Tempêtes à Fermont

Jo Bessett · Chapitre 24 sur 49

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Tempêtes à Fermont

Chapitre 23

 

J’ai à peine mis les pieds dans la bibliothèque que Mario m’interpelle du comptoir de prêt.

– Tu es en retard. L’inspecteur vient juste de passer. Il veut que tu le rappelles dès que possible.

J’hésite à relever son commentaire sur mon retard avant de laisser tomber. Je le rejoins derrière le comptoir.

– Il t’a dit ce qu’il voulait ?

Mario secoue la tête. Puis, il ajoute brusquement :

– Tu es sortie avec David hier ?

Le dos raide, le visage impassible, mon collègue attend une réponse que, visiblement, il connaît déjà. Son regard me brûle les rétines et malgré moi, je baisse la tête, penaude, avant de la relever aussitôt dans un geste de fierté.

– Oui, dis-je avec un air de défi.

Oh mince ! Il ne semble pas l’apprécier.

– Mais… pourquoi, Jilliane ? Tu as déjà oublié notre conversation ? Je n’ai pas envie de te ramasser encore une fois à la petite cuillère ! Car c’est ce qui va t’arriver avec lui.

Je suis offusquée par ses propos et par son ton directif, qui déborde largement du cadre du travail. Je prends soin de m’assurer que nous sommes seuls avant de lui répondre.

– Franchement, Mario, je crois que cela ne te regarde pas. Je suis désolée d’avoir pris de ton temps ces derniers jours, mais cela ne te donne pas le droit de me traiter comme une petite fille. Je suis adulte et je fais ce que je veux.

J’assène le coup de grâce.

– De plus, tu n’es pas mon père, que je sache.

Les épaules de Mario s’affaissent.

– Ah, merde ! dit-il en se passant une main sur le visage. Excuse-moi. Tu as raison.

Il se gratte ensuite le crâne et je m’adoucis devant son air désemparé.

– Mais enfin ! Qu’est-ce qui se passe entre David et toi ? Je sais que cela ne me regarde pas, mais…

Il s’interrompt d’un geste las.

– Laisse tomber. J’ai dépassé les bornes, je l’admets. Mais c’est pour toi que je m’inquiète ! Je connais bien mon fils et je ne voudrais pas qu’il te fasse de la peine. Tu sais qu’il repart dans deux semaines ?

Aïe ! Qu’est-ce qu’ils ont tous à me dire ça ? Évidemment que je le sais. Mais je fais tout pour ne pas y penser. C’est comme pour le reste. Je vis dans le déni, certes, mais c’est ce qui me permet de continuer d’avancer.

– Je suis au courant.

Mario se détourne pour attraper le chariot de livres à classer qu’Amélie a préparé la veille. Il le pousse devant lui et s’apprête à sortir de derrière le comptoir de prêt, mais je lui bloque le passage.

– Dis-moi, est-ce que David a fait quelque chose de mal ?

Ma question semble le frapper de plein fouet. À voir son air, j’imagine mille scénarios. Après quelques secondes de mutisme, Mario coupe court à mes élucubrations. Son fils n’est pas un criminel ni un délinquant. Je sens mes épaules se relâcher. C’est toujours ça de pris. J’ose lui redemander :

– Mais alors… Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tu lui en veux ?

– C’est à quelqu’un d’autre que j’en veux.

Sa voix s’est durcie sur les derniers mots. Quant à moi, je suis plus troublée que je ne l’étais avant cette conversation. Sans préciser sa pensée, Mario s’avance pour m’enlacer en me soufflant qu’il n’est peut-être pas mon père, mais qu’il m’aime comme sa fille.

Je cligne des yeux, émue.

– Arrête ça ! dis-je en me dégageant doucement. Tu ne disais pas que j’avais assez pleuré tout à l’heure ? Bon, je vais rappeler ce foutu inspecteur.

