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• Les études scientifiques qui sèment le trouble
Pour essayer de comprendre ces phénomènes que certains qualifient de paranormaux, un certain nombre d’expérimentations scientifiques et médicales ont été réalisées selon des méthodologies sérieuses.
Les expériences de déjà-vu, un outil performant pour doper sa mémoire
Ce qui caractérise les expériences de déjà-vu, c’est ce mélange à la fois de familiarité, de nouveauté et d’étrangeté, sans qu’on puisse relier ce qui est en train de se passer à quoi que ce soit du passé. Des équipes internationales ont exploré ce phénomène, en particulier le Pr Adachi au Japon (Adachi et al., 2006). Plusieurs éléments ont été mis en évidence. Tout d’abord, ces impressions de déjà-vu étaient d’autant plus fréquentes que les sujets étaient jeunes et d’un niveau éducatif élevé. Aucune différence n’a été retrouvée en fonction du sexe, du lieu de résidence ou du mode de vie. Deuxième remarque, plus une personne bénéficie d’une mémoire performante, plus la probabilité qu’elle rencontre des épisodes de déjà-vu est fréquente. Ces constatations soulèvent un point paradoxal : le sujet, en fouillant dans les recoins de sa mémoire, n’arrive pas à se souvenir de la raison de ce déjà-vu et finit par penser qu’il a la mémoire qui flanche. Ce qui se passe est rigoureusement le contraire, puisqu’il bénéficie en fait de fonctions mnésiques performantes. En effet, par moments, notre cerveau se met à fonctionner comme un ordinateur ultrarapide sans que nous en ayons conscience. Le flash qui se produit correspond à des situations analogues vécues dans le passé, mais qui ne remontent pas tout à fait à la surface. Prenons un exemple. Vous arrivez dans un pays où vous n’êtes jamais allé. Au détour d’une rue, vous décidez de vous désaltérer dans un café. Vous commandez un soda, et à ce moment précis, vous avez l’impression très nette d’avoir déjà vécu exactement cette scène dans ce même café. Vous cherchez dans vos souvenirs mais rien n’apparaît. C’est comme une enquête policière. À une table voisine, une femme porte une robe d’été avec un imprimé à fleurs rose. À aucun moment, vous ne la remarquez. Et pourtant, pendant votre enfance, vous avez vu votre mère porter le même imprimé. Ce détail suffit à donner une impression de déjà-vu à la scène. Il existe d’autres interprétations au déjà-vu. Pour Sigmund Freud, le déjà-vu, c’est le déjà rêvé. Imaginez que vous ayez rêvé une situation et que vous l’ayez oubliée au réveil. Quelques années plus tard, cette situation se produit mais vous êtes incapable de faire le moindre lien avec ce rêve oublié.
Des recherches récentes ont permis de mettre en évidence que,
contrairement aux idées reçues, faire attention n’aiderait pas forcément un sujet à mieux voir. En pratique, les chercheurs ont démontré que des données visuelles peuvent accéder à la conscience indépendamment de l’attention que l’on peut porter. Cela signifie que l’on peut réussir à voir sans voir, donc à mémoriser des éléments visuels sans même en avoir conscience à l’instant donné. Cette particularité permet d’expliquer certains phénomènes de déjà-vu. Notre mémoire est une structure en constante évolution.
Lorsque nous pensons à nos souvenirs, imperceptiblement, sans le
vouloir, nous les transformons très légèrement à chaque fois. C’est ainsi qu’au fil des années, de faux souvenirs apparaissent. Ils n’ont jamais existé alors que la personne est persuadée du contraire. Des équipes scientifiques ont travaillé sur l’impact de la publicité qui fabriquerait de faux souvenirs. Des tests ont montré que des consommateurs qui avaient vu des spots de publicité décrivant avec soin le plaisir de goûter un produit sucré, étaient persuadés quelques semaines plus tard d’avoir mangé ce dessert alors qu’ils ne l’avaient jamais testé.
La télépathie passée au scanner
La télépathie a quelque chose de fascinant à l’époque des téléphones
portables, des SMS et des e-mails. Pouvoir communiquer avec une personne à l’autre bout du monde, être capable, en se concentrant, d’influer sur ses pensées donne le vertige. Mais qu’en est-il réellement ?
Un phénomène mystérieux
Beaucoup d’expérimentations sur la télépathie ne trouvent toujours pas
d’explications. C’est le cas de l’étude conduite par le Pr Rudolph Peters à Cambridge. Tout est parti de la rencontre de ce scientifique avec une mère dont le fils souffrait d’un retard mental. Outre son retard mental, ce garçon présentait une vision extrêmement réduite. L’ophtalmologiste fut très surpris de constater que, contrairement à ce qu’il attendait, les capacités visuelles du jeune garçon étaient parfaites. Il décida alors de tenter une expérience. Il fit sortir la mère de la pièce où se trouvait l’enfant. La vue de celui-ci chuta complètement. Il recommença les tests et, à chaque fois, il constata que l’enfant pouvait réussir les tests visuels uniquement si sa mère se trouvait dans la même pièce que lui. Il émit l’hypothèse qu’il pouvait exister de petits signes imperceptibles préalablement convenus entre la mère et l’enfant, sans que les scientifiques ne s’en aperçoivent. Sans prévenir l’enfant, ils recommencèrent les tests, mais avec la présence de sa mère cachée dans une pièce voisine. Les tests visuels furent réussis. Ils allèrent plus loin dans l’expérience. À huit kilomètres du laboratoire, ils montrèrent à la mère, de façon aléatoire, une série de cartes contenant des chiffres ou des lettres. Le médecin demandait par téléphone au garçon quel était le chiffre ou la lettre. Alors que, statistiquement, il n’aurait pu trouver au mieux la bonne réponse dans 10 % des cas, les différents essais avec le garçon et sa mère présentèrent la bonne réponse dans 32 % des cas. Cette observation n’est pas isolée. Il faudrait reproduire à une plus large échelle ce type d’expérience pour pouvoir vérifier ces données.
