Pan

Knut Hamsun · Chapitre 11 sur 43

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Pan

Chapitre XI

 

 

La nuit j’entendis qu’Ésope se levait de son coin et gro-gnait, je l’entendis à travers mon sommeil ; mais, comme je rêvais justement de chasse, ce grognement s’adaptait à mon rêve et il ne me réveilla pas complètement. Quand je sortis de la hutte vers deux heures du matin, il y avait dans l’herbe des traces d’une paire de pieds humains. Quelqu’un était ve-nu là, était allé d’abord à l’une de mes fenêtres, puis à mon autre fenêtre. Les traces se perdaient de nouveau en bas sur la route.

Elle vint à ma rencontre, les joues en feu, avec un visage absolument rayonnant.

— Avez-vous attendu ? dit-elle. Je craignais de vous avoir fait attendre.

Je n’avais pas attendu, elle était en route avant moi.

— Avez-vous bien dormi ? dis-je. Je ne savais presque que dire.

— Non, je n’ai pas dormi, j’ai veillé, répondit-elle. Et elle me raconta qu’elle n’avait pas dormi de la nuit, mais était restée assise sur une chaise, les yeux fermés. Elle était aussi sortie de la maison pour faire un tour de promenade.

— Quelqu’un est venu devant ma hutte cette nuit, dis-je. J’ai vu les traces dans l’herbe ce matin.

Et son visage se colore, elle me prend la main, au beau milieu de la route, et ne répond pas. Je la regarde et de-mande :

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— Était-ce vous, peut-être ?

— Oui, répondit-elle, en se pressant contre moi, oui, c’était moi. Je n’ai pas dû vous réveiller, j’ai marché aussi doucement que je l’ai pu. Oui, c’était moi. J’étais près de vous encore une fois. Je vous aime.

 

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