Je remarque seulement maintenant Fripon, notre nouvelle mascotte, qui s’est étalé de tout son long sur le dessus du rayonnage des albums jeunesse, là où le soleil frappe le plus fort à cette heure de la journée. La tête posée entre ses pattes de devant, les yeux fermés, le gros matou se fait chauffer le dos. Dès que je me mets à le flatter, il émet un doux ronronnement à mon contact.

– Pauvre chat. La vie est dure, hein ?

Je me penche et colle mon front contre le sien. Il ne bouge pas d’un poil, mais ronronne un peu plus fort.

– Tu es presque parfait, toi ! Tu ne voudrais pas te marier avec moi ?

Je le grattouille sur le dessus du crâne, puis sous sa mâchoire et il tend le cou vers moi. Un jappement aigu interrompt notre jeu. Fripon saute sur ses pattes et ses yeux de chasseur remarquent immédiatement le petit chien de madame Lachance, une de nos abonnées, qui vient d’entrer par la porte intérieure. Elle traîne partout son shih tzu nommé Peanuts dans une grande sacoche blanche. Sans demander son reste, Fripon saute en bas du rayon et détale derrière le comptoir de prêt.

– Oh ! s’exclame madame Lachance, tout en tenant fermement Peanut d’une main pour l’empêcher de s’échapper. Je ne savais pas qu’il y avait un chat ici.

Je lui explique rapidement la situation et elle se répand en excuses, tout en m’assurant que son chien ne ferait jamais de mal à un chat. Je regarde la bête. Fripon fait au moins deux fois son poids.

– Ne vous en faites pas, madame Lachance. La plupart du temps, nous gardons le chat dans nos bureaux.

Je réussis à attraper Fripon et l’emmène avec moi dans la section administrative. Je réfléchis à l’idée d’y intégrer une chatière pour que notre nouveau compagnon puisse aller et venir à sa guise. Puis, j’imagine la tête de Dominic et manque pouffer de rire. Il nous jetterait dehors, le chat et moi, c’est certain.

Le jeune policier se présente sur le pas de ma porte une quinzaine de minutes après mon appel.

– Bonjour, inspecteur. Comment allez-vous ?

Je libère la surface de travail de mon bureau pendant que mon invité s’installe sur la chaise face à moi. L’homme n’est pas du genre à échanger des banalités, car il se contente d’un mouvement de la tête avant de plonger dans le vif du sujet.

– Dites-moi, madame Henry, depuis combien de temps monsieur Roy-Desjardins travaille-t-il à la bibliothèque ?

Sa question me surprend. Qu’est-ce qu’Hugo peut bien avoir à faire avec le meurtre de madame Picotte ? Et puis, je me souviens du jour où je l’ai surpris, bien trop tôt le matin, à farfouiller dans l’ordinateur. Sa réaction à mon arrivée donnait l’impression que je l’avais surpris en flagrant délit d’un acte illicite. Mais qu’est-ce qu’il fichait au juste ? Malgré mes soupçons, j’éprouve quand même le besoin de protéger le jeune homme. Du moins, jusqu’à ce que je sache vraiment ce qui se passe ! Je réfléchis quelques secondes avant de dire :

– Cela doit faire environ sept ou huit mois. C’est un bon employé.

– Justement, vous le décririez comment ? Donnez-moi plus de détails.

– Eh bien, c’est un garçon tout à fait correct. Il est fiable, ponctuel, doué en informatique. D’ailleurs, il est très patient avec les personnes aînées, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

– Que fait-il pour elles plus spécifiquement ?

J’explique alors comment Hugo aide les abonnés plus âgés à se servir du catalogue de la bibliothèque, à renouveler leurs prêts et à utiliser nos bases de données, et ce, sans jamais montrer le moindre signe d’impatience. J’ajoute que je l’ai souvent vu à l’œuvre avec Jeannette Beauchemin. Je précise :

– La dame qui était présente la première fois que vous êtes venu, vous vous rappelez ?

