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La bonne répartition des graisses pour mieux se protéger
Il vaut mieux ressembler à une poire qu’à une pomme. La répartition des
graisses est un bon indicateur du risque cardiovasculaire. Quand la graisse se situe sur la taille et le ventre, les risques cardiovasculaires sont plus élevés que quand l’excès de graisse se situe sous la ceinture. Une étude scientifique a même montré que les grosses fesses présentaient chez la femme un facteur de protection cardiovasculaire. Pour se faire une idée très grossière de son propre risque, si votre tour de taille dépasse 80 centimètres chez une femme et 94 centimètres chez un homme, consultez votre médecin. Il est important de détecter le plus vite possible ce qui est défini en médecine comme le syndrome métabolique. Il faut réunir trois critères positifs parmi ceux-ci : tour de taille supérieur à 80 centimètres pour les femmes et 94 centimètres pour les hommes, des triglycérides sanguins supérieurs à 1,50g/l, une tension artérielle supérieure à 130/85 mmHg, un taux de bon cholestérol trop bas et trop élevé de mauvais et une glycémie supérieure à 1g/l. Lorsque le diagnostic est posé, c’est la porte ouverte à la flambée des maladies cardiovasculaires.
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Le mois de notre naissance nous conditionne-t-il ?
De très nombreux magazines proposent une rubrique horoscope et,
soyons honnêtes, nous sommes nombreux à le lire, même si nous n’y croyons pas. Mais qu’il soit lunaire ou solaire, existe-t-il quelque chose de fiable dans ses prédictions ? Bien entendu, si vous décidez de ne pas lire votre propre horoscope, mais celui d’un autre signe, vous allez trouver à chaque fois des détails qui vous concernent. Parfois, vous noterez des coïncidences entre les prédictions astrales et des événements survenus dans votre semaine. Pour essayer d’y voir plus clair, des équipes scientifiques ont étudié les liens qui pouvaient exister entre le mois de naissance et les caractéristiques de la vie d’une personne. Les bases de données santé de la population sont si performantes aujourd’hui qu’il devient possible d’établir des liens entre la date d’un anniversaire et la santé d’une personne. Il s’agit bien sûr d’études rétrospectives sur la vie d’un individu. La première étude a été réalisée au Vietnam par une équipe autrichienne. Elle montre que les femmes nées en juillet et en août auraient moins d’enfants. Les conditions atmosphériques, ainsi que le type d’alimentation pendant la grossesse, peuvent avoir une possible influence sur les organes de reproduction du fœtus. Il est possible que certaines carences jouent un rôle. À titre d’exemple, il a été démontré qu’une carence en acide folique pendant la grossesse pouvait être à l’origine d’une malformation appelée spina-bifida chez le fœtus. Les mêmes chercheurs ont étudié des populations en Roumanie et ont noté que la fertilité des femmes nées en juin était supérieure à celles nées en décembre.
Dans un autre domaine, l’équipe du Pr Nilsson en Suède (Nilsson et al., 2007) a recherché des liens entre le mois de naissance d’un enfant et les risques d’allergies. Il est vrai que les allergies touchent de plus en plus de monde (voir chapitre 4). Elles ont doublé en quinze ans. Aujourd’hui, une personne sur trois souffre d’allergie. Les symptômes vont de la simple rhinite allergique jusqu’à l’asthme. Tous les âges sont concernés. L’étude suédoise a porté sur 209 enfants âgés de 12 à 15 ans. Les chercheurs ont constaté que les enfants nés entre septembre et février présentaient plus de problèmes d’allergie, qu’elles soient respiratoires liées à des pollens ou alimentaires. À l’inverse, ils ont constaté que les sensibilités aux pollens, les rhinites et les conjonctivites allergiques étaient moins fréquentes chez les enfants nés au printemps. Il est possible que les enfants nés au moment de l’exposition au pollen soient mieux protégés contre le contact ultérieur avec ces allergènes. Des scientifiques belges se sont intéressés au lien entre la maladie de Crohn (maladie chronique inflammatoire intestinale) et le mois de naissance des personnes. L’étude a porté sur 1 025 patients. Une corrélation significative a été mise en évidence entre le mois de naissance et la fréquence de cette maladie. Les chercheurs ont noté un risque très réduit de développer cette maladie chez les personnes nées au mois de juin. L’ensoleillement jouerait-il un rôle protecteur sur certaines maladies ? Il est évident que l’exposition au soleil fait penser à l’influence de la vitamine D qui se fabrique sur la peau avec les rayons du soleil et son rôle dans la prévention de nombreuses maladies. Le Pr Bayes en Grande-Bretagne (Bayes et al., 2009) a recherché les liens qui pouvaient exister entre la sclérose en plaque et le mois de naissance. Pour cela, il a étudié la population écossaise, qui présente un des taux mondiaux les plus élevés de sclérose en plaque. Les chercheurs ont observé sur un très large échantillon de la population qu’il existait des liens entre le mois de naissance et la maladie. Les enfants des deux sexes nés en avril présentaient 22 % de plus de sclérose en plaque contre 16 % de moins pour les enfants nés en automne. Toujours en Grande-Bretagne, une autre équipe médicale a recherché les correspondances entre le mois de naissance et l’anorexie mentale. Ils ont ainsi observé une fréquence plus élevée chez les enfants nés entre les mois de mars et de juin et une fréquence plus faible chez ceux nés entre les mois de septembre et octobre.
