Au risque de l'aimer - Etrange disparition
Chapitre 9
9
Zoe secoua la tête et soupira.
— Cristine dit une chose, toi tu dis le contraire. Un de vous deux ment. Mais pourquoi ?
— Tu ne me crois pas, répliqua-t-il, l’air terriblement blessé.
— Je ne sais plus quoi penser, Brock. Cristine paraissait tout à fait sincère au sujet de ces messages.
— Très bien, dit-il en sortant son portable. Dans ce cas, appelle-la et demande-lui de venir ici avec le téléphone de Shayna. Au moins, comme ça, tu seras fixée une fois pour toutes.
— Elle doit encore être au restaurant, répondit Zoe, tout en composant son numéro.
Cristine répondit à la troisième sonnerie.
— Les messages ? répéta-t-elle. Je viens de les effacer en rentrant chez moi. Je vais porter le téléphone de Shayna à la police demain matin. Mais, comme tu me l’as dit, ces messages sont d’ordre intime, et Shayna n’aurait pas voulu que n’importe qui puisse les voir. Tu comprends ?
Fataliste, Zoe refusa de se lancer dans une nouvelle querelle.
— Oui, oui, je comprends, conclut-elle.
Puis, elle raccrocha.
— Elle prétend les avoir effacés, reprit-elle à l’intention de Brock.
— Comme par hasard. Et je parie que si tu avais demandé à les voir plus tôt elle t’aurait dit les avoir effacés par mégarde, ou quelque chose dans ce style.
Zoe poussa un juron.
— Tout cela devient absurde. Il semble clair que Shayna avait inventé ces histoires de toutes pièces. Mais, apparemment, elle n’est pas la seule à avoir cette manie.
— Merci, souffla Brock.
— Merci pour quoi ?
— Merci de me croire. Je n’aurais pas supporté de continuer à passer pour le menteur.
— J’aurais dû te croire dès le départ, dit Zoe doucement. Je sais que tu es d’une honnêteté sans failles.
Brock attendit que la boule d’émotion dans sa gorge s’estompe pour reprendre la parole.
— Pour en revenir à Cristine, pas plus tard que ce matin, elle m’a accusé d’avoir frappé Shayna.
— Oui, je sais, elle me l’a dit, répondit Zoe en baissant les yeux. Ecoute, Brock, je sais que tu m’en veux à cause du passé, et c’est normal. Mais si nous n’unissons pas durablement nos forces, nous ne parviendrons jamais à comprendre ce qui est arrivé à Shayna. Il y a trop de mensonges et de tromperies dans cette affaire.
— Tu fais allusion à Cristine.
— A Cristine, mais pas seulement. Shayna a prétendu que vous alliez vous marier, Roger semble tout faire pour ne pas la rechercher activement, et je ne suis pas certaine non plus que Mike nous ait dit toute la vérité.
Brock se passa la main dans les cheveux. Zoe semblait exaspérée, vulnérable, et il avait envie de la prendre dans ses bras pour la réconforter.
— Et moi, je suis toute seule pour tenter de faire le lien entre tout cela, ajouta-t-elle, d’une voix qui n’était plus qu’un murmure.
— Non, tu n’es pas toute seule, répliqua-t-il spontanément. Je t’aiderai à aller au bout de cette histoire.
— Vraiment ? reprit-elle en levant les yeux vers lui. Même si cela t’oblige à passer plus de temps avec moi que tu le voudrais ?
— Oui, nous devons découvrir la vérité une fois pour toutes.
Elle eut un petit rire amer.
— La tâche s’annonce ardue. Même Mama Bell est dans le déni.
Cette dernière affirmation le troubla. Mama Bell comptait tellement pour Zoe.
— Que veux-tu dire ? s’enquit-il.
— Eh bien, ce qui semble clair, c’est que sa fille avait adopté un mode de vie très inquiétant. Mais, même après l’avoir remarqué, Mama Bell n’a rien fait. Elle a déploré que Shayna se soit mise à l’éviter, mais c’est tout.
