Au risque de l'aimer - Etrange disparition
Chapitre 6
6
Appuyée au bastingage du pont arrière, Lara regardait les derniers rayons du soleil scintiller sur l’eau et plonger derrière l’horizon. Le ciel était un incendie d’oranges et de mauves.
Les bruits de la marina emplissaient le silence du soir. Les bateaux oscillaient et tanguaient tandis que les filins de métal claquaient contre les mâts des voiliers. A quelques rangées de là, des gens riaient en prenant l’air sur les ponts, profitant des heures vespérales.
Malgré le danger qui planait sur eux, elle souriait d’être dehors. Le problème, c’était à l’intérieur. Le yacht avait une kitchenette de la taille d’un mouchoir de poche, et une chambre constituée d’un matelas aux mesures de la proue. Si elle était néophyte en matière de navigation, elle connaissait le mal de mer, et rester dans cette cabine confinée était la garantie d’en être victime.
Pour s’en prémunir, elle avait juste grignoté un peu du pain de son sandwich et sauté le reste du dîner. De toute façon elle n’avait pas faim. Son existence avait basculé, et elle flottait entre deux mondes. Deux morts sous ses yeux, la police bourdonnant autour de sa vie, c’était beaucoup trop.
— Tu te caches ?
Arrivé à ses côtés, Pax s’appuya à son tour au bastingage.
La remarque était en partie vraie. Après un court moment avec Davis, les anciens schémas étaient revenus. Il avait endossé son costume de sauveur, et c’est sans y penser qu’il la trimballait ici et là sous le prétexte qu’il prisait tant : c’était pour son bien. Oh ! il ne le claironnait plus comme avant — sans doute avait-il tiré certains enseignements de leur séparation — mais tout le reste était étrangement familier.
Il s’approchait d’elle, et son cœur s’arrêtait de battre. Il l’embrassait, et son esprit partait en vrille. Leur attirance mutuelle était plus forte que jamais. Mais l’aimer, le désirer n’était pas le problème. Accepter tout le reste l’était.
— Merci d’avoir pensé à apporter le dîner, dit-elle, souhaitant de toutes ses forces parler d’autre chose.
Pax éclata de rire.
— Tu changes de sujet ?
— Absolument.
— Eh bien, comme j’habite à deux pas, ça ne me demande pas un gros effort… Et toute excuse est bonne pour te voir.
— Charmeur, va.
Elle posa la tête sur son épaule, et sentit les muscles puissants au-dessous.
Les deux frères lui procuraient un sentiment de sécurité. Avec Pax, les émotions étaient toujours paisibles. S’il la taquinait, elle se contentait de rouler des yeux. Il ne faisait jamais faire des solos de batterie à son cœur, alors que Davis avait cet effet sur elle rien qu’en entrant dans une pièce.
Tout simplement parce que Pax et elle étaient comme deux amis. Etonnant comme l’absence d’attirance sexuelle et de sentiments amoureux simplifiait tout.
Pax s’écarta et l’examina de haut en bas. Aucun désir dans ses yeux, mais une familiarité ironique.
— Tu as bonne mine. Comme toujours.
— Pourquoi aucune femme ne t’a encore mis le grappin dessus ?
Elle connaissait la réponse. A peine avaient-elles commencé à décliner leur nom de famille qu’il fuyait ventre à terre.
— J’ai toujours dit que les femmes étaient plus intelligentes que les hommes.
— Je ne te contredirai pas sur ce point.
Elle contempla les dernières lueurs orangées dans le ciel. La mer s’étendait devant elle en un vaste néant. Dès la nuit tombée, les vagues qu’elle aimait tant le jour prenaient un aspect dangereux. C’était un thème familier de sa vie. Quelques heures plus tôt, leur bleu était brillant, apaisant. A présent elle ne voyait qu’un noir angoissant.