Existe-t-il une influence de la lune ?
La lune a depuis toujours représenté une véritable mythologie. Des
maladies qui se produisent selon la lune à la fréquence des naissances, du tempérament qui change selon la position de l’astre jusqu’à ces phénomènes inquiétants qui se produiraient durant la pleine lune, toutes les spéculations sont ouvertes. L’arrivée des premiers hommes sur le sol lunaire en 1969 n’a rien changé à l’imaginaire qui entoure cette planète. Pourtant, ce que l’histoire retiendra de ce dernier millénaire sera peut-être seulement cette première conquête spatiale. Là encore, il est intéressant de faire appel à la science.
L’équipe du Pr Ahmad à Glasgow (Ahmad et al., 2008) a observé, sur
7 000 patients admis pour des accidents vasculaires à l’hôpital, une hausse de la fréquence des admissions pendant les périodes de pleine lune. Aucune explication n’a été trouvée à cette coïncidence. De même, le Pr Roman en Espagne (Roman et al., 2004) a recherché l’influence de la pleine lune sur les admissions à l’hôpital pour des saignements d’origine digestive. Il a noté un rythme d’une admission par jour en période de pleine lune et une fréquence d’environ un jour sur deux dans les autres périodes. D’autres équipes en Iran ont souligné des liens entre les crises de colique néphrétique et les cycles lunaires. Les modifications des cycles lunaires influencent-elles certaines conditions atmosphériques qui retentissent sur la santé ? Ou bien, pour les sujets superstitieux, la pleine lune augmente-t-elle leur stress ?
La mort survient plus souvent à certaines heures
Dans d’autres domaines, des explications scientifiques permettent enfin de comprendre certaines constatations qui, jusqu’à présent, semblaient liées au hasard. Il a été noté dans tous les pays que le taux de décès, quelle que soit la cause mais en dehors des accidents de la route, était plus important aux premières heures du jour. Certains attribuent ce phénomène au souhait du mourant de vouloir attendre les premiers rayons du soleil avant de partir.
L’explication vient d’une protéine sécrétée en fonction de notre horloge biologique. En pratique, il s’agit d’un gène qui intervient sur notre horloge interne et sur la contraction des cellules cardiaques les rendant plus vulnérables à l’aube et provoquant des troubles du rythme cardiaque sur des cœurs en mauvais état. En effet, selon les heures du jour, certains paramètres biologiques varient. Ainsi, le cortisol plasmatique est au plus haut à 8 heures du matin. Le cortisol augmente la quantité de sucre dans le sang, l’énergie et la force musculaire. Les rythmes liés à l’heure de la journée peuvent être décalés plus tard (vers 10 ou 11 heures le matin) ou plus tôt (5 ou 6 heures du matin). Ces décalages entre individus permettent de comprendre pourquoi certains sont plus volontiers du matin ou du soir…
Pour l’instant, nous manquons d’explications rationnelles pour comprendre l’étendue de tous ces phénomènes que l’on ne peut qu’observer. Il est évident que les bases de données actuelles retraçant les différents « événements santé » d’une personne peuvent facilement se croiser avec les données de la météo, d’une date de naissance ou d’un cycle lunaire. Nous sommes peut-être sur le point d’apprendre une nouvelle forme d’horoscope… Et rien n’arrête certains chercheurs. C’est le cas d’une équipe américaine qui a décidé d’étudier les pierres tombales dans les cimetières. Ils se sont particulièrement intéressés aux dates de naissance et de mort des couples. Ils ont fait une constatation étonnante. Ils ont remarqué que les hommes qui s’étaient mariés avec des épouses beaucoup plus jeunes affichaient une longévité supérieure aux hommes mariés avec des femmes du même âge qu’eux. Peut-être que ces jeunes épouses deviennent, le moment venu, des infirmières vigilantes et dévouées…