— Tu sais, l’amour fait parfois adopter des comportements paradoxaux. C’est un peu comme quand tu es partie, on a tous voulu croire que tu reviendrais, alors on n’a rien fait.
Il n’aurait pas dû dire cela, se reprocha-t-il. Mais c’était trop tard.
— Il faut toujours que tu fasses cette comparaison ! Ce n’est pas pareil, rétorqua Zoe.
Il n’insista pas, même si le parallèle ne lui paraissait pas si déplacé que cela.
— En parlant de Mme Bell, elle est passée me voir au magasin en fin de journée.
Zoe haussa les sourcils.
— Tu as eu droit à une visite de Cristine et de Mama Bell dans la même journée ?
— Que veux-tu ? Je suis un type populaire, se justifia-t-il sur un ton léger.
— Je n’en doute pas. Et que voulait Mama Bell ?
— Je suis étonné qu’elle ne te l’ait pas dit. Elle souhaite que nous mettions nos différends de côté et que nous fassions tout notre possible pour retrouver Shayna.
Zoe acquiesça d’un air songeur mais ne fit aucun commentaire.
— Assieds-toi, Zoe, et mettons par écrit tout ce que nous avons appris, d’accord ? lui proposa-t-il.
Elle lui adressa un petit sourire, tira une chaise et s’installa.
— Je pense que nous devons nous concentrer sur les deux dernières personnes à avoir vu Shayna, lança-t-il.
— Le dénommé Mike et…
— Cristine, finit-il pour elle.
— Tu penses qu’elle nous cache quelque chose ?
— C’est possible. Il y a cinq ans, Shayna a prétendu ne rien savoir quand tu as disparu. J’ai eu beau lui poser maintes fois la question, elle n’a jamais rien lâché.
— Shayna l’a fait parce que je le lui avais demandé, s’emporta Zoe. C’était important, pour des raisons qu’à l’époque tu ne pouvais pas comprendre.
Mais aujourd’hui il ne comprenait toujours pas. Ils étaient inséparables à l’époque. Qu’elle ait considéré qu’il ne pourrait pas la protéger alors qu’elle était ce qu’il y avait de plus important dans sa vie…
Il déglutit et se força à revenir au présent.
— Ce que je veux dire, reprit-il, c’est qu’à l’époque Shayna était la seule à savoir où tu étais et pourquoi tu étais partie. Aujourd’hui, nous sommes peut-être dans le même cas de figure, sauf que, cette fois, c’est Shayna qui a demandé à Cristine de ne rien révéler.
Zoe se redressa.
— Si c’est le cas, il faut que Cristine arrête de jouer avec nous.
Son regard brillait de détermination. Elle était tellement belle qu’immédiatement toutes les raisons pour lesquelles il avait été prêt à tout pour elle lui revinrent en cascade.
Hypnotisé par ses grands yeux noisette, il s’approcha d’elle et lui prit le visage entre les mains. Elle avait l’air aussi troublée que lui.
— Brock…, commença-t-elle.
Il ne la laissa pas continuer et couvrit ses lèvres. Un désir ardent l’assaillait, d’une puissance dévastatrice. Il approfondit son baiser, entremêla sa langue à la sienne.
Quand, enfin, il dut s’interrompre pour reprendre son souffle, sa conscience le rappela à l’ordre. S’il se laissait aller et renouait avec elle, il risquait fort de ne pas en sortir indemne. Or, il doutait d’avoir la force de la perdre une seconde fois.
Mais, alors que son désir et ses états d’âme le tiraillaient, Zoe susurra son nom, doucement, comme une complainte.
Il ne lui en fallait pas davantage.
Il aurait voulu se montrer patient, délicat, mais ils commencèrent à se déshabiller, le souffle court. Rapidement, il n’y eut plus aucune barrière entre leurs deux corps.
Il embrassa ses lèvres, son cou, ses seins, et elle ne fut pas en reste. De ses mains douces, elle dessina le contour de ses pectoraux, remonta le long de son dos.
Leurs caresses et leurs baisers étaient intenses, sans retenue.
