Tempêtes à Fermont

Jo Bessett · Chapitre 26 sur 49

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Tempêtes à Fermont

Chapitre 25

 

 

Je reconduis ma mère à son hôtel et retourne chez moi, fatiguée par la longue journée. Je m’apprête à aller au lit quand je reçois un message de David.

Tu es disponible en ce moment ?

Le cœur battant, je tape oui sur l’écran de mon téléphone. Sa voix grave retentit à mon oreille quelques secondes plus tard.

– Salut, Jilliane.

– Salut, David.

– Je ne te dérange pas ?

– Pas du tout. Tu vas bien ?

Je m’installe dans mon lit, le dos bien appuyé sur les oreillers que j’ai redressés contre le mur.

– Ouais. Mais je n’arrive pas à dormir. Je pensais à toi.

Je réprime un hoquet. Misère ! Il a juré de me faire perdre la tête ou quoi ? Qu’est-ce que je réponds à cela ? J’opte pour la neutralité.

– Mmm… Je suis flattée.

Il rit un peu avant de me relancer.

– Comment a été ta journée ?

Je lui raconte la visite de l’inspecteur, puis l’arrivée de ma mère et notre souper de ce soir. J’omets sciemment de lui parler de la réaction de Mario face à notre rendez-vous de samedi dernier. De toute façon, il est probablement déjà au courant.

Il émet un sifflement.

– Eh bien, il s’en passe des choses à Fermont !

– C’est vrai ! Et toi ? Qu’as-tu fait de bon ?

Je ne peux empêcher ma voix de prendre un ton coquin. Je le regrette aussitôt. Ce n’est pas mon genre de minauder ainsi. Mais cet homme a beau se trouver à quelques kilomètres d’ici, mon corps est fébrile comme s’il était juste à côté.

– À part changer mes draps et laver mon linge, je n’ai pas eu grand-chose pour me distraire. Mais il faut dire que je suis un peu obsédé par toi.

La chaleur dans mon corps monte en flèche à l’évocation de ses draps et du mot « obsédé ». Je serre les cuisses sans m’en rendre compte.

– Puisque tu insistes, dis-je sans réfléchir, je dois t’avouer que moi aussi, je pense beaucoup à toi.

Une exclamation parvient à mes oreilles.

– Ah ! Enfin ! Vu ce qui s’est passé l’autre soir chez toi, je redoutais que tu reconsidères la situation.

Je ne peux résister à l’envie de le taquiner.

– Ah ! Parce que nous avons une situation ?

Je peux presque le voir sourire.

– Il me semble bien que oui, mademoiselle. À ce sujet, quand est-ce que l’on se revoit ? Tu prévois avoir un moment de libre dans les prochains jours ?

Mon souffle s’accélère à la seule idée de me trouver face à lui. Si je ne me retenais pas, je l’inviterais là, tout de suite.

– Peut-être demain soir pour un verre ?

– Super ! Je te texte dans la jour née pour confirmer ?

– Tu me textes quand tu veux.

Encore une fois, j’ai répondu spontanément. Quelle étourdie ! Je ne veux pas paraître trop intéressée. D’autant plus qu’il y a à peine deux semaines, j’étais toujours en couple ! Est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’horrible ? Je ne veux pas le savoir.

– Je retiens ta dernière phrase, dit David, visiblement amusé. Il y a aussi bien d’autres choses que j’aimerais faire avec toi, mais je vais les garder pour moi pour l’instant. Je ne voudrais pas t’effaroucher.

Seigneur ! Par chance, il ne peut pas me voir. Mon visage doit avoir des allures de coquelicot, tellement j’ai chaud !

– Je ne suis pas si facile à effaroucher, tu sais. Il rit.

– Bonne nuit, Jilliane.

– Bonne nuit, David. À demain.

Quand je raccroche, je me sens dans le même état de tension que lorsqu’il se trouvait avec moi dans ce lit. Puis, l’image de Jasper surgit dans mon esprit et mon excitation retombe aussitôt. Je ne me comprends plus. J’ai envie de m’arracher les cheveux. Je devrais peut-être consulter un psychologue ?

Je saisis les oreillers et les malmène vigoureusement avant de me coucher dessus. Je verrai ça demain.

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