Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Helenkay Dimon · Chapitre 20 sur 41

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Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Chapitre 20

20

 

 

Lara se frotta si fort les mains l’une contre l’autre qu’elles devinrent toutes rouges. Mais elles ne cessèrent pas de trembler. D’accord, elle avait été maîtresse d’elle-même quand ils s’étaient rendus chez Mme Winston, mais elle en était sortie avec les nerfs en capilotade. Elle se demandait bien comment faisait Davis pour gérer un tel stress au quotidien.

Et ce n’était pas fini.

Mme Winston était en sûreté dans la salle de conférences avec Joel. Lorsque Lara s’esquiva pour gagner la chambre, il était en train de lui montrer les différents moniteurs reliés aux caméras placées dans la maison de Davis. Pareille à une lycéenne, Mme Winston flirtait avec Joel avec une expertise telle que Lara songea qu’elle pourrait donner des cours.

Craignant que ses jambes ne soient les prochaines à lâcher, Lara se laissa tomber sur le lit. Elle décida de se reposer quelques instants, et de recouvrer le contrôle de son corps avant que tout le monde se mette en route pour la Virginie et avant la confrontation avec Martin. Davis tiquerait à l’idée qu’elle soit du voyage, mais elle voulait être présente jusqu’au bout.

Accident ou pas, erreur de timing ou non, toute l’histoire avait commencé par elle, et c’était par elle qu’elle devait se terminer. Elle devait au moins cela à tous ceux qui avaient perdu la vie dans cette sinistre comédie, y compris la pauvre Andrea McClintock. Elle aurait sa vengeance. Dommage qu’elle ait dû attendre vingt ans pour cela.

Des petits coups secs retentirent à la porte, et Davis entra. Entre les cheveux hirsutes, les cernes sous les yeux et les plis profonds autour de la bouche, il avait l’air d’un guerrier au bord de l’épuisement.

— Ça va ? s’enquit-il en refermant la porte.

— Je suis prête pour quelques heures d’ennui total.

Il se fendit d’un rire rauque et s’assit à côté d’elle.

— Moi aussi.

Ses épaules rentrées, sa façon d’éviter son regard l’inquiétèrent. Elle savait que ça devait arriver, et se prépara pour la bataille.

— J’y vais.

Il la regarda enfin.

— Quoi ?

— N’es-tu pas venu ici pour me dire que je ne pars pas en Virginie ?

— Tu n’y vas pas. Mais ce n’est pas de cela que je voulais te parler.

Posant les coudes sur les genoux il fixa le sol.

Elle le connaissait sûr de lui, exigeant. Mais tel qu’elle le voyait à présent, il dégageait une impression de… vulnérabilité. C’était impossible. Ce n’était pas lui, pas Davis.

— Ah, répondit-elle, à court de mots.

Il inspira lentement à fond.

— Pourquoi es-tu allée dans cet hôpital ?

La question venait de nulle part, et n’avait rien à voir avec leur sujet. Elle la frappa avec la brutalité d’un coup de poing à l’estomac, et son cœur s’arrêta un instant de battre.

— Quand ?

— Quand j’étais à San Diego.

Sa gorge se contracta, et elle déglutit avec peine. Lorsqu’elle parvint enfin à parler, ce fut d’un tout petit filet de voix.

— Comment as-tu…

Il plongea la main dans sa poche et en sortit une feuille de papier pliée.

— Tiens.

Elle l’ouvrit de quelques millimètres et vit l’en-tête. C’était suffisant. Elle était allée deux fois dans cet hôpital, et elle savait qu’il ne l’interrogeait pas sur son bras cassé à l’âge de neuf ans.

Le séjour dont il était question sur cette feuille avait failli la tuer, la réduisant à une coquille éclatée pendant des mois. Mais cela n’expliquait pas pourquoi Davis avait effectué ces recherches ni comment il avait découvert les faits après tout ce temps. Il aurait pu lui demander. Ils en auraient parlé. Elle avait essayé, mais l’enquêteur avait pris le dessus, interdisant tout dialogue.

Elle secoua le papier.

— Où as-tu trouvé ça ?

Le matelas grinça tandis qu’il redressait le dos.

— Réponds à ma question.

Elle déplia la feuille, puis la replia, incapable de lire ce qui n’était plus qu’une succession de lignes floues.

