surprenant de constater à quel point l’allaitement intervient en termes de prévention et de santé. Il réduit les risques de cancer des ovaires, de l’utérus et du sein. Il protège également contre l’ostéoporose. Une équipe norvégienne a étudié le cas de 5 000 femmes âgées de 50 à 94 ans sur une durée de quinze ans. Elle a mis en évidence le fait que les femmes qui avaient allaité présentaient deux fois moins de risques de fracture du col du fémur que les femmes qui n’avaient pas allaité. Il a aussi été constaté que l’allaitement entraîne une réduction des besoins en insuline chez les mères diabétiques. Par ailleurs, comme il agit en bloquant l’ovulation, il est évident qu’il contribue à mieux préserver le précieux stock d’ovocytes, et peut-être ainsi à décaler l’âge de la ménopause (voir encadré infra). La durée de la lactation varie beaucoup selon les pays et les cultures. En France, les femmes allaitent dix semaines en moyenne, pour des durées qui atteignent jusqu’à deux ans en Afrique et sept ans chez les Inuits. Alors, compte tenu de ses nombreux effets positifs, et si cela est possible, pourquoi ne pas prolonger plus longtemps l’allaitement ? Peut-on allaiter en dehors d’une grossesse ? Et si l’allaitement devenait un facteur de prévention et de santé à part entière ? Il est tout à fait possible d’allaiter sans avoir été enceinte et cela peut intéresser par exemple les femmes qui adoptent ou qui passent pour des raisons d’infertilité par des mères porteuses. Il faut savoir que les deux hormones clés qui déclenchent l’allaitement, la prolactine et l’ocytocine, peuvent être stimulées en dehors de la grossesse. C’est l’hypophyse qui se situe dans le cerveau qui contrôle leur production, et non pas les ovaires comme on pourrait le penser. C’est donc une question de banale stimulation mécanique du mamelon qui déclenche la montée du lait. Ce travail de stimulation du mamelon que fait instinctivement le nourrisson, peut être produit mécaniquement, en dehors de toute grossesse. En pratique, pour arriver à ce résultat, il faut produire mécaniquement environ douze stimulations par jour, ce que pourrait produire en fait un tire-lait.
Il faut noter que le lait d’une femme qui allaite un nourrisson de 18 mois est tout aussi riche que celui d’une femme qui allaite un bébé de 3 mois. Certaines études tendent même à montrer qu’il serait légèrement plus riche. Un groupe de chercheurs israéliens a comparé le lait de femmes ayant allaité de deux à six mois au lait de femmes ayant allaité de douze à trente-neuf mois. Pour le premier groupe, la teneur moyenne du lait en matières grasses était de 7 % contre 11 % pour le second groupe. Un litre de lait des femmes du groupe 1 correspondait à 740 calories contre 880 calories pour le groupe 2. Pour la mère, la dépense énergétique pour produire 1 litre de lait se situe entre 740 et 880 calories, ce qui est considérable. L’allaitement, qui est bénéfique pour l’enfant en renforçant son immunité, a aussi un impact au niveau de sa santé future. Les études scientifiques ont ainsi démontré que les allergies, comme le rhume des foins par exemple, étaient moins fréquentes chez les enfants qui avaient été allaités plus de six mois. Le risque allergique était diminué de 29 % pour un allaitement entre six et douze mois, et de 64 % pour un allaitement supérieur à un an. La mère bénéficie également de la prolongation de l’allaitement qui diminue le risque de développer un diabète de type II. Les travaux scientifiques ont montré que les femmes ayant allaité au moins un an avaient une réduction du risque de diabète de 15 % comparativement à celles qui n’avaient jamais allaité. De plus, chaque année d’allaitement supplémentaire diminue le risque de 15 %. Autrement dit, après deux ans d’allaitement, le risque pour la mère de développer un diabète dans le restant de sa vie est réduit de 30 %, ce qui est considérable quand on connaît la fréquence de cette affection à la maturité. Il apparaît donc que l’allaitement maternel déclenche un cycle vertueux tant pour la mère que pour l’enfant. De plus, la perte de poids sera plus rapide après les six premiers mois du post-partum. Il faut cependant être vigilant et surveiller une mère qui allaite sur une longue durée pour être certain qu’elle ne développe pas de carences. Si c’est le cas, le médecin vérifiera les apports alimentaires et, le cas échéant, pourra prescrire des compléments alimentaires adaptés.
Chaque année, de nouvelles études sont publiées qui mettent en avant de
nouveaux intérêts de l’allaitement, en particulier sur des durées longues. Percevoir l’allaitement comme une approche de prévention et de santé pour la mère comme pour l’enfant est une nouvelle dimension médicale.