— Maintenant, dit-elle en l’attirant vers le canapé. Je veux te sentir en moi.
Il déglutit, ahuri. De la lave en fusion coulait dans ses veines.
Elle referma la main autour de sa virilité, et il en perdit la faculté de raisonner. Il la couvrit de son corps. Sans attendre, il vint en elle, lui arrachant un long gémissement de plaisir.
Il commença à aller et venir. Il voulait aller lentement, prendre son temps, mais c’était un combat perdu d’avance. Zoe poussait de longs gémissements de plaisir, son corps était parcouru de frissons, ses halètements se firent de plus en plus forts, de plus en plus saccadés. Enfin, une onde irrépressible monta en lui et il se répandit en elle. Pourtant, il ne bougea pas et continua à la serrer contre lui, respirant bouche ouverte tant leur étreinte avait été frénétique.
Mais, alors qu’il la croyait repue, elle prit son visage entre ses mains et l’embrassa fougueusement, avec une telle passion qu’une seconde vague de désir s’empara de lui.
Il se remit à bouger et elle accompagna ses mouvements. Ensemble, ils atteignirent de nouveau l’orgasme, puis restèrent longuement enlacés. Brock était tellement bouleversé qu’il en aurait presque pleuré. Il n’avait plus vécu un tel moment depuis qu’elle l’avait quitté cinq ans plus tôt, et si elle repartait, il n’en vivrait plus jamais d’autres.
Tandis qu’il s’efforçait de mettre de l’ordre dans ses pensées et cherchait quoi dire, Zoe s’étira et croisa son regard.
— Je ferais mieux d’y aller, dit-elle d’un ton léger.
Elle sortit de ses bras, se mit à rassembler ses vêtements éparpillés un peu partout puis disparut dans la salle de bains. Il la regarda faire. Une fois encore, il s’était conduit comme un imbécile, songea-t-il amèrement.
Quand elle ressortit, il était lui aussi rhabillé et l’attendait.
— Nous devrons éviter que cela se reproduise, déclara-t-il.
— Arrête, Brock, ne songe même pas à me dire que ça ne t’a pas plu car je sais que c’est faux.
Il la fixa d’un air ahuri, et elle parut vaciller.
— Brock, je…
— Non, tais-toi, la coupa-t-il.
— Non, je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir. Ecoute, nous étions convenus de nous concentrer sur l’objectif de retrouver Shayna et rien d’autre. Alors pourquoi ne pas nous en tenir à cela et laisser les aspects personnels de côté ?
* * *
Des aspects personnels ? C’était ainsi qu’elle appelait ses sentiments pour elle ? Cela lui déplut terriblement. Mais après tout, elle avait raison. S’il ne voulait pas risquer de sombrer corps et âme, il devait mettre ses sentiments derrière lui.
— Entendu, répondit-il en la raccompagnant à la porte.
Au moment de sortir, elle se retourna et lui posa une main sur le bras.
— Je suis désolée.
— Non, ne le sois pas. Quand tu seras rentrée, je te suggère de mettre par écrit ce que nous devrions entreprendre pour retrouver Shayna. Je ferai pareil de mon côté et, demain, nous comparerons nos conclusions.
Sur la route du retour, Zoe refusa de s’appesantir sur ce qui venait de se passer. Mama Bell avait raison. Seule Shayna devait les occuper.
Mais alors pourquoi cette idée lui serrait-elle la gorge aussi fort ?
Quel était son problème ? Elle avait fait l’amour avec Brock, ils avaient vécu un moment fantastique, et alors ? Depuis des années elle savait qu’il ne pourrait plus rien se passer d’autre entre eux. Elle aurait aimé qu’il fasse entièrement partie de sa vie, mais elle n’était pas en mesure de lui offrir ce qu’il méritait.
Des larmes coulèrent sur ses joues. Elle n’avait pas pleuré devant lui, c’était déjà ça. Sans doute avait-il pensé qu’elle avait fait l’amour avec lui seulement par nostalgie et parce qu’elle avait envie de passer un bon moment. Tant mieux. Mieux valait qu’il continue à la croire insensible, dénuée de sentiments. Même si c’était l’inverse.
