Le Meilleur Médicament, c'est vous !

Frédéric Saldmann · Chapitre 8 sur 58

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Le Meilleur Médicament, c'est vous !

• Jeûner… pour rester jeune

Par la suite, d’autres études scientifiques ont permis de comprendre le pourquoi et le comment des ressources santé des escaliers. En fait, chez les sujets qui décident de ne pas prendre les ascenseurs et de monter les étages, il a été constaté une baisse significative de la pression artérielle. Il faut noter qu’au moment de la montée, la tension artérielle augmente mais, à l’arrêt, elle diminue et se fixe à un niveau plus bas chez les sportifs de l’escalier. L’hypertension artérielle étant un véritable fléau qui favorise la survenue de maladies comme des infarctus du myocarde ou des hémiplégies, on comprend tout l’intérêt de pratiquer une activité qui diminue la pression dans les artères. Dans l’étude suisse du Pr Meyer, les participants ont bénéficié en moyenne d’une baisse de 1,8 % de leur pression artérielle. Cet exercice a également contribué à une baisse de 3 % du cholestérol qui bouche progressivement les artères. La capacité respiratoire a été augmentée de 6 % au bout de trois mois, ce qui est excellent pour une meilleure oxygénation des tissus.

L’activité physique quotidienne est donc une obligation, je dirais presque un droit de vie pour rester en bonne santé. Comme je le précisais en introduction, trente minutes d’exercice par jour diminuent de 40 % toutes les causes de mortalité, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, des cancers ou de la maladie d’Alzheimer. Tout cela peut être obtenu simplement en utilisant les escaliers de son immeuble ou de son bureau. Faites le compte. En une journée, on parvient sans difficulté à 21 étages. Augmenter sa capacité physique et respiratoire, baisser sa pression artérielle et son mauvais cholestérol, perdre de la graisse et du tour de ventre de façon durable, c’est une récompense qui attend ceux qui renoncent aux ascenseurs et escalators. L’enjeu est trop important pour perdre une seule minute avant de commencer.

 

• Jeûner… pour rester jeune

Au plus profond de nos cellules se cache une fonction étonnante, qui permet à l’organisme de rajeunir, comme s’il s’autorenouvelait. Ce pouvoir peut se réveiller par une façon de s’alimenter particulière : le jeûne intermittent.

Un pouvoir très ancien

Tout a commencé il y a des milliers d’années, quand l’homme vivait de

chasse et de cueillette et qu’il devait faire face au froid, au danger et à des périodes de disette. L’organisme s’est alors adapté en sachant biologiquement faire face à la pénurie et en jeûnant naturellement de façon intermittente. Le corps humain de nos ancêtres savait puiser dans les graisses le carburant nécessaire à une vie en bonne santé, quelles que soient les conditions extérieures. Dans ces temps anciens, un homme de 70 kilos et de 1,70 mètre pouvait tenir quarante jours en puisant dans ses 15 kilos de réserve de graisses. Certains animaux du pôle Nord, comme les manchots, ont conservé cette capacité de résistance en jeûnant plusieurs mois au froid et en vivant sur leurs réserves de graisses.

Comme un signal émis du fond de la nuit des temps, de nombreuses

religions perpétuent la tradition du jeûne à l’occasion de certaines périodes de l’année, rappelant à l’homme le pouvoir secret enfoui en lui.

Selon les croyances, le jeûne est présenté de façon différente. Dans la

religion catholique ou orthodoxe, il s’inscrit dans une notion de pénitence pour se rapprocher de Dieu. Le jeûne est une privation volontaire de nourriture. Dans certains cas, le fidèle ne prend qu’un seul repas par jour, dans d’autres, certains aliments sont interdits comme la viande. Dans la religion islamique, le jeûne correspond à une période d’amélioration et de remise en question de soi. Il existe le Kippour chez les juifs et, chez les hindous, le onzième jour de chaque cycle lunaire. Dans tous ces cas, le jeûne s’inscrit dans une pratique spirituelle pour amener les fidèles à se rapprocher de Dieu. Les religions montrent à l’homme que le jeûne est possible et ne crée pas de problème particulier. Il faut noter que toutes les religions excluent de cette pratique les sujets malades, les enfants ou les femmes enceintes.

En pratique, l’organisme a donc su, au fil des siècles, s’adapter

parfaitement au manque de nourriture. Notre matériel biologique est prévu pour le manque mais aujourd’hui, on ne sait plus faire face à l’excès. L’abondance est ennemie de notre santé. Pour aggraver la situation, la dépense physique, qui était l’activité principale pour se nourrir, s’est réduite à une peau de chagrin avec la sédentarité. Et pourtant, les mécanismes protecteurs sommeillent au plus profond de nos cellules, comme un trésor secret confié par nos aïeux. Des découvertes récentes viennent de mettre en évidence le fait que le jeûne intermittent pouvait justement réactiver ces processus anciens.