Le policier acquiesce. Je déclare :

– Je ne sais plus combien de fois on lui a expliqué comment effectuer une réservation. Entre vous et moi, je la soupçonne de faire exprès.

Je balaie l’air de la main.

– Mais bon, ce n’est pas le sujet, n’est-ce pas ? J’ajouterais qu’Hugo aide parfois les abonnés pour des trucs plus personnels, comme ouvrir leur boîte de courriel ou utiliser les réseaux sociaux. Cela n’entre pas dans ses tâches, mais ça lui fait plaisir de le faire.

– Et… il l’a déjà fait pour cette madame Beauchemin ? demande négligemment l’inspecteur.

Je réfléchis avant d’acquiescer. L’inspecteur me prie encore une fois de préciser.

– Je l’ai vue un jour lui apporter sa tablette pour qu’il l’aide à débloquer son compte de courriel. Je ne sais pas ce qu’Hugo a fait exactement, mais elle était ravie.

– Vous avez été témoin de cela ? Vous n’étiez pas dans votre bureau ?

Son insistance me rend de plus en plus perplexe. Je précise tout de même que je fais régulièrement de l’analyse de documents et que cette fois-là, j’étais tout près d’eux, dans les documentaires adultes.

Il hausse un sourcil avant de chercher à savoir en quoi cela consiste. Je commence donc à lui expliquer comment nous vérifions régulièrement l’état de la collection par différents moyens afin d’élaguer les documents désuets ou en moins bon état, comme ceux qui sont peu prêtés ou qui ont été remplacés par de nouvelles éditions. J’allais poursuivre sur le sujet avant de remarquer le bâillement du policier.

– Excusez-moi, dis-je, je déborde un peu.

Il se redresse aussitôt sur son siège.

– Désolé. Ne vous sentez pas visée. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers jours.

Je me fais alors la remarque qu’il est beaucoup plus séduisant qu’il le paraît de prime abord. Tout à coup, j’ai une vision nette d’Amélie en couple avec le beau policier. Après tout, cet homme est un bon parti. Il m’apparaît être quelqu’un de calme et posé. De plus, il peut faire preuve de sensibilité, si j’en juge par la façon dont il m’a traitée lorsqu’il m’a trouvée en pleurs à la sortie de ma rencontre avec Dominic. Bon, monsieur Coon est peut-être un peu plus introverti qu’Amélie le souhaiterait, mais… rien n’est parfait ! J’essaie de me souvenir s’il a mentionné être célibataire, mais rien ne me vient.

– Madame Henry ?

Je sursaute.

– Oui ?

– Vous vous souvenez quand c’était ? me rappelle-t-il patiemment. Votre employé qui aidait madame Beauchemin ?

Je fais un effort pour chasser mes pensées distrayantes.

– Euh, c’était environ deux semaines avant la mort de madame Picotte. Un samedi, je crois.

Je m’interromps.

– Attendez. Je vérifie.

J’ouvre le fichier des horaires.

– Alors, dis-je en examinant le document à mon écran, ça devait être le samedi 23 novembre. Hum…

Prise d’une idée subite, j’ouvre le logiciel de prêt et effectue une recherche au nom de Jeannette Beauchemin. Après avoir repéré son numéro d’abonnée, je clique sur son dossier et vérifie l’historique de prêts.

Je confirme la date à l’inspecteur.

– Madame Beauchemin a bien emprunté deux documents l’après-midi du 23 novembre, à quatorze heures douze exactement.

Le policier sort son calepin de la poche intérieure de son manteau et note ces nouveaux renseignements avant de hocher la tête avec satisfaction.

– Merci pour votre aide, madame Henry. Je vous recontacterai si nécessaire.

Il se lève et tombe face à face avec Amélie qui vient de faire irruption dans la pièce, les joues rougies par le froid et le souffle court. Dans sa hâte, elle se heurte presque au jeune policier.

– Oh ! Pardon, souffle-t-elle en s’ar rêtant brusquement.

