Le Meilleur Médicament, c'est vous !

Frédéric Saldmann · Chapitre 23 sur 58

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Le Meilleur Médicament, c'est vous !

• Gérer les situations d’urgence

 

L’arrêt cardiaque et les pathologies du cœur

Cinquante mille de nos compatriotes meurent chaque année d’un arrêt cardiaque. Je regrette infiniment que le massage cardiaque ne soit pas mieux connu, quand on sait que moins de 20 % des témoins d’un arrêt cardiaque le pratiquent. Je pars du principe qu’il vaut mieux un massage cardiaque amateur que pas de massage cardiaque du tout. Si l’on ne fait rien, on ne donne aucune chance de survie à la victime. Si cela vous concerne un jour, voici les gestes de base à effectuer.

Vérifiez que le patient est inanimé.

Appelez les secours (15, 18).

Placez la victime sur un plan dur, mettez vos mains l’une sur l’autre en plein milieu du thorax, en maintenant vos bras tendus. Appuyez environ cent fois par minute en se servant de tout le poids de votre corps pour enfoncer la cage thoracique de plusieurs centimètres. Relâchez bien entre chaque compression et continuez en attendant l’arrivée des secours.

Il ne faut pas hésiter à poursuivre le massage cardiaque le plus longtemps possible. En 1998, suite à un arrêt cardiaque au bloc opératoire, le ministre Jean-Pierre Chevènement a bénéficié d’un massage cardiaque de cinquante-sept minutes. Le cœur est reparti après presque une heure de massage et le ministre est ressorti quelques jours plus tard de l’hôpital sans aucune séquelle.

Je souhaite également vous parler du coup de poing sternal. C’est une méthode qui peut faire repartir le cœur en cas d’arrêt cardiorespiratoire. Le geste consiste à porter un coup de poing violent sur le sternum de la victime, ce qui correspond à un choc électrique de faible intensité. C’est pour cette raison que certains l’appellent le choc électrique du pauvre. En pratique, il arrive que, dans près d’un quart des cas, le cœur reparte après ce geste s’il est effectué juste après l’arrêt cardiaque. Lorsque des témoins assistent à ce type de réanimation, ils sont toujours choqués de voir un médecin frapper un patient avec une telle vigueur…

En introduction, je parlais de certaines maladies cardiaques, comme la

maladie de Bouveret qui se soigne par une simple pression des doigts sur un point précis du corps. Pour comprendre comment fonctionne ce type de traitement, il faut rappeler quelques notions médicales. Dans le corps, il existe un nerf (dit vague) qui est une sorte de frein pour empêcher le cœur de battre trop vite. En stimulant ce nerf, le médecin appuie sur la pédale frein et le cœur reprend son rythme normal.

Il existe plusieurs façons de stimuler ce nerf. Le massage carotidien

unilatéral pendant vingt secondes ne peut être pratiqué que chez des sujets jeunes dont les artères sont exemptes d’athérome. La compression modérée des globes oculaires pendant trente secondes produit le même effet. Il est cependant contre-indiqué chez les sujets présentant des décollements de rétine, un glaucome, une myopie, portant des lentilles de contact ou ayant subi une intervention récente chirurgicale sur l’œil. Pour la petite histoire, c’est pour cette raison que des scientifiques ont noté la baisse de la fréquence cardiaque quand une personne se frotte les yeux. Il existe d’autres façons de stimuler le nerf vague. Par exemple, en mettant le doigt sur la luette au fond de la gorge pour provoquer une réaction de vomissement ou, moins agressif, en buvant très vite un grand verre d’eau glacée.

Dans d’autres cas, le nerf vague trop stimulé peut provoquer un malaise

vagal. Ce malaise peut provoquer un bref évanouissement en raison du débit sanguin devenu insuffisant pour apporter le sang oxygéné au cerveau. La fréquence cardiaque baisse trop, occasionnant une chute de la pression artérielle. La victime devient pâle et s’effondre. Un geste utile est de surélever les jambes à 90 degrés, pour mieux irriguer le cerveau en attendant l’arrivée des secours.

 

Les fausses routes

Le plus souvent, ce sont les enfants et les personnes âgées qui sont victimes de fausses routes. L’événement survient à l’occasion d’un repas au cours duquel la personne avale par inadvertance un corps étranger comme un petit os ou le noyau d’un fruit qui, au lieu de descendre normalement dans l’estomac, vient bloquer les voies aériennes. Quand les choses se passent bien, le sujet réussit à cracher le corps étranger à l’occasion de fortes quintes de toux. Mais, dans d’autres cas, les efforts de toux ne suffisent pas à déloger l’intrus et la personne s’étouffe littéralement. Il arrive que le corps étranger provoque une asphyxie en bloquant la trachée.

Si le sujet s’asphyxie, il ne faut pas perdre de temps. Les secours risquent d’arriver trop tard. Le premier geste est de se mettre debout à côté du sujet pour lui maintenir le thorax penché en avant et de lui administrer une série de fortes claques dans le dos. Malgré ces efforts, il arrive que la personne continue de s’asphyxier. Le passage de l’air est totalement interrompu et plus aucun son ne sort de la bouche de la victime. Elle ne tousse plus du tout. Dans ce cas, on changera de position en se plaçant derrière son dos, un pied entre ses deux pieds. Il faut mettre votre poing au niveau du creux de l’estomac, sous le sternum, l’autre main servant à recouvrir votre propre poing, puis exercer une série de tractions très fortes vers soi et vers le haut (mouvements en J). Une personne seule et sans secours peut avec ses poings pratiquer cette manœuvre, dite d’Heimlich, en cas d’asphyxie par corps étranger. Chez la femme enceinte ou le nourrisson, il n’est pas possible de pratiquer cette manœuvre. Il faut procéder différemment. J’ajoute qu’il ne faut jamais suspendre une personne par les pieds ni mettre le doigt dans sa bouche pour la faire vomir (risque de vomissement avec inhalation).

 

Arrêter un saignement ou une hémorragie

Le saignement de nez bénin peut être arrêté simplement par la pression des doigts. Il faut commencer par s’asseoir sur une chaise ou sur le sol. Le premier geste est de se moucher soigneusement pour faire sortir d’éventuels caillots. Il faut ensuite pencher la tête en avant (pour que le sang ne coule pas dans la gorge et ne déclenche des vomissements). Il ne reste plus qu’à comprimer fermement les ailes du nez avec le pouce et l’index pendant dix minutes sans interruption pour que la coagulation puisse se réaliser et que le saignement cesse. Bien entendu, si une seule narine saigne, il suffit de comprimer uniquement le côté qui saigne.