Elle l’aimait, aujourd’hui comme avant.
Elle essuya ses larmes du revers de la main. Elle devait se le redire encore et encore : Brock méritait le meilleur. Il méritait de rencontrer une femme qui l’aimerait, mais qui pourrait aussi lui donner des enfants.
Elle tourna dans la rue des Bell. La voiture de Marshall était garée dans l’allée. Une pointe de culpabilité la traversa aussitôt. Depuis son retour, une semaine plus tôt, elle n’avait quasiment pas vu M. Bell, qu’elle considérait un peu comme son père adoptif. Elle n’avait pas trop insisté auprès de Mama Bell pour comprendre les raisons qui avaient poussé Marshall à quitter la maison quelque temps : avec la disparition de Shayna, Mama Belle vivait d’ores et déjà des moments difficiles.
Cependant, M. Bell lui avait manqué. C’était un homme au grand cœur qui s’était toujours montré adorable avec elle.
Elle sortit rapidement de sa voiture et entra dans la maison. Marshall était dans la cuisine, dos tourné à la porte.
* * *
— Enfin, te voilà ! s’exclama-t-elle avec chaleur en se dirigeant vers lui pour le prendre dans ses bras.
Il lui rendit son accolade d’un seul bras, d’un geste plus mécanique que chaleureux.
Zoe jeta alors un regard de côté : Mama Bell était assise à la table de la cuisine, le visage dans les mains. De toute évidence, le couple venait de se disputer.
— Je suis désolée, soupira Zoe. Je vois que je vous dérange. Je vais aller faire un tour en ville et je rentrerai plus tard.
— Non, reste, répliqua Mama Bell. Marshall a quelque chose à te dire.
Marshall secoua la tête, visiblement très mal à l’aise.
— Eunice, s’il te plaît…
— Elle a le droit de savoir, le coupa Mama Bell. Dis-lui que…
Incapable de terminer sa phrase, elle se leva et quitta la pièce pour aller s’enfermer dans la salle de bains.
Zoe commençait à regretter d’être arrivée à ce moment précis. Marshall évitait de la regarder, ce qu’elle pouvait comprendre.
— Je vais vous laisser, répéta-t-elle. Je n’ai pas envie de me retrouver au milieu d’une querelle entre vous deux.
Alors qu’elle se préparait à quitter la pièce, M. Bell l’arrêta.
— Non, c’est certainement mieux que tu saches tout. Cela pourrait avoir un rapport avec la disparition de Shayna.
Zoe pivota lentement face à lui, pleine d’appréhension.
— Très bien. Je t’écoute.
— Tu ferais mieux de t’asseoir, lui suggéra Marshall, le visage sombre.
— Non, je te remercie, je préfère rester debout.
M. Bell marcha jusqu’à la fenêtre au-dessus de l’évier et regarda dehors en lui tournant le dos.
— J’ai eu une aventure, déclara-t-il enfin. La plus grosse erreur de ma vie.
Une aventure ? Elle s’était attendue à tout sauf à cela. Et quel était le rapport avec Shayna ?
— C’est arrivé par accident. Je ne l’avais pas du tout prévu, reprit-il en se retournant pour lui faire face. Au début, j’ai cru que ce n’était qu’un jeu sans conséquences, mais elle s’est montrée très insistante.
— Je vois, répliqua Zoe avec le plus de tact possible.
Désormais, elle comprenait mieux la tristesse de Mama Bell.
— Mais tout cela me semble très personnel, dit-elle doucement. Quel est le rapport avec Shayna ?
— Eh bien, ces derniers jours, j’ai beaucoup repensé au moment où son comportement a changé et, même si j’ignore comment, j’ai des raisons de croire qu’elle l’a appris.
L’appréhension de Zoe monta d’un cran.
— Avec qui as-tu eu une aventure ? osa-t-elle demander.
— Cristine.
Elle ne parvint pas à masquer sa surprise.