Soudain, toute sa colère face à cette indiscrétion l’abandonna. Ce qu’elle allait lui dire était tellement plus gros, tellement plus dévastateur qu’elle en avait mal à l’avance pour lui. La simple formulation des mots lui arracherait une partie d’elle-même, et cela à jamais.

Etouffée par le remords, elle balbutia :

— Ce n’est pas de cette façon que je voulais t’en parler.

Il se tourna pour lui faire face.

— Ça ne peut être pire que ce que je pense.

C’est alors qu’elle la perçut. Non pas la colère, mais la culpabilité. Une culpabilité énorme qui s’abattait sur lui de toutes les directions, pilonnant ses épaules et martelant son cœur. Son visage n’était que douleur. Elle irradiait par tous les pores de sa peau.

— Ce que tu penses, c’est quoi ? murmura-t-elle d’une voix presque inaudible.

— Que tu étais vraiment malade. Que c’est la raison pour laquelle tu m’as supplié de revenir, mais je n’ai pas compris.

Il parlait d’un ton monocorde, les lèvres crispées en une moue amère.

— Comment ai-je pu être aussi obtus ? Qu’est-ce que c’était ? Le cancer ? Autre chose ?

Ces mots étaient une pure torture.

— J’ai fait une fausse couche. J’ai perdu notre bébé.

Il cligna plusieurs fois des yeux.

— Quoi ?

— J’étais enceinte. Je m’en suis rendu compte juste avant que tu partes, mais je voulais attendre ton retour avant de te l’annoncer. Puis tu es resté éloigné toutes ces semaines supplémentaires.

La surprise dans ses yeux fit place à autre chose. Une profonde tristesse qui lui déchira le cœur.

— Je me suis réveillée un matin avec ces crampes, et il y avait du sang partout sur le lit… J’ai perdu le bébé.

— Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ? demanda-t-il d’une voix blanche.

Elle ne se sentait pas mieux que lui. Elle avait si longtemps baigné dans un marigot de honte, de culpabilité.

— Tu avais fait ton choix.

Il se leva du lit et baissa les yeux sur elle.

— C’est injuste. Tu ne m’as pas donné l’information.

Il avait raison, mais elle ne pouvait s’empêcher de continuer à se battre. L’anéantissement, la torpeur mentale, l’état d’égarement douloureux… Elle voulait qu’il sache.

— Je t’ai supplié.

La colère lui crispa le visage. Envolée l’inquiétude. C’était là le Davis qu’elle connaissait. Furieux, supérieur, ne suivant que son propre chemin.

— Crois-tu vraiment que si j’avais su pour le bébé je serais resté au loin ?

— Serais-tu parti si tu avais su que j’étais enceinte ? répliqua-t-elle du tac au tac.

Il ouvrit et referma plusieurs fois la bouche avant de répondre.

— Je ne sais pas.

Même si ces mots lui faisaient mal, il était honnête, elle devait au moins le lui reconnaître. Elle baissa les yeux.

— Tu l’aurais fait. Parce que sur ta liste de priorités je suis quoi… numéro trois ?

— C’est faux.

Elle se leva, lasse de se voir regarder de haut.

— Tu as choisi de venir en aide à la fiancée de quelqu’un d’autre plutôt qu’à la tienne.

— Je ne savais pas !

Toute la maison vibra sous la puissance de son cri.

La colère de Lara explosa, défiant la sienne. Lui qui pontifiait sur la confiance, il ne lui en montrait aucune !

— Et moi je ne savais pas que ta mère t’avait contacté.

Il blêmit.

— Pardon ?

Il avait le culot de feindre d’ignorer de quoi elle parlait.

— C’est la vérité. Je suis tombée sur la lettre juste après ton départ. Je ne fouillais pas, je cherchais juste quelque chose dans ton bureau, et je l’ai trouvée au fond du tiroir.

— Je n’y ai pas répondu. Elle ne signifiait rien.

— Raison pour laquelle tu l’as gardée et ne m’en as jamais parlé, n’est-ce pas ?

Même à présent il refusait de comprendre. Il voyait sa vie comme un domaine privé auquel il lui refusait l’accès. D’accord, il l’ouvrait pour le sexe et deux ou trois autres choses, mais en dehors de cela elle avait beau taper à la porte, supplier, il demeurait enfermé dans sa tour d’ivoire. Seul.

— Un truc aussi énorme émotionnellement, et tu m’en as tenue à l’écart.

