Tempêtes à Fermont

Jo Bessett · Chapitre 42 sur 49

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Tempêtes à Fermont

Chapitre 41

 

J’entre dans une ambiance survoltée. Un rapide coup d’œil autour de moi me permet de jauger la situation. Ça va mal. Très mal. Deux policiers, dont l’inspecteur Coon, essaient de menotter Michel qui se débat comme un diable, tandis que l’employé de cuisine tente de le calmer en criant plus fort que lui. Les quelques clients sur place sont tétanisés. Mon regard se déplace vers ma droite et je vois Janie, la tête entre les mains, effondrée, le dos contre un mur entre deux tables sur lesquelles s’empile de la vaisselle sale.

Je m’empresse vers elle.

– Janie. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ils arrêtent Michel ?

Elle lève la tête et agrippe vivement mon bras.

– Jilliane ! Oh, mon Dieu ! Ils ont dit qu’ils devaient l’emmener au poste pour lui poser des questions au sujet du meurtre de Colette Picotte. Michel s’est énervé, il a refusé de les suivre et ils ont sorti les menottes !

Je ne comprends pas.

– Mais je croyais qu’ils avaient déjà arrêté un coupable ? C’est madame Beauchemin qui me l’a dit. Un monsieur que Colette fréquentait, paraît-il. Pourquoi voudraient-ils emmener Michel ?

Janie gémit.

– Je ne sais pas ! Je ne comprends rien à ce qui se passe ! Mais mon mari n’a rien à voir là-dedans ! Que vont penser les clients ?

– C’est sûrement une erreur. Je vais aller voir.

Je dégage doucement mon bras et lui fais un sourire rassurant. Puis, je marche vers l’attroupement, mais un troisième policier m’arrête avant que je puisse atteindre Michel.

– Désolé, madame, on ne passe pas.

J’essaie d’attirer l’attention de l’inspecteur Coon qui tente, avec un collègue, de faire avancer Michel. Peine perdue. Il m’ignore ou ne me voit pas. Michel finit par bouger, tout en invectivant tout ce qui porte un uniforme, et le petit groupe se dirige vers la sortie, c’est-à-dire dans ma direction. Qu’est-ce qui se passe ? Cette histoire devient de plus en plus compliquée. Je m’avance vers eux, mais l’agent qui m’a empêchée de passer un peu plus tôt est plus rapide.

– Restez là où vous êtes, m’ordonne-t-il en m’attrapant le poignet.

– Mais…

Son seul regard me convainc que je perds mon temps. Je les observe sortir, incrédule. C’est certainement une erreur. Michel Legrand impliqué dans le meurtre de madame Picotte, c’est impossible ! À travers les fenêtres du restaurant, je vois les policiers pousser sur la tête de Michel avant de le forcer à s’asseoir sur la banquette arrière du véhicule de police. C’est une scène irréelle.

Je retourne auprès de Janie, les questions se bousculant dans ma tête.

– C’est sûrement un malentendu, lui dis-je en cherchant à m’en persuader moi-même.

Elle a repris ses esprits, mais je vois à ses yeux qu’elle est toujours bouleversée. Je m’efforce de la réconforter :

– Michel n’a rien fait, ils vont bien finir par s’en rendre compte et le relâcher. Ne t’en fais pas trop. Tout va s’arranger, j’en suis certaine.

Janie gémit.

– Mais qu’est-ce que je vais dire à Émile ?

Je ne sais pas quoi lui répondre. Je croise les doigts pour qu’effectivement tout s’arrange.

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