 

Les bienfaits du jeûne

Tout d’abord, il faut faire une différence entre le jeûne total, qui peut être un jeûne politique (grève de la faim) pouvant durer plusieurs semaines, et le jeûne religieux ou intermittent. Les mécanismes biologiques qui interviennent sont radicalement différents.

Le jeûne intermittent consiste à se priver volontairement de nourriture pendant un temps précis et une période déterminée. Pendant la période de jeûne, le sujet peut boire à volonté de l’eau ou des boissons sans calories. Dans tous les cas, la personne devra consulter son médecin traitant pour vérifier son aptitude à la pratique du jeûne. Le jeûne commence à partir de la sixième heure après le dernier repas, et c’est pendant les heures qui vont suivre que des mécanismes biologiques nouveaux vont s’activer.

Il existe différents schémas de jeûne, pouvant aller de seize à vingt-quatre heures d’abstinence, sur une période allant d’un jour sur deux à un jour par semaine ou un jour de jeûne tous les dix jours. Il est surprenant de constater que les effets positifs du jeûne intermittent ne portent pas seulement sur la perte de kilos superflus, mais aussi sur des maladies inflammatoires comme les rhumatismes, les allergies et l’asthme. L’interruption volontaire de nourriture pendant des périodes s’étalant de seize à vingt-quatre heures réactive une mémoire biologique ancienne qui savait gérer le manque de nourriture par la mise en place de mécanismes de protection. Ce qui apparaît très surprenant, c’est la différence d’action entre la restriction calorique banale, qui consiste à diminuer quotidiennement ses apports alimentaires, et le jeûne intermittent, qui conduit à des périodes d’abstinence alimentaire.

 

Le renouvellement des cellules

Notre corps est une usine en perpétuel mouvement. Parmi les

60 000 milliards de cellules qui le composent, une fraction importante

se renouvelle chaque jour. Chaque cellule, globule rouge ou cellule de

l’estomac, a son propre rythme de remplacement. Le point clé est le

nombre d’erreurs des cellules qui, en se recopiant pour se remplacer,

est progressivement plus élevé avec l’âge. Une cellule mal copiée

peut devenir une cellule cancéreuse qui à son tour sera à l’origine

d’autres cellules présentant les mêmes anomalies. Plus on avance en

âge, plus le risque de mauvaise copie est élevé. C’est pour cette raison

que les mêmes facteurs de risque n’ont pas le même impact en

fonction de l’âge. Entre un jeune de 20 ans qui fume pendant un an un

paquet de cigarettes par jour et un sujet de 70 ans qui fait la même

chose, la zone de risque est différente. Les mécanismes de copie du

sujet le plus âgé sont beaucoup plus vulnérables.

 

De nombreux pays se sont lancés dans la pratique de ce jeûne intermittent

sous contrôle, en particulier en Allemagne. Les équipes médicales qui travaillent depuis plusieurs décennies dans ce domaine mettent en avant plusieurs phénomènes. D’une part, le jeûne déclenche une légère augmentation d’adrénaline et de noradrénaline qui génèrent une vigilance accrue, et ceci après seulement douze heures. Le sujet se concentre mieux et réfléchit plus vite. C’est certainement une résurgence de ce que vécurent nos ancêtres qui chassaient avec efficacité malgré le jeûne. D’autre part, les médecins allemands considèrent que ce type de jeûne augmenterait l’espérance de vie et la résistance à de nombreuses pathologies. Ils partent de l’hypothèse que, lorsque l’organisme contient des cellules endommagées, il choisit la facilité en les détruisant puis en les remplaçant, ce qui accélère le vieillissement. En période de jeûne intermittent, l’organisme réagirait différemment en réparant les cellules au lieu de les éliminer. Il s’agit d’un mécanisme qui économise de l’énergie tout en réduisant les risques de faire une mauvaise copie de l’ADN, surtout chez les sujets qui avancent en âge. Ils ont aussi noté que le jeûne intermittent induisait une glycémie plus basse et diminuait les facteurs de résistance à l’insuline. Enfin, les chercheurs ont remarqué que ce mode d’alimentation diminuait également la production de radicaux libres (molécules d’oxygène instables qui tentent de se lier à d’autres cellules pour se compléter et favorisent ainsi l’usure de nos cellules, un peu comme de la rouille), ne serait-ce que par la diminution des apports alimentaires.

Les jeûnes intermittents de nombreuses religions nous ouvrent en tout cas une piste de réflexion nécessaire. Les travaux du Pr Berigan aux États-Unis sont particulièrement intéressants concernant l’impact du jeûne intermittent sur la fréquence des cancers. Le chercheur a sélectionné des souris avec une durée de vie courte car elles avaient subi la suppression d’un système diminuant naturellement la fréquence des cancers (protéine 53). Il a constaté que, dans le groupe des souris soumis à un jour de jeûne par semaine, la fréquence des cancers diminuait de 20 % par rapport au groupe qui avait une alimentation quotidienne. Ces résultats mettent en avant des modifications biologiques correspondant à l’activation de véritables systèmes de réparation cellulaire. Les travaux ont mis en évidence la notion d’une fréquence hebdomadaire pour voir apparaître des résultats significatifs.