Les yeux de Davis s’arrondirent.

— Tu t’es donc vengée en gardant le silence sur le bébé.

Elle était abasourdie par cette conversation. Non, elle ne pouvait pas lui laisser croire une chose aussi horrible.

— Ce n’est pas du tout cela.

— Vraiment ? Parce que ça y ressemble.

Une pointe de douleur la traversa.

— Jamais je ne me serais servie de notre bébé comme d’une arme.

— Lara, tu…

Il couvrit son visage de ses mains, soupira, et les laissa retomber.

— Avais-tu l’intention de m’en parler un jour ?

— J’ai essayé l’autre soir.

Il la dévisagea, les traits déformés par un mélange de rage et de douleur.

— Tu aurais dû essayer plus fort !

Sur ce, il sortit de la chambre, claquant la porte derrière lui.

Ses genoux la portèrent encore deux secondes, puis ses genoux flanchèrent. Elle fondit en larmes, la poitrine secouée par les sanglots, et s’effondra sur le sol.

* * *

Dès qu’il fut descendu de la voiture, Pax saisit le bras de Davis. Ils étaient dans la rue de Martin, prêts à lâcher Ronald sur les autres et mettre un terme à cette sanglante affaire. Connor surveillait la maison de l’extérieur. Joel était retourné au bureau avec Ben et Mme Winston, et s’occupait de la partie technique.

Davis voulait que ça se termine.

— Vas-tu me dire ce qui se passe ? demanda Pax en bouclant son gilet pare-balles.

— Rien.

Et c’était vrai. Il n’éprouvait plus aucune sensation.

Le monde était d’une étrange couleur ocre, et son corps était comme engourdi. Ils avaient roulé en silence depuis Annapolis. Lara regardait par la fenêtre, secouée de hoquets silencieux, les joues striées de traces de larmes.

Il voulait la réconforter. Plusieurs fois il avait songé à se pencher vers elle pour lui prendre la main, mais il n’avait pas pu. Elle avait bouleversé son univers.

Un bébé. Son bébé, et il n’en avait jamais rien su.

La culpabilité le tenaillait autant que la douleur. Il avait tant perdu sans même le savoir ! Elle n’avait pas eu assez confiance en lui pour le lui dire.

Il voulait lui en tenir rancune, mais c’était en partie sa faute, il le savait. Et s’il lui avait caché l’existence de la lettre, c’était parce qu’il détestait l’idée qu’elle ait de l’importance. Longtemps il avait espéré avoir des nouvelles de la femme qui l’avait mis au monde et délaissé. Mais lorsqu’elle était arrivée, cette lettre avait ébranlé chaque atome de son monde. Peut-être se fermait-il et cachait-il ses émotions, mais cela, il ne le méritait pas.

Laissant Lara dans la voiture, Connor s’approcha de lui.

— Dernière chance d’échanger les rôles.

— Non, répondit Davis. Ça ne marchera pas.

Le plan était que Ronald les emmène, Lara et lui, pour les présenter à ses amis. Le but était de découvrir qui était derrière les crimes avant qu’ils ne s’aperçoivent qu’il avait été retourné.

Connor acquiesça, puis le laissa pour aller chercher Ronald dans la voiture. Pax le regarda s’éloigner.

— Jamais je n’ai connu un tel silence de mort dans une voiture. Vous n’étiez pourtant pas silencieux dans la chambre.

Davis ne pouvait pas, pas maintenant. C’était encore trop frais, et ses idées partaient dans toutes les directions.

— Elle ne devrait pas être ici.

— Aucun de vous deux ne le devrait. Pas dans cet état.

— Je vais bien.

— Garde la tête au boulot, lança Pax en lui tendant son gilet. Nous allons nous retrouver face à des gens qui…

— Je sais, Pax.

Davis força son esprit à se concentrer. Il devait être à cent pour cent de ses capacités jusqu’à la fin de cette visite, ensuite il s’en irait quelque part où il pourrait réfléchir.

— Ecoute, je ne sais pas ce qui se passe et ne veux pas le savoir, mais lorsque nous en aurons terminé, enferme-toi dans une pièce avec Lara et parle-lui. Tu l’aimes. Elle t’aime. Ce qui est cassé, répare-le.

Ce conseil correspondait bien à la philosophie de la vie de son frère. Avec lui, c’était ou noir ou blanc. Davis, lui, en était venu à penser que le monde était gris.

