Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Helenkay Dimon · Chapitre 11 sur 41

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Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Chapitre 11

11

 

Le lendemain matin, Ben sonna à la porte de la maison de Martin Coughlin, en Virginie. De style ranch à un étage, elle trônait au milieu d’une vaste propriété, et son jardin de devant ombragé protégeait des ardeurs du soleil. Des rangées de buissons à fleurs rouge vif soigneusement taillés égayaient les murs de briques blanches. L’endroit était une illustration parfaite de la maxime « travaille dur, et c’est ce que tu auras », qui s’affichait dans l’administration publique.

Elle collait à Martin. Diplômé avec les honneurs de l’Académie navale, il avait servi avec mérite et pris sa retraite à temps pour se voir offrir une fonction importante au NCIS. Il possédait une grande expérience, avait même travaillé en commandement joint avec le NCIS, mais un autre homme était le candidat favori pour ce poste d’officier de renseignement senior. Puis le sous-directeur avait placé son nom en tête de liste.

Ben savait tout cela, parce que pas moins de dix agents spéciaux s’étaient relayés pour lui parler en privé. Martin avait la préférence de ceux qui gravitaient autour de la sphère politique, mais les hommes de terrain n’étaient guère impressionnés.

On parlait d’un ego aussi démesuré que le sens de sa propre valeur. Les ragots allaient bon train sur son épouse, une riche héritière, et sur l’image soigneusement entretenue d’une famille à laquelle ne manquaient même pas les enfants blonds inscrits dans des établissements privés huppés.

Même si ces on-dit n’étaient pas sans susciter une certaine fascination, c’était ce que savait Wasserman, et qui lui avait coûté la vie, qui intéressait surtout Ben.

Après un second coup de sonnette, la porte s’ouvrit, mais c’est Ronald Worth qui apparut sur le seuil.

— Ravi de vous revoir, Ben.

Ben ne pouvait pas en dire autant.

— Monsieur ? Pourquoi êtes-vous ici ?

— Pour superviser votre entretien avec Martin.

D’un ample geste du bras, le sous-directeur désigna une porte, sur la droite, d’où provenaient des bruits de voix.

Etant donné que Ben n’avait parlé à personne de cette rencontre, cela ne pouvait signifier qu’une chose : Martin avait couru chez son vieil ami Ronald. Cette collusion entre vieux potes lui donnait le vertige. Sa remise de rapport n’avait plus rien de neutre.

Lorsque le dossier avait atterri sur son bureau, il avait voulu s’y plonger. A présent il regrettait qu’il n’ait pas été confié à un autre. Bien sûr, cet autre aurait peut-être accepté de se plier à la version Worth de l’affaire. Lui, non.

Il regarda autour de lui. C’était partout une harmonie de jaunes et de bleus. Chaque élément de mobilier était choisi avec goût. L’absence totale de poussière et de désordre lui fit se demander où ces gens cachaient leurs enfants.

Franchissant la porte indiquée, il pénétra dans la grande salle de séjour. Les bois sombres, les tapis, les objets de collection dans leurs cabinets vitrés ne laissaient aucun doute sur l’opulence de leurs propriétaires. L’endroit respirait la vielle fortune.

Tout autant que Mme Coughlin. Assise droite dans son fauteuil, les jambes croisées sous sa jupe, elle sirotait du thé dans une tasse minuscule.

Ben secoua la tête. C’était comme s’il était entré dans une photo de famille des Rockefeller.

Un homme se hâta vers lui. Dans les quarante-cinq ans, la silhouette sportive, en chemise et cravate, profitant sans doute de son congé dominical à la maison. Oui, c’était normal.

— Je suis Martin Coughlin. Et voici ma femme, Nancy.

Celle-ci se leva, et avec un sourire figé s’avança pour lui serrer la main.

— Et voici John Gallagher.

L’archétype du riche inutile. Une montre qui avait dû coûter un mois de son salaire, et un rictus hautain qui tenait lieu de sourire. Lui aussi appartenait au groupe des costumés-même-le-week-end. Adepte des dimanches en jean et T-shirt, Ben se félicita d’habiter Georgetown.

Personne ne daignant lui indiquer le rôle exact de l’homme, il supposa qu’il était censé connaître son nom. Il grava donc celui-ci dans sa tête, pour le cas où.

Il nota aussi mentalement de peaufiner son rapport, parce qu’il était désormais clair que Ronald Worth avait une conclusion toute prête à cette prétendue enquête, et que la découverte de la vérité n’entrait pas dans ses priorités.

— Désolé si j’ai interrompu quelque chose.

Remarque absurde, vu que c’était lui qui avait convoqué cette réunion.

— Nous sommes tous ici pour entendre ce que vous avez à dire à Martin, déclara Ronald.