Télépathie et e-mail
Le Pr Sheldrake aux États-Unis (Sheldrake et Smart, 2005) a voulu
tester la possibilité de communication par télépathie en relation avec des e-mails. Pour cela, il a sélectionné 4 sujets pour envoyer des e-mails. Les participants devaient deviner, une minute avant l’envoi, laquelle de ces personnes allait envoyer le mail. Après 552 essais, 43 % réussirent à trouver la bonne personne, ce qui est largement au-dessus de la probabilité standard, qui aurait dû être de 25 %. Il est impossible à ce jour de trouver une explication à ce phénomène. Il serait nécessaire de reproduire de telles expériences sur des échantillons de populations plus importants afin de mieux interpréter ces données.
Souvent des personnes sentent que quelqu’un va leur téléphoner, qu’elles
vont recevoir un SMS ou un e-mail ; et justement, ce qu’elles ont pressenti se produit. Il est intéressant de noter que les expériences de télépathie concernent de façon générale des personnes qui se connaissent préalablement. La télépathie entre inconnus est beaucoup plus rare.
Des débuts d’explication ?
Il existe peut-être des bribes d’explication aux phénomènes de télépathie.
Pensez à cette expression populaire qui dit à propos de deux personnes : « le courant passe entre eux » ou bien : « cette personne dégage quelque chose, je me sens attiré vers elle », ou encore : « je n’ai pas d’atomes crochus ». Pour tenter de comprendre ces attirances ou ces répulsions des personnes entre elles, de très nombreuses études scientifiques ont été réalisées depuis des décennies. Certains éléments se sont dégagés qui permettent de mieux analyser ce qui se passe, en dehors du contexte social ou psychologique. Il est vrai que l’attirance entre un homme et une femme peut parfois correspondre à l’expression d’un modèle familial, social ou publicitaire qui peut enfin se réaliser. De façon inconsciente, nous pouvons intégrer dans notre subconscient des modèles qui correspondent au conjoint idéal. Il peut prendre l’aspect du jeune premier de film, du héros de roman, du gendre idéal que suggèrent les parents, du premier de la classe au cancre rebelle…
Tous les modèles sont possibles en phase ou en opposition avec ce que
propose le monde extérieur. Certains trouvent leur sérénité en choisissant le gendre idéal ou la belle-fille parfaite, pour continuer à se sentir aimés de leurs parents. D’autres, à l’inverse, se projettent sur des modèles d’opposition avec la sensation profonde de s’affirmer et d’exister intensément en se mettant en rupture avec les devoirs imposés mais non consentis. Dans les deux cas, le résultat risque d’être le même : le choix pour faire plaisir ou par réaction ne correspond pas forcément à un souhait profond. En dehors de la dimension psychologique du choix d’un partenaire, de nombreuses études ont exploré d’autres pistes. Il apparaît que l’attirance est plus marquée en cas de différences génétiques significatives et que l’odorat joue un rôle non négligeable dans le désir sexuel de l’autre. Les odeurs interviennent comme des stimuli sexuels, en particulier les odeurs dégagées par les aisselles ou les poils pubiens par exemple.
Toujours est-il qu’il existe des dimensions inexpliquées dans l’attirance et la communication entre les humains, mais pas seulement.
D’autres travaux scientifiques se sont portés sur les transmissions de pensées entre l’animal et l’homme. Par exemple, on a répertorié de nombreux cas de chiens qui se mettent à hurler sans aucune raison alors que leur maître se trouve en danger en dehors de l’espace où ils se trouvent. On retrouve également des cas où le chien fait tout ce qu’il peut pour attirer les secours vers son maître qui se trouve en danger de mort.
Dans le même esprit, d’autres équipes scientifiques ont étudié le nombre de fois où un chien se tenait à la fenêtre pour guetter le retour de son maître. Ils ont noté qu’en demandant au maître de rentrer chez lui à des heures aléatoires dans la journée, le chien se tenait à la fenêtre de façon continue dix minutes avant son arrivée. Il se mettait en position pour l’accueillir alors que ce n’était pas son heure habituelle de retour à la maison. C’est en laissant une caméra à l’intérieur de la maison que les chercheurs ont pu mettre en évidence ces comportements particuliers et mystérieux. De même que certains animaux peuvent détecter des spectres de couleurs différents de nous, serait-il possible qu’ils disposent d’outils de communication que nous ne connaissons pas aujourd’hui ? Nous avons encore tout à apprendre des animaux et de leur façon de communiquer en dehors de la parole.
À la lumière de ces expérimentations sur la télépathie, on peut donc affirmer que cette forme mystérieuse de communication ne marche pas à tous les coups et qu’elle semble mieux fonctionner avec certaines personnes qu’avec d’autres. Un peu à l’image d’une station radio que l’on recherche sur l’autoroute, qui fonctionne par moments et qui se coupe dans d’autres.
Le perroquet, un sacré télépathe
Le seul animal qui dispose partiellement de la parole est le
perroquet. Des travaux sur la télépathie ont été réalisés avec un perroquet de New York. Ce perroquet a ceci de particulier qu’il