Les vivants et les morts
En Ecoutant Schumann
Quand l'automne attristé, qui suspend dans les airs Des cris d'oiseaux transis et des parfums amers, Et penche un blanc visage aux branches décharnées, Reviendra, mon amour, dans la prochaine année, Quels seront tes souhaits, quels seront mes espoirs? Rêverons-nous encor tous deux comme ce soir, Dans la calme maison qu'assaille la rafale, Où l'humble cheminée, en rougeoyant, exhale Une humide senteur de fumée et de bois? Entendrons-nous, mes mains se reposant sur toi, Ces grands chants de Schumann, exaltés, héroïques, Où le désir est fier comme un sublime exploit, Où passe tout à coup la chasse romantique Précipitant ses bonds, ses rires, ses secrets Dans le gouffre accueillant des puissantes forêts?
—O Schumann, ciel d'octobre où volent des cigognes! Beffroi dont les appels ont des sanglots d'airain: Jeunes gens enivrés, dans les nuits de Cologne, Qui contemplez la lune éparse sur le Rhin!