 

Proteus anguinus, le poisson humain qui peut tenir dix ans sans

manger

 

C’est un étrange batracien qui a une taille d’environ 20 à

40 centimètres et pèse de 15 à 20 grammes. On le nomme poisson humain en raison de sa peau qui ressemble à celle de l’homme. Il peut atteindre 100 ans, ce qui est inhabituel pour ce type d’animal, mais surtout, il sait résister à des situations qui tuent normalement tous les êtres vivants. Ainsi, il peut tenir dix ans sans rien manger et il réussit à vivre pendant trois jours sans oxygène ! Il faut dire aussi qu’il sait s’économiser : en situation normale, il ne s’active que cinq minutes par jour. Deux équipes françaises se sont penchées tout particulièrement sur ces capacités étonnantes. Il apparaît que cet animal aurait en fait la faculté de parfaitement gérer ses réserves énergétiques. Il sait utiliser au mieux son énergie, tout en produisant peu de déchets. Dans toutes les cellules, aussi bien celles de l’homme

que celles de cet étrange poisson, il existe de véritables petites

centrales énergétiques appelées mitochondries, qui ont pour mission

de nous apporter de l’énergie. Le rendement des mitochondries de cet

animal est exceptionnel. Les mitochondries fournissent l’ATP

(adénosine triphosphate) qui permet de réaliser les réactions

chimiques vitales pour l’organisme en utilisant très peu d’oxygène.

C’est alors un cercle vertueux qui se crée : en utilisant peu de

carburants, peu de déchets sont rejetés dans l’organisme qui

encrassent moins les filtres naturels chargés de dépolluer le corps de

l’animal. Le secret de la longévité du poisson humain résiderait donc

dans sa disposition à tirer un maximum d’énergie du moindre apport

tout en produisant peu de déchets qui usent prématurément les

cellules. C’est en fait une sorte de maître de l’écologie et du

développement durable qui démontre tout l’intérêt de cette dimension

à la fois sociale et scientifique.

 

Le jeûne en pratique

En fonction des personnes, la durée et la manière de jeûner seront très

différentes. Sont exclus de cette pratique les sujets qui souffrent d’hypoglycémie, car le jeûne peut alors provoquer des malaises, des sensations de vide dans la tête, des sueurs ou de la fatigue. Les personnes qui présentent ces troubles savent très bien qu’elles ne tiennent pas longtemps sans manger. Bien évidemment, il faut dans tous les cas le feu vert du médecin traitant pour la pratique du jeûne intermittent.

Le jeûne intermittent dure habituellement de seize à vingt-quatre heures.

En pratique cela revient, par exemple, à ne prendre qu’un seul repas dans la journée. Dans tous les cas, il est impératif de boire abondamment de l’eau ou des boissons n’apportant pas de calories. Certaines personnes tiennent sans problème vingt-quatre heures, d’autres seize heures ou moins. Chacun doit trouver le rythme qui lui convient le mieux. Certains vont prendre un seul repas dans la journée mais vont consommer un fruit le matin. D’autres arrivent facilement à se passer du sandwich avalé en cinq minutes le midi, sans même s’en apercevoir. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait de choisir une journée de la semaine où l’on est très occupé rend les choses beaucoup plus faciles qu’une journée où l’on tourne en rond à la maison autour du réfrigérateur. J’attire votre attention sur un point : il faut éviter que le premier repas qui suit le jeûne intermittent soit un véritable déluge calorique. La méthode pour éviter cela est simple. Il suffit de prévoir et d’organiser le menu que l’on prendra lors de ce premier repas et de ne rien changer.

J’ai été surpris par les récits de nombreuses personnes qui pratiquaient ce jeûne intermittent. Beaucoup ont noté une absence de sensation de faim. Elles ont réalisé qu’elles se mettaient à table tous les jours presque mécaniquement, parce que c’était l’heure mais qu’elles n’avaient pas réellement faim. Pour elles, la vraie sensation de faim se produisait beaucoup plus tard. Bon nombre de mes patients ont noté d’importants bénéfices à cette pratique : ils se sentent moins fatigués, plus rapides intellectuellement, avec plus d’énergie, le teint plus clair, moins de maux de tête, plus toniques… Globalement, beaucoup de sensations positives avec la perception d’un mieux-être.

Le jeûne intermittent permet à l’organisme de régénérer et de réactiver des mécanismes de réparation cellulaire en sommeil. C’est aussi une façon de ralentir les effets du temps pour vivre plus longtemps en meilleure santé. Après avoir consulté votre médecin, je vous conseille d’essayer et de juger par vous-même les effets ressentis.

 

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