Quant à l’allaitement provoqué en dehors de la grossesse, cela ouvre une
autre voie de recherche. Si nous poussons plus loin le raisonnement, que donnerait une lactation quotidienne pendant un an par tireuse de lait chez une femme en dehors d’un contexte maternel ? C’est certainement un tabou profond, mais cela mériterait qu’on y réfléchisse. Quel impact sur le poids, sur le risque de diabète, sur la fréquence des cancers gynécologiques ?
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Retarder la ménopause
Au fil de la vie d’une femme, le nombre d’ovocytes (cellules
sexuelles féminines qui permettent la reproduction) diminue chaque année et il est évident que toute économie est bonne à prendre. L’âge moyen de la ménopause se situe à 50 ans, mais il existe des écarts importants d’une femme à une autre, entre 45 et 55 ans. La ménopause correspond à la fin du stock d’ovocytes ovariens. De nombreux facteurs interviennent pour expliquer un écart pouvant atteindre dix ans pour l’âge de la ménopause. Il est évident qu’il faut tout faire pour la décaler le plus tard possible car elle s’accompagne de nombreux éléments négatifs comme l’augmentation des risques cardiovasculaires, le risque accru d’ostéoporose, des problèmes cutanés correspondant globalement à une accélération du vieillissement. Des facteurs ethniques existent, comme le fait que les femmes japonaises bénéficient d’une ménopause plus tardive. D’autres données non génétiques interviennent sur lesquelles il est possible d’agir. Dans un précédent ouvrage1, je mettais en avant le lien entre le taux de cholestérol, la pression artérielle, la consommation de tabac et l’âge d’apparition de la ménopause. En modifiant certains paramètres, on peut arriver à la décaler jusqu’à sept ans plus tard. La raison est simple : les vaisseaux qui irriguent les ovaires sont fins et sensibles aux altérations qui les rendent moins efficaces pour l’irrigation des tissus. Ces altérations précipitent la baisse du stock ovarien.
Attraper la toxoplasmose
La toxoplasmose est une maladie répertoriée dans les zoonoses. Les
zoonoses sont des affections qui sont transmises à l’homme par les animaux. Dans le cas de la toxoplasmose, les animaux concernés sont surtout les chats (qui sont d’ailleurs souvent contaminés en mangeant des souris), mais aussi les moutons (deux tiers d’entre eux), les porcs (un quart d’entre eux) et les bovins en moindre nombre. Il est possible de savoir si un chat est porteur de la maladie en lui faisant des tests en laboratoire, ce qui a son importance car cette positivité ne s’accompagne généralement pas de symptômes particuliers. La contamination de l’animal à l’homme s’effectue soit en vivant au contact des chats, soit en consommant de la viande crue ou pas suffisamment cuite. Chez l’adulte, la maladie ne présente pas de gravité. Elle ressemble à une grippe banale avec un peu de température, des douleurs musculaires passagères, de la fatigue et quelques ganglions. Sans aucun traitement, tout rentre dans l’ordre spontanément en une semaine. Dans certains cas, le sujet ne présente aucun symptôme et la maladie passe totalement inaperçue. Le seul risque de cette maladie concerne la femme enceinte. En effet, si une future maman attrape la toxoplasmose pendant la grossesse, elle met en danger son fœtus qui risque d’être victime d’une toxoplasmose congénitale dont les complications neurologiques ou oculaires redoutables peuvent aller jusqu’à la cécité. Quand une future maman présente une sérologie négative en début de grossesse, elle devra pratiquer des contrôles sanguins réguliers et suivre de nombreux conseils :
se tenir à distance des chats ;
éviter la viande de mouton ;
consommer toutes les viandes très cuites ;
laver soigneusement les fruits et les crudités, y compris les salades préparées ;
éviter de manipuler la terre ou de jardiner.
Quand une femme constate par une simple prise de sang qu’elle n’a
jamais attrapé la toxoplasmose, il lui est recommandé, pendant qu’elle est sous contraception ou qu’elle est certaine de ne pas être enceinte, de s’exposer à cette maladie en jouant avec des chats ou en consommant des gigots bien rosés par exemple… En attrapant cette maladie bénigne, elle pourra ainsi protéger son bébé le jour où elle aura un projet de grossesse. Malheureusement, la plupart du temps, le premier test de sérologie toxoplasmose est pratiqué au début de la grossesse et, là, il faudra se protéger par tous les moyens contre cette maladie.