Le ton de sa voix laissait entendre qu’il comptait à l’avenir être tenu informé de toutes les réunions privées.

Martin lui désigna l’extrémité du canapé.

— Asseyez-vous donc.

Ben obéit, quand bien même la place le mettait droit dans la ligne de mire de Worth. Ce dernier s’appuya au mur, juste à côté du piano demi-queue. La garniture du siège n’avait pas un faux pli, et ne montrait aucune dépression indiquant que quelqu’un s’y asseyait parfois pour jouer.

Installé dans le fauteuil perpendiculaire au canapé, Martin considéra Ben avec gravité.

— Vous êtes dans une situation compliquée, commença-t-il. Nous comprenons que vous ayez besoin de vérifier chaque nom de la liste, mais en vérité nous connaissons l’assassin.

Ben n’était d’accord avec aucun de ces points.

— Et qui est-il ?

— Lara Bart, s’empressa de répondre John Gallagher. Tout indique une dispute qui a mal tourné.

— C’est terrible, dit Nancy avec un hochement apitoyé de la tête, mais Steve avait le sang chaud dès qu’il était question des femmes.

Tout cela était un peu trop cousu de fil blanc, songea Ben. Chacun jouait un rôle, mais aucun ne parvenait à être convaincant. Il consulta l’antique horloge à balancier, et décida de jouer sa partie en solo. Pour le moment.

— Que voulez-vous dire ?

— Il les aimait du genre passionné. Je veux dire par là belliqueuses et vindicatives.

Martin tourna les yeux vers sa femme, et attendit qu’elle hoche la tête, les lèvres pincées, pour poursuivre.

— Il a dû appeler deux fois la police dans le passé, quand des querelles avec des petites amies ont dégénéré.

Il s’agissait donc de jeter le blâme sur la victime. Rien de surprenant. Ben décida d’introduire un peu de réalité dans la conversation.

— Mlle Bart est enquêtrice pour un cabinet privé d’habilitation.

John écarta l’argument d’un revers de main.

— Et la dernière était strip-teaseuse. La profession importe peu ici. Nous parlons de personnalité.

Ben vit le faux sourire disparaître. Ce type, qui qu’il fût, n’aimait guère entrer dans ce jeu-là.

— Pouvez-vous me rappeler à quel titre vous êtes intéressé par cette affaire ?

— John est un ami de la famille, répondit Nancy en se rasseyant. Il gère toutes les questions légales tant pour nous-mêmes que pour mes affaires.

Ben tiqua intérieurement. Beaucoup de choses ici ne collaient pas. Malgré les vêtements de prix et les objets précieux, il ne voyait aucun signe évoquant la « grande richesse ». La maison, avec son aile séparée et son garage pour trois voitures, était impressionnante pour les standards de Washington, où cent mètres carrés dans un quartier disposant des bonnes écoles coûtaient une petite fortune. Mais si ses renseignements étaient corrects, cette femme appartenait à la catégorie de nantis qui ne se fatigue même pas à calculer l’étendue de ses biens. De nombreux secteurs de la métropole étaient pleins de luxueuses demeures. Celle-ci n’en était pas une.

Ben nota mentalement de s’intéresser de plus près à la société dont elle avait hérité. Celle-ci, se rappela-t-il, avait démarré comme cabinet d’investissement immobilier et financier, pour étendre peu à peu ses tentacules jusque dans l’industrie pharmaceutique ou l’administration des réserves nationales d’outre-mer. Avant la chute des marchés financiers, Nancy et son conseil d’administration s’étaient retirés du secteur immobilier à l’origine de la société. Ce faisant, elle avait gagné une certaine admiration pour son flair, et de la gratitude pour avoir embauché quand les autres entreprises luttaient pour maintenir la tête hors de l’eau.

Où venait se placer John dans tout cela ? Ben n’en avait pas la moindre idée.

Il détestait perdre ainsi son temps.

— J’avoue que je suis impressionné par un tel soutien, qui en dit long sur la personnalité de M. Coughlin…

— Je vous en prie, vous pouvez m’appeler Martin.

— Mais il y a certaines choses dont je dois vous parler en privé. Ça ne prendra que quelques minutes. Je survolerai les préliminaires, nous aborderons les questions en suspens et je vous rendrai à vos amis.

Le large sourire de Martin s’altéra, prenant soudain un aspect forcé, artificiel.

— Ce ne sera pas nécessaire. Vous pouvez me demander n’importe quoi devant eux.

— Ce n’est pas vraiment le protocole pour ce genre de choses, objecta Ben.

Ronald Worth déplaça son poids d’un pied sur l’autre.

— Vous pouvez faire une exception.

Traduction : ou il en faisait une, ou le sous-directeur mettrait fin prématurément à la séance. Ben réfléchit. Jamais il n’obtiendrait de réponse honnête. Tout ce qu’il pouvait espérer, c’était une réaction honnête.