Tandis qu’ils s’imprégnaient du crépuscule, un bruit d’assiettes se fit entendre au-dessous d’eux et une ombre bougea. Davis devait laver la vaisselle, ou peut-être grillait-il un peu de son énergie débordante. Il n’était pas vraiment un adepte du farniente sur un bateau. Ça, c’était plutôt Pax.
Davis avait constamment besoin d’action, raison pour laquelle elle avait accepté d’acheter avec lui cette maison à rénover, se disant qu’il passerait son temps libre à y bricoler. Aussi avait-elle été surprise, en y mettant les pieds tout à l’heure, de découvrir ces cartons et ces murs nus.
Pax, elle le sentait, faisait tout son possible pour garder le silence, et cela signifiait qu’un gros poids lui pesait sur le cœur. Il était parfois comme un petit garçon, vibrant d’excitation et du besoin de s’épancher.
Mais sa détermination finit par craquer. Après un coup d’œil à l’écoutille ouverte, il se tourna vers elle.
— Tu n’as rien à me dire ?
— A quel propos ?
Mais elle savait. Il la voulait avec Davis et ne s’en était jamais caché. Pendant des semaines après leur rupture, il l’avait appelée au téléphone, lui demandant de revenir sur sa décision avant que son frère ne devienne si misérable que plus personne n’aurait prise sur lui.
— J’ai de bons yeux, et ce que j’ai vu ne ressemble pas à deux personnes heureuses de ne plus être ensemble.
Le baiser. Oui, elle en cherchait encore la véritable signification. Elle voulait y voir un reste d’attirance, ou alors le contrecoup d’une journée riche en émotions. Mais au fond d’elle-même elle craignait qu’il fût le présage de beaucoup plus que cela.
Durant ces longs mois, elle avait essayé de tourner la page, pour échouer lamentablement. Même pas un autre homme pour clignoter sur son radar.
— Les raisons de mon départ n’ont pas changé, dit-elle. Davis veut être libre de courir le monde, quand bien même ça me fait mourir d’angoisse. Sur sa liste de priorités, je suis tout en bas.
C’était le cœur du problème, l’obstacle insurmontable. Quand elle avait eu besoin de lui, gisant sur son lit d’hôpital, pleurant son absence, il se trouvait à l’autre bout du pays sauvant la fiancée de quelqu’un d’autre.
— Ce n’est pas vrai, Lara, protesta Pax, toute nonchalance envolée. J’étais là. J’ai vu ce que votre séparation lui a fait.
— Moi je l’ai vécu, Pax.
La souffrance tournoyait autour d’elle. Se sentant comme aspirée par elle, elle resserra les doigts sur la rampe du bastingage pour ne pas défaillir.
Un long silence suivit et, pour la première fois, elle remarqua que la radio était allumée dans la coquerie.
Elle s’apprêtait à rompre la tension lorsque Pax reprit la parole.
— Il t’a parlé de sa dernière mission ?
La question la surprit. Elle songea à la décoloration de la peau sur la taille de Davis, et aux grimaces qu’il faisait lorsqu’il levait trop haut les bras.
— Tu veux parler de sa blessure aux côtes ?
— Je peux parler de la raison.
C’était nouveau. Pax évoquait rarement le travail de son frère. Deux ans les séparaient. Après l’abandon de leurs parents, ils avaient été confiés à un oncle et une tante qui ne se souvenaient d’eux que lorsque tombait le chèque de l’Etat pour leur prise en charge. Une éducation défaillante et la lutte pour la survie avaient créé entre eux un lien aussi puissant qu’indéfectible.
Leur passé avait aussi contraint Davis à assumer un rôle de père avant même l’adolescence. Avec le temps, leur relation avait pris une forme plus mutuelle, sans doute parce qu’ils avaient presque toujours travaillé ensemble. Ce lien était issu du respect et de l’amour réciproque, et ni l’un ni l’autre ne mettaient ceux-ci à l’épreuve. Mais Lara sentait que, cette fois, Pax transgressait une loi tacite.
