Le Meilleur Médicament, c'est vous !

Frédéric Saldmann · Chapitre 32 sur 58

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Le Meilleur Médicament, c'est vous !

• Apprendre à se libérer mentalement

Il ne faut pas hésiter à sourire le plus souvent possible. Sourire génère des ondes positives autour de vous, une impression de succès qui rend séduisant. Vous paraîtrez moins fatigué et plus jeune. De plus, la bonne humeur produite par ces sourires est très contagieuse. Essayez de penser à des choses tristes ou négatives et de sourire en même temps et vous comprendrez alors toute la puissance protectrice du sourire…

 

• Apprendre à se libérer mentalement

 

Faire taire notre gendarme mental

En mai 1968, sur les murs de Paris, il était écrit partout : « Le flic est en toi. » C’est encore vrai aujourd’hui, mais plus insidieusement. L’agent de police, le parent ou le professeur trop autoritaire sont des « cibles » faciles à repérer donc à combattre, ignorer ou fuir. Mais quand l’ennemi ressemble à un allié, un ami ou à l’image de ce qu’il faut penser pour faire partie d’un groupe, la partie n’est pas simple et peut bloquer une vie en cassant ses possibilités. Beaucoup de personnes détiennent en elles un immense potentiel qu’elles ne vont jamais utiliser, des rêves d’enfant qui n’auront jamais la moindre traduction dans la vie adulte. C’est tout ce qui éloigne les êtres de ce qu’ils sont vraiment, de leurs centres de gravité, du bonheur, tout simplement. Très tôt dans la vie, des messages sont émis dans cette direction avec plus ou moins d’intensité. Avec des « mange pour faire plaisir à Maman » et « finis ton assiette », combien de personnes, devenues adultes, finissent leurs assiettes alors que ce n’était pas bon du tout ou qu’elles n’ont plus faim ? Elles ont inconsciemment l’impression qu’elles seront moins aimées si elles ne se plient pas aux règles. Apprendre à ne pas finir son assiette en étant à l’écoute de ce que l’on ressent vraiment est un premier pas vers le bonheur… Il est très difficile de se libérer du regard inconscient d’une personne bienveillante, mais c’est le prix de la liberté. Dans d’autres cas, certains se mettent à boire, à fumer, à se droguer pour faire partie d’un groupe qui leur propose une identité. Mais en même temps, ils se détruisent progressivement et raccourcissent leurs vies. Cela peut être aussi le choix d’un conjoint qui correspond à un message subliminal de ce qui est bien pour les parents, les amis ou, pire, les images de héros de feuilletons télévisés. C’est comme cela que s’enclenchent des vies ratées, des enfants malheureux, une sensation de mal-être qui n’en finit pas. Le choix d’une profession peut fonctionner de la même façon : on choisit son métier en fonction de son entourage, et non pas de nos aspirations profondes…

 

Apprenez à dire non !

 

Voilà en vrac quelques petites idées pour apprendre à vous libérer : • Déclinez une invitation si vous vous sentez trop fatigué. • Ne portez pas cette veste dont tout le monde vous dit grand bien si

vous n’êtes pas à l’aise dedans.

• En soirée, quand vous tombez de sommeil et que l’on vous

propose le dernier verre, rentrez chez vous.

• Quand le téléphone sonne et que ce n’est pas le moment, ne

décrochez pas. Si c’est urgent, vous le saurez toujours.

• N’acceptez pas cette promotion si vous sentez, au fond de vous,

que vous n’en serez pas capable ou qu’elle ne vous convient pas.

 

Se confronter à la réalité pour briser ses chaînes

Pour être heureux, il faut savoir briser les chaînes visibles et invisibles

afin que la vie corresponde à celui qui la vit. C’est un chemin difficile et qui demande parfois de l’aide, car nous ne voyons pas toujours ce qui nous enferme malgré nous. Dans les cas difficiles, la psychanalyse peut permettre de se libérer et de se découvrir tel que l’on est dans la réalité. Je regrette que, en France, la psychanalyse demeure taboue. Pour beaucoup, aller chez le psychanalyste, c’est se considérer comme fou. C’est là une profonde erreur, car cette technique de psychologie permet de mettre au jour des mécanismes bloqueurs installés pendant l’enfance comme des freins qui brident le moteur de la vie. Il faut souvent de l’aide pour les repérer, car il est difficile de les désamorcer seul, un peu comme un chirurgien qui tenterait de s’opérer tout seul.

 

Les défenses

Les défenses psychologiques rendent ce parcours particulièrement difficile. Pour imaginer à quoi correspond une défense, représentez-vous un point à vif, très douloureux sur votre bras. Si quelqu’un essaie de le toucher, même de l’effleurer, vous allez le repousser par réflexe, avec violence. Lorsque vous serez à nouveau confronté à la même situation, vous serez sur vos gardes et vous réagirez encore plus vite et plus fort. Les psychanalystes connaissent parfaitement ces mécanismes de défense. C’est pour cette raison qu’ils s’approchent avec prudence des points sensibles, comme on le ferait pour déminer une bombe, et que l’analyse dure parfois plusieurs années. Mille précautions sont prises pour arriver au but. Ceci explique aussi pourquoi nous pouvons repousser avec violence les proches qui nous disent la vérité. Ils peuvent avoir raison mais ils appuient sans le savoir sur un mécanisme de défense qui les neutralise. Quelqu’un de neutre et d’éloigné du contexte affectif permet de mieux avancer. On comprend pourquoi l’Ordre des médecins recommande à un médecin de ne pas soigner sa famille, à un chirurgien de ne pas l’opérer, à un psychanalyste de ne pas prendre en charge ses proches. Désamorcer une défense est un travail long et difficile mais l’enjeu en vaut la chandelle : redonner la liberté à celui qui l’avait perdue.

 

Le transfert

Le transfert est une autre difficulté qui se produit à l’occasion d’une psychanalyse. Je parle là de la naissance de sentiments entre l’analyste et l’analysé. Par exemple, le psychanalyste peut, à un moment donné, représenter le père ou la mère. Ces transferts affectifs vont brouiller les pistes et pousser à monter en puissance les mécanismes de séduction. Chercher à séduire l’autre, c’est tenter de se montrer tel que l’on n’est pas dans la réalité. Vouloir montrer ce que l’on pense être le meilleur côté de soi-même n’est pas du tout se montrer tel que l’on est. C’est mettre en avant des fausses pistes pour égarer l’autre en pensant le séduire. Le risque est ensuite de tout faire pour correspondre à l’image que l’on a donnée et qui est censée séduire l’autre. Cela revient à s’enfermer dans une prison, à répéter le même scénario d’une pièce de théâtre, à dissoudre ce que l’on est vraiment. C’est la perte de l’authenticité.