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Chapitre 7 - S’épanouir sexuellement
Chapitre 7
S’épanouir sexuellement
« C’est quoi la passion ?
C’est une attirance irrésistible.
Comme celle d’une aiguille magnétique qui a
trouvé son pôle. »
MADELEINE CHAPSAL
À en juger par les sondages, les publicités suggestives et, soyons
honnêtes, nos pensées quotidiennes, la sexualité est au cœur de nos préoccupations. Pourtant, elle reste source de beaucoup de malentendus, et d’idées reçues, comme le prouve le nombre croissant de consultations de sexologues. Ces thérapeutes sont nombreux à confirmer que leurs patients arrivent souvent totalement perdus entre le flot d’informations « officielles » dont ils sont abreuvés, et leur propre pratique. Dans notre société compétitive, on confond en effet souvent performance sexuelle et épanouissement sexuel. Une sexualité heureuse est pourtant la base d’une bonne santé physique et mentale. Il est donc temps de remettre quelques pendules à l’heure.
• Retrouver sa libido
Se poser les bonnes questions
La base de la sexualité repose sur la libido, que l’on peut définir comme
l’énergie relative à la pulsion sexuelle. Pour les hommes comme pour les femmes, tout part de la première étincelle, de l’envie qui porte vers l’autre. En dehors de facteurs psychologiques qui peuvent jouer sur la libido, il existe des facteurs physiologiques et biologiques très concrets qui peuvent l’augmenter, ou au contraire la diminuer. Il est évident que la libido apparaît plus importante chez le sujet jeune que chez le sujet âgé et qu’on constate de très nombreuses variantes d’un sujet à l’autre. Les circonstances, le choix d’un partenaire peuvent intervenir, mais, parfois, les choses se jouent ailleurs.
La baisse de la libido est un phénomène fréquent qui peut survenir à n’importe quelle période de la vie. Il pousse chacun à s’interroger sur le désir sexuel pour l’autre, en essayant de comprendre pourquoi l’attirance vers le ou la partenaire diminue. Avant de se poser des questions métaphysiques, il faut toujours rechercher si ce passage à vide ne correspond pas à la prise d’un médicament. En effet, certains médicaments ont pour effets secondaires une baisse de la libido, il suffit de regarder le dictionnaire Vidal pour s’en convaincre. Il peut s’agir par exemple de médicaments pour faire baisser le cholestérol ou plus simplement de certaines pilules contraceptives qui provoquent une baisse du désir et de l’excitation sexuelle. Dans ce cas, il suffit d’un changement de contraception et la libido repart comme un feu d’artifice… Bref, si vous prenez un traitement, même anodin, lisez bien la notice ou interrogez votre médecin pour voir si votre thérapeutique n’interfère pas avec votre vie sexuelle.
L’alimentation
De nombreuses recherches portent aujourd’hui sur l’incidence de certains aliments sur la libido. En dehors des légendes et d’éventuels effets magiques de tel ou tel aliment, non vérifiés scientifiquement, il est particulièrement intéressant de se pencher sur de nouvelles solutions originales.
Les pistaches et l’érection
Habituellement, quand des propriétés nutritionnelles sont retrouvées dans un nutriment, il faut en consommer des quantités astronomiques incohérentes avec nos habitudes alimentaires pour pouvoir commencer à en bénéficier. L’exemple de l’ail est démonstratif : il faudrait ingurgiter une gousse d’ail crue par jour pour obtenir de légers effets bénéfiques pour la santé ! Même si c’est positif, le sujet qui suit cette recommandation s’expose à une solitude profonde, notamment en raison de son haleine ! Avec la pistache, c’est différent : 30 grammes cinq fois par semaine, ce qui correspond à 170 calories, donnent des résultats. La pistache contient des acides gras insaturés, des fibres et des phytostérols, dont l’action hypocholestérolémiante est bien connue. L’industrie agroalimentaire propose en effet aujourd’hui des margarines ou des yaourts avec des phytostérols qui permettent de diminuer objectivement le taux de cholestérol de 10 à 15 %. Le taux de phytostérols de la pistache est de 279 milligrammes par portion de 100 grammes, ce qui la place dans le peloton de tête des aliments riches en phytostérols. La pistache est également riche en antioxydants dont l’anthocianine. Cependant, il faut savoir que le fait de griller les pistaches diminue son contenu en anthocianine (un puissant antioxydant), il est donc préférable de les manger crues. L’autre composant anti-âge de la pistache est le resvératrol. Pour compléter la liste des nutriments, elle contient du cuivre, de la vitamine B6, B1, K, E, du phosphore, du fer, du manganèse, du magnésium, du potassium, du zinc et du sélénium. Je regrette néanmoins que les pistaches présentées soient aussi salées. Nous consommons suffisamment de sel sans en prendre ainsi inutilement. Choisissez donc des pistaches nature.