— Quoi ?
— C’est la vérité, Zoe. J’ai eu une aventure avec la meilleure amie de ma fille. Et, désormais, j’ai la certitude que Shayna l’a appris, qu’elle me déteste et que c’est pour cela qu’elle a disparu. Tu ne peux pas imaginer à quel point je me sens mal.
Zoe ferma les yeux.
— Quand est-ce arrivé ?
— Environ trois semaines avant sa disparition. J’ai immédiatement été pris de remords et j’ai déclaré à Cristine qu’il n’y aurait pas de suite, et elle n’a d’ailleurs pas insisté. J’ignore ce que Cristine a pu raconter à Shayna car, même après cet événement, elles ont continué à se voir et à sortir ensemble régulièrement. Mais Shayna n’était plus la même avec moi. Bref, je n’ai réussi qu’à faire en sorte que ma propre fille me méprise.
— N’oublie pas ton épouse, intervint alors Mama Bell qui était ressortie de la salle de bains. Marshall, je veux que tu quittes cette maison sur-le-champ. Tu n’es plus le bienvenu ici.
Tête basse, sans un mot, Marshall Bell obtempéra. A peine eut-il fermé la porte derrière lui que Mama Bell actionna sèchement le verrou.
— Mama, déclara Zoe en s’approchant d’elle avec l’intention de la serrer dans ses bras.
— Non, ça va aller, répliqua Mama Bell en levant les mains pour montrer qu’elle n’allait pas s’effondrer. Je veux que tu parles sans attendre à Cristine pour déterminer ce que cette garce nous cache encore.
— Tu as raison. J’y vais tout de suite.
Elle parvint à serrer brièvement Mama Bell contre elle et à lui déposer un baiser sur la joue.
— Je t’aime.
— Moi aussi, je t’aime. Vas-y, maintenant. Il faut que tu retrouves ma Shayna.
Zoe acquiesça et quitta la maison.
Elle remonta en voiture et soupira plusieurs fois pour contenir sa colère. Cette histoire devenait de plus en plus folle. Qu’allait-elle encore apprendre ?
* * *
Elle démarra et mit la radio en marche pour se changer les idées. Une bourrasque de vent fit alors vaciller la voiture, tellement fort qu’elle se déporta sur la voie de gauche. Elle rétablit sa trajectoire et leva les yeux. D’énormes nuages noirs s’étaient amoncelés à l’ouest. Même si elle n’était plus revenue à Anniversary depuis cinq ans, elle était née au Texas et savait très bien ce que cela signifiait. Une violente tempête était sur le point de balayer la ville. Elle hésita. Devait-elle faire demi-tour et rentrer chez les Bell ou chercher à se mettre à l’abri en ville ? Elle était plus près de chez Brock et tous les immeubles modernes du Texas étaient équipés d’abris anti-tornades. Elle prit donc la direction de chez lui et fit de son mieux pour rester calme. Il y avait quelques voitures sur la route, mais tout le monde semblait ne pas vouloir s’attarder.
La pluie commença à tomber, très fort, rendant la visibilité difficile, et elle dut ralentir. Elle était presque arrivée. Avec un peu de chance, l’averse attendrait avant de se transformer en grêle.
Elle arriva devant l’immeuble de Brock. Heureusement, il était équipé d’un parking souterrain. Elle s’y engouffra sans hésiter et trouva rapidement une place libre. Elle se gara puis, sans attendre, rejoignit l’escalier pour monter à l’étage de Brock.
Elle sonna et il eut l’air abasourdi en lui ouvrant la porte.
— Viens vite, lui lança-t-il. Il y a un abri au bout du couloir.
Il la prit par la main et la tira derrière lui. A l’extérieur, le vent était de plus en plus fort et un grondement menaçant se faisait entendre.
Ils arrivèrent devant une lourde porte métallique.
— C’est ici, reprit-il.
Il l’ouvrit, l’incita à entrer, la suivit et referma derrière elle. Instantanément, ils se retrouvèrent dans l’obscurité et le silence.
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