Choisissant avec soin ses mots, elle demanda :
— Que devrais-je savoir que tu cherches à me dire sans le dire ?
— Waouh, quelle phrase.
C’était du Pax tout craché.
— Réponds à ma question.
— Et moi qui me croyais subtil, marmonna-t-il avec un sourire en coin.
— Il n’y a rien de subtil chez les frères Weeks.
Il plissa un œil.
— Bon, je crois qu’il vaut mieux que je te laisse.
Elle lui saisit le bras avant qu’il ne puisse faire un geste.
— Sans me donner d’explications ?
— Ne me regarde pas comme ça. On dirait que tu veux m’étriper, et je ne suis pas trop intéressé.
— Alors ne te défile pas.
— C’est à l’autre frère que tu devrais dire ça, tu le sais aussi bien que moi.
Lançant un bye-bye à l’intéressé par l’écoutille, il se dirigea vers l’échelle de coupée.
— Bonne nuit, lança-t-il par-dessus son épaule.
* * *
Davis attendit que Pax fût descendu… puis ajouta dix autres minutes. Il n’était pas homme à aimer perdre son temps. Hormis dans son travail, il ne voyait pas en quoi la patience pouvait constituer une vertu.
Malgré ses étranges déambulations sur le pont, pas une fois Lara n’avait daigné pointer le nez à l’écoutille. Même à présent, il l’apercevait assise sur la banquette de poupe, les bras fermés sur ses jambes repliées. Une joue posée sur son genou, elle contemplait les autres bateaux.
Assez joué à cache-cache. Il avait compris le message. On ne touche pas. Si seulement son corps pouvait obéir aux ordres de sa tête !
Il grimpa sur le pont, laissant le chuintement de ses baskets signaler son arrivée.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Elle ne bougea pas un cil.
— Je prends l’air frais.
— Frais ? Il fait une chaleur d’enfer.
— Je ne trouve pas.
Il soupira, mais sa manifestation de contrariété masculine ne fut d’aucun effet : le regard de Lara continuait à flotter au-dessus de l’eau. Il se laissa choir à côté d’elle sur la banquette, leurs cuisses se touchant. Elle ne s’écarta pas, ce qui lui procura un soulagement relatif.
— Je peux me contrôler, tu sais.
C’était à peine vrai, mais il n’était pas un animal. Jamais il n’avait forcé une femme, et jamais il ne le ferait.
Que Lara ne le désire pas autant qu’il la désirait était comme un coup vicieux porté à l’estomac, mais cela faisait des mois qu’il vivait sans elle, alors il pouvait le supporter tout en continuant à veiller sur elle.
Elle tourna lentement son visage vers lui.
— Que viens-tu de dire ?
— C’est de cela qu’il s’agit, non ? Te tenir à l’écart du mâle primaire que je suis pour qu’il ne te saute pas dessus.
La lumière de la marina tombait près du pont du yacht, plongeant l’eau au-delà dans une obscurité opaque. Il était difficile d’y distinguer quoi que ce soit, mais il voyait son visage… Et son froncement de sourcils.
Elle déplia les jambes et posa les pieds au sol.
— Tu n’as rien compris.
— Ecoute, je sais que je peux être exigeant dans une chambre, mais je ne suis pas idiot.
Il croyait en la monogamie et en une vie sexuelle saine, que la relation dure quelques jours ou quelques semaines. Avec elle, elle avait duré presque deux ans, et il n’en avait pas fait son deuil. Il ne pensait qu’à elle, sans cesse.
— Tes préférences au lit sont hors de propos vu que nous ne sommes plus ensemble.
Ces mots lui firent mal, mais il refusa de le montrer.
— Je ne suis pas sûr que cela compte pour nous. Le lit est le seul endroit où nous ayons toujours bien communiqué.
— Tu es vraiment un sacré mec.