L’étude la plus surprenante sur les pistaches ne porte pas sur la prévention
des maladies cardiovasculaires, mais sur la sexualité. Le Pr Aldemir en Turquie (Aldemir et al., 2011) a montré un effet bénéfique sur l’érection chez l’homme, concomitant avec une amélioration du profil lipidique sanguin. Il n’a noté aucun effet secondaire suite à cet apport quotidien de pistaches pendant les trois semaines qu’a duré l’expérimentation.
La grenade, toujours la grenade…
La grenade n’en finit pas de démontrer ses bénéfices santé grâce à de
nouvelles études. En 2012, une étude réalisée à Édimbourg a mis en évidence le fait que la consommation de jus de grenade à raison d’un verre pendant deux semaines chez 60 volontaires hommes et femmes donnait des résultats très intéressants. Le dosage de testostérone dans la salive augmentait en moyenne de 24 % chez les hommes et les femmes. De même, l’étude a montré une légère baisse de la pression artérielle et une amélioration de l’humeur.
Des moyens simples qui marchent
Il est évident que la sédentarité, l’absence d’exercice physique, le
tabac, l’alcool en excès et le manque de sommeil sont autant de facteurs qui diminuent nettement la libido, chez l’homme comme chez la femme. Il faut également souligner que les capacités sexuelles peuvent être influencées négativement ou positivement par certaines drogues ou certains aliments. Par exemple, de petites quantités d’alcool, comme un verre de vin ou une coupe de champagne, ont une action désinhibitrice qui facilite les rapports sexuels, alors que plusieurs verres provoquent l’effet inverse avec une sexualité en berne. Les drogues comme la cocaïne ou le cannabis baissent également les performances sexuelles. Des études chez le rat ont montré que de faibles quantités de caféine optimisaient les relations sexuelles. Voilà peut-être un nouveau filtre d’amour pour éviter que le (ou la) partenaire ne s’endorme trop tôt en oubliant son conjoint…
La durée idéale du rapport sexuel : l’étude révolutionnaire
Le sexe a un pouvoir puissant mais, comme je l’écrivais en introduction, il est aussi à l’origine de nombreuses idées reçues qui peuvent justement perturber l’épanouissement d’une sexualité harmonieuse. La bonne durée du rapport sexuel fait partie des sujets sensibles qui tracassent en sourdine de nombreux couples. Certains en parlent librement entre eux, d’autres se taisent, mais dans tous les cas la question plane. Pour en avoir le cœur net, des scientifiques canadiens et américains, les professeurs Corty et Guardiani, ont mené une étude pour savoir quelle était la durée idéale d’un rapport sexuel. La durée du rapport a été calculée en partant de l’instant de la pénétration dans le vagin jusqu’à l’éjaculation. Les couples ont ensuite noté les durées et les commentaires relatifs au plaisir sexuel ressenti. Les résultats ont beaucoup surpris les chercheurs. Les rapports de trois à sept minutes ont été classés comme corrects par les couples. Ils ont été notés comme désirables quand ils duraient de sept à treize minutes. Ils ont été jugés trop courts quand ils duraient entre une et deux minutes. Les participants les ont considérés comme trop longs quand ils se prolongeaient entre dix minutes et une demi-heure ou plus.