— J’ai une question délicate, je m’en excuse par avance.

— Eh bien, posez-la.

Le sourire courtois affiché par Martin n’adoucissait en rien la sécheresse de son ordre.

Ben joignit les doigts. Pourquoi s’embarrasser à prendre des notes ? On était de toute façon dans le domaine des impressions.

— Quelles informations Steve Wasserman détenait-il sur vous ?

Les yeux de Martin s’arrondirent.

— Je vous demande pardon ?

— De quoi parlez-vous ? intervint Nancy, la bouche bée d’indignation.

Avant qu’il ne puisse répondre, les boucliers défensifs se mirent en place dans la pièce, et d’inconfortable, l’atmosphère devint oppressante.

Ben leur dit ce qu’ils savaient sans doute tous déjà, tout en épiant le moindre tressaillement ou battement de cils :

— C’est Steve lui-même qui a demandé à être interrogé. Il s’est adressé à Greg Parker, directeur du cabinet Hampton, et pour des raisons de confidentialité ce dernier a appelé le NCIS. Comme Wasserman refusait de parler à un officiel, Parker lui a envoyé Mlle Bart.

John plongea la main dans sa poche, et la ressortit vide. C’était le geste d’un ancien fumeur, et la manière dont il ne cessait de s’essuyer la bouche indiquait qu’il avait grand besoin d’une cigarette.

— On dirait que Parker s’est fait rouler dans la farine. Mlle Bart connaissait Steve, ça ne fait aucun doute. Je suis persuadé que cette histoire d’entretien n’était en fait qu’une couverture pour autre chose, lié à ce qui se passait entre eux.

Martin acquiesça.

— On a trouvé chez lui des objets lui appartenant, ajouta-t-il en se penchant en avant. Je le leur ai dit. J’ai pensé qu’ils avaient le droit de savoir.

Pour la première fois, il intervenait en première ligne. Mais qu’il en ait parlé aux autres échappait à toutes les règles en matière d’enquête.

Ben revint à la question qui le tarabustait.

— Avez-vous une idée de ce que Steve avait l’intention de dire, ou a dit, à Mlle Bart ?

— Il n’avait rien à dire, répliqua Martin sans grande conviction, avant de se renverser dans son fauteuil.

Hormis un bref regard à son épouse, il semblait indifférent à ce qui se passait autour de lui, et nullement menacé par les questions qui lui étaient adressées.

Un coup sonna à l’horloge, grave et profond. Ben se demanda si c’était un présage. Peut-être celui de la mort imminente de sa carrière au NCIS.

— Vous ne voyez rien qui se soit passé, peut-être un fait qui paraissait anodin mais qui a pu ronger Steve ? Un événement mineur qui aurait pris d’énormes proportions dans sa tête ?

Il leur tendait toutes les perches possibles pour reporter la responsabilité sur la pauvre victime.

— Non, répondit Martin, avant de se tourner vers Ronald. Nous étions là-bas, tous les deux. Si Steve a vécu quelque chose de traumatisant, nous en aurions l’un et l’autre été affectés, n’est-ce pas ?

Ben dressa l’oreille. La remarque sonnait curieusement comme un avertissement.

Le regard acéré de Ronald ne quitta pas son visage.

— Cette ligne d’interrogation ne nous mènera à rien de positif. Trouvez-en une autre.

Ben commençait à comprendre. S’il voulait des réponses, il lui faudrait contourner son patron.

— C’est simplement pour établir le cadre. Nous demandons ce genre de choses pour pouvoir ensuite les éliminer.

— Concentrez-vous sur Mlle Bart, Ben.

Il y avait quelque chose de létal dans sa voix.

— C’est ce que j’ai l’intention de faire.

Worth tourna la tête vers la porte.

— Parfait. Je vous raccompagne.

Ben n’insista pas. Il n’obtiendrait aucune information ici. Ce qu’ils savaient, et il était manifeste qu’ils savaient quelque chose, était enfoui sous des couches de loyauté et des années de dissimulation. Ce qui renvoyait Ben à leurs jeunes années à l’Académie navale. Cette institution les liait les uns aux autres.

Quelques minutes de recherches lui avaient appris que Nancy et Martin s’étaient mariés à la chapelle de l’Académie, juste après les diplômes. La jeune fille riche et l’officier de marine frais émoulu. Un étrange couple, et un lieu idéal pour démarrer ses investigations.

Ben était presque arrivé à la porte de la maison lorsque la voix furieuse du sous-directeur retentit à son oreille.

— Vous marchez sur un fil très mince.

Il se retourna.

— Je ne fais rien que ne ferait n’importe quel agent spécial.

