Les vivants et les morts

Anna de Noailles · Chapitre 76 sur 125

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Les vivants et les morts

Bonte de L'univers que Je Croyais Eteinte…

Un oeillet tremble, secoué

D'un coup vif de petite trique,

Quand le lourd frelon électrique

A sa tige reste cloué.

Par la vapeur d'eau des rivières

Les prés verts semblent enlacés;

Le soir vient, les bruits ont cessé;

—Etranger, mon ami, mon frère,

Il n'est pas que la passion,

Que le désir et que l'ivresse,

La nature aussi te caresse

D'une paisible pression;

Les rêves que ton coeur exhale

Te font gémir et défaillir;

Eteins ces feux et viens cueillir

Le jasmin aux quatre pétales.

Abdique le sublime orgueil

De la langueur où tu t'abîmes,

Et vois, flambeau des vertes cimes,

Bondir le sauvage écureuil!

 

BONTE DE L'UNIVERS QUE JE CROYAIS ETEINTE…

Bonté de l'univers que je croyais éteinte,

Tant vous aviez déçu la plus fidèle ardeur, Je ressens aujourd'hui vos suaves atteintes;