— Ce n’est pas si facile.

— Si, ça l’est.

Lara s’approcha, s’appuyant à Connor.

— Je suis prête.

Elle semblait sur le point de vomir, et sa peau était d’une pâleur maladive. Davis voulait ne pas s’en soucier.

Ronald contourna la voiture et s’approcha.

— Allons-y, finissons-en.

C’était la première fois que Davis était d’accord avec une parole de Ronald.

— Vous avez un micro sur vous.

— Croyez-vous que je l’ai oublié ?

Même maintenant, le sous-directeur du NCIS conservait son attitude dominatrice.

— Je voulais simplement vous rappeler qui mène la danse.

L’homme grogna quelque chose et se dirigea vers la maison. Lara le suivit, la tête basse. Davis réprima une énorme envie de la toucher. Qu’elle fût bouleversée n’était pas si grave. C’était même normal, et pourtant…

Au bout de quelques pas, il ne put continuer. Glissant la main sous son coude, il la fit pivoter vers lui, mais devant ses yeux gonflés et rougis, ne sut que dire.

Avant qu’elle ne se détourne de nouveau, il se pencha et l’embrassa. Son baiser fut doux et tendre, avec une note d’espoir suggérant qu’ils réussiraient à surmonter leur différend. Lorsqu’il s’écarta, Lara s’accrochait à sa chemise.

— Tout se passera bien, dit-il.

Il n’était pas sûr d’y croire lui-même, mais il le souhaitait de toutes ses forces.

Une fois sur le perron de la maison, l’adrénaline avait commencé à envahir son système sanguin et son énergie bourdonnait dans ses membres. Il pouvait y arriver. Il côtoyait le danger tous les jours.

Mais rien n’était plus dangereux que d’être amoureux.

Il finirait ce travail, demain viendrait, et il trouverait le moyen d’aplanir tous les problèmes. Il y croyait. Ce n’était ni la fin de sa vie ni celle de leur relation.

Martin ouvrit la porte et les escorta à l’intérieur, tandis que Pax disparaissait à l’angle du bâtiment. Après avoir traversé le vestibule, ils pénétrèrent dans un séjour pompeux où se tenaient des gens tout aussi pompeux.

Davis connaissait les visages de Martin et de Nancy pour avoir vu leurs photos dans la salle de conférences. Le tueur, dont ils savaient à présent qu’il s’appelait Clive, avait évoqué son patron en termes masculins. Ce qui laissait Martin, qui puisait sans doute dans la fortune de sa femme.

— Que se passe-t-il, Ronald ? demanda Nancy, visiblement choquée d’être ainsi envahie par des inconnus dans sa propre demeure.

— Voici Lara Bart, dit Davis, brûlant la politesse à Ronald. J’ai pensé que vous aimeriez connaître la femme que vous vous acharnez à vouloir tuer.

Martin eut un froncement de nez parfaitement exécuté.

— C’est absurde. De quoi parlez-vous ?

Davis savait qu’il pouvait jouer avec eux et leur tirer les vers du nez. Mais il voulait, avait besoin, que ça se termine vite.

— Nous sommes au courant pour Steve Wasserman, Andrea McClintock, et votre décision ancienne de tout garder enfoui.

Deux paires d’yeux se reportèrent sur Ronald, mais personne ne parla.

— Le sous-directeur, reprit-il, ou peut-être devrais-je dire futur ex-sous-directeur du NCIS, a confirmé l’information concernant la mort d’Andrea.

Nancy plaqua une main sur sa poitrine.

— Nous ignorons de quoi vous voulez parler, s’étrangla-t-elle.

— Madame, vous jouez avec la mauvaise personne.

— Non, monsieur Weeks. C’est plutôt vous.

L’homme identifié par Ben comme étant John apparut à l’entrée de la pièce, et vint se placer entre Martin et Nancy. Au temps pour la théorie de l’assistant oisif et inutile.

Le problème n’était pas tant sa présence que le revolver dans sa main. Davis n’avait pas prévu cela, mais des oreilles écoutaient, et Pax n’était pas loin.

Cette fois, Lara demeura près de lui, et il veillerait à ce que personne ne la touche. Elle sortirait de là vivante.

Martin considéra l’arme d’un air sidéré.

— Que faites-vous avec ça ?

Davis ne pensait pas qu’il jouait la comédie. Tout le monde paraissait surpris, sauf John.

