Le Meilleur Médicament, c'est vous !

Frédéric Saldmann · Chapitre 27 sur 58

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Le Meilleur Médicament, c'est vous !

• Quand les choses se passent mal…

Les données de cette étude bousculent complètement les stéréotypes

véhiculés à propos de la durée idéale des rapports (soit une vingtaine de minutes). Ainsi, le rapport long ne correspondait pas aux critères de plaisir retenus par les participants de l’étude, comme si le trop devenait l’ennemi du mieux. Ces données sont importantes pour le bon équilibre sexuel. En fait, beaucoup de couples pensent être en dessous de la norme. Ces idées reçues génèrent de la frustration, de la déception, jusqu’à des épisodes dépressifs avec dévalorisation de soi. Ils pensent faire mal, alors qu’ils font très bien les choses ! Remettre les éléments dans les réalités biologiques et physiologiques s’avère parfois nécessaire. Cela permet de déculpabiliser certains, de mieux jouir d’un rapport sexuel sans chercher à atteindre des performances impossibles. C’est aussi une des clés de la joie de vivre et du bonheur.

Le fait de tomber amoureux est actuellement passé au crible par des

équipes scientifiques dans le monde entier. Le scanner et l’IRM permettent aujourd’hui, grâce à des nouvelles techniques, de pouvoir lire ce qui se passe à l’intérieur du cerveau des amoureux. Les analyses biologiques poussées décryptent le pouvoir de substances sécrétées au moment des rencontres ou des actes amoureux. Résultat, nous apprenons que pour tomber amoureux, il ne faut pas plus qu’un cinquième de seconde et cela mobilise pas moins de douze aires différentes à l’intérieur du cerveau. L’état amoureux provoque une immense euphorie comparable à l’action de drogues. Le filtre d’amour a d’autres actions encore. C’est un mécanisme anti douleur efficace, puisque des chercheurs de l’Université de Stanford ont démontré que le fait de regarder son amoureux réduit la douleur comme le feraient des médicaments mais sans effets secondaires et avec un risque d’accoutumance sans aucun danger.

 

• Quand les choses se passent mal…

La sexualité franchit parfois malheureusement les limites et passe du normal au pathologique. Voici deux exemples éloquents.

 

Les troubles de l’érection : du priapisme aux fractures du pénis

Le priapisme correspond à un état d’érection prolongé qui dépasse trois heures, sans être accompagné d’une stimulation sexuelle. Habituellement, l’érection est assurée par l’équivalent d’un système hydraulique. Le sang entre par l’artère caverneuse qui correspond à un premier tuyau. La partie gonflable, qui donne la rigidité de l’érection, est assurée par les corps caverneux. Les veines dorsales de la verge laissent ou non sortir le flux sanguin. Ces données anatomiques expliquent pourquoi les hommes qui présentent des artères défectueuses ont des érections qui manquent de fermeté et de stabilité. Quand les artères qui sont chargées d’apporter le flux sanguin nécessaire à une bonne érection s’encrassent, le diamètre du vaisseau rétrécit et le sang passe moins bien. Les grands responsables de ces plaques qui freinent le passage sont connus : le tabac, la sédentarité, le cholestérol, une tension artérielle trop élevée, trop de sucre dans le sang et un stress mal contrôlé. Il faut savoir que, lorsqu’un patient au-delà de 40 ans présente des troubles de l’érection, le médecin contrôle systématiquement ses artères coronaires pour s’assurer qu’il ne présente pas de risque d’infarctus du myocarde.

Quand un homme souffre de priapisme, le médecin recherchera différentes causes pour expliquer ce phénomène. À titre d’exemples, certaines leucémies, des troubles de la coagulation, certains médicaments ou des drogues peuvent provoquer cette situation qui s’avère très douloureuse pour le sujet. À chaque fois, les équipes médicales proposent un traitement pour soulager le sujet : efforts physiques, rapports sexuels et éjaculations répétées, réfrigération au niveau du pénis ou prescription de médicaments. Dans près de la moitié des cas, aucune cause n’est d’ailleurs retrouvée pour expliquer ce priapisme.

En quelques années, la sexualité masculine a complètement changé grâce aux progrès scientifiques. Même certains phénomènes comme les fractures du pénis sont désormais bien diagnostiqués et traités. Ce terme de « fracture » est en fait un excès de langage, car le pénis ne comporte pas d’os central (sauf chez certains mammifères, comme le chat). La rupture de la gaine fibreuse qui entoure les corps caverneux provoque une douleur violente. Cet accident se produit quand l’homme force trop au moment de la pénétration ou dans certaines positions acrobatiques. Le traitement comporte selon les cas l’immobilisation du pénis et parfois même de la chirurgie suivie de longues périodes d’abstinence. Voilà peut-être une illustration du vieil adage « qui veut aller loin, ménage sa monture »…

 

Vaillant jusqu’à 100 ans

 

Les progrès de la médecine permettent aujourd’hui d’assurer à un

homme même âgé une sexualité parfaite. La prescription de

testostérone par crème ou de simples patchs permet dans certains cas

d’augmenter le désir sexuel. La chirurgie peut déboucher une artère

ou corriger une fuite veineuse. Des médicaments de plus en plus actifs

agissent pour obtenir des érections de qualité. Les traitements de

l’éjaculation précoce offrent enfin la possibilité de résoudre cet

inconvénient dont souffrent certains hommes. L’éjaculation précoce se

définit par un délai entre la pénétration et l’éjaculation inférieur à une

minute avec une impossibilité de retarder l’éjaculation. Malgré les

efforts des partenaires sexuels pour dédramatiser la situation,

beaucoup d’hommes souffrent de honte et d’atteinte à leur virilité. Les

progrès thérapeutiques sont maintenant d’un grand confort pour les

sujets concernés.

 

Le syndrome féminin d’excitation génitale persistante

Chez les femmes, l’excès pathologique existe aussi. Le syndrome

d’excitation génitale persistante est maintenant bien connu. Les femmes qui en sont atteintes présentent une excitation sexuelle permanente avec la sensation d’orgasmes imminents. Elles ressentent une hypersensibilité dans les régions clitoridiennes, vaginales, des grandes lèvres et parfois dans la région périanale. Ce syndrome se manifeste par des épisodes pouvant durer de plusieurs heures à plusieurs jours et un orgasme ne permet pas de soulager la personne qui en souffre. Des recherches ont tenté d’expliquer ce syndrome. Une équipe néerlandaise vient de découvrir le lien avec les mouvements d’impatience des jambes, « les jambes sans repos », qui donnent un début de piste pour analyser ce trouble. D’autres scientifiques travaillent sur des origines qui pourraient être en relation avec des phénomènes hormonaux.