Ses mains sont encombrées par plusieurs sacs qu’elle transporte, en plus du sac à dos accroché à ses épaules.

– Je vous en prie, s’empresse de dire l’inspecteur, c’est moi qui suis désolé. Je ne m’attendais pas…

Je ne peux pas voir l’expression de l’inspecteur Coon, mais la façon dont il se balance d’un pied sur l’autre m’indique que l’apparition de ma collègue le trouble légèrement.

Je décide d’intervenir.

– Ah ! Amélie ! Tu te souviens de l’inspecteur Coon ?

J’ai fait exprès de mentionner le prénom d’Amélie pour que le policier le retienne et mon amie me fusille brièvement du regard avant d’effectuer un petit hochement de tête. Elle a compris la manœuvre.

– Bien sûr, répond-elle gracieusement au policier. Contente de vous revoir, inspecteur.

Sans montrer plus d’intérêt, elle le contourne et se dirige vers son bureau, où elle dépose bruyamment ses sacs. Puis, comme si elle se trouvait seule dans la pièce, elle tire son téléphone de la poche de son manteau et en explore l’écran. J’ai envie de lui flanquer des baffes.

– Amélie est notre technicienne-animatrice. Une super technicienne-animatrice !

L’inspecteur, dont la tête a fait un quart de tour pour la suivre des yeux, se reprend rapidement.

– Je n’en doute pas. Ravi de vous avoir revue, mademoiselle.

Sa politesse surannée me tire un sourire.

Après qu’il a quitté la pièce, je fais pivoter mon fauteuil en direction du bureau d’Amélie, qui déroule paresseusement le long foulard bleu lui entourant la gorge.

– Dis donc, tu le fais exprès ?

Elle me fixe de ses grands yeux étonnés.

– Exprès de quoi ?

– Mais… tu n’as pas vu comment il te regarde, cet homme ?

– L’inspecteur ?

Elle a répondu sur un ton agacé.

– Non, Fripon.

– Je n’ai rien remarqué, affirme-t-elle sérieusement en retirant sa doudoune rose.

Elle bat des cils et passe la main dans sa chevelure pour y mettre un peu d’ordre.

– Tu le fais exprès. Tu aimes le voir se troubler.

Amélie ouvre ses yeux plus grands encore si c’est possible.

– Tu crois qu’il l’était ?

– Je l’ai senti dans sa voix ! Je crois que tu as une touche, ma belle. Tu ne trouves pas qu’il est mignon ? Un beau grand brun musclé comme tu les aimes !

Je regrette immédiatement ce que je viens de dire. Le conjoint d’Amélie était effectivement un homme beau, grand, brun et musclé. Mais mon amie ne semble pas avoir fait le lien.

– Hum… c’est vrai qu’il est pas mal, avoue-t-elle en se mordant les lèvres. Mais un policier ? Je ne crois pas que je pourrais. Je passerais mon temps à m’inquiéter de ce qui lui arrive.

– Ah, je n’avais pas vu les choses ainsi… Mais quand même… J’ai l’impression que vous feriez un beau couple.

– Eh bien, je ne peux pas t’empêcher de rêver, mon amie ! me lance Amélie sur un ton joyeux.

Elle tire de l’un de ses sacs deux petits sapins de Noël en plastique décorés de boules colorées et les dépose sur son bureau. Puis, elle extirpe du même sac une longue guirlande rouge, bien touffue.

– Tiens, fait-elle en l’agitant. Pour toi.

– Tu veux que je mette ça où au juste ?

Elle marche vers moi, la décoration traînant sur le sol derrière elle.

– On va entourer ton bureau avec, précise-t-elle.

Elle étend l’objet brillant le long de l’arête du meuble en le maintenant de ses bras écartés.

– Il faut juste quelques clous pour la fixer.

– T’es folle ? protesté-je en levant les mains devant moi. Pas question de mettre des clous sur mon bureau.