Worth avait le visage cramoisi. La colère irradiait littéralement de lui.

— Vous cherchez à ruiner la réputation d’un homme bien. Il vous faudra me passer dessus pour y arriver.

Etant donné qu’il avait déjà mis les pieds dans le plat, Ben fit un autre pas vers son renvoi.

— N’est-ce pas étrange que l’épouse et son conseiller aient tenu à être là ?

— Personne n’a tenu à quoi que ce soit !

Ronald l’accula contre la porte et posa la main sur celle-ci, comme pour empêcher toute personne extérieure d’entrer.

— Je trouvais seulement intéressant qu’elle ait eu besoin de son assistant, alors que vous-même n’avez pas jugé utile d’amener le vôtre.

Les traits du sous-directeur s’affaissèrent. La tension sembla bouillonner en lui, jusqu’à ce que tout son visage se congestionne.

— Essayez-vous de me demander quelque chose, Ben ?

— Non, répondit-il en sortant ses clés de sa poche. Je crois que j’ai eu ce que je voulais.

* * *

Clive était assis à la fenêtre du restaurant thaïlandais placé face au coffee-shop où il procédait d’ordinaire à l’échange d’informations avec son employeur. Celles-ci étaient glissées dans un journal laissé sur une table. A peine le premier avait-il quitté celle-ci que le second le ramassait.

Il portait une casquette de base-ball et des lunettes de soleil. Dans ce quartier et au cœur de l’été, il passait inaperçu. Il n’y avait personne, en dehors de quelques étudiants rivés à l’écran de leur ordinateur. Et aucun d’eux n’était son chef.

Renvoyant la serveuse, il se concentra sur le défilé des passants et sur ce qu’il avait accompli jusqu’à présent. Le temps filait à toute vitesse, et il restait encore beaucoup de points à régler.

La perte de son portable principal, à la marina, le désavantageait. Certes, son employeur pouvait le joindre sur d’autres numéros, mais il ne l’avait pas encore fait. L’homme suivait de près les informations, aussi devait-il être au courant de l’explosion du yacht. Il devait avoir additionné deux et deux, et compris que cet incendie était directement lié à leur opération.

Clive fit tourner son verre sur la table, veillant à ne pas heurter le plateau. Son patron avait voulu éliminer Wasserman. Clive s’en était chargé, mais n’avait été payé qu’en partie. La note insérée dans le dossier de Davis Weeks l’informait qu’il recevrait le reliquat lorsque Lara Bart serait neutralisée. Une tâche qui se révélait beaucoup plus difficile que prévu.

Entre-temps, il avait un autre souci. Il connaissait beaucoup des secrets de son employeur, du genre qui ne pouvaient être divulgués. Il avait effectué un certain nombre de sales boulots pour lui. Or l’homme était très attaché à son image publique, et cette image, Clive pouvait la démolir. Cela faisait donc de lui également une cible.

Après avoir parlé à Wasserman, le patron de Lara Bart avait fixé leur entretien initial. Elle était censée arriver plus tard cet après-midi-là, et découvrir le corps de Wasserman en même temps que les signes d’un cambriolage. Elle aurait appelé la police, et le tour aurait été joué. Hélas pour elle, l’officier avait avancé l’heure de leur rendez-vous, Clive n’en avait pas été informé, et à partir de là les événements avaient échappé à tout contrôle.

Lara Bart n’avait peut-être pas eu le temps d’apprendre quelque chose, mais son directeur chez Hampton, si. C’était là qu’il devait frapper. Ce dernier, un certain Parker, avait parlé à Wasserman, qui avait dû lui donner un os à ronger pour qu’il l’inclue dans l’enquête d’habilitation. Une bribe d’information importante. En connaissant celle-ci, Clive disposerait d’un levier solide pour le cas où son boss jugerait son élimination nécessaire.

Tout ce qu’il avait à faire était de convaincre Parker de parler. Chaque homme avait son point de rupture. Pour la plupart, une petite douleur suffisait à leur faire cracher le morceau.

Clive sourit à l’idée de s’amuser avec un gars qui gagnait sa vie en farfouillant dans celle des autres. Oui, Parker parlerait.

Ensuite viendrait la meilleure part. Après un peu d’exercice, il exercerait ses talents au couteau sur Lara Bart et son horripilant petit ami. Il laisserait une piste sanglante dans toute la ville, veillant à ce qu’elle mène tout droit à son employeur. On verrait alors comment celui-ci réagirait à une inculpation pour meurtre. En honnête homme qu’il était, Clive décida de ne rien demander pour Weeks. Après tout, le tuer serait un pur plaisir.

Il leva la main. La serveuse se présenta aussitôt.

— Oui ?

— Apportez-moi le menu, s’il vous plaît.

Il avait soudain une faim de loup.

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