— Je ne te le fais pas dire. La journée a été longue et éprouvante. Deux hommes sont morts devant toi, et tu es toujours là, bon pied bon œil. Je suis impressionné. Tout en toi me rend fier, mais je ne prétendrai pas que je n’ai pas envie de toi.
Lara écarquilla les yeux.
— C’est la première fois que je t’entends dire cela.
— Que j’ai envie de toi ? Euh, je ne crois pas.
Il était presque certain de l’avoir dit plusieurs fois ce soir. Et il était impossible qu’elle ne le sache pas. Les gens qui les croisaient dans la rue le savaient. Bon sang, Mme Winston les voyait deux minutes ensemble, sans même qu’ils se touchent, et pigeait illico !
Lara agita une main, puis la posa sur son genou.
— Il ne s’agit pas de cela. Je te parle de la partie où tu te dis impressionné.
Il regarda ses doigts, contempla sa main sur sa jambe, et sa frustration s’évacua comme l’eau d’un évier. Son inclination spontanée avait été de le toucher. Il ignorait ce que ça signifiait, mais ce geste lui redonnait espoir.
Combien de fois l’avait-il appelée les premières semaines après leur rupture sans qu’elle ne décroche ? Combien de visites lui avait-il rendues sans qu’elle ne lui ouvre ? Il avait arrêté parce qu’il ne voulait pas verser dans le harcèlement, ni supplier une femme qui le rejetait.
A présent il se demandait s’il n’avait pas capitulé trop tôt.
— Ce n’est pas vrai. Je te l’ai déjà dit avant.
Devant son regard peu convaincu, il chercha un exemple dans sa mémoire mais n’en trouva pas.
— Alors je suis un gros crétin.
— Tu as eu quelques moments assez crétins, nous sommes d’accord.
Sapristi. Il n’allait pas la laisser s’en sortir par une boutade. C’était trop important. Elle était trop importante.
Il glissa ses doigts dans les siens.
— Lara, chaque jour que Dieu fait je suis fier de toi, déclara-t-il avec conviction. Tu es forte, indépendante, et je ne veux pas parler de ta beauté. Le simple fait de te regarder me fiche une érection.
Elle se nicha contre lui.
— Beau parleur.
Il porta leurs mains jointes à ses lèvres et baisa le dos de ses doigts. Leur peau douce le rendait fou, mais il avait besoin de lui prouver quelque chose.
— Je peux dormir ici, si cela peut te rassurer. Tu prendras le lit.
— Que je sois ici, dehors, n’a rien à voir avec toi.
— Lara…
Elle serra sa main.
— Davis, écoute-moi. Ce n’est pas toi.
Il voulut hausser les épaules, mais celles-ci refusèrent.
— On le dirait, pourtant.
— Je me sens mal.
— Hein ? Quoi ?
— J’ai la nausée.
Ce n’est pas une simple ampoule qui s’alluma sous son crâne, mais un projecteur de 10 000 watts. Il aurait dû y penser. Elle n’était pas habituée au spectacle de la mort. Dans sa vie, les mauvais étaient les pervers de supermarché ou ces avocats rasoirs avec qui elle travaillait auparavant, y compris cet associé qui l’avait draguée et avait failli prendre son poing dans la mâchoire. Les tueurs à gages jouaient dans une toute autre catégorie.
— C’est sans doute une réaction, expliqua-t-il.
— Oui, au bateau.
— Pardon ?
Elle cala sa tête dans le creux entre son cou et son épaule.
— J’ai le mal de mer. Quand tu as sorti le beurre d’arachide, j’ai cru que j’allais me précipiter pour vomir.
— Comme le jour où nous avons fait cette virée en mer ?
— Exactement, avec l’estomac qui se révulse et tout.
— Mais c’était une circonstance exceptionnelle. En général tu n’es pas malade.
Il s’écarta pour lui relever le menton.
— Pas si je suis sur la terre ferme.
Il se mit à rire, mais s’arrêta aussitôt en voyant sa moue contrariée.
— Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
— Parce que tu étais en mode Superman en chaleur.
D’accord. Il avait entendu pire.
— Comme si cela t’avait jamais arrêtée avant.
— Franchement, j’étais prête à faire n’importe quoi si cela signifiait être en sécurité et ne plus avoir d’affreux types qui bondissent sur moi pour me tuer.
— Je vois.
Lui enlaçant les épaules, il la serra autant que le lui permettait l’état de ses côtes. Il les avait bandées plus tôt après une inspection de Pax, mais certains gestes lui faisaient encore serrer les dents.
— Donc, je ne bougerai d’ici que lorsque le décor aura arrêté de tourner, ce que j’espère bientôt, ou nous reverrons la couleur du pain que j’ai avalé au dîner.
Les mots vibraient sur sa peau nue.
— Je reste avec toi, en espérant que le reste se calmera.
— Rien ne t’y oblige.
— Peut-être que je le veux, répliqua-t-il, glissant son pouce dans ses cheveux. Te sens-tu malade en cet instant ?
Elle leva les yeux vers lui.
— Songerais-tu à me faire des propositions ?
— Ça dépend de la réponse à ma question.
— Nous devons nous montrer raisonnables.
Sa façon de s’accrocher à son T-shirt allait à l’encontre de sa remarque.
— Oh ! tout à fait.
Lentement, lui donnant tout le temps de s’écarter, il baissa la tête pour l’embrasser.
Elle posa l’index sur ses lèvres.
— Je ne coucherai pas avec toi.
— Non. Bien sûr que non.
Elle descendit sa main sur son torse.
— C’était trop facile.
Oh ! ils le feraient. Et à un moment donné ils devraient se repencher sur les problèmes à l’origine de leur séparation, pensa Davis. Pour lui, les choses allaient au-delà des griefs amers, faciles à ignorer, d’une relation brisée. Certains fils avaient besoin d’être renoués. Pour s’en convaincre, il lui suffisait de lire ce que les yeux magnifiques de Lara lui disaient : qu’il était le bienvenu. Et pourtant…
— Je ne pense pas que ce soir soit le meilleur moment, dit-il, ne le pensant qu’à moitié.
— Non, vraiment ?
Mais ils pouvaient toujours s’embrasser. Il baissa de nouveau la tête. Juste avant que ses yeux ne se ferment, un mouvement dans l’eau attira son attention. Il songea d’abord à une bouée ou un dinghy qui s’était décroché.
Le sourire de Lara se figea tandis qu’elle suivait la direction de son regard.
— Qu’as-tu vu ?
Elle avait baissé la voix, malgré la pointe de panique qu’il y percevait.
Se penchant en avant, il ouvrit le placard placé sous la banquette, tâtonna à l’intérieur, déplaça des cordes et ce qu’il sentit être une poulie. Puis il trouva ce qu’il cherchait. Ses doigts se refermèrent dessus, et il sortit une torche.
— Ne bouge pas, souffla-t-il en se levant pour s’approcher du bastingage.
Le faisceau lumineux flotta sur l’eau noire. Le frottement régulier, assourdi, se poursuivait. Il y dirigea sa torche, et une petite embarcation se matérialisa dans sa lumière. Elle était en piteux état. C’était le genre d’esquif qu’on n’emmène jamais sur l’océan, mais sur lequel on peut passer des heures à charger du matériel inutile.
Lara apparut à côté de lui.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Le bateau de Ken.
Le faisceau de lumière glissa dessus, mais personne ne se manifesta. Le principal souci était qu’il se trouvait près, trop près, du yacht de Pax.
— Je croyais que ce Ken n’allait jamais en mer.
Intelligente, cette fille.
— Exactement.
— Qu’est-ce que…
Il lui couvrit la bouche de sa main, tandis qu’un petit choc leur parvenait depuis l’avant du bateau.
— Nous avons de la compagnie. Et cette fois-ci ce n’est pas mon frère.
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