– Du papier collant, alors ? Attends.

Elle se précipite vers un de ses tiroirs pour récupérer le distributeur de ruban adhésif.

– Tadam ! s’exclame-t-elle en revenant vers moi. Tu vas voir, ce sera très joli.

– Amélie, dis-je en la menaçant du doigt, enlève ça et laisse-moi tranquille.

Je repousse la guirlande d’un geste de la main, mais mon amie la retient.

– Pas question. Tu es la directrice, il faut que ton bureau soit décoré pour montrer à tout le monde que tu as l’esprit des fêtes.

Je soupire.

– Tout le monde… Tu exagères. Il n’y a pratiquement que vous qui venez ici. De toute façon, je préférerais le sapin. Tu ne veux pas faire un échange ?

– Pas question. Les sapins sont pour le comptoir de prêt et moi.

Je la regarde fixer la guirlande avec du ruban adhésif sur les deux côtés de mon bureau. Elle rabat ensuite les quelques centimètres restants sur la face interne devant moi. Je contemple la décoration avec résignation. Je déteste les guirlandes. Je trouve ça d’un kitsch dégoûtant.

– Et voilà ! s’exclame Amélie. De toute beauté. Viens voir !

Elle me tire par le bras pour m’obliger à me lever et nous faisons le tour du bureau ensemble.

– Ce n’est pas joli ? demande-t-elle en désignant fièrement son œuvre.

Je fais la moue.

– Je ne sais pas… Je n’aime pas trop le rouge.

Elle me tire la langue.

– Qu’est-ce que tu peux être rabat-joie ! C’est Noël, Jilliane, réjouis-toi un peu, bon sang !

– Et de quoi veux-tu que je me réjouisse exactement ? Je n’arrive pas à terminer ce foutu plan triennal, mon chum m’a laissée après sept ans de vie commune et je n’aurai plus d’endroit où vivre d’ici quelques semaines.

Je lève un doigt pour l’empêcher de commenter.

– Ah, et j’oubliais… ma mère vient de débarquer pour me faire engraisser et me remontrer le moral en m’expliquant à quel point Jasper était nul comme petit copain.

– C’est vrai que vu ainsi… admet Amélie en faisant la moue.

Je remarque le petit pétillement dans ses yeux. Je ne peux m’empêcher de sourire un peu. Je marmonne en retournant m’asseoir :

– Ça va, tu peux laisser ta guirlande.

Elle bat des mains comme une gamine.

– Super ! Cool !

Durant les heures qui suivent, je travaille comme une forcenée sur mon document, pendant qu’Amélie se consacre à son activité d’heure du conte. Parmi les idées que je mets de l’avant, il y a la création d’un « espace historique » dans la bibliothèque où nous pourrions rassembler quelques documents d’archives sur les origines de la ville et la préparation d’une exposition virtuelle à ce sujet sur notre site Web. Je vois très bien Hugo responsable de ce projet. On pourrait profiter de son expertise pour moderniser notre site Internet en même temps. Je relis mon plan attentivement avant de l’expédier à Dominic, satisfaite. J’ai l’impression qu’un poids énorme vient de m’être enlevé des épaules, bien qu’il subsiste en moi une pointe d’inquiétude. En effet, toutes ces propositions nécessitent du personnel et c’est là où le bât blesse. J’ai évoqué devant Amélie l’idée d’augmenter son nombre d’heures de travail et elle m’a tout de suite rembarrée. Elle préfère attendre que Lucas aille à l’école. J’espère donc que ma proposition de créer un nouveau poste, même à temps partiel, sera acceptée. Sinon, je devrai me contenter de personnel temporaire.

Des éclats de voix animés m’indiquent que les présentations entre ma mère et mes collègues vont bon train et je range précipitamment mon bureau avant de les rejoindre. Dans un coin de ma tête, je ne peux m’empêcher de me demander quel accueil mon patron réservera à mon plan. Mais il est trop tard pour reculer, maintenant.

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