— Le ménage.

Davis n’était pas impressionné.

— On vous apprend à tirer, dans les écoles de droit ?

— Vu que mon employé a échoué plusieurs fois à finir le travail, j’ai décidé de prendre les choses en main. On dirait que la chance a fini par vous abandonner, mademoiselle Bart.

Voilà qui constituait un aveu clair. Connor devait l’avoir enregistré, et quoi qui arrivât désormais, ils pourraient prouver sa culpabilité.

Nancy posa la main sur l’arme et tenta de la baisser.

— John, arrêtez. Ceci n’est pas…

Il la poussa de côté.

— Quoi, nécessaire ? Bien sûr que si. Cela fait des années que je fais le ménage pour vous. Votre mariage avec celui-là, précisa-t-il en désignant Martin, la piste remontant à la petite McClintock…

— Pourquoi ? demanda Ronald.

— Vous croyez que c’est la première fois que quelqu’un sort de son trou pour mettre le nez dans cette affaire ? Ce cher Steve n’était que le dernier à vouloir tirer profit de la situation.

Il pointa le revolver sur Davis.

— Et la liste s’achèvera avec vous.

Cela expliquait une partie du plan, mais une partie seulement. Davis voulait tout.

— Vous n’étiez pas impliqué à l’époque. Pourquoi intervenir maintenant ?

— Parce que je détiens un pourcentage dans la société et qu’elle prospère un peu plus chaque année. J’ai un intérêt financier important dans cette famille, et ils ont une dette envers moi.

Il agita négligemment la main en direction de Nancy, raide dans sa robe de prix et ses escarpins à talons hauts.

— Oh ! elle affirmera que c’est elle qui a fait croître sa fortune, mais en réalité c’est moi.

— C’est faux ! s’écria-t-elle.

Martin l’arrêta avant que Davis ne puisse intervenir.

— S’ils tombent, je tombe aussi, dit John en secouant la tête. Et cela, je ne peux le permettre. Pas après tout ce temps et ces efforts.

— Nancy n’a rien à voir avec la mort de Steve ? demanda Lara.

Davis comprit le sens de sa question. Il avait pensé que Nancy était mouillée, elle aussi. Cela demeurait possible, mais le génie qui avait conçu le plan de tout étouffer était ici, sous leurs yeux. Et il tenait un revolver.

— Moi ? couina Nancy, qui avait perdu toute prestance.

— Les gages du tueur provenaient de votre société, ricana l’homme de confiance de Nancy. Brillant, n’est-ce pas ?

Davis regarda Pax se glisser par la porte derrière John, à qui il adressa un sourire aussi vicieux que le sien.

— Jusqu’à maintenant.

John haussa les épaules. A l’évidence il ne voyait pas comment il pouvait y avoir une issue autre que favorable pour lui.

— Pourquoi ? Que se passe-t-il, maintenant ?

Pax s’avança.

— Moi.

John se retournait quand Davis fit feu. Il toucha l’homme au flanc, et le regarda tomber contre un fauteuil tandis qu’une tache rouge apparaissait sur sa chemise blanche. Au moment où il atteignit le sol, un autre coup de feu retentit.

Davis tournoya sur lui-même, prêt à tirer sur un complice, mais tout le monde était pétrifié à la vue de John étalé par terre. Nancy tomba à genoux sur le tapis et, oubliant sa robe de luxe, se jeta sur la forme immobile de John en versant ce qui semblait être de vraies larmes.

Afin d’éviter toute nouvelle surprise, Davis se précipita pour bloquer l’arme de John sous sa chaussure.

Tournant les yeux vers Nancy, il la vit pleurer sur l’homme qui était censé n’être qu’un conseiller.

Martin aussi contemplait la scène, visiblement effaré par cette découverte.

Connor courut vers l’entrée de la maison et lança des ordres. Bientôt, des sirènes se firent entendre tandis que des véhicules de renforts et d’assistance médicale arrivaient dans la rue.

Ainsi que Davis l’avait promis à Lara, l’opération avait été un succès. Il leva les yeux vers elle et sourit, plein de reconnaissance lorsqu’elle lui rendit son sourire.

Puis il se tourna vers Pax pour le féliciter de son excellent timing. Il lui fallut deux secondes pour réaliser que son frère était allongé sur le tapis. Ce n’est qu’en entendant Lara hurler